Biographie

André SOLEAU
 
·  Né le 29 décembre 1949
·  Entré à La Voix du Nord en 1972 
·  Journaliste en 1980 
·  Grand reporter en 1983
·  Rédacteur en chef de La Voix des Sports en 1989
·  Rédacteur en chef et éditorialiste de La Voix du Nord en 1991
·  Directeur général adjoint en 1995
·  Directeur général du journal en 1998
·  Directeur général du groupe en 2004.
 
Parallèlement :
 
·  Vice-président du directoire et administrateur de La Voix du Nord
·  Président de Nord-Eclair, de Presse-Nord, de la SIA, de PGLM
·  Administrateur de La Voix-L’étudiant, de Répondances…
·  Censeur du Courrier Picard
 
Quitte volontairement le groupe en 2005 après son rachat par Serge Dassault.

Commentaires Récents

Samedi 10 octobre 2009 6 10 /10 /2009 20:12

Il ne s’agit pas de l’effet papillon cher à Benabar mais plutôt de l’effet boomerang, bien connu des hommes politiques. Il s’est abattu sur Frédéric Mitterrand sous forme d’une polémique qui enfle de jour en jour, depuis sa prise de position plus que discutable sur l’affaire Polanski.

            Le nouveau ministre de la culture ne s’attendait certes pas à un tel déchaînement médiatique lorsqu’il a réagi « sous le coup de l’émotion » à l’arrestation du cinéaste, en Suisse. Volontiers censeur, il avait dénoncé ce visage de l’Amérique qui fait peur et cette interpellation « pour une histoire ancienne qui n’a pas de sens ». Depuis, son passé ambigu est remonté à la surface sous l’action de Marine le Pen et des militants du Front national. Après son livre confession « La mauvaise vie » paru en 2005, dans lequel il avouait avoir cédé aux relations sexuelles tarifées en Thaïlande avec des « garçons », des « gosses », Frédéric Mitterrand doit désormais s’expliquer sur le fait de s’être porté témoin de moralité des parents de deux jeunes condamnés pour le viol d’une mineure, à la Réunion. Surtout d’avoir utilisé son statut de directeur de la Villa Médicis pour s’adresser au tribunal et promettre son aide à la réinsertion des coupables.

            « Je ne supporte plus les attaques. C’est immonde » a-t-il déclaré aux journalistes. On le croit volontiers. Expliquer sur un plateau de télévision qu’on s’est égaré sur les chemins sordides du tourisme sexuel, y dénoncer les amalgames entre homosexualité et pédophilie, y reconnaître un excès de précipitation dans le traitement du cas Polanski n’est pas un exercice courant pour un ministre. Il est même périlleux pour son équilibre psychique.

               Frédéric Mitterrand est un écrivain de talent et certainement un homme sincère. Mais ces qualités ne font pas de lui un politique de métier. En quatre mois de présence au sein du gouvernement Fillon, il a multiplié les gaffes avec une naïveté confondante. Il a commencé par griller la politesse à Nicolas Sarkozy en annonçant sa nomination avant même le communiqué officiel, au grand dam de Christine Albanel, titulaire du poste. Puis il a donné le nom de son successeur à la Villa Médicis au journal italien la Stampa, au mépris une fois encore de la déclaration officielle de l’Elysée. Son apparition à la fête de l’Humanité, où il fut accueilli et raccompagné par une bordée d’insultes, souleva encore l’incompréhension dans les rangs de l’UMP. Tout cela avant ce terrible piège qui s’est refermé sur lui et qui, de toute évidence, laissera des traces.

             Poussé à la démission par les uns, soutenu du bout des lèvres par d’autres, Frédéric Mitterrand illustre les limites de la politique d’ouverture chère au président de la République. Il ne suffit pas de porter un nom pour obtenir un blanc-seing permanent de l’opinion publique. Ces bourdes à répétition portent au contraire préjudice à la cohérence de l’action gouvernementale et brouillent son message. Il est vrai que de Kouchner à Besson, de Rama Yade à Fadela Amara, comme précédemment de Rachida Dati à Bernard Laporte, le casting paraît plus porté sur l’apparence que sur la compétence. Peut-être les effets résiduels de la période bling bling.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 18:06

En 2007, une série de suicides chez Peugeot et Renault mettait à l’index les constructeurs automobiles. Les organisations syndicales dénonçaient le stress provoqué par les cadences infernales et mettaient en cause le management. Deux ans plus tard, c’est au tour de France Télécom de subir le même phénomène.

            Vingt quatre personnes ont mis fin à leurs jours chez l’opérateur téléphonique, en l’espace de dix-huit mois, provoquant une incompréhension palpable dans le pays et ce, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Là encore, la pression exercée sur les salariés, la mauvaise qualité des relations sociales et la politique de la direction, axée sur la rentabilité à tout prix, sont pointées du doigt.

            Ce traumatisme doit être analysé avec beaucoup de précaution et non pas être caricaturé comme c’est souvent le cas lorsque la dictature de l’émotion l’emporte sur le raisonnement. Née en 1988, sur les cendres de la direction générale des Télécommunications, France Télécom se voulait une réponse efficace à une directive européenne qui prévoyait l’ouverture à la concurrence des services publics. Elle est devenue société anonyme en 1996, deux ans avant la date fatidique, et le désengagement de l’Etat  dans l’actionnariat de l’entreprise n’a pas cessé de s’accroître depuis. Aujourd’hui, celui-ci se situe bien en dessous de la minorité de blocage.

            France Télécom est confrontée non seulement à une lutte féroce, en France et hors frontières, mais aussi à une évolution technologique d’une cadence insensée. Que des salariés longtemps installés dans le confort d’un marché protégé se sentent désormais dépassés par ce « changement de planète », quoi de plus normal ! Ils doivent être accompagnés et formés en conséquence. Mais la rupture doit être relativisée. Présenter les dirigeants et les managers comme des robots dépourvus de tout sens moral n’est pas intellectuellement acceptable. Réduire les salariés à des pions exploités abusivement, alors que la rémunération moyenne mensuelle se situe à 3000 euros, ne l’est pas plus.

            Les entreprises privées sont depuis longtemps en butte aux problèmes liés à une concurrence sans concession et à une adaptation continue des personnels à la modernisation des outils. Cela ne se fait jamais sans une remise en cause des acquis professionnels et parfois même sociaux. Toutes celles qui refusent cette réalité sont condamnées à disparaître. La sidérurgie, le textile, l’automobile et quantité d’autres secteurs d’activités ont connu une situation analogue dans le passé et sauf à imaginer que la France puisse se tenir à l’écart des effets de la mondialisation, dans une espèce de havre de paix virtuel, il faut bien se plier à cette évidence.

            Vingt quatre suicides dans une entreprise qui ne compte pas loin de 200.000 personnes dans le monde, dont la moitié en France, c’est hélas, en pourcentage, un chiffre comparable aux statistiques nationales (Plus de 2 pour 10.000 habitants, chaque année). Un chiffre qui a tendance à augmenter sensiblement en période de crise. Cela démontre surtout l’impérieuse nécessité de préparer les nouvelles générations à la bagarre qu’exige le monde d’aujourd’hui. Et il ne semble pas que le fait de payer des lycéens pour lutter contre l’absentéisme à l’école soit le meilleur moyen d’y parvenir.

            André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 16:10

L’interview de Nicolas Sarkozy par Laurence Ferrari et David Pujadas, à New York, à l’occasion du G20, pose question. Comment, par exemple, ces deux professionnels de l’information ont pu laisser passer le message du président de la République à l’adresse de l’Iran, sans songer à le relancer ? Fidèle à son penchant pour la petite phrase lourde de sous-entendus, Sarkozy venait de fixer une forme d’ultimatum en évoquant l’échéance du 31 décembre 2009 afin d’obtenir une réponse définitive des Iraniens sur le dossier  nucléaire. Il suffisait de lui demander ce qu’il comptait faire au cas, plus que probable, où Ahmadinejad balaierait l’avertissement d’un revers de manche. Nos deux journalistes préférèrent passer à un autre sujet. On sait aujourd’hui que le président était informé de l’existence d’un deuxième centre d’enrichissement d’uranium à Qom et qu’il souhaitait, sans doute, réaffirmer solennellement la position musclée de la France avant l’intervention d’Obama sur ce dossier brûlant.

            Que dire encore de son terrible lapsus sur les « coupables » de l’affaire Clearstream qui n’appela, là encore, aucune remarque de la part de ses contradicteurs ? Confondre prévenus et coupables alors que l’on s’honore d’une formation d’avocat et que l’on est, par son statut, le garant du bon fonctionnement des institutions, constituait pourtant une aubaine pour TF1 et France 2 en terme de scoop. Laurence Ferrari et David Pujadas restèrent de marbre, unis dans une même et incompréhensible passivité.

            Ces ratés, gravissimes pour une profession en quête de reconnaissance, illustre cette tendance au journalisme spectacle qui sacrifie le fond au profit du paraître. Forcés à une cohabitation inconfortable sur le plateau, Ferrari et Pujadas n’eurent de cesse que d’occuper le devant de la scène, de couper l’autre pour mieux prendre la main, sans songer à écouter les réponses de leur hôte. La jolie blonde, regard quelque peu halluciné, comme si le décalage horaire avait laissé des traces sous les paupières, ne s’intéressait visiblement qu’à la prochaine question qu’elle avait préparée sur sa feuille. Le petit brun, sourire énigmatique accroché en permanence au coin des lèvres, tentait d’imposer sa meilleure connaissance des dossiers tout en veillant à ne pas être taxé de condescendance à l’égard d’une consoeur. Résultat de ce marquage feutré mais impitoyable, ils en oublièrent l’une comme l’autre les automatismes du métier.

            Perdre le sens de l’écoute, c'est-à-dire la curiosité, est une faute pour un journaliste. Mais Laurence Ferrari et David Pujadas ne sont pas les seuls responsables. La mise en scène systématique de l’information, comme si la télé réalité devait étendre ses ravages partout et jusqu’aux émissions politiques, fait peser une lourde menace sur le métier. Le sujet devient accessoire. Les invités sont des faire-valoir. On surfe sur les faits par crainte du zapping, dans une espèce de carrousel endiablé où le maquillage, l’éclairage, le sourire hollywoodien et la phrase choc font office de feuille de route. C’est désolant et inquiétant.

            André Soleau

           

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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /2009 15:44

Nicolas Sarkozy vient de développer une nouvelle idée qu’il a exprimée à la Sorbonne : modifier les instruments de mesure de la richesse des nations afin de s’extraire de la religion du chiffre. Au lieu du produit intérieur brut (PIB), on  privilégierait le produit national net (PNB) qui prend en compte les effets de la dépréciation du capital dans toutes ses dimensions, notamment humaines.

            Evaluer le bien-être de la population plus que la production économique, c’était en quelque sorte le fil conducteur de la mission de réflexion menée, sur le sujet, par quelques experts internationaux, à la demande du président français. La commission, dirigée par l’Américain Joseph Stiglitz, a remis son rapport à la mi-septembre. Il comporte douze recommandations qui visent à mieux intégrer la qualité de vie (environnement, santé, éducation, baromètre des inégalités, analyse du capital humain, social…) dans les savants calculs des statisticiens.

            L’initiative apparaît à la fois généreuse et ambitieuse. Généreuse dans la mesure où la crise a révélé au grand jour les dégâts considérables que pouvait provoquer un capitalisme débridé où la notion de profit l’emporte sur toute autre considération. Ceux qui, par exemple, s’extasiaient sur la croissance à deux chiffres de la Chine sans considérer les conditions de vie précaires de ses habitants, en particulier celles des paysans arrachés à leur terre pour alimenter en main  d’œuvre à bon marché les industries polluantes de quelques mégapoles déshumanisées, ont dû revoir leur copie.

            Elle est aussi ambitieuse dans cette tentative de matérialiser le bonheur,  de lui donner une réalité. L’être humain replacé au centre du système politique et économique des Etats, c’est un peu comme si l’on s’efforçait d’arrêter la machine infernale qui s’est emballée avec la révolution industrielle. Tous ceux qui ont perdu foi en l’avenir, tous ces accidentés de la croissance que l’on a abandonnés au bord de la route au nom du « toujours plus, toujours plus vite, toujours plus productif » apprécieront la démarche.

            Le problème est qu’un quinquennat et même deux ne suffiraient pas à mettre en musique cette révolution des mentalités et des modes de vie. La société moderne est depuis trop longtemps  bercée par le chant ensorcelant des espèces sonnantes et trébuchantes pour se réveiller d’un coup de baguette magique et découvrir que la terre est peuplée d’individus faits de chair et de sang.

            Imaginons un instant les actionnaires d’une entreprise plonger avec ravissement dans la lecture du bilan social en lieu et place du bilan financier. Ignorer subitement la création de valeur qui mesure la rentabilité de chaque salarié pour se soucier essentiellement de l’épanouissement individuel. Plus de plans sociaux qui subjuguent tant les marchés boursiers. Plus de délocalisations sauvages qui encouragent la politique des bas salaires et le mépris des protections sociales.

            On aimerait évidemment y croire. Mais d’autres ont songé, bien avant Sarkozy, à ce pays imaginaire où un gouvernement idéal règnerait sur un peuple heureux. Ce pays s’appelait…Utopie. Et son auteur, Thomas More, est mort décapité.

            André Soleau

 

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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 11:08

Le magazine « Entreprises et Management », mensuel gratuit régional, met l’accent, dans son numéro estival, sur les difficultés rencontrées par le Val Joly, la « station touristique » de l’Avesnois.

            Le Conseil régional et d’autres partenaires financiers ont investi 60 millions d’euros, dont plus de la moitié en fonds publics, pour transformer cet écrin de verdure, naguère prisé par les randonneurs et les pêcheurs, en locomotive touristique et économique du sud du département. Des commerces, un centre aquatique de 3000 m², un centre équestre, une maison des enfants, 180 cottages ultramodernes proposés à la location, des parcours de randonnées…le projet ne manque pas d’allure, sur le papier.

            Seulement, le succès escompté tarde à se concrétiser. « Entreprises et Management » évoque même un flop magistral. Depuis l’ouverture, seulement 160 000 entrées ont été enregistrées contre 500 000 prévues, le taux de remplissage des cottages est évalué à 40%, le chiffre d’affaires suffit simplement à équilibrer la subvention annuelle de 2,2 millions d’euros octroyée par le Département et le nombre d’emplois directs et indirects créés se situe à 50 contre 500 inscrits dans les prévisions. La faute à la crise économique qui, là-bas plus qu’ailleurs, a provoqué un véritable séisme. La faute à Center Parcs qui souhaitait s’installer dans ce secteur préservé mais qui, après s’être heurté à l’hostilité des écolos, s’est replié un peu plus loin, au Parc de l’Ailette de Laon. Résultat, avec ses 220 millions d’euros investis, ses 800 cottages occupés à 80% et ses 650 emplois créés, la filiale du groupe Pierre et Vacances est en train de rafler la mise. La faute, enfin, aux caprices du temps qui influent énormément sur le taux de fréquentation de la station, compte tenu du choix de privilégier les seules activités de plein air.

            Le constat est sinistre. Il tranche avec les bulletins de santé réjouissants, émis régulièrement par la majorité des médias locaux et régionaux qui confondent parfois information et communication, budgets de publicité obligent. Il a au moins le mérite de créer le débat et de pointer du doigt les manques du projet. Et ils sont nombreux.

            Le Val Joly est perdu au fin fond de l’Avesnois et les voies d’accès sont d’un autre âge. On voit mal une famille lilloise endurer quatre heures de voiture, aller et retour, le dimanche, pour admirer un plan d’eau, fut-il le royaume de la biodiversité. Il est donc condamné, pour l’instant, à vivre essentiellement avec la population locale dont le taux de chômage, déjà très largement supérieur à la moyenne régionale, vient de subir une hausse de près de 25% ces derniers mois. Or l’entrée du site et les différentes activités sont trop chères pour un couple et ses enfants. Ajoutez à cela des commerces qui ronronnent, une gestion pépère, une animation quasi inexistante malgré les efforts déployés, notamment, par Jean-Marie Leblanc pour faire bouger les choses, une architecture « originale » qui réussit le tour de force de dissimuler la vue du lac aux clients en terrasse du seul restaurant ouvert, des options discutables comme ce bar à soupes créé à l’origine pour attirer une clientèle plus sélect que celle des baraques à frites (il est mort prématurément),  un service approximatif, très éloigné des critères en vigueur dans le privé, et l’hostilité toujours très marquée des écolos purs et durs qui s’opposent, à coups de procédures, à toute initiative.

            Le Conseil général du Nord n’entend pas pour autant renoncer. Il prévoit au contraire la construction de 60 nouveaux chalets et d’un hôtel trois étoiles. On peut admirer son entêtement. Mais on ne saurait trop lui conseiller de s’attaquer, avec la Région, avec l’ensemble des pouvoirs publics, aux racines du mal. L’Avesnois est une zone en perdition économique, oubliée depuis des décennies par l’ensemble de la classe politique et par les décideurs de toute nature. Il faut désormais un plan d’urgence d’envergure plutôt que cette enveloppe ridicule de trois millions d’euros octroyée dernièrement par l’Etat pour freiner la descente aux enfers. Après quoi, les gens retrouveront peut-être l’envie de rire et d’ouvrir leur porte-monnaie au Val Joly.

            André Soleau

 

 

Par André SOLEAU
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /2009 19:02

Deux scandales menacent d’occuper les médias pendant un bon moment, en cette période de rentrée. La curiosité, c’est qu’ils impliquent des entreprises à priori au-dessus de tout soupçon, l’Imprimerie nationale et Renault.

            Le procureur de la République de Paris a ouvert une information judiciaire pour « corruption d’agent public étranger, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux » contre l’Imprimerie nationale qui, rappelons le, est détenue par l’Etat et qui assure notamment la fabrication des passeports biométriques. Certains marchés obtenus en Roumanie, en Georgie, en Syrie et au Sénégal auraient fait l’objet de versements de pots-de-vin à des intermédiaires. Des perquisitions ont été effectuées, un nouveau président a été nommé, une information judiciaire a été ouverte. A cela s’ajoute la plainte déposée contre l’ancien directeur financier de la société, licencié pour faute grave fin janvier, accusé de détournement de fonds. C’est lui qui serait à l’origine de la saisine du Parquet.

               La seconde affaire concerne le département compétition de Renault. La Fédération internationale de l’automobile (FIA) a ouvert une enquête au sujet du Grand Prix de Singapour 2008 de Formule 1. Elle soupçonne l’écurie française d’avoir orchestré l’accident spectaculaire de son pilote, Nelson Piquet, afin de bloquer la course par la sortie de la voiture de sécurité et  de favoriser ainsi le succès de son deuxième pilote, Fernando Alonso, lequel venait curieusement de ravitailler quelques minutes auparavant alors que seulement douze tours de circuit avaient été bouclés. Autrement dit, Piquet aurait reçu la consigne de ses employeurs de jeter sciemment sa voiture contre un mur à près de 300 km/heure. Cette hypothèse paraît invraisemblable mais l’on voit mal la FIA exhumer un dossier vieux d’une année sans détenir quelques informations précises. Là encore, Piquet, viré récemment par Renault pour absence de résultats, est fortement suspecté d’avoir ébruité l’affaire par vengeance.

               Ces sales histoires, dénoncées sur fond de règlements de compte, donnent la nausée. Elles témoignent surtout de la dégradation des valeurs de notre société. L’opinion publique, si prompte à se mobiliser contre les dangers qui menacent notre planète en matière d’environnement, semble curieusement frappée d’apathie face à la crise morale qui pollue ce début de siècle. A croire que les bonus des traders, les malversations des spéculateurs, le cynisme des banquiers, la gangrène du dopage dans le sport, les coups tordus des hommes politiques ou les dérives des patrons voyous ont fini par avoir raison de la capacité d’indignation de tout un peuple.

               André Soleau

              

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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 11:52

Il y a une constance chez les hommes politiques,  celle de parler, le plus souvent pour occuper le devant de la scène, parfois pour ne rien dire.

            Nous en avons eu une nouvelle fois l’illustration à l’occasion du malaise du président de la République. Sitôt la nouvelle connue, les conseillers de l’Elysée s’efforcèrent de minimiser l’incident, évoquant un « coup de chaud » sans conséquence. Une bonne nuit de sommeil, des vacances paisibles auprès de Carla et tout rentrerait dans l’ordre. Les choses auraient pu en rester là mais les proches de Sarkozy s’en mêlèrent. A commencer par « l’ami » Patrick Balkany qui n’hésita pas à établir un diagnostic précis, assorti d’une sérieuse mise en garde : « il a fait ce que je connais bien, un malaise vagal…J’espère pour lui que ce sera une alerte salutaire pour qu’il modère un peu plus ses efforts. A 54 ans, on ne peut pas non plus avoir un régime sévère sans arrêt. » Bonjour le pavé dans la mare du secret médical ! Le plus ennuyeux, c’est que Balkany a envoyé cette carte postale empoisonnée de son lieu de villégiature, à Saint Martin, sans trop se soucier des vagues qu’il pourrait provoquer à l’intérieur de l’hexagone.

             Que dire aussi de Frédéric Lefebvre qui se sentit obligé de livrer à son tour son sentiment en prononçant les mots sacrilèges « d’accident cardiaque ». Le porte-parole de l’UMP dut faire machine arrière une heure plus tard après s’être fait taper sur les doigts. Nos deux apprentis médecins auraient pu attendre le bulletin de santé officiel avant d’ouvrir la bouche devant la forêt de micros tendus. Le résultat de cette cacophonie est que le jogging avorté de Sarkozy devint une affaire d’Etat qui fit la Une de tous les journaux. Et la suspicion demeure quant à la gravité réelle de l’incident.

            A gauche, ce n’est pas mieux. Les experts n’ont pas attendu un malaise de Martine Aubry pour courir à son chevet et soupirer unanimement devant l’état de délabrement physique du Parti socialiste. Manuel Valls a décrit le PS comme une «  machine à perdre », Arnaud de Montebourg l’a comparé « à la RD A », Julien Dray s’est voulu définitif en l’assimilant à « un grand corps non seulement malade mais à la dérive », l’inévitable Jack Lang a suggéré « un fruit sec » et Bernard-Henry Levy a qualifié Mme Aubry de « gardien d’une maison morte ». Tous ont enterré le PS et son premier secrétaire dans un même élan mortifère.

            Tous, sauf Ségolène Royal qui a pris le contre-pied de ses pairs pour voler au secours de cette chère Martine.  N’y voyez pas pour autant une espèce de solidarité féminine qui gommerait les rancoeurs passées. La vérité est plus pragmatique. Ségolène ne souhaite pas l’implosion du Parti socialiste qui aurait pour effet de multiplier les courants et donc les candidatures pour 2012. Il lui sera plus facile de faire entendre sa voix dans une famille divisée et de prôner l’unité…autour d’elle. Martine Aubry, affaiblie et contestée, ne constitue plus, à ses yeux, une menace dans la course à la présidentielle et devient, du même coup, une alliée.

            Ce beau monde part en vacances, histoire sans doute de se refaire une santé. Le théâtre est momentanément fermé. Gare à ceux qui n’afficheront pas une mine superbe à la rentrée. Des yeux amis veillent sur eux.

            André Soleau

 

 

Par André SOLEAU
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Mercredi 22 juillet 2009 3 22 /07 /2009 12:12

La terre entière a célébré avec faste le quarantième anniversaire des premiers pas de l’homme sur la lune alors que dix ans plus tôt l’événement était passé quasiment inaperçu. Trois vieillards quelque peu désenchantés, Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins, ont été reçus à la Maison Blanche et ont eu droit à la poignée de main deBarak Obama, symbole de la reconnaissance du monde moderne à ses glorieux pionniers.

            « Un petit pas pour l’homme, un pas de géant pour l’humanité » s’était écrié Armstrong au moment de fouler le sol lunaire. A première vue, la prophétie aux accents lyriques ne s’est pas réalisée. Au 21ème siècle, des centaines de millions d’hommes continuent de mourir de faim, les guerres n’ont jamais cessé, le terrorisme est devenu une arme presque conventionnelle, la violence gratuite a dépassé l’imagination de Stanley Kubrick, le réalisateur du film « Orange mécanique ». Pire, des maux plus perfides encore ont fait irruption dans notre quotidien à l’image du réchauffement irréversible de la planète, de la pollution galopante ou des convulsions angoissantes d’un système économique à bout de souffle. Jamais sans doute cette terre si petite, qui apparaissait comme une boule dérisoire dans le champ de vision de nos trois astronautes, n’a paru aussi fragile et aussi menacée.

             Et pourtant, quarante ans plus tard, la magie du message adressé par John Kennedy en mai 61 s’exerce encore. A l’époque, avec toute l’audace qui le caractérisait et peut-être aussi une bonne dose de légèreté, le président américain avait promis à ses compatriotes d’envoyer un équipage sur la lune et de le ramener à bon port avant la fin de la décennie, un défi pour le moins risqué selon une majorité d’experts. Mais son vœu fut exaucé grâce à un formidable élan national qui balaya le scepticisme ambiant. Nous étions alors en pleine guerre froide avec le bloc soviétique  et les Marines avaient glissé imprudemment leurs rangers dans le piège vietnamien. Le peuple américain avait tout simplement envie de rêver d’autre chose.

            Quarante ans ont passé. Kennedy est mort assassiné en 1963. Il n’a pas pu voir cette marche héroïque sur la mer de la tranquillité et la bannière étoilée plantée tout là-haut, au dessus de nos têtes. Mais il nous a légué un bien inestimable. L’idée qu’un projet un peu fou peut fédérer les énergies et dépasser les clivages. L’aventure d’Armstrong, d’Aldrin et de Collins n’était pas exclusivement américaine. Même si, à l’origine, elle s’inscrivait dans un contexte politique, elle a gommé les frontières pour s’installer dans la mémoire collective, parmi les plus belles prouesses de l’espèce humaine. Elle est universelle.

            A partir de ce constat, faisons un autre rêve. Que les prochaines conquêtes spatiales, regroupées sous le qualificatif prometteur de « Constellation », rassemblent le maximum de pays, sans distinction de couleur de peau ou d’idéologie. Les technologies permettraient ce vaste battement de cœur à l’unisson. Puisque l’humanité est condamnée à partager les cataclysmes terrestres, comme la pandémie qui fond sur les cinq continents à une vitesse stupéfiante,  pourquoi, après tout, ne pas partager aussi le bonheur de cueillir les étoiles.

            André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /2009 18:16

Lance Armstrong est de retour. La manière dont l’Américain a escaladé les pentes accidentées du relief pyrénéen, en compagnie des meilleurs, prouve qu’il est un candidat sérieux à la victoire finale du Tour de France 2009.

            Cette nouvelle devrait nous captiver. Le septuple vainqueur de l’épreuve s’est lancé dans un pari insensé qu’il est en passe de relever, déjouant au passage toutes les lois de la nature. Qu’on en juge. Retraité des pelotons depuis quatre ans, entré dans la légende de son vivant, il monnayait jusqu’alors son nom dans des campagnes de communication qui n’en finissaient plus de sanctifier sa victoire contre le cancer et celles obtenues sur les routes surchauffées de la grande boucle. Mais à trente sept ans, l’âge où le sportif de haut niveau soigne les séquelles d’une carrière exigeante pour l’organisme, Armstrong décida brutalement de rechausser les cale-pieds et de repartir en campagne. Même une chute occasionnant une fracture de la clavicule ne refroidit pas sa détermination. C’est à peine si elle perturba sa préparation.

            Oui, tous ceux qui connaissent de prés ou de loin la souffrance d’un coup de pédale en montagne devraient s’incliner devant les performances d’un tel phénomène. Et pourtant, Lance Armstrong ne fait pas rêver. La faute à une réputation sulfureuse qui lui attribue les effets bénéfiques d’une potion magique qui a « dopé » ses qualités de grimpeur, plutôt modestes au début. La faute à ces marchands de soupe criminels qui font le déshonneur de la profession de médecin en utilisant les coureurs comme de simples cobayes pour leurs expériences maléfiques. La faute aux multiples coups bas encaissés par le cyclisme qui ont fini par écoeurer ses plus ardents défenseurs.

            Certes, l’entourage d’Armstrong aura beau jeu de rappeler que l’arrêt prolongé du boss n’a guère changé les pratiques dans le peloton. De Jan Ullrich à Alexandre Vinokourov en passant par Mickaël Rasmussen, Ricardo Ricco, Flyod Landis, Joseba Beloki, Iban Mayo, Roberto Heras, Raimondo Rumsas ou Oscar Pereiro la liste est longue des ces champions sortis tout droit d’une éprouvette et qui ont discrédité leur sport ces dernières années. Mais l’argument ne tient pas. La répétition des exploits de ce champion unique dans l’histoire du vélo et la dimension de son palmarès l’obligeaient à l’exemplarité. Pour les jeunes, son statut d’icône lui conférait de fait un rôle d’éducateur modèle. Au lieu de cela, Armstrong est apparu au fil du temps comme un monstre robotisé, insensible à la douleur des hommes, hermétique à toute émotion et à toute faiblesse.

            Le paradoxe est que les champions les plus incontestés parviennent à tuer la discipline qui les a enfantés. Le retour d’Armstrong, est à l’image de Jeannie Longo qui continue à gagner à 50 ans sans s’apercevoir que, derrière, il n’y a plus personne. Elle a fait le vide à force d’éliminer des générations d'émules. Armstrong agit de même mais y ajoute, dans son sillage, une bonne dose d’interrogations malsaines. Seule, peut-être, une défaillance lui rendrait une part d’humanité.        

            André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /2009 12:23

Nicolas Sarkozy confiait récemment à  plusieurs confrères qu’il avait commis quelques erreurs durant les deux premières années de son mandat et qu’il était devenu, au fil du temps, « plus tolérant, plus ouvert, plus serein. ». Il qualifiait la charge de président d’inhumaine et avouait, désormais, apprendre et écouter beaucoup. Belle leçon d’humilité pour un homme pressé, ambitieux jusqu’à la gourmandise, tendu vers ses objectifs jusqu’à la férocité.

            Il n’y a, a priori, aucune raison de mettre en doute sa sincérité. On attendra néanmoins des signes tangibles de changement pour juger de cette mutation vers la prétendue sagesse. Son dernier « coup » avant les vacances, le remaniement ministériel, ne plaide pas en faveur d’une confiance aveugle même si, politiquement, la stratégie est exemplaire. Choisir le nom d’un Mitterrand pour embrouiller un peu plus la gauche puis débaucher Michel Mercier, l’un des plus fidèles alliés de Bayrou, afin d’achever la dégringolade du Modem dans les sondages, voilà qui ne manque pas d’efficacité. On retrouve la patte du tueur, celui qui élimine ses rivaux les uns après les autres et les dépèce sans état d’âme.

            L’impact médiatique est en outre assuré. Les journalistes politiques adorent le goût du sang, surtout à la Une. Mais, est-ce réellement, sur le long terme, une bonne affaire ? Nicolas Sarkozy a surtout démontré que le goût du pouvoir commandait les gens de gauche comme de droite et que les scrupules s’effaçaient là où s’imposait le réalisme du portefeuille, pas seulement ministériel d’ailleurs. Dans ce monde particulier où les bonnes intentions dépassent rarement le stade des promesses électorales, les fastes des salons de la République et le confort des fauteuils de velours valent bien quelques entorses à la morale.

            Mais qu’en disent les Français ? Pensent-ils vraiment que si Frédéric Mitterrand s’était appelé Dupont ou Durand, il aurait représenté le même intérêt pour notre Président ? Acceptent-ils de gaieté de cœur les supputations de ralliement prochain des Allègre, Lang ou Schwarzenberg ? Nos compatriotes sont-ils à ce point daltoniens qu’ils adhèrent sans sourciller à un mélange de couleurs plutôt impersonnel où l’on ne distingue plus le rose du bleu ? N’ont-ils pas le sentiment que Sarkozy démontre, au-delà de son jeu subtil, le peu d’intérêt qu’il porte à son  gouvernement et qu’il se considère, lui, comme le décideur unique et incontestable, ses équipiers devenant de simples faire-valoir ? Auquel cas nous sommes bien loin de cette confession publique en forme de mea culpa que le Figaro relayait il y a quelques jours.

            La désaffection des urnes, que l’on déplorait dernièrement à l’occasion des élections européennes, apporte en tout cas la preuve que  l’on ne joue pas impunément avec les convictions du citoyen.

            André Soleau

 

 

Par André SOLEAU
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Blog notes

 

La face obscure de Dany Boon
L’autre jour, sur les ondes d’une radio périphérique, Dany Boon répondait aux questions de Christophe Hondelatte à propos de son nouveau spectacle intitulé « Trop stylé » et d’une critique jugée sévère dans Nord Eclair. Après avoir confondu Nord Matin et Nord Eclair (« De toute manière, c’est la même chose » dira l’un d’eux), Dany Boon perdit subitement tout sens de l’humour en évoquant, cette fois, La Voix du Nord : « Ce n’est pas la première fois que je suis attaqué par les médias régionaux. Je peux même vous citer de mémoire un extrait du papier d’un journaliste de La Voix du Nord qui a couvert la sortie du film « Bienvenue chez les ch’tis ». Il a écrit : « Le Nord est à Dany Boon ce que St Tropez est à Max Pégas ! Pégas réalisait des films érotiques de série Z dans les années 80 ». Et il enchaîna : « Ce journaliste n’était plus très à l’aise quand mon film a dépassé les vingt millions d’entrées… Aujourd’hui, je suis entré dans une nouvelle dimension grâce au succès. Ce genre de critique ne m’atteint plus.»

            Revenons au journaliste de Nord Eclair incriminé. Il avait simplement pris la peine d’aller voir le one man show de notre humoriste préféré, à Bruxelles, avant ses représentations données au théâtre Sébastopol de Lille, histoire d’étayer son papier ce qui témoigne d’un professionnalisme non discutable. Pas convaincu, il avait décrit un spectacle inabouti, hésitant, sans surprise majeure. Résultat, il fut interdit d’entrée lors des représentations données à Lille.

            Cet incident témoigne des difficultés d’un artiste, quel qu’il soit, à accepter d’être égratigné, surtout lorsqu’il a été installé très vite (trop vite ?) sur un piédestal. La presse régionale, contrairement aux allégations de Dany Boon, n’a fait qu’encenser l’enfant du pays. Le matraquage sans nuance qui accompagna la sortie de « Bienvenue chez les Ch’tis » ressembla plutôt à un plébiscite et les rares, très rares voix discordantes furent considérées comme blasphématoires. Il est vrai que chaque apparition de l’homme aux oreilles décollées à la une du quotidien fait vendre plusieurs milliers d’exemplaires supplémentaires, ce qui peut expliquer une certaine mansuétude voire une complaisance certaine.

            Dany Boon n’est pas Dieu et les saintes écritures n’ont pas été traduites en ch’ti. Les journalistes ont non seulement le droit mais le devoir d’informer, au risque parfois de déplaire. Habitué à un autre traitement, l’humoriste d’Armentières a simplement confondu l’information et la communication. A son crédit, on relèvera qu’il y a eu trop souvent matière à confusion dans cette quête obsessionnelle de record d’entrées du cinéma français.

            Les choses vont bien évidemment rentrer dans l’ordre. Chacun y a intérêt. Et cela aidera peut-être Dany Boon à quitter cette « nouvelle dimension », pour redescendre sur terre.

            A.S




Le Val Joly

(Suite)

        Un autre exemple des difficultés que connaît le Val Joly tant dans la conception du projet d’aménagement que dans la gestion au quotidien : la halte garderie. Trois personnes sont chargées d’accueillir et de veiller sur les petits. Hélas, une seule petite fille est actuellement inscrite régulièrement dans les effectifs ce qui,  on en conviendra, apparaît quelque peu insolite. D’autant que malgré la période estivale particulièrement propice à l’évasion cette année, quatre boutiques ferment leurs portes pour manque de fréquentation et que les locations des cottages sont actuellement soldées jusqu’à moins 60%.

        Et dire que l’on entre dans la période hivernale.


 
Affaire Polanski

 

            Le moins que l’on puisse dire est que l’arrestation surprise de Roman Polanski en Suisse n’est pas passée inaperçue. C’est un véritable séisme qui secoue le monde politique et cinématographique et qui se propage sur tout le territoire grâce à de puissants relais médiatiques.

            Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a évoqué « une affaire épouvantable et une Amérique qui fait peur », laissant entendre que le président Sarkozy en personne suivait de près ce dossier. Son illustre prédécesseur, Jack Lang, a réagi de manière aussi vigoureuse en dénonçant un « acte inimaginable et disproportionné » et Bernard Kouchner a qualifié la chose de « sinistre ».

            Le 7ème Art n’est pas en reste. Une pétition circule pour exiger la libération immédiate de Polanski. Elle a été notamment signée par Jeanne Moreau, Pedro Almodovar, Wim Wenders ou encore Claude Lanzmann. D’autres s’insurgent contre un « lynchage judiciaire ».

            Cette indignation collective est troublante dans la mesure où elle cède à l’émotion, sans le moindre recul vis-à-vis d’un dossier extrêmement complexe. Rappelons que Roman Polanski fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis pour une sordide affaire de viol sur mineure de 13 ans, il y a plus de trente ans. Il aurait en effet abusé de Samantha Geimer après l’avoir droguée. Il s’est enfui en France avant son jugement et aurait trouvé récemment un arrangement financier avec sa victