Biographie

André SOLEAU
 
·  Né le 29 décembre 1949
·  Entré à La Voix du Nord en 1972 
·  Journaliste en 1980 
·  Grand reporter en 1983
·  Rédacteur en chef de La Voix des Sports en 1989
·  Rédacteur en chef et éditorialiste de La Voix du Nord en 1991
·  Directeur général adjoint en 1995
·  Directeur général du journal en 1998
·  Directeur général du groupe en 2004.
 
Parallèlement :
 
·  Vice-président du directoire et administrateur de La Voix du Nord
·  Président de Nord-Eclair, de Presse-Nord, de la SIA, de PGLM
·  Administrateur de La Voix-L’étudiant, de Répondances…
·  Censeur du Courrier Picard
 
Quitte volontairement le groupe en 2005 après son rachat par Serge Dassault.

Commentaires Récents

Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /2010 15:24

       andre.jpg"Choisir de vivre à la Faute-sur-mer, c’est choisir de vivre dans une commune de Vendée, département classé au hit-parade de ceux les plus agréables à vivre en France…Des vacances au calme à La Faute-sur-mer, entre mer et rivière, caressée par l’océan, bordée d’une plage de sable fin."           
        Ces quelques lignes en forme de carte postale ont été puisées sur le site officiel de la commune. Elles apparaissent à la fois dérisoires et décalées depuis le passage de la tempête Xynthia qui a fait de cette petite station balnéaire un village martyr. Le temps de la compassion n’a pas duré suffisamment longtemps pour cicatriser les plaies. Très vite, la polémique a enflé pour pointer les responsabilités. Celles des digues, rempart fragile face aux éléments déchaînés, qui sont désormais jugées vieillottes et  mal entretenues. Celles de la fatalité, aussi, qui a voulu que la tempête se conjugue à des pluies diluviennes et aux grandes marées de la pleine lune. Celles surtout des hommes qui ont construit dans des zones classées à haut risque, au mépris de la sécurité et des enseignements du passé.

            Depuis des siècles, les paysans vendéens savaient que ces terres étaient sous la menace constante de la mer et du fleuve côtier le Lay. Ils y cultivaient des pommes de terre et des fleurs ou y menaient paître leurs bêtes. Mais que peuvent la sagesse populaire et la mémoire des anciens face à la cupidité des promoteurs immobiliers ou à l’incompétence de certains élus ? On a bâti sans discernement depuis les années 1960, dans  des zones inondables, parfois deux mètres sous le niveau de la mer. Philippe de Villiers, le président du conseil général de Vendée, ne veut plus de constructions à La Faute-sur-Mer. Il l’a déclaré après la catastrophe : « Là où la mer est venue, la mer reviendra. La cuvette de La Faute-sur-mer, épicentre de la tragédie, doit être immédiatement restituée à sa vocation naturelle de marais, de parc végétal. »

            Que n’a-t-il prononcé ces paroles de bon sens plus tôt ? Par exemple, lorsque Pascal  Ranson, responsable de la DDE de Vendée, a stigmatisé dès 2007 les trois mille maisons poussées derrière des digues en terre d’une dangereuse vulnérabilité. Ou encore lorsque la Préfecture de la région avait voulu imposer un plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) aux communes concernées, plan que de nombreux conseils municipaux avaient jugé trop contraignant en le repoussant aux calendes grecques.

            L’urbanisation galopante du littoral est tellement tentante. Elle permet aux villages de se développer à une vitesse grisante, de bénéficier d’infrastructures performantes, d’attirer les touristes, de créer de l’animation et de gonfler les budgets municipaux. Les hôtels et les restaurants pullulent. Les agents immobiliers s’en donnent à cœur joie.

            Il arrive même que l’on mélange les genres, témoin Mme Françoise Babin, première adjointe de La Faute-sur-mer, mère de Philippe, agent immobilier. Elle est suspectée de prise illégale d’intérêts pour avoir favorisé la délivrance de permis de construire à son fils pour deux lotissements aujourd’hui sous les eaux. Elle détiendrait aussi des parts dans une association foncière qui a géré l’un des deux programmes. Quand on songe que le prix au mètre carré a doublé en l’espace de quatre ans, là-bas…

            Mme Babin n’est pas seule en cause. De nombreux élus doivent aujourd’hui revoir d’urgence leur copie, en Vendée comme ailleurs et y compris dans notre région, du littoral dunkerkois  à l’Audomarois. Entre 1999 et 2006, 100.000 logements ont été érigés en zone inondable dans notre pays. Ça se passe de commentaire.

André Soleau

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Samedi 27 février 2010 6 27 /02 /2010 12:10

En juin 2009, les élections européennes enregistraient un record d’abstentions avec près de 60% de Français ayant boudé les urnes. A l’époque, on avait stigmatisé le manque d’intérêt de la campagne qui n’avait pas su s’élever au-dessus des batailles politiciennes pour expliquer les vrais enjeux proposés aux citoyens. Chacun a encore en mémoire le face-à-face musclé entre Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou, le premier traitant l’autre de minable, le second rappelant certains passages sulfureux du livre « le grand bazar », publié… en 1975.

            Nous sommes en 2010 et rien n’a changé si ce n’est que le rendez-vous électoral concerne les régions et  non plus le parlement européen. Pour le reste, les invectives constituent toujours l’essentiel du programme électoral si l’on en juge, évidemment, par les chroniques diverses et les analyses régulières que nous fournissent les médias nationaux.

            Pendant plusieurs semaines, on a eu droit à Georges Frèche et à sa « tronche pas catholique ». L’important, paraît-il, pour l’électeur, était de savoir si l’expression avait une connotation raciste, ou pas. La réponse, à en juger par les sondages qui donnent largement le banni du PS en tête, paraît claire : Tout le monde s’en fout ! « Ce sont des petits pâtés de Pézenas à la sauce parisienne » pourraient s’écrier les spécialistes culinaires du Languedoc-Roussillon.

            L’affaire Frèche enterrée pour un temps, la polémique s’est déplacée en Ile-de-France. Le journal le Monde a consacré une page complète à Ali Soumaré sous le titre « Noir, socialiste, calomnié ». On remarquera au passage la subtilité du rapprochement des mots. De quoi s’agit-il ? D’un candidat du PS qui a vu ressortir son passé de petit délinquant sous forme d’un communiqué publié par le maire UMP de  Franconville, Francis Delattre, lequel avait sans doute oublié un point fondamental du droit français qui veut que l’on ne puisse plus faire mention d’une condamnation qui a été effacée du casier judiciaire.

            A gauche comme à droite, on s’est emparé de l’affaire. Les uns cherchent à la placer au plan du racisme primaire, les autres s’efforcent de faire le tri parmi les cinq condamnations endossées par Ali Samouré, par la faute d’une fâcheuse homonymie. Et cela dure depuis une semaine avec une persévérance marquée pour remuer tout ce que le sous-sol francilien contient de matières fécales. Le plus zélé dans cet exercice peu ragoûtant fut Vincent Peillon qui rappela la condamnation de deux jeunes délinquants, Alain Madelin et Patrick Devedjian, pour des faits datant de…1965.

            Bref, on va à nouveau ressortir le bon vieux couplet de la politique de caniveau qui écoeure le Français moyen lequel a d’autres soucis en tête que d’assister à la ferme des célébrités, version pot de chambre des députés. Sauf que les hommes politiques et les professionnels de la presse nationale sont en l’occurrence complices et responsables de ce spectacle indigeste. Les uns veulent à toute fin occuper la scène en cette période de remise en cause des mandats électoraux et savent qu’une petite phrase assassine vaut tous les longs discours. Les autres se jettent sur les mots avec la férocité d’une jungle médiatique qui a éliminé la nuance au profit du matraquage. C’est un jeu pervers dans lequel l’électeur lambda se retrouve pris au piège, jusqu’à en oublier que le passage aux urnes et le choix d’un programme sont d’abord un acte politique engageant avant d’être le terrain de jeu favori de gens infréquentables. Infréquentables et incorrigibles.

            André Soleau

           

           

Par SOLEAU
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /2010 15:33

Les sportifs ont des états d’âme en cette période de carnaval. Ils s’épanchent et n’hésitent pas à faire leur mea culpa public, une espèce de repentance médiatisée qui met mal à l’aise tant on a l’impression de pénétrer par effraction dans leur vie privée.

