Biographie

André SOLEAU
 
·  Né le 29 décembre 1949
·  Entré à La Voix du Nord en 1972 
·  Journaliste en 1980 
·  Grand reporter en 1983
·  Rédacteur en chef de La Voix des Sports en 1989
·  Rédacteur en chef et éditorialiste de La Voix du Nord en 1991
·  Directeur général adjoint en 1995
·  Directeur général du journal en 1998
·  Directeur général du groupe en 2004.
 
Parallèlement :
 
·  Vice-président du directoire et administrateur de La Voix du Nord
·  Président de Nord-Eclair, de Presse-Nord, de la SIA, de PGLM
·  Administrateur de La Voix-L’étudiant, de Répondances…
·  Censeur du Courrier Picard
 
Quitte volontairement le groupe en 2005 après son rachat par Serge Dassault.
Samedi 4 juillet 2009

Nicolas Sarkozy confiait récemment à  plusieurs confrères qu’il avait commis quelques erreurs durant les deux premières années de son mandat et qu’il était devenu, au fil du temps, « plus tolérant, plus ouvert, plus serein. ». Il qualifiait la charge de président d’inhumaine et avouait, désormais, apprendre et écouter beaucoup. Belle leçon d’humilité pour un homme pressé, ambitieux jusqu’à la gourmandise, tendu vers ses objectifs jusqu’à la férocité.

            Il n’y a, a priori, aucune raison de mettre en doute sa sincérité. On attendra néanmoins des signes tangibles de changement pour juger de cette mutation vers la prétendue sagesse. Son dernier « coup » avant les vacances, le remaniement ministériel, ne plaide pas en faveur d’une confiance aveugle même si, politiquement, la stratégie est exemplaire. Choisir le nom d’un Mitterrand pour embrouiller un peu plus la gauche puis débaucher Michel Mercier, l’un des plus fidèles alliés de Bayrou, afin d’achever la dégringolade du Modem dans les sondages, voilà qui ne manque pas d’efficacité. On retrouve la patte du tueur, celui qui élimine ses rivaux les uns après les autres et les dépèce sans état d’âme.

            L’impact médiatique est en outre assuré. Les journalistes politiques adorent le goût du sang, surtout à la Une. Mais, est-ce réellement, sur le long terme, une bonne affaire ? Nicolas Sarkozy a surtout démontré que le goût du pouvoir commandait les gens de gauche comme de droite et que les scrupules s’effaçaient là où s’imposait le réalisme du portefeuille, pas seulement ministériel d’ailleurs. Dans ce monde particulier où les bonnes intentions dépassent rarement le stade des promesses électorales, les fastes des salons de la République et le confort des fauteuils de velours valent bien quelques entorses à la morale.

            Mais qu’en disent les Français ? Pensent-ils vraiment que si Frédéric Mitterrand s’était appelé Dupont ou Durand, il aurait représenté le même intérêt pour notre Président ? Acceptent-ils de gaieté de cœur les supputations de ralliement prochain des Allègre, Lang ou Schwarzenberg ? Nos compatriotes sont-ils à ce point daltoniens qu’ils adhèrent sans sourciller à un mélange de couleurs plutôt impersonnel où l’on ne distingue plus le rose du bleu ? N’ont-ils pas le sentiment que Sarkozy démontre, au-delà de son jeu subtil, le peu d’intérêt qu’il porte à son  gouvernement et qu’il se considère, lui, comme le décideur unique et incontestable, ses équipiers devenant de simples faire-valoir ? Auquel cas nous sommes bien loin de cette confession publique en forme de mea culpa que le Figaro relayait il y a quelques jours.

            La désaffection des urnes, que l’on déplorait dernièrement à l’occasion des élections européennes, apporte en tout cas la preuve que  l’on ne joue pas impunément avec les convictions du citoyen.

            André Soleau

 

 

Par André SOLEAU
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Mardi 23 juin 2009

Peut-on, à l’heure d’Internet, poser un couvercle d’obscurantisme au-dessus de la tête d’un peuple et plus précisément d’une jeunesse avide de liberté ? C’est, parmi d’autres, l’une des questions clé que posent les émeutes en Iran, après la réélection controversée de Mahmoud Almadinejad.

            Il y a trente ans, la révolution islamique balayait le régime du Shah et se dotait d’institutions complexes, avec une République mise sous tutelle par les religieux. Le président élu au suffrage universel était coiffé par un guide suprême, placé au-dessus des partis et véritable pilier du régime. L’aura de l’Ayatollah Khomeiny, le père de la révolution, autorisait pour un temps cette dichotomie qui portait en elle les germes de la contestation. Mais le temps a passé. Khomeiny est mort et les nouvelles générations ne nourrissent plus la même ferveur pour les icônes, fussent-elles d’essence quasi divine.

            Aujourd’hui, 60% de la population iranienne a justement moins de 30 ans. Malgré la dureté des conditions de vie et le manque d’ouverture des dirigeants vers le monde extérieur, ces jeunes éprouvent la même soif de découvertes qu’au sein des pays occidentaux. Ils vivent un portable à la main, voyagent sur le net, créent des blogs et utilisent Youtube ou Twitter pour communiquer. Ils se servent de ces supports modernes pour passer leur message et crier leur révolte.

            Face à cela, les vieillards fanatiques qui détiennent le pouvoir n’ont guère de solution. Ils tirent leur légitimité de l’isolement dans lequel ils ont plongé des millions d’individus depuis des décennies. Et ils pensent naturellement qu’il suffit de fermer les frontières, crier au complot étranger, interdire les manifestations de rues, expulser les journalistes étrangers, cogner quelques trublions et supprimer les médias suspects pour ramener le calme.

            Rien n’est moins sûr. Chaque jour, ils sont des centaines de milliers à braver les interdits et la répression féroce. Au-delà du scandale des élections truquées qu’ils dénoncent, ces jeunes défilent pour le droit à faire partie intégrante de leur époque. C’est de cette quête désespérée qu’ils tirent une force étonnante qui leur permet de résister, pacifiquement mais fermement, aux menaces de représailles et aux arrestations sommaires.

            Pour l’heure, Ali Khamenei, le guide suprême, successeur de Khomeiny, n’a rien cédé. Il a renouvelé sa confiance à Almadinejad et n’hésitera pas à employer des moyens radicaux pour maintenir coûte que coûte le régime en place. La mort de la jeune Neda Agha Soltani vient d’en administrer la preuve funeste. Khamenei pense, comme d’autres idéologues aveugles de son entourage, que la peur et le temps se chargeront de calmer les ardeurs. Il est vrai que la Chine de Tienanmen lui a montré la voie, en son temps.

            Mais nous sommes au 21ème siècle.  Il devient de plus en plus difficile pour les dictateurs de toute nature et de tous bords d’imposer des techniques moyenâgeuses pour nier à chacun les droits fondamentaux. Il faudra certes de la patience et beaucoup de détermination aux résistants pour modifier le cours des choses. Mais le mouvement est en marche et ce combat mené au moyen des nouvelles technologies, plutôt que l’arme à la main, a quelque chose d’innovant et d’exemplaire.

            André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Dimanche 14 juin 2009

On se souvient de la réflexion scandaleuse de Jacques Séguela qui déclarait récemment sur France 2 : « si l’on n’a pas une Rolex à 50 ans, c’est qu’on a raté sa vie. »

            Le célèbre publicitaire a eu maintes fois l’occasion de battre sa coulpe après cette sortie désastreuse, avouant piteusement qu’il avait dit une énorme « connerie ». On ne mettra pas en doute la sincérité de son repentir même si la virulence des réactions a pu favoriser une prise de conscience salutaire. Le débat est ailleurs. Il porte sur le décalage qui existe désormais entre les conversations de salon d’un microcosme parisien et la froide réalité d’un quotidien désenchanté, réservé à une majorité laborieuse.

            Séguela est l’ami et le conseiller des présidents, passés ou en exercice. A ce titre, il goûte avec volupté aux charmes de la vie de courtisan. Il touche au plus près le pouvoir en place et peut parfois nourrir le sentiment de l’exercer par procuration. Or, lui et ses clones, trop occupés à séduire, sont restés figés sur des schémas anciens où le luxe, l’ambition forcenée et le toujours plus balisaient les carrières. C’est ce que la sagesse populaire a qualifié de côté bling bling de la mandature de Sarkozy mais qui valait aussi pour certains de ses prédécesseurs, membres du gouvernement et amis divers, de la Jet set ou des médias. Sous les fastes de la République et les parfums capiteux qui embaument les allées fleuries des palais et châteaux, ces amis de fraîche date et d’intérêt permanent n’en finissent pas de dicter au bon peuple leur mode de vie, leurs conceptions,  leurs caprices, leurs travers.

            Ce monde-là est en voie de disparition. La crise est passée par là. Peut-être aussi Internet et d’autres moyens de communication qui ont facilité les échanges et permis au plus grand nombre de s’émanciper progressivement d’une pensée unique imposée par ces pseudo élites. La société de consommation qui rythmait les rêves du Français moyen, avec le paraître et les paillettes comme accessoires, a perdu ses adeptes. On revient, doucement mais sûrement, aux valeurs d’hier, peut-être contraint et forcé par l’effondrement des mythes de carton pâte nés des trente glorieuses.

            Demain ou après-demain, il en sera fini de la course effrénée à la voiture puissante ou au 4X4 gaspilleur d’énergie. Même chose avec le suréquipement ménager, le confort à crédit et le surendettement suicidaire. Les gens retrouvent le plaisir de cultiver un potager et s’inquiètent de l’état de santé de la planète. Ils se découvrent une âme d’écolo et veulent aller à l’essentiel. Sans courir après on ne sait quelle chimère inventée par les marchands d’illusion.

            Ceux qui n’ont pas compris ce changement de cap radical s’exposent à un réveil douloureux. Il prendra parfois la forme d’une violence subite, à l’image des producteurs de lait, las d’engraisser les grandes surfaces pour un salaire misérable. Il sonnera surtout comme un désaveu pour les hommes politiques et même chez les professionnels de l’information qui continuent à se gargariser d’un transfert de footballeur pour un montant de près de 100 millions d’euros, sans songer à en dénoncer l’indécence.

            Avec ou sans Rolex au poignet, il est temps de se mettre à l’heure. Le monde du 21ème siècle ne se dessinera plus avec des feuilles dorées pour appâter les gogos. Il prendra les couleurs sobres du naturel et de l’authentique. Il revêtira les habits discrets de la solidarité et du respect de l’environnement. Ou il ne sera pas.

            André Soleau            

Par André SOLEAU
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Samedi 6 juin 2009

Les participants aux jeux de télé-réalité qui foisonnent depuis quelques années sur nos chaînes privées, notamment sur TF1, seront désormais rémunérés. Un arrêt de la Cour de cassation a confirmé que les prestations fournies par les concurrents de « l’Ile de la tentation » seraient requalifiées en contrat de travail.

            Les leaders politiques qui ont participé à l’émission animée par Arlette Chabot « Le droit de savoir », consacrée aux élections européennes, seraient bien inspirés de réclamer eux aussi  des indemnités. Nul doute que le conseil des prud’hommes appelé à statuer sur la recevabilité de leur demande ne manquerait pas d’établir un parallèle avec les plus belles séquences déballage de Loft story et autres niaiseries du même type.

            On a eu droit en effet, jeudi soir, sur le plateau de France 2, à un concentré de toutes les situations de crise qu’imaginent les scénaristes machiavéliques d’Endemol ou de Glem Production. Invectives, cacophonie, vociférations, injures…ils s’en sont donné à cœur joie nos quinquagénaires redevenus subitement les ados d’une cour de récréation. Le feu d’artifice a été tiré par Cohn-Bendit  et Bayrou, le premier traitant l’autre de minable à plusieurs reprises. Pour ne pas être en reste, François Bayrou fit allusion à un livre signé par l’ancien leader de Mai 68, il y a plus de trente ans, intitulé « Le grand bazar » où il écrivait notamment, à l’appui de son expérience d’aide-éducateur : « Il m’était arrivé que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances mais leur désir me posait un problème…Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même…Je voulais que les gosses aient envie de moi et je faisais tout pour qu’ils dépendent de moi. »

            Comme on peut en juger, le débat sur l’Europe s’est nettement placé sous la ceinture, au sens propre du terme.  C’est le point d’orgue d’une campagne insipide, boudée la plupart du temps par les ténors des partis qui ont envoyé les troisièmes couteaux en découdre, voire d’anciens cadres en disgrâce. Rien n’a été fait pour stimuler la curiosité ou l’intérêt des Français. Pas d’analyse des enjeux, peu d’explications sur le fonctionnement du Parlement, des retards inconcevables dans l’envoi des enveloppes électorales et, pour terminer, ce combat de coqs médiatique immédiatement exploité, à droite et à gauche, dans des règlements de comptes franco-français.

            Tout ce beau monde se retrouvera dimanche soir, sous l’œil des caméras, pour déplorer le record d’abstentions et le manque de civisme de nos concitoyens qui auront préféré la finale de Roland Garros à leur devoir de membre de la communauté européenne. Il serait de bon ton de leur rétorquer que ces sportifs si souvent méprisés par nos énarques témoignent en tout cas d’une élégance sur les courts dont ils feraient bien de s’inspirer. La manière dont Federer, au plus fort de la tension de son match contre Del Potro pour une place en finale, a rendu un point à son adversaire alors que l’arbitre le lui avait accordé par erreur, a touché au cœur le public et fait oublier, le temps d’un geste chevaleresque, la prestation indigne de nos politiciens de caniveau.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Vendredi 29 mai 2009

Le championnat de France de football de ligue 1 s’achève et l’actualité ne se limite pas à la remise du trophée au vainqueur. Les couloirs bruissent également des rumeurs de transferts et le moins que l’on puisse dire, c’est que la crise économique ne semble guère toucher les stars du ballon rond. Nous avons même droit à quelques séquences d’hypocrisie d’anthologie dont les acteurs mériteraient, comme Eric Cantona, de grimper les marches du Festival de Cannes.

            Eric Gerets, par exemple, le truculent entraîneur de l’Olympique de Marseille, campe un personnage très pagnolesque sur la Canebière. Depuis plusieurs semaines, il jure la main sur le cœur que le stade Vélodrome restera à jamais marqué dans sa chair tant il y a vécu d’intenses moments d’émotion. Les yeux embués, il jure qu’il achètera une maison en Provence et que si l’on ne veut plus de lui comme coach, il faudra l’accepter comme simple supporter. Au fait, pourquoi part-il ? Parce que le Président du club, Robert-Louis Dreyfus, ne lui a pas manifesté suffisamment sa confiance à un certain moment. Il attendait « un signe fort qui n’est jamais venu ». En langage décodé cela revient à dire que les dirigeants marseillais ont tardé à s’aligner sur une proposition de 250.000 euros net par mois que lui offrait le club saoudien d’Al Hilal Riyad, eux qui ne consentaient que 200.000 euros brut. On a beau aimer la cité phocéenne par tous les pores de la peau, le compte en banque garni se chargera de sécher les larmes. Eric Gerets affirme qu’il ne part pas pour l’argent et que ce nouveau challenge à relever sera passionnant. Ben voyons !

            Même chose du côté de Juninho, l’emblématique joueur de l’Olympique lyonnais. Les supporters l’ont supplié de rester une année de plus et le président Aulas s’est déclaré prêt à le conserver aussi longtemps que ses vieilles jambes le porteront, avant de lui réserver une place de choix dans le staff technique, pour services rendus. Mais Juninho, entre deux sanglots, a expliqué que les meilleures choses ont une fin et qu’il devait partir. Il se murmure qu’il pourrait rejoindre rapidement un club des Emirats Arabes Unis afin de négocier un ultime gros contrat, avant son retrait des stades. On croyait naïvement qu’avec un salaire déjà estimé à 375.000 euros mensuels, ses arrières étaient assurés et que seul le plaisir pouvait guider ses crampons. Erreur !

            Enfin, notre Gourcuff national, gueule d’ange, tête bien faite, éducation soignée. Lui va rester à Bordeaux et ne retournera pas au Milan A.C. Et chacun d’applaudir la sagesse de ce garçon appelé à porter tous nos espoirs en Coupe du Monde, en 2010. La réalité n’est pourtant pas tout à fait semblable à un conte de fées.  Gourcuff a longuement hésité et ce sont son avocat et son père qui ont décidé pour lui. Jusqu’alors, il touchait 170.000 euros et en réclamait 400.000 alors que Bordeaux ne lui proposait que 300.000. Les Girondins ont cassé leur tirelire et Yohann Gourcuff a pu déclarer le plus sérieusement du monde : « La confiance que Laurent Blanc et mes coéquipiers ont mis en moi depuis le début de la saison, l’ambition du club pour la saison à venir, et le soutien sans faille de nos supporters, m’ont déterminé à accepter ce  nouveau challenge, au-delà des aspects purement économiques qui n’ont pas été prioritaires dans ma décision. » Sans commentaire.

            André Soleau

 

 

 

Par André SOLEAU
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Blog notes

Tornade à Hautmont

 

Une association Solidarité Avesnois a été créée au lendemain de la tornade qui a frappé le Bassin de la Sambre et plus particulièrement les villes de Hautmont, Maubeuge, Boussières sur Sambre et Neuf Mesnil. Parrainée par Dany Boon elle compte de nombreuses personnalités de la région dans ses rangs dont Guy Marseguerra, président, Emmaunel Riglaire, trésorier et les deux secrétaires Jean-Marie Leblanc et moi-même. L'objectif est d'organiser différentes manifestions, sportives, culturelles  ou autres afin de recueillir suffisamment de fonds pour aider les sinistrés. Plusieurs centaines de familles sont aujourd'hui recensées parmi les victimes de cette catastrophe et leur situation, à l'approche de l'hiver, est extrêmement précaire.  

Vous pouvez, vous aussi, nous aider dans cette démarche de solidarité par un don au nom de l'association "Solidarité Avesnois", BP200 59002 Lille Cedex.

La totalité des sommes perçues sera reversée aux familles par le biais de notre partenaire direct, la CAF.

D'avance, merci.

 

Domenech maintenu

 

            Raymond Domenech a été reconnu responsable de la faillite des Bleus lors de l’Euro 2008. Il lui a été reproché de n’avoir pas su réaliser l’osmose entre les jeunes et les anciens et de s’être montré beaucoup trop frileux dans ses schémas tactiques, notamment lors du match contre la Roumanie. Sa communication a été jugée désastreuse et il est le principal artisan de la dégradation de l’image de l’équipe de France, recroquevillée non seulement sur le terrain mais aussi dans son hôtel, transformé en blockhaus. On ne parle même pas de sa demande en mariage, lancée à l’heure de l’enterrement du projet sportif, qui a achevé de le discréditer auprès des supporters.

            Conséquence ?... Il est maintenu à son poste. Voilà en gros le résultat du conclave organisé par les plus hautes instances du football national, chargées de faire toute la lumière sur le plus beau fiasco de l’année.

            N’importe quel patron d’une entreprise privée aurait été débarqué après un tel constat, équivalent à une faute lourde. Une majorité aurait démissionné avant même le verdict afin d’éviter l’infamie. Il faut croire que le monde du ballon rond n’obéit pas à ces règles même si l’on a pu croire que les salaires, généreusement distribués depuis quelques années, avaient imposé la disparition de l’amateurisme et du bénévolat au profit de l’obligation  de résultats.

            Raymond la science repart ainsi pour une nouvelle aventure, avec ses blagues de potache attardé et ses séances de tableau  noir aussi claires que ses jeux de mots. Sur le terrain, il traînait une réputation de défenseur rugueux, dur sur l’homme, sans imagination. Sur le banc, il n’a jamais rien gagné, hormis un contrat juteux et un joli pactole. Mais, selon les explications embarrassées des vénérables représentants du football appelés à se pencher sur son cas, la crainte de casser la dynamique de l’équipe a été déterminante à un moment où les éliminatoires de la Coupe du Monde se profilent.

            Quelle dynamique ?

A.S.

      

 

 

  Jeux Olympiques

 

             Le dalaï Lama a affirmé à de nombreuses reprises son opposition à toute forme de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Considérant que le peuple chinois, par son histoire, mérite d’accueillir l’événement, il a aussi déploré la violence des manifestations qui ont accompagné le passage de la flamme et revendiqué le dialogue entre les deux camps pour tenter de dénouer la crise.

            On aimerait que les partisans d’une ligne plus dure fassent preuve de la même retenue lorsqu’il s’agit de défendre leurs idées. Le spectacle montré à Londres et plus encore à Paris avec des échanges de coups entre forces de l’ordre et protestataires,  des athlètes insultés durant leur relais, des organisateurs désemparés, n’a guère servi la cause des droits de l’homme. Robert Ménard et ses amis de Reporters sans frontières étaient assez fiers de leur opération commando, aidés en cela par des groupuscules altermondialistes et quelques professionnels de l’agitation urbaine. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

            Les Chinois ont quitté la France avec le sentiment conforté que la démocratie telle qu’on la pratique chez nous conduit à l’anarchie et qu’appliquée chez eux, elle mettrait en péril la pérennité du régime. En 1993, alors que j’effectuais un voyage d’études à Pékin et dans d’autres grandes villes du pays, j’avais interrogé mes interlocuteurs sur la liberté telle qu’on la conçoit chez nous. Ils m’avaient répondu approximativement ceci : « Pensez vous pouvoir comparer nos deux peuples. Nous sommes plus d’un milliard et s’il n’y avait pas un minimum d’encadrement, nous serions balayés par un raz-de-marée, en un éclair. Il est par exemple inimaginable que l’on puisse tolérer, comme chez vous, un tel pourcentage de la population au chômage. Nous devons les occuper avec de petits boulots afin d’éviter les émeutes. »

            Sans évidemment cautionner la politique répressive et plus encore les exactions commises au Tibet, on peut quand même s’interroger sur cette fâcheuse manie, des pays occidentaux, à vouloir imposer une vision unilatérale de la démocratie, partout dans le monde. On a pourtant constaté en Irak que cette approche réductrice des choses pouvait provoquer des effets désastreux. La population chinoise s’appuie sur une culture millénaire. On peut lui faire confiance pour trouver d'elle-même,  avec la croissance économique, les clés de l’épanouissement individuel...et de la revendicaiton. 

A.S

   

 

 

 Un scoop curieux

 

             Nicolas Sarkozy a déposé plainte contre le Nouvel Observateur qui a laissé entendre, dans un article sur son site internet, que le président de la République aurait envoyé un texto à son ex, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. Il serait rédigé comme suit :

« Si tu reviens, j’annule tout »

            L’auteur du papier rappelle au passage tous les faits qui tendent à démontrer l’influence toujours exercée par Cécilia sur Nicolas: une bague identique offerte aux deux femmes, un voyage à Pétra, en Jordanie, pour Carla, là où Robert Attias avait accompagné pour la première fois l’ancienne épouse etc…

            Le Nouvel Obs. aura beaucoup de peine à justifier la réalité de ce SMS. Seule Cécilia Sarkozy pourrait en confirmer l’existence, ce qui paraît plus qu’improbable. Cette affaire illustre, au besoin, l’impérieuse nécessité pour les journalistes de ne pas céder à la tentation du scoop facile que les supports d’aujourd’hui favorisent dangereusement. Vérifier l’information, la valider restent des actes incontournables de la profession.

            Mais le plus troublant dans cette curieuse histoire, c’est que le responsable de cette « révélation » ne passe pas pour un joyeux original dans le métier. C’est un homme d’expérience qui connaît toutes les ficelles. Ce qui ajoute à notre perplexité.

A.S

 


Rendez-vous manqué


             L’équipe de France de Bernard Laporte ne sera jamais championne du monde. Ce n’est que justice. Le « sélectionneur-homme d’affaires-secrétaire d’Etat » a disposé de quatre années pleines pour préparer ce rendez-vous avec l’Histoire. Quatre années pleines pour choisir ses hommes, modeler son groupe, définir un style, élaborer une stratégie. 

            Au bout du compte, le jour de l’examen, il a copié sur ses voisins ou plutôt sur ses adversaires. La chance l’a accompagné contre les All Blacks. Elle lui a tourné le dos contre les Anglais.On ne renie pas impunément ses origines.

            Le quinze d’Ovalie a toujours pratiqué un rugby champagne fait de spontanéité et d’improvisations. Celui de Laporte, fort de sa montagne de muscles, a voulu imiter le bœuf de la fable. Il n’a pas joué à la main, il a déjoué au pied. Et dans cet exercice, les sujets de sa gracieuse majesté sont meilleurs que nous. Les grands coups de bottes, ils connaissent. C’est même une seconde nature. En s’évertuant à utiliser les mêmes armes, on a juste fait tout un peu moins bien. Et le génie de Wilkinson a apporté le reste. C'est-à-dire l’élimination frustrante des Bleus.

            Souhaitons au prochain patron de revenir aux fondamentaux, selon l’expression consacrée. Et à Bernard Laporte de se montrer  un peu plus créatif dans sa nouvelle vie.

A.S

           

           

 

 

De l’art du mensonge

 

        Ségolène Royal avait ému la France profonde durant la campagne présidentielle en révélant avec des trémolos dans la voix son rêve secret d’un mariage, dans le cadre paradisiaque de Tahiti. On l’imaginait déjà au bras de son cher François, suivi des quatre enfants du couple, du bonheur plein les yeux. Les violons en fond sonore, les militants du parti pour la claque et l’Elysée en guise de nid douillet. 

        Patatras ! La carte postale n’a duré que le temps du dépouillement des bulletins de vote. Sitôt la défaite consommée, on a rangé les cotillons et les tenues de soirée pour s’habiller d’un quotidien beaucoup plus banal : « tu m’as trompée, je te quitte. »

        Pourquoi nous avoir fait croire à un conte de fées pour midinettes au cœur de cristal alors que la lassitude avait déjà provoqué des dégâts irréparables dans leur relation ? Parce que les militants avaient besoin de s’identifier à une candidate romantique et sincère, décalée par rapport à ce monde de brutes. Qui n’a pas rêvé de dire oui au pied d’une mer turquoise et à l’ombre des cocotiers ? On a ainsi distribué du rêve à bon marché. 

       Ségolène a mis fin elle-même à la supercherie en révélant, au passage, l’infidélité de son compagnon. Le rôle de femme bafouée permettra de gommer plus facilement ce mensonge électoral. 

       Jean-Louis Borloo, à l’inverse, a choisi de dire la vérité en révélant avant l’heure et surtout entre les deux tours des législatives, le projet du gouvernement sur la fameuse TVA sociale. Re-Patatras ! Ses amis le désignent aujourd’hui comme le principal responsable des mauvais scores infligés à la majorité, dimanche. Certains battus ont même la dent très dure pour l’ancien avocat, accusé de diarrhée verbale. 

       Qu’avait-il besoin, selon eux, de fournir des armes aux adversaires en évoquant une réforme soigneusement enfouie dans les cartons, à l’abrides regards indiscrets ? Juppé y a laissé son poste ministériel et peut-être même ses dernières illusions. 

       Bref, pas facile, en politique, de choisir le mot juste au moment opportun. Comme disait un sage : « Un mensonge n’est souvent qu’une vérité qui se trompe de date. » Et vice versa…

 

A.S

 

 

 

BILLET

 

 

  « Complément d’enquête », excellente émission présentée par l’ancien nordiste Benoït Duquesne, était consacrée cette semaine au patrimoine des candidats à l’élection présidentielle. Les journalistes n’avaient pas lésiné sur les moyens pour dénicher la résidence secondaire sous-évaluée par tel candidat (ou candidate), les travaux sous facturés par un promoteur généreux ou le patrimoine dissimulé derrière la façade légale et bio d’exploitant agricole.

    Mais là n’était pas l’essentiel. La constante des reportages reposait sur les témoignages embarrassés des uns et des autres, confrontés au zoom indiscret d’une caméra chargée de pénétrer au fin fond du bas de laine. Et chacun de s’évertuer à minorer son pécule avec des accents de sincérité à faire pleurer dans les chaumières des érémistes les plus endurcis. « Moi je dispose d’une vieille Clio fatiguée et de quelques euros à la Caisse d’Epargne… » - « Et moi, d’un petit studio à tout faire en banlieue… » - « Et moi, d’une vieille baraque héritée de mes pauvres parents… » On se serait cru chez les Don Quichotte, en face du parvis de l’église Saint-Maurice.

    Dans ce hit parade du plus démuni, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jean-Marie le Pen se révélèrent les plus mauvais élèves, comme le fit remarquer le commentaire, puisqu’ils furent tous trois pris en flagrant délit d’assujettissement à l’ISF. Scandale.

    J’avoue ne pas toujours bien comprendre le but de la démonstration dans ces émissions de grand déballage public. En bon électeur moyen, je serais plutôt enclin, au moment de glisser le nom de mon favori dans l’urne, à choisir celui qui me paraît le plus apte à gérer le pays. C'est-à-dire celui qui s’appuie sur un parcours réussi, sur une progression sociale harmonieuse, sur des succès indiscutables. Puisqu’il me faut confier l’argent de ma contribution citoyenne à l’Etat, autant que l’homme qui l’incarne soit capable de le faire fructifier.

    Mais il faut croire que chez les politiques, ces règles élémentaires n’ont pas cours. Il est de bon ton, au contraire, de partager la misère, de s’habiller d’indigence, d’être solidaire dans le dénuement. La France est morose, alors cachons nos joies perverses ! Quitte à diaboliser le sage Confucius qui écrivait : « quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent. »

 

André Soleau

 

 

 

BILLET

 

Jacques Chirac va quitter la scène politique pour entrer de plain-pied dans l’Histoire. La retenue dont fait preuve une majorité de ses ex-adversaires, à l’heure de commenter son départ, démontre au besoin qu’il n’appartient déjà plus au monde des actifs. Issue prévisible mais cruelle pour un homme qui a consacré quarante années de sa vie à lutter pour ses convictions et qui aurait sans doute aimé prolonger son bail à l’Elysée si ses amis ne s’étaient pas volatilisés un à un, ces derniers mois, à la recherche d’une nouvelle locomotive.

Le successeur de Mitterrand a fait le bonheur des humoristes. Son image fut longtemps celle d’un grand benêt, emprunté devant les caméras de télévision, peu cultivé et mal entouré. Les clichés furent sans pitié. La chope à la main, la tête de veau dans l’assiette, on le croquait volontiers béat d’admiration devant le cul des vaches ou celui des sumos. Et l’on ne compte plus ses bourdes abracadabrantesques, de la dissolution de l’assemblée au rejet de la constitution européenne.

Ajoutez à cela une pincée de trahison à l’égard de Giscard, un zeste d’affaires douteuses à la mairie de Paris, un soupçon de dépenses somptuaires au château et quelques aventures galantes ici ou là et tout est dit.

Ce portrait au vitriol se patinera avec le temps. Les traits s’atténueront et certains se risqueront à rappeler sa passion pour les arts premiers, sa lutte sans merci contre le racisme et les partis extrémistes, son engagement pour la grande bataille écologique qui s’annonce, son affection affichée pour les pays en voie de développement et bien entendu son audace pour envoyer paître Bush et sa croisade en Irak.

Plus tard encore, d’autres loueront son courage d’avoir mis l’état français à l’index pour sa responsabilité directe dans la déportation des juifs, en 1940, et même ses compétences en matière de réformes après avoir été le premier à inverser la courbe du chômage.

Où est la vérité ? Elle se situe bien souvent à mi-chemin entre le présent et l’avenir. Elle est « fille du temps ».

 

 André Soleau

 

 

Vente

 

Le livre "La Voix du Nord - La grande braderie" est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur commande, chez l'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris.

(http://www.editions-harmattan.fr)

 

La librairie Au Passe-Temps d'Avesnes-sur-Helpe continue elle aussi à assurer la promotion du livre qui est désormais  en vente à Auchan..

 

Revue de presse

 

Les Echos - jeudi 14 décembre 2006.

Idées

« LA VOIX DU NORD » - LA GRANDE BRADERIE

 

Perte d'identité d'un quotidien

 

Les multiples tractations qui, au fil des OPA, ont abouti à la grande braderie de « La Voix du Nord ».

Ce livre passionnant revient sur les turbulences qui, depuis 1998, ont vu « La Voix du Nord » changer quatre fois de mains. André Soleau, son directeur jusqu'en janvier 2005, quand il préféra quitter son poste car il « ne se reconnaissait plus dans ce qu'on était en train de faire de cette entreprise », y révèle les turpitudes qui ont secoué le quotidien depuis vingt ans. Une première OPA menée en 1988 par trois hommes d'affaires lillois conduit à un rachat de l'entreprise par ses salariés l'année suivante et à la constitution du holding VNI (Voix du Nord Investissement), dont un petit noyau de cadres détient la majorité du capital. Un capital mal verrouillé qui sera, dix ans plus tard, l'objet d'une deuxième OPA de la part d'un actionnaire minoritaire, administrateur, qui, victime d'une vexation, en fera une vraie croisade. La Socpresse fait très vite de cet actionnaire un cheval de Troie pour s'emparer du journal. Yves de Chaisemartin, devenu PDG du groupe Hersant, utilise le paravent du groupe belge Rossel - où la Socpresse détient alors 40 % du capital - pour devenir en 1998 l'actionnaire de référence de VNI. La Socpresse, qui sort du bois en 2000, est ensuite rachetée par Serge Dassault, qui reste un an propriétaire de « La Voix du Nord ». Avant de revendre le groupe à... Rossel. Retour à la case départ. Mais jusqu'à quand ?, s'interroge André Soleau. On apprend ainsi, au détour des pages, que Michel Nozières, l'actuel président du journal et du groupe, et Yves de Chaisemartin, n'auraient pas renoncé à récupérer les morceaux de l'empire Socpresse. « L'avenir dira si cette hypothèse ne se vérifie pas un jour », confie aux « Echos » l'auteur du livre.

 

Un homme déçu

 

Par cet ouvrage, il a voulu relater « comment on est arrivé à la perte d'indépendance du journal, de son âme et de son identité ». Personne n'est épargné : ni les ex-dirigeants, ni les actuels, ni les syndicats, incapables de « se remettre en question ». Il raconte les tractations menées ces dernières années par des hommes « plus avides de pouvoir que de bien pour le journal ».

Ce livre est aussi l'histoire d'un homme, déçu et blessé par la trahison de certains de ses collaborateurs, mais également celle d'une belle ascension sociale. Entré en 1972 comme employé pour vendre des encarts de publicité pour la locale d'Avesnes-sur-Helpe, André Soleau se retrouve, trente ans plus tard, en 1995, directeur du journal. Entre temps, il a été localier, journaliste sportif, chef du service des sports et rédacteur en chef. Son seul regret aujourd'hui est d'avoir contribué avec les autres dirigeants à laisser fuir la mémoire du journal au cours des quatre clauses de cession qui ont vu partir 170 journalistes. De même déplore-t-il que le conseil de surveillance et le directoire, dont il faisait partie, « n'aient pas réagi plus fermement face à l'OPA de 1998 », dont découle la situation actuelle : « une grande braderie ».

 

NICOLE BUYSE

 

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Site du club de la presse - 15 décembre 2006

 

André Soleau raconte « la grande braderie » de « La Voix du Nord »

 

A l’occasion de l’ouverture à Lille d’une librairie par l’éditeur L’Harmattan (35, rue Basse), André Soleau y dédicacera mercredi 20 décembre (de 17h à 21h) son livre « La Voix du Nord. La grande braderie », paru au début du mois chez ce même éditeur. André Soleau raconte notamment son parcours au sein du quotidien régional, qui l’a amené du poste d’employé à la publicité dans le secteur de Fourmies à celui de journaliste sportif en 1980, pour devenir ensuite rédacteur en chef de La Voix des Sports, puis de La Voix du Nord, avant d’accéder à la haute direction du journal : directeur général adjoint, directeur général et enfin directeur général du groupe, en 2004. Une fonction éphémère puisqu’André Soleau démissionnait, après négociation, peu de temps après la prise de pouvoir de Serge Dassault dans le groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), auquel appartenait alors La Voix du Nord. C’est d’ailleurs une « perte d’indépendance », conséquence de quatre rachats successifs, qu’André Soleau explique vouloir dénoncer dans son ouvrage.

Les propos de l’ancien directeur général du groupe devraient faire grincer quelques dents. Outre les violents emportements de Jean-Louis Prévost, il présente aussi sa version des relations entre la direction du journal et les syndicats, souvent acide pour ces derniers. Il n’est pas tendre non plus envers certains anciens collègues, toujours hauts cadres en poste. Ni sur le cas de Nord Eclair, dont il estime que la survie s’est faite au détriment de moyens financiers propres à La Voix du Nord.

 

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Les Gaillards d'avant - janvier 2007

 

Ancien DG de La Voix,

André Soleau dit sa vérité

  

Depuis décembre « La Voix du Nord : la grande braderie » est le livre de chevet des milieux qui, dans notre région, touchent à la presse… En effet, il est plutôt rare de découvrir la vie d’un journal et de ses acteurs sous la plume de celui qui en fut le patron ! C’est pourtant l’exercice d’André Soleau dans un témoignage qui a le mérite de la rareté. Il avait prévenu : ce livre il y tenait ; aussi l’a-t-il écrit quelques mois seulement après avoir tiré le rideau sur ce qui fut toute sa vie.

Jeunesse passée à Avesnes-sur-Helpe, arrivée (1972) au quotidien comme employé sur route à la pub… lui qui rêvait de journalisme sportif, un but qu’il atteindra huit ans plus tard, à Maubeuge puis à Lille où l’ascenseur social le hissera jusqu’au 5e étage de la Grand’ Place ! Sont donc contées les étapes de cet itinéraire personnel qui se confond avec l’histoire des trente dernières années de l’entreprise. Les anciens retrouveront au fil des chapitres les événements de leur carrière, racontés par André Soleau qui, bien sur, dit sa vérité sur les choses et les hommes qui firent La Voix. Y compris sur ses dirigeants et la plume - parfois scalpel – brosse les portraits sans concession de ceux dont dépendait le destin de l’ex- 3equotidien de France ! Joli gâchis quand on observe ce qu’il advint finalement du fleuron… C’est ce qu’aborde le dernier tiers du livre, les plus douloureuses pages pour l’auteur (qui fera même un grave accident de santé) et pour tous les « Voix du Nord », révoltés que leur journal soit terrassé… sur « tapis vert » seulement par les intrigues financières et les stratégies personnelles.

Reste à André Soleau à confirmer, à 57 ans, cette carrière naissante d’écrivain. Le style est là.

 

Les gaillards d'avant

 

 
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