            C’est d’abord Tiger Woods qui se présente au confessionnal. Le plus grand champion de l’histoire du golf avoue ses turpitudes sexuelles. Oui, il a trompé sa femme à de multiples reprises : « j’ai été infidèle. J’ai eu des aventures. J’ai trompé. Et je suis la seule personne à blâmer. J’ai cessé de vivre selon les valeurs qui m’avaient été inculquées. »

            Tiger Woods révèle par ailleurs qu’il suit une thérapie destinée à l’aider à surmonter ses problèmes, liés sans aucun doute à un appétit sexuel pour le moins débridé.

            Vient le tour de Brian Joubert, notre patineur sur glace, qui a piteusement raté son exhibition olympique en chutant à plusieurs reprises dans le programme court comme pendant les libres.

            Lui non plus n’y va pas par quatre chemins : « Toutes les personnes qui pensent que je suis un petit con ont raison. Pendant deux ans, j’ai eu un mauvais comportement, je n’étais pas moi-même. Je suis agressif, toujours sur les nerfs. C’est difficile à expliquer, c’est personnel, mais j’ai pris les choses à l’envers. J’ai voulu tout diriger, je n’ai pas écouté mes proches et du coup j’ai fait des erreurs. On ne peut pas gagner une médaille olympique en s’entraînant seulement trois semaines. »

            On pourrait multiplier les exemples de ces personnages publics qui se flagellent consciencieusement après un échec sportif ou un dérapage privé. Qu’en penser ? Avouons-le, ces mises à nu impudiques me laissent un brin perplexe. Entre les déboires amoureux de Laure Manaudou, le nez « cocaïné » de Richard Gasquet ou les tricheries de Flaviore Briatore, on avait déjà beaucoup de mal à distinguer le vrai du faux, la souffrance réelle de la farce grotesque. Cette fois, on nage en plein délire. Tiger Woods a des problèmes de libido galopante. Bon d’accord ! Qu’il règle le problème avec sa femme, comme le ferait Monsieur Dupont. Quant à Brian Joubert, qu’on arrête de l’installer sur la plus haute marche du podium avant même le début d’une compétition. S’il était aussi mal physiquement et moralement qu’il l’avoue (Ce que confirme son entourage), pourquoi avoir joué le rôle du champion bien préparé devant la presse ? Pourquoi l’avoir désigné parmi les favoris olympiques ? Pourquoi lui avoir réservé une place dans la délégation alors que de jeunes espoirs de la discipline sont restés à la maison, faute de sélection 

            En fait, ces sportifs de haut niveau sont surtout devenus de redoutables communicants et d’habiles hommes d’affaires. Tiger Woods a bâti sa fortune grâce à son génie sur le green mais plus encore par ses contrats publicitaires juteux. Ses sponsors se sont appuyés sur son image de père tranquille, de mari modèle et de fils affectueux qui fleure bon l’Amérique bien pensante. Les révélations de ses faiblesses intimes ont eu un effet désastreux auprès des bigotes de Floride et d’ailleurs, accessoirement ménagères et donc consommatrices de tout âge. La source de dollars menaçait de se tarir très vite. D’où cet acte de contrition en forme de sauvetage financier. La famille est venue à la rescousse, Madame a pardonné et la luxueuse maison d’Orlando va retrouver son calme.

             Quant à Joubert, le président de la Fédération française des sports de glace, Didier Gailhaguet, avait annoncé la couleur dès le fiasco enregistré : « A partir de maintenant, il n’y aura plus de contrat moral entre la fédération et Brian. Il y aura un contrat d’objectif, des résultats à obtenir. » On comprend mieux la réaction « spontanée » de l’intéressé. Il aurait d’ailleurs fallu commencer par là. Car ce qui distingue Tiger Woods de Brian Joubert, sous la robe de pénitent, c’est quand même le palmarès.

            André Soleau

           

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Samedi 6 février 2010 6 06 /02 /2010 12:01

Les peuples du monde avaient la tête dans les nuages, ils redescendent sur terre. L’élection de Barack Obama avait suscité un immense espoir au beau milieu d’une grave dépression économique. Les Etats-Unis redevenaient le pays de la liberté, de la tolérance, du melting pot, après avoir porté tous les pêchés sous l’ère Bush.

            Seulement, la politique n’est pas une porte d’entrée sur le rêve. La réalité est tout autre. Elle exige pragmatisme et responsabilité, prise de décision aussi. Le président play-boy a donc douché l’enthousiasme général en annonçant coup sur coup l’arrêt du programme Constellation, voulu par George W Bush, et l’augmentation de vingt milliards d’euros du budget défense qui atteindra sept cent huit milliards, dont cent soixante pour les actions spécifiques en Irak et en Afghanistan.

            Le programme Constellation, c’était l’envoi de nouveaux équipages américains sur la lune avec l’établissement d’une base ultrasophistiquée. Une reconquête qui ne manquait pas d’allure et qui établissait un trait d’union symbolique entre le mandat d’Obama, aujourd’hui, et l’ambition affichée par John Kennedy, en 1961, qui allait aboutir à la légendaire expédition Apollo 11. Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité, comme le claironnait Neil Armstrong à l’époque.

            Près d’un demi-siècle s’est écoulé entre les deux dates et la terre n’a pas forcément tourné dans le bon sens. La lune s’est éloignée. D’autres iront la décrocher. Les Américains, empêtrés dans des difficultés internes et confrontés aux dépenses militaires pharaoniques apprennent brutalement ce que veut dire le mot austérité. Les caisses sont vides et l’Etat n’a plus les moyens de mener une exploration spatiale d’envergure. La Nasa, elle-même, devra subir une cure d’amaigrissement puisque ce changement d’orientation stratégique s’accompagne d’un départ de plus de cinq mille techniciens. Certaines activités de cette agence spatiale mythique seront tout simplement privatisées.

            Notre 21ème siècle aurait pourtant bien eu besoin de regarder vers le ciel pour ne plus entendre les bruits de bottes qui rythment son quotidien. Mais on a changé de cible. Il est vrai qu’entre les gesticulations « atomiques » des Iraniens, les embuscades meurtrières des talibans ou les attentats systématiques en Irak, les marchands de canons sont plus à la mode que les faiseurs de rêves.

            Qui prendra le relais ? Incontestablement les Asiatiques qui travaillent déjà, dans le secret, leurs futures missions. Les Chinois ont une longueur d’avance et pourraient atteindre leur but avant 2020. Les Indiens, qui bénéficient de l’assistance discrète de la Russie, tablent plutôt sur 2025. Quant à l’Europe, elle n’est pas dans la course. La France en est encore à se pencher sur le corps fumant du Concorde pour savoir si le crash de Gonesse, il y a dix ans, était dû à une lamelle en titane perdue par un DC10 ou par des éclatements de pneus à répétition. A chacun ses soucis.

            André Soleau

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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 15:46

En guise de cadeau d’anniversaire, Nicolas Sarkozy a reçu une édition originale reliée de Cyrano de Bergerac, de la part de ses proches collaborateurs. Est-ce de l’humour au deuxième degré ? Ils auraient tout aussi bien pu lui proposer les aventures de Pinocchio. Question de nez, évidemment ! Celui de notre président a tendance à s’allonger ces temps-ci, dès qu’il évoque l’affaire Clearstream. Jurer qu’il n’est pour rien dans l’appel du Parquet qui renvoie Dominique de Villepin à la barre du tribunal, voilà un gros mensonge qui mérite quelques centimètres de plus  « au roc, au pic, au cap, à la péninsule. »

         Il suffit de voir le procureur Jean-Claude Marin annoncer sa décision dans les studios d’Europe 1 (une première) pour deviner que l’orchestration médiatique a été réglée au palais de l’Elysée ; d’entendre le porte-parole de l’UMP, Fréderic Lefebvre claironner que « seuls des exécutants ont été condamnés », après la relaxe de Villepin, pour mesurer la frustration du petit Nicolas de ne pas pouvoir jouer avec la tête de son grand rival.

            Comment expliquer un tel acharnement ? Nicolas Sarkozy n’a apparemment rien à gagner dans cette opération. Si Villepin est à nouveau relaxé dans un an, le président subit un second camouflet qui risque d’abîmer durablement une image déjà passablement écornée, à en juger par la courbe des sondages. S’il est condamné, on ne manquera pas de hurler au scandale en désignant du doigt celui qui a instrumentalisé la justice. C’est une partie où l’on perd à tous les coups.

            Reste une hypothèse assez plausible. Elle est plus politique. Elle consiste à couper les ailes d’un adversaire potentiel pour les élections présidentielles de 2012. Pendant l’année qu’il passera à préparer sa défense devant la cour d’appel, Villepin ne pourra consacrer son temps à structurer son groupe de partisans, d’autant que ceux-ci, avant tout soucieux de leur carrière, ne monteront en première ligne qu’avec l’assurance que la candidature de leur champion apparaît légitime aux yeux de l’opinion publique.

            Le pari est risqué. Dominique de Villepin ne peut raisonnablement pas gagner en 2012, face à Nicolas Sarkozy. Mais il peut le faire perdre. L’UMP est une machine de guerre redoutable à condition qu’elle ne se fendille pas et conserve son unité. Il suffit de quelques centaines de milliers de voix perdues en début de campagne pour entraîner un mouvement dont on ne mesure pas aujourd’hui les conséquences. Or, l’ancien Premier ministre ne se privera pas de rendre les coups qu’on lui a si généreusement distribués. Sa capacité de nuisance est indéniable compte tenu des petits secrets qu’il détient depuis tant d’années au service de l’Etat. En outre, en l’attaquant de face, le président de la République lui a offert une vraie dimension, une densité, bref une stature d’homme d’Etat qu’il avait perdue depuis son départ de Matignon.

            Le Parti socialiste saura-t-il tirer profit des divisions de la droite ? Rien n’est moins sûr. Pour l’heure, il observe non sans amusement cette guerre fratricide qui prend des allures de suicide collectif. Mais il a du mal à gérer ses propres divisions internes. La retraite, les affaires Dray et Peillon, et plus encore  la punition infligée à Georges Frêche qui a télescopé Clearstream, démontrent que la pagaille vaut aussi à gauche. En ce sens, la campagne présidentielle de 2012 s’annonce gratinée.

            André Soleau            

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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /2010 23:19

 

            Henri Proglio ne touchera pas les 450.000 euros complémentaires qu’il devait encaisser, chaque année, pour son poste de président du conseil d’administration de Veolia environnement. Il se « contentera » d’une rémunération de 1,6 million d’euros en sa qualité de président directeur général D’EDF.

            A gauche comme à droite, on se félicite de cette issue tant la révélation de ce double salaire avait scandalisé tout le monde, à la fois par l’importance des montants et par l’incongruité d’une telle largesse en période de crise. De Martine Aubry à François Bayrou, de François Fillon à Nicolas Sarkozy, chacun s’est exprimé sur le sujet.

            Il ne viendra évidemment à l’idée de personne de remettre en cause la décision prise, sous la contrainte précisons-le, par l’intéressé. En revanche, la forme donne à réfléchir. Pendant plus d’une semaine, le nom de Henri Proglio a été jeté en pâture dans la presse. Quel était son délit ? Avoir accepté, en toute légalité, le chèque qu’on lui tendait. Cette « faute », nombre de salariés l’auraient certainement commise de la même manière.

            Surtout, cette curée a quelque chose de malsain. Elle reflète les travers de notre société où l’on s’indigne sur commande, on dénonce sans précaution, on polémique par plaisir et on condamne sous la pression. Les politiciens se chargent de prononcer la petite phrase, les médias amplifient et l’opinion publique fait le reste. Cela s’appelle, paraît-il, la démocratie.

            Cette manie d’opposer ainsi le blanc et le noir, le bien et le mal, les riches et les pauvres va à l’encontre des notions de solidarité que développent ces censeurs de circonstance. Elle porte en elle, les germes d’un déséquilibre qui peut aller jusqu’à la rupture sociale, voire pire. Et il serait illusoire de penser qu’elle ne concerne que les personnages publics. J’en veux pour preuve l’affaire Béatrice Cottin, cette brave dame de 87 ans dont le seul pêché est de posséder un immeuble de grand standing au cœur de Paris, immeuble inoccupé depuis des décennies. Le collectif « Jeudi Noir » a investi les lieux pour loger, gratuitement et en toute illégalité, des étudiants dans l’incapacité de payer un loyer. Le tout au nom du droit de chacun au logement.

            Avant même que la Justice n’ait tranché, la députée socialiste Anne Hidalgo a dénoncé… « Le scandale d’un patrimoine exceptionnel laissé égoïstement à l’abandon depuis des années. »  Les radios puis les journaux se sont emparés de l’affaire et ont lancé le débat sur la place publique. Et chacun d’apporter sa contribution à ce vacarme orchestré, sans le moindre égard pour l’âge et la santé de cette propriétaire dite indélicate.

            Où s’arrête donc le curseur de la bonne ou de la mauvaise conscience ? Le fait d’être propriétaire d’un bien vous rend-il suspect ou même coupable au regard des indigents ? Le fait de manger à sa faim alors que la misère court le monde est-il considéré comme une provocation ? Comme un crime ? Le fait simplement d’être salarié n’est-il pas d’une criante injustice vis-à-vis des millions de chômeurs que compte le pays ? Dans un monde où les points de repère sont constamment déplacés par la faute d’une démagogie électoraliste indécente et d’une résonance médiatique complaisante, ces questions méritent d’être posées.

            André Soleau

           

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Samedi 16 janvier 2010 6 16 /01 /2010 11:49

   Barack Obama a tapé du poing sur la table en constatant que les banquiers et traders américains allaient se partager  une galette géante. On parle d’environ cent  cinquante milliards de dollars qui seraient dégagés au titre de l’année 2009 pour rémunérer l’ensemble des équipes, dont la moitié au titre de bonus juteux. Peu importe si les bons résultats enregistrés l’ont été grâce à l’argent public généreusement injecté pendant la crise, pour sauver le système de la faillite. Les spéculateurs d’hier ont repris leur course indécente au jackpot, sans la moindre retenue. Au contraire, ils s’agacent des menaces du président américain qui veut taxer leurs établissements afin de rendre aux contribuables une partie de ce que l’Etat leur a ponctionné l’an dernier.

            En Europe, la situation n’est guère plus réjouissante même si les sommes allouées n’ont rien de commun avec ce qui se passe outre Atlantique. On évoque quand même la somme coquette d’un milliard d’euros pour nos « humbles » opérateurs des salles de marché parisiennes.

            Si l’on osait une comparaison malsaine, on rapprocherait ces sommes du montant des aides d’urgence proposées par les pays riches pour les sinistrés d’Haïti. Barack Obama a annoncé une enveloppe de cent millions de dollars et l’Union Européenne quelques millions d’euros. Le reste ? Des gestes spontanés, des associations humanitaires mobilisées comme toujours en pareil cas, des mouvements de bénévoles, des dons anonymes, des mains tendues, une solidarité de pauvres.

            Mieux vaut ne pas s’attarder sur de tels raccourcis qui donnent la nausée. D’ailleurs, le silence est une vertu cardinale de nos sociétés. Il permet d’œuvrer pour la paix des peuples, sans risque de chambouler l’équilibre de la planète. D’un côté, on mange gras et on fait régime au sauna pour éliminer les excès. De l’autre, on tente de survivre dans la crasse et la misère avec l’équivalent d’un euro par jour pour la grande majorité de la population. D’un côté on s’enrichit en dormant, de l’autre on meurt en silence. Il paraît que ça s’appelle la fatalité voire la malédiction. Celle d’être né du bon ou du mauvais côté du globe.

            Normalement, la diplomatie exige qu’on ne parle jamais de ces choses-là, ou alors en se signant le dimanche matin, quand nos consciences de bons chrétiens s’adressent à Dieu. Seulement voilà ! La terre, notre bonne vieille terre qui tourne paraît-il dans le même sens pour tout le monde, n’est pas diplomate. Elle a craqué de colère et de lassitude. Elle a frappé à l’aveugle et c’est encore une fois tombé sur les Haïtiens qui n’en finissent pas de trinquer. Eux qui ont subi les exactions de leurs dirigeants canailles pendant des décennies, qui ont été frappés par des cyclones à répétition, qui ont assisté impuissants à la déliquescence de l’Etat et à la montée en puissance des gangs, vivaient en équilibre sur le bord d’une plaque tectonique. Bilan, des dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de naufragés et un peu plus de résignation dans des millions d’yeux.

             Pourquoi eux ? Certains verront un signe divin dans ce tremblement de terre, un hurlement de mort destiné à faire sursauter l’humanité toute entière. Haïti, ce pays désigné par la communauté internationale comme l’un des cas les plus désespérés au monde, s’enfonçait dans le chaos sans bruit. Personne n’y prêtait attention. Ses habitants eux-mêmes avaient renoncé à crier leurs souffrances. Ils se recroquevillaient doucement dans leur malheur originel, comme une punition céleste collective. Et puis, il y a eu cet immense fracas qui a débouché nos oreilles de nantis, ces images de cadavres empilés qui nous ont glacés d’effroi, ces regards éteints d’enfants martyrs qui nous ont percé l’âme.

            La crise économique n’a pas réchauffé le cœur des traders. Puisse le drame haïtien laver l’humanité de sa cruelle indifférence.

            André Soleau

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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /2010 15:40

« Il est encore plus grand mort que vivant » s’était écrié Henri III devant la dépouille du duc de Guise qu’il venait de faire assassiner au château de Blois, le 23 décembre 1558. Il est vrai que ce colosse surnommé « le balafré » accusait près de deux mètres sous la toise.

            Philippe Seguin, lui, est mort dans son lit mais on pourrait sans peine  reprendre cette exclamation historique devant son cercueil. Non pas tant parce que le président de la Cour des comptes dépassait lui aussi les 1m90 et le quintal mais parce qu’il y eut la même forme d’admiration posthume, de ses amis comme de ses plus farouches adversaires, à l’annonce de sa disparition, celle d’un homme craint avant tout pour ses colères homériques de son vivant.

            Rarement un homme politique n’a autant fait l’unanimité. Entre les larmes contenues du Premier ministre François Fillon et celles non maîtrisées de Henri Guaino, tous se sont relayés pour rivaliser de conviction dans l’hommage appuyé. A droite, l’ancien président Jacques Chirac a estimé que « la France a perdu un homme d’honneur et un homme d’Etat d’une personnalité exceptionnelle. » Il lui a néanmoins préféré Alain Juppé à Matignon alors que le maire d’Epinal avait été l’un des artisans majeurs de son succès aux élections présidentielles de 1995, contre Balladur. Nicolas Sarkozy s’est enflammé en évoquant « l’une des grandes figures et l’une des grandes voix de notre vie nationale. Elles nous manqueront. » On sait pourtant que les relations entre les deux hommes furent compliquées et souvent tendues. Les multiples critiques de Philippe Seguin sur la politique budgétaire menée par le gouvernement ont agacé au plus haut point l’Elysée. Charles Pasqua n’y est pas allé par quatre chemins en parlant de son ami très cher : « Il avait l’étoffe d’un chef d’Etat. » Curieuse et troublante association entre le sulfureux ancien ministre de l’Intérieur, fondateur du SAC, et le scrupuleux gaulliste, profondément social.

             A gauche, les laudateurs n’ont pas été en reste. Qu’il s’agisse de Martine Aubry, Lionel Jospin, Michel Rocard, François Hollande, Jean-Pierre Chevenement ou Marie-George Buffet, tous ont souligné « l’orateur hors pair, le patriote, le vrai gaulliste, la référence, le sage, la boussole… » qui fut un adversaire loyal plutôt boudé par son propre camp.

            Même Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, pourtant peu suspects de complaisance envers les ténors de la classe politique, ont salué dans un même élan « une personnalité courageuse et indépendante. »

            Si Philippe Seguin a entendu toutes ces louanges, il s’est peut-être gratté la barbe d’incrédulité, lui qui traversait tant de périodes de déprime en se retournant sur le passé et en se remémorant toutes les occasions manquées d’obtenir la consécration d’un talent que personne ne lui contestait. De la mairie de Paris à Matignon, du ministère de la Justice à la candidature présidentielle, ses rêves furent autant de désillusions qui le conduisirent à jeter l’éponge en 2002 pour se consacrer à la Cour des Comptes, une forme de retraite anticipée comme il se plaisait lui-même à le dire.

            Caractère ombrageux, indépendant d’esprit, animé par des convictions en acier trempé, hostile aux compromis et aux réseaux, Philippe Seguin détonait dans un univers fabriqué à base de matériaux souples, comme la diplomatie rampante ou le consensus mou. Surtout, il était d’une intégrité totale, ce qui n’a pas manqué d’être relevé de manière quasi générale par ses ex-compagnons de campagnes. C’est peut-être là, dans cette admiration quelque peu moqueuse de ses pairs pour les principes d’honneur d’un autre âge qu’il défendait bec et ongles, qu’il faut chercher le plus bel hommage. C’est peut-être là qu’il apparaît un peu plus grand que les autres.

                        André Soleau

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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /2010 09:47

 La première polémique de l’année 2010 n’a pas tardé. A peine les vœux échangés, avec l’espérance de jours meilleurs accrochée tout en haut du sapin, que les préoccupations du quotidien venaient briser la féerie de Noël et nous replonger dans le flot sombre des tracasseries d’hier.

            Après Johnny Hallyday, engagé malgré lui dans une série dramatique américaine digne des meilleurs épisodes de « Urgences », à l’hôpital de Los Angeles, voilà qu’on nous sert une comédie loufoque sur le thème de la hotte du Père Noël qui déborde de paquets cadeaux H1N1 dont personne ne veut, ni les jeunes enfants classés pourtant prioritaires dans la distribution, ni les adultes qui se disent sans doute qu’on y verra plus clair demain. Sans oublier les vieux qui haussent les épaules devant tant d’agitation.

            Du coup, une question agite le microcosme parisien autour de Roselyne Bachelot qui est passée, entre 2009 et 2010, du rôle de sauveur de la nation à  celui de responsable du fiasco. En effet, il va falloir désormais désigner le coupable de cette gabegie annoncée : quatre vingt quatorze millions de vaccins achetés à un prix compris entre six et dix euros la dose, pour une population totale de soixante cinq millions d’âmes. Aujourd’hui, alors que le pic de la pandémie est annoncé derrière nous, seuls cinq millions d’individus ont répondu positivement à l’appel de notre ministre. Le tout sans compter les deux milliards de masques commandés et qui attendent sagement dans des caisses que la burqa hygiénique ne soit plus considérée comme un gadget.

            La facture s’annonce salée, de l’ordre de six à sept cents millions d’euros uniquement pour les vaccins qu’il va falloir tenter de revendre à bas prix à l’étranger. Mais les amateurs ne se bousculent pas d’autant que les nouvelles concernant les effets de la pandémie sont plutôt rassurantes.

            La France, une nouvelle fois, a fait preuve d’amateurisme dans le traitement de ce dossier. D’abord en écartant les médecins du plan d’urgence au profit de centres de vaccination peu performants et qui n’inspiraient guère confiance. Une communication désastreuse a accentué le rejet massif de l’opération. L’insistance du gouvernement à écouler ses stocks est devenue rapidement suspecte, tout comme la mise en scène de personnalités allongées, la manche relevée, pour accomplir leur devoir de citoyen. La dramatisation à outrance n’a jamais provoqué une prise de conscience collective.

            Cette histoire pose à nouveau le problème du principe de précaution dans notre pays. Nulle part ailleurs les autorités n’ont été à ce point présentes sur le front avec cette espèce d’hyperactivité qui est la marque de fabrique du quinquennat. Les politiques ne viennent pas appuyer l’action des spécialistes, ils les devancent, monopolisent les micros et caméras, disent tout et son contraire dans le seul but d’occuper la scène et de plaire au président. Accessoirement, ils créent un écran de fumée qui nous empêche de poser les bonnes questions. A savoir, comment a-t-on pu décréter dès l’origine qu’il faudrait deux doses pour chaque français alors qu’une seule a suffi ? Ne pouvait-on attendre d’en savoir un peu plus avant de constituer ces stocks aujourd’hui invendables ? Qui a négocié le prix de 6 à dix euros le vaccin, présenté par paquet de dix pour paraît-il faire baisser les tarifs, alors que c’est précisément le montant habituel proposé à l’unité pour ce genre de prestation ? Pour l’heure, ces questions et bien d’autres reposent dans les caisses, dissimulées sous les masques.

            André Soleau

Par SOLEAU
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /2009 19:53

             Dix années se sont écoulées depuis le grand saut de l’an 2000 et l’entrée dans un nouveau millénaire. A l’époque, le monde débordait de bonnes résolutions. On fêtait le passage à l’Euro qui symbolisait la grande idée de Jean Monnet et de quelques autres pionniers d’une Europe unifiée et débarrassée à jamais des bruits de bottes. La bourse battait record sur record grâce notamment au phénomène Internet et à la bulle spéculative qui allait emmener le Nasdacq à un sommet de 5132 points en mars. La croissance économique dépassait les 3% et le chômage baissait de manière spectaculaire pour atteindre un taux de moins de 9%. Les 35 heures de Martine Aubry instauraient une autre vision de la vie, plus jouissive, celle du partage du travail et de l’avènement des loisirs, via les RTT. Les Etats-Unis, seuls sur leur planète depuis la disparition de l’URSS, affichaient une santé insolente.

            2009 agonise et les rêves d’un monde meilleur n’ont pas résisté à la dure réalité d’un quotidien sans poésie. L’attentat du World Trade Center nous a tous plongés dans l’horreur d’un terrorisme de masse. Les guerres déclenchées en Irak  puis en Afghanistan sont venues rappeler que l’histoire de l’humanité est souillée de sang depuis la nuit des temps et qu’on a toujours tué, au nom d’une religion, d’une idéologie, parfois même de la liberté. La crise a frappé une première fois les start-up avant de s’attaquer à l’économie tout entière. Les subprimes et la spéculation insensée nous ont ramenés d’un coup en 1929.   Le CAC 40, qui avait frôlé les 7000 points en 2000, se situe sous la barre des 4000 aujourd’hui. Le chômage a repris son rythme dévastateur et les licenciements se multiplient. L’utopie des 35 h a cédé la place à un « travailler plus pour gagner plus » nettement moins politique. Les Américains sont descendus de leur nuage et sont non seulement confrontés à la menace asiatique mais découvrent, eux aussi, la précarité de l’emploi.

            Il y a pire. Cette décennie a dévoilé de nouvelles menaces qui couvaient. Le système de retraite par répartition est au plus mal et l’on commence à évoquer sérieusement l’arrêt d’activité aux alentours de 67 ans, pour éviter la faillite des caisses. Le réchauffement climatique fait craindre la disparition d’un cinquième des espèces animales et végétales. La pollution par le CO² n’a pas fini de causer des ravages d’autant que les pays émergents tombent dans les mêmes travers que les pays industrialisés, à savoir la surproduction a tout prix, quelle que soit la facture à payer pour les générations futures. Et comme si cela ne suffisait pas, la pandémie de grippe H1N1 est venue s’ajouter à la liste noire.

            Bref, il faut être sérieusement atteint pour croire encore au Père Noël à l’aube d’une nouvelle année. Mais nous sommes en période de fêtes et la tradition exige de se montrer résolument optimiste. Retenons donc de cette décennie quelques avancées technologiques majeures comme le téléphone portable à portée de tous, la domotique, le développement du E.commerce qui va modifier totalement nos habitudes de consommation ou encore l’établissement de nouvelles relations sociales avec le phénomène Facebook. Quant à savoir si l’homme aura un jour la sagesse de maîtriser ses propres inventions pour en faire des semences du bonheur, cette question n’a malheureusement pas d’âge.

            Bonne année à tous.

            André Soleau

Par SOLEAU
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Blog notes

 

La face obscure de Dany Boon
L’autre jour, sur les ondes d’une radio périphérique, Dany Boon répondait aux questions de Christophe Hondelatte à propos de son nouveau spectacle intitulé « Trop stylé » et d’une critique jugée sévère dans Nord Eclair. Après avoir confondu Nord Matin et Nord Eclair (« De toute manière, c’est la même chose » dira l’un d’eux), Dany Boon perdit subitement tout sens de l’humour en évoquant, cette fois, La Voix du Nord : « Ce n’est pas la première fois que je suis attaqué par les médias régionaux. Je peux même vous citer de mémoire un extrait du papier d’un journaliste de La Voix du Nord qui a couvert la sortie du film « Bienvenue chez les ch’tis ». Il a écrit : « Le Nord est à Dany Boon ce que St Tropez est à Max Pégas ! Pégas réalisait des films érotiques de série Z dans les années 80 ». Et il enchaîna : « Ce journaliste n’était plus très à l’aise quand mon film a dépassé les vingt millions d’entrées… Aujourd’hui, je suis entré dans une nouvelle dimension grâce au succès. Ce genre de critique ne m’atteint plus.»

            Revenons au journaliste de Nord Eclair incriminé. Il avait simplement pris la peine d’aller voir le one man show de notre humoriste préféré, à Bruxelles, avant ses représentations données au théâtre Sébastopol de Lille, histoire d’étayer son papier ce qui témoigne d’un professionnalisme non discutable. Pas convaincu, il avait décrit un spectacle inabouti, hésitant, sans surprise majeure. Résultat, il fut interdit d’entrée lors des représentations données à Lille.

            Cet incident témoigne des difficultés d’un artiste, quel qu’il soit, à accepter d’être égratigné, surtout lorsqu’il a été installé très vite (trop vite ?) sur un piédestal. La presse régionale, contrairement aux allégations de Dany Boon, n’a fait qu’encenser l’enfant du pays. Le matraquage sans nuance qui accompagna la sortie de « Bienvenue chez les Ch’tis » ressembla plutôt à un plébiscite et les rares, très rares voix discordantes furent considérées comme blasphématoires. Il est vrai que chaque apparition de l’homme aux oreilles décollées à la une du quotidien fait vendre plusieurs milliers d’exemplaires supplémentaires, ce qui peut expliquer une certaine mansuétude voire une complaisance certaine.

            Dany Boon n’est pas Dieu et les saintes écritures n’ont pas été traduites en ch’ti. Les journalistes ont non seulement le droit mais le devoir d’informer, au risque parfois de déplaire. Habitué à un autre traitement, l’humoriste d’Armentières a simplement confondu l’information et la communication. A son crédit, on relèvera qu’il y a eu trop souvent matière à confusion dans cette quête obsessionnelle de record d’entrées du cinéma français.

            Les choses vont bien évidemment rentrer dans l’ordre. Chacun y a intérêt. Et cela aidera peut-être Dany Boon à quitter cette « nouvelle dimension », pour redescendre sur terre.

            A.S




Le Val Joly

(Suite)

        Un autre exemple des difficultés que connaît le Val Joly tant dans la conception du projet d’aménagement que dans la gestion au quotidien : la halte garderie. Trois personnes sont chargées d’accueillir et de veiller sur les petits. Hélas, une seule petite fille est actuellement inscrite régulièrement dans les effectifs ce qui,  on en conviendra, apparaît quelque peu insolite. D’autant que malgré la période estivale particulièrement propice à l’évasion cette année, quatre boutiques ferment leurs portes pour manque de fréquentation et que les locations des cottages sont actuellement soldées jusqu’à moins 60%.

        Et dire que l’on entre dans la période hivernale.


 
Affaire Polanski

 

            Le moins que l’on puisse dire est que l’arrestation surprise de Roman Polanski en Suisse n’est pas passée inaperçue. C’est un véritable séisme qui secoue le monde politique et cinématographique et qui se propage sur tout le territoire grâce à de puissants relais médiatiques.

            Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a évoqué « une affaire épouvantable et une Amérique qui fait peur », laissant entendre que le président Sarkozy en personne suivait de près ce dossier. Son illustre prédécesseur, Jack Lang, a réagi de manière aussi vigoureuse en dénonçant un « acte inimaginable et disproportionné » et Bernard Kouchner a qualifié la chose de « sinistre ».

            Le 7ème Art n’est pas en reste. Une pétition circule pour exiger la libération immédiate de Polanski. Elle a été notamment signée par Jeanne Moreau, Pedro Almodovar, Wim Wenders ou encore Claude Lanzmann. D’autres s’insurgent contre un « lynchage judiciaire ».

            Cette indignation collective est troublante dans la mesure où elle cède à l’émotion, sans le moindre recul vis-à-vis d’un dossier extrêmement complexe. Rappelons que Roman Polanski fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis pour une sordide affaire de viol sur mineure de 13 ans, il y a plus de trente ans. Il aurait en effet abusé de Samantha Geimer après l’avoir droguée. Il s’est enfui en France avant son jugement et aurait trouvé récemment un arrangement financier avec sa victime.

            Compte tenu du temps passé depuis les faits, de la personnalité de son auteur, on peut effectivement comprendre l’onde de choc provoquée par cette arrestation. Mais la gravité de l’acte d’accusation devrait inciter nos politiques à plus de retenue. Le talent dispense-t-il de toute responsabilité, y compris judiciaire ? Quid de la victime durant toutes ces années où la frustration due à une fuite et à l’absence de procès s’est ajoutée au traumatisme subi ? Ce sont des questions de vie, pas de cinéma.

            A.S



Les sales gosses

 

        A ma gauche, un combat de femmes qui oppose Martine Aubry et Ségolène Royal sur fond de magouilles, tricheries, arnaques et trahisons, pour reprendre quelques expressions sans nuance des auteurs d’un livre choc sur la cuisine interne du Parti socialiste. La première nommée aurait « volé » sa victoire lors de l’élection au poste de Premier secrétaire du PS, par le biais d’un détournement de bulletins réalisé par quelques uns de ses partisans.

        A ma droite, un combat d’hommes où tous les coups semblent permis entre Nicolas Sarkozy, Président de la République en fonction, et Dominique de Villepin, un ancien Premier ministre de Jacques Chirac. C’est le fameux procès Clearstream qui promet son pesant de révélations sur les coups tordus que peuvent s’administrer d’anciens amis du même parti et du même gouvernement.

        Au centre, des millions de Français de tous bords et de toutes conditions qui croyaient naïvement que les élus de la nation, surtout à un tel niveau de responsabilités, avaient pour seule préoccupation le bien-être de leurs concitoyens, surtout en période de crise, de poussée du chômage et de tension sociale. Ceux-là découvrent avec effarement que le pouvoir ne rend pas seulement fou. Il rapetisse.

Tornade à Hautmont

 

        Une association Solidarité Avesnois a été créée au lendemain de la tornade qui a frappé le Bassin de la Sambre et plus particulièrement les villes de Hautmont, Maubeuge, Boussières sur Sambre et Neuf Mesnil. Parrainée par Dany Boon elle compte de nombreuses personnalités de la région dans ses rangs dont Guy Marseguerra, président, Emmaunel Riglaire, trésorier et les deux secrétaires Jean-Marie Leblanc et moi-même. L'objectif est d'organiser différentes manifestions, sportives, culturelles  ou autres afin de recueillir suffisamment de fonds pour aider les sinistrés. Plusieurs centaines de familles sont aujourd'hui recensées parmi les victimes de cette catastrophe et leur situation, à l'approche de l'hiver, est extrêmement précaire.  

         Vous pouvez, vous aussi, nous aider dans cette démarche de solidarité par un don au nom de l'association "Solidarité Avesnois", BP200 59002 Lille Cedex.

La totalité des sommes perçues sera reversée aux familles par le biais de notre partenaire direct, la CAF.

         D'avance, merci.

 

Domenech maintenu

 

         Raymond Domenech a été reconnu responsable de la faillite des Bleus lors de l’Euro 2008. Il lui a été reproché de n’avoir pas su réaliser l’osmose entre les jeunes et les anciens et de s’être montré beaucoup trop frileux dans ses schémas tactiques, notamment lors du match contre la Roumanie. Sa communication a été jugée désastreuse et il est le principal artisan de la dégradation de l’image de l’équipe de France, recroquevillée non seulement sur le terrain mais aussi dans son hôtel, transformé en blockhaus. On ne parle même pas de sa demande en mariage, lancée à l’heure de l’enterrement du projet sportif, qui a achevé de le discréditer auprès des supporters.

         Conséquence ?... Il est maintenu à son poste. Voilà en gros le résultat du conclave organisé par les plus hautes instances du football national, chargées de faire toute la lumière sur le plus beau fiasco de l’année.

         N’importe quel patron d’une entreprise privée aurait été débarqué après un tel constat, équivalent à une faute lourde. Une majorité aurait démissionné avant même le verdict afin d’éviter l’infamie. Il faut croire que le monde du ballon rond n’obéit pas à ces règles même si l’on a pu croire que les salaires, généreusement distribués depuis quelques années, avaient imposé la disparition de l’amateurisme et du bénévolat au profit de l’obligation  de résultats.

         Raymond la science repart ainsi pour une nouvelle aventure, avec ses blagues de potache attardé et ses séances de tableau  noir aussi claires que ses jeux de mots. Sur le terrain, il traînait une réputation de défenseur rugueux, dur sur l’homme, sans imagination. Sur le banc, il n’a jamais rien gagné, hormis un contrat juteux et un joli pactole. Mais, selon les explications embarrassées des vénérables représentants du football appelés à se pencher sur son cas, la crainte de casser la dynamique de l’équipe a été déterminante à un moment où les éliminatoires de la Coupe du Monde se profilent.

         Quelle dynamique ?

A.S.

      

 

 

  Jeux Olympiques

 

        Le dalaï Lama a affirmé à de nombreuses reprises son opposition à toute forme de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Considérant que le peuple chinois, par son histoire, mérite d’accueillir l’événement, il a aussi déploré la violence des manifestations qui ont accompagné le passage de la flamme et revendiqué le dialogue entre les deux camps pour tenter de dénouer la crise.

        On aimerait que les partisans d’une ligne plus dure fassent preuve de la même retenue lorsqu’il s’agit de défendre leurs idées. Le spectacle montré à Londres et plus encore à Paris avec des échanges de coups entre forces de l’ordre et protestataires,  des athlètes insultés durant leur relais, des organisateurs désemparés, n’a guère servi la cause des droits de l’homme. Robert Ménard et ses amis de Reporters sans frontières étaient assez fiers de leur opération commando, aidés en cela par des groupuscules altermondialistes et quelques professionnels de l’agitation urbaine. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

         Les Chinois ont quitté la France avec le sentiment conforté que la démocratie telle qu’on la pratique chez nous conduit à l’anarchie et qu’appliquée chez eux, elle mettrait en péril la pérennité du régime. En 1993, alors que j’effectuais un voyage d’études à Pékin et dans d’autres grandes villes du pays, j’avais interrogé mes interlocuteurs sur la liberté telle qu’on la conçoit chez nous. Ils m’avaient répondu approximativement ceci : « Pensez vous pouvoir comparer nos deux peuples. Nous sommes plus d’un milliard et s’il n’y avait pas un minimum d’encadrement, nous serions balayés par un raz-de-marée, en un éclair. Il est par exemple inimaginable que l’on puisse tolérer, comme chez vous, un tel pourcentage de la population au chômage. Nous devons les occuper avec de petits boulots afin d’éviter les émeutes. »

         Sans évidemment cautionner la politique répressive et plus encore les exactions commises au Tibet, on peut quand même s’interroger sur cette fâcheuse manie, des pays occidentaux, à vouloir imposer une vision unilatérale de la démocratie, partout dans le monde. On a pourtant constaté en Irak que cette approche réductrice des choses pouvait provoquer des effets désastreux. La population chinoise s’appuie sur une culture millénaire. On peut lui faire confiance pour trouver d'elle-même,  avec la croissance économique, les clés de l’épanouissement individuel...et de la revendicaiton. 

A.S

   

 

 

 Un scoop curieux

 

             Nicolas Sarkozy a déposé plainte contre le Nouvel Observateur qui a laissé entendre, dans un article sur son site internet, que le président de la République aurait envoyé un texto à son ex, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. Il serait rédigé comme suit :

« Si tu reviens, j’annule tout »

            L’auteur du papier rappelle au passage tous les faits qui tendent à démontrer l’influence toujours exercée par Cécilia sur Nicolas: une bague identique offerte aux deux femmes, un voyage à Pétra, en Jordanie, pour Carla, là où Robert Attias avait accompagné pour la première fois l’ancienne épouse etc…

            Le Nouvel Obs. aura beaucoup de peine à justifier la réalité de ce SMS. Seule Cécilia Sarkozy pourrait en confirmer l’existence, ce qui paraît plus qu’improbable. Cette affaire illustre, au besoin, l’impérieuse nécessité pour les journalistes de ne pas céder à la tentation du scoop facile que les supports d’aujourd’hui favorisent dangereusement. Vérifier l’information, la valider restent des actes incontournables de la profession.

            Mais le plus troublant dans cette curieuse histoire, c’est que le responsable de cette « révélation » ne passe pas pour un joyeux original dans le métier. C’est un homme d’expérience qui connaît toutes les ficelles. Ce qui ajoute à notre perplexité.

A.S

 


Rendez-vous manqué


             L’équipe de France de Bernard Laporte ne sera jamais championne du monde. Ce n’est que justice. Le « sélectionneur-homme d’affaires-secrétaire d’Etat » a disposé de quatre années pleines pour préparer ce rendez-vous avec l’Histoire. Quatre années pleines pour choisir ses hommes, modeler son groupe, définir un style, élaborer une stratégie. 

            Au bout du compte, le jour de l’examen, il a copié sur ses voisins ou plutôt sur ses adversaires. La chance l’a accompagné contre les All Blacks. Elle lui a tourné le dos contre les Anglais.On ne renie pas impunément ses origines.

            Le quinze d’Ovalie a toujours pratiqué un rugby champagne fait de spontanéité et d’improvisations. Celui de Laporte, fort de sa montagne de muscles, a voulu imiter le bœuf de la fable. Il n’a pas joué à la main, il a déjoué au pied. Et dans cet exercice, les sujets de sa gracieuse majesté sont meilleurs que nous. Les grands coups de bottes, ils connaissent. C’est même une seconde nature. En s’évertuant à utiliser les mêmes armes, on a juste fait tout un peu moins bien. Et le génie de Wilkinson a apporté le reste. C'est-à-dire l’élimination frustrante des Bleus.

            Souhaitons au prochain patron de revenir aux fondamentaux, selon l’expression consacrée. Et à Bernard Laporte de se montrer  un peu plus créatif dans sa nouvelle vie.

A.S

           

           

 

 

De l’art du mensonge

 

        Ségolène Royal avait ému la France profonde durant la campagne présidentielle en révélant avec des trémolos dans la voix son rêve secret d’un mariage, dans le cadre paradisiaque de Tahiti. On l’imaginait déjà au bras de son cher François, suivi des quatre enfants du couple, du bonheur plein les yeux. Les violons en fond sonore, les militants du parti pour la claque et l’Elysée en guise de nid douillet. 

        Patatras ! La carte postale n’a duré que le temps du dépouillement des bulletins de vote. Sitôt la défaite consommée, on a rangé les cotillons et les tenues de soirée pour s’habiller d’un quotidien beaucoup plus banal : « tu m’as trompée, je te quitte. »

        Pourquoi nous avoir fait croire à un conte de fées pour midinettes au cœur de cristal alors que la lassitude avait déjà provoqué des dégâts irréparables dans leur relation ? Parce que les militants avaient besoin de s’identifier à une candidate romantique et sincère, décalée par rapport à ce monde de brutes. Qui n’a pas rêvé de dire oui au pied d’une mer turquoise et à l’ombre des cocotiers ? On a ainsi distribué du rêve à bon marché. 

       Ségolène a mis fin elle-même à la supercherie en révélant, au passage, l’infidélité de son compagnon. Le rôle de femme bafouée permettra de gommer plus facilement ce mensonge électoral. 

       Jean-Louis Borloo, à l’inverse, a choisi de dire la vérité en révélant avant l’heure et surtout entre les deux tours des législatives, le projet du gouvernement sur la fameuse TVA sociale. Re-Patatras ! Ses amis le désignent aujourd’hui comme le principal responsable des mauvais scores infligés à la majorité, dimanche. Certains battus ont même la dent très dure pour l’ancien avocat, accusé de diarrhée verbale. 

       Qu’avait-il besoin, selon eux, de fournir des armes aux adversaires en évoquant une réforme soigneusement enfouie dans les cartons, à l’abrides regards indiscrets ? Juppé y a laissé son poste ministériel et peut-être même ses dernières illusions. 

       Bref, pas facile, en politique, de choisir le mot juste au moment opportun. Comme disait un sage : « Un mensonge n’est souvent qu’une vérité qui se trompe de date. » Et vice versa…

 

A.S

 

 

 

BILLET

 

 

  « Complément d’enquête », excellente émission présentée par l’ancien nordiste Benoït Duquesne, était consacrée cette semaine au patrimoine des candidats à l’élection présidentielle. Les journalistes n’avaient pas lésiné sur les moyens pour dénicher la résidence secondaire sous-évaluée par tel candidat (ou candidate), les travaux sous facturés par un promoteur généreux ou le patrimoine dissimulé derrière la façade légale et bio d’exploitant agricole.

    Mais là n’était pas l’essentiel. La constante des reportages reposait sur les témoignages embarrassés des uns et des autres, confrontés au zoom indiscret d’une caméra chargée de pénétrer au fin fond du bas de laine. Et chacun de s’évertuer à minorer son pécule avec des accents de sincérité à faire pleurer dans les chaumières des érémistes les plus endurcis. « Moi je dispose d’une vieille Clio fatiguée et de quelques euros à la Caisse d’Epargne… » - « Et moi, d’un petit studio à tout faire en banlieue… » - « Et moi, d’une vieille baraque héritée de mes pauvres parents… » On se serait cru chez les Don Quichotte, en face du parvis de l’église Saint-Maurice.

    Dans ce hit parade du plus démuni, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jean-Marie le Pen se révélèrent les plus mauvais élèves, comme le fit remarquer le commentaire, puisqu’ils furent tous trois pris en flagrant délit d’assujettissement à l’ISF. Scandale.

    J’avoue ne pas toujours bien comprendre le but de la démonstration dans ces émissions de grand déballage public. En bon électeur moyen, je serais plutôt enclin, au moment de glisser le nom de mon favori dans l’urne, à choisir celui qui me paraît le plus apte à gérer le pays. C'est-à-dire celui qui s’appuie sur un parcours réussi, sur une progression sociale harmonieuse, sur des succès indiscutables. Puisqu’il me faut confier l’argent de ma contribution citoyenne à l’Etat, autant que l’homme qui l’incarne soit capable de le faire fructifier.

    Mais il faut croire que chez les politiques, ces règles élémentaires n’ont pas cours. Il est de bon ton, au contraire, de partager la misère, de s’habiller d’indigence, d’être solidaire dans le dénuement. La France est morose, alors cachons nos joies perverses ! Quitte à diaboliser le sage Confucius qui écrivait : « quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent. »

 

André Soleau

 

 

 

BILLET

 

Jacques Chirac va quitter la scène politique pour entrer de plain-pied dans l’Histoire. La retenue dont fait preuve une majorité de ses ex-adversaires, à l’heure de commenter son départ, démontre au besoin qu’il n’appartient déjà plus au monde des actifs. Issue prévisible mais cruelle pour un homme qui a consacré quarante années de sa vie à lutter pour ses convictions et qui aurait sans doute aimé prolonger son bail à l’Elysée si ses amis ne s’étaient pas volatilisés un à un, ces derniers mois, à la recherche d’une nouvelle locomotive.

Le successeur de Mitterrand a fait le bonheur des humoristes. Son image fut longtemps celle d’un grand benêt, emprunté devant les caméras de télévision, peu cultivé et mal entouré. Les clichés furent sans pitié. La chope à la main, la tête de veau dans l’assiette, on le croquait volontiers béat d’admiration devant le cul des vaches ou celui des sumos. Et l’on ne compte plus ses bourdes abracadabrantesques, de la dissolution de l’assemblée au rejet de la constitution européenne.

Ajoutez à cela une pincée de trahison à l’égard de Giscard, un zeste d’affaires douteuses à la mairie de Paris, un soupçon de dépenses somptuaires au château et quelques aventures galantes ici ou là et tout est dit.

Ce portrait au vitriol se patinera avec le temps. Les traits s’atténueront et certains se risqueront à rappeler sa passion pour les arts premiers, sa lutte sans merci contre le racisme et les partis extrémistes, son engagement pour la grande bataille écologique qui s’annonce, son affection affichée pour les pays en voie de développement et bien entendu son audace pour envoyer paître Bush et sa croisade en Irak.

Plus tard encore, d’autres loueront son courage d’avoir mis l’état français à l’index pour sa responsabilité directe dans la déportation des juifs, en 1940, et même ses compétences en matière de réformes après avoir été le premier à inverser la courbe du chômage.

Où est la vérité ? Elle se situe bien souvent à mi-chemin entre le présent et l’avenir. Elle est « fille du temps ».

 

 André Soleau

 

 

Vente

 

Le livre "La Voix du Nord - La grande braderie" est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur commande, chez l'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris.

(http://www.editions-harmattan.fr)

 

La librairie Au Passe-Temps d'Avesnes-sur-Helpe continue elle aussi à assurer la promotion du livre qui est désormais  en vente à Auchan..

 

Revue de presse

 

Les Echos - jeudi 14 décembre 2006.

Idées

« LA VOIX DU NORD » - LA GRANDE BRADERIE

 

Perte d'identité d'un quotidien

 

Les multiples tractations qui, au fil des OPA, ont abouti à la grande braderie de « La Voix du Nord ».

Ce livre passionnant revient sur les turbulences qui, depuis 1998, ont vu « La Voix du Nord » changer quatre fois de mains. André Soleau, son directeur jusqu'en janvier 2005, quand il préféra quitter son poste car il « ne se reconnaissait plus dans ce qu'on était en train de faire de cette entreprise », y révèle les turpitudes qui ont secoué le quotidien depuis vingt ans. Une première OPA menée en 1988 par trois hommes d'affaires lillois conduit à un rachat de l'entreprise par ses salariés l'année suivante et à la constitution du holding VNI (Voix du Nord Investissement), dont un petit noyau de cadres détient la majorité du capital. Un capital mal verrouillé qui sera, dix ans plus tard, l'objet d'une deuxième OPA de la part d'un actionnaire minoritaire, administrateur, qui, victime d'une vexation, en fera une vraie croisade. La Socpresse fait très vite de cet actionnaire un cheval de Troie pour s'emparer du journal. Yves de Chaisemartin, devenu PDG du groupe Hersant, utilise le paravent du groupe belge Rossel - où la Socpresse détient alors 40 % du capital - pour devenir en 1998 l'actionnaire de référence de VNI. La Socpresse, qui sort du bois en 2000, est ensuite rachetée par Serge Dassault, qui reste un an propriétaire de « La Voix du Nord ». Avant de revendre le groupe à... Rossel. Retour à la case départ. Mais jusqu'à quand ?, s'interroge André Soleau. On apprend ainsi, au détour des pages, que Michel Nozières, l'actuel président du journal et du groupe, et Yves de Chaisemartin, n'auraient pas renoncé à récupérer les morceaux de l'empire Socpresse. « L'avenir dira si cette hypothèse ne se vérifie pas un jour », confie aux « Echos » l'auteur du livre.

 

Un homme déçu

 

Par cet ouvrage, il a voulu relater « comment on est arrivé à la perte d'indépendance du journal, de son âme et de son identité ». Personne n'est épargné : ni les ex-dirigeants, ni les actuels, ni les syndicats, incapables de « se remettre en question ». Il raconte les tractations menées ces dernières années par des hommes « plus avides de pouvoir que de bien pour le journal ».

Ce livre est aussi l'histoire d'un homme, déçu et blessé par la trahison de certains de ses collaborateurs, mais également celle d'une belle ascension sociale. Entré en 1972 comme employé pour vendre des encarts de publicité pour la locale d'Avesnes-sur-Helpe, André Soleau se retrouve, trente ans plus tard, en 1995, directeur du journal. Entre temps, il a été localier, journaliste sportif, chef du service des sports et rédacteur en chef. Son seul regret aujourd'hui est d'avoir contribué avec les autres dirigeants à laisser fuir la mémoire du journal au cours des quatre clauses de cession qui ont vu partir 170 journalistes. De même déplore-t-il que le conseil de surveillance et le directoire, dont il faisait partie, « n'aient pas réagi plus fermement face à l'OPA de 1998 », dont découle la situation actuelle : « une grande braderie ».

 

NICOLE BUYSE

 

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Site du club de la presse - 15 décembre 2006

 

André Soleau raconte « la grande braderie » de « La Voix du Nord »

 

A l’occasion de l’ouverture à Lille d’une librairie par l’éditeur L’Harmattan (35, rue Basse), André Soleau y dédicacera mercredi 20 décembre (de 17h à 21h) son livre « La Voix du Nord. La grande braderie », paru au début du mois chez ce même éditeur. André Soleau raconte notamment son parcours au sein du quotidien régional, qui l’a amené du poste d’employé à la publicité dans le secteur de Fourmies à celui de journaliste sportif en 1980, pour devenir ensuite rédacteur en chef de La Voix des Sports, puis de La Voix du Nord, avant d’accéder à la haute direction du journal : directeur général adjoint, directeur général et enfin directeur général du groupe, en 2004. Une fonction éphémère puisqu’André Soleau démissionnait, après négociation, peu de temps après la prise de pouvoir de Serge Dassault dans le groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), auquel appartenait alors La Voix du Nord. C’est d’ailleurs une « perte d’indépendance », conséquence de quatre rachats successifs, qu’André Soleau explique vouloir dénoncer dans son ouvrage.

Les propos de l’ancien directeur général du groupe devraient faire grincer quelques dents. Outre les violents emportements de Jean-Louis Prévost, il présente aussi sa version des relations entre la direction du journal et les syndicats, souvent acide pour ces derniers. Il n’est pas tendre non plus envers certains anciens collègues, toujours hauts cadres en poste. Ni sur le cas de Nord Eclair, dont il estime que la survie s’est faite au détriment de moyens financiers propres à La Voix du Nord.

 

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Les Gaillards d'avant - janvier 2007

 

Ancien DG de La Voix,

André Soleau dit sa vérité

  

Depuis décembre « La Voix du Nord : la grande braderie » est le livre de chevet des milieux qui, dans notre région, touchent à la presse… En effet, il est plutôt rare de découvrir la vie d’un journal et de ses acteurs sous la plume de celui qui en fut le patron ! C’est pourtant l’exercice d’André Soleau dans un témoignage qui a le mérite de la rareté. Il avait prévenu : ce livre il y tenait ; aussi l’a-t-il écrit quelques mois seulement après avoir tiré le rideau sur ce qui fut toute sa vie.

Jeunesse passée à Avesnes-sur-Helpe, arrivée (1972) au quotidien comme employé sur route à la pub… lui qui rêvait de journalisme sportif, un but qu’il atteindra huit ans plus tard, à Maubeuge puis à Lille où l’ascenseur social le hissera jusqu’au 5e étage de la Grand’ Place ! Sont donc contées les étapes de cet itinéraire personnel qui se confond avec l’histoire des trente dernières années de l’entreprise. Les anciens retrouveront au fil des chapitres les événements de leur carrière, racontés par André Soleau qui, bien sur, dit sa vérité sur les choses et les hommes qui firent La Voix. Y compris sur ses dirigeants et la plume - parfois scalpel – brosse les portraits sans concession de ceux dont dépendait le destin de l’ex- 3equotidien de France ! Joli gâchis quand on observe ce qu’il advint finalement du fleuron… C’est ce qu’aborde le dernier tiers du livre, les plus douloureuses pages pour l’auteur (qui fera même un grave accident de santé) et pour tous les « Voix du Nord », révoltés que leur journal soit terrassé… sur « tapis vert » seulement par les intrigues financières et les stratégies personnelles.

Reste à André Soleau à confirmer, à 57 ans, cette carrière naissante d’écrivain. Le style est là.

 

Les gaillards d'avant

 

Silence, on ne tourne pas
 
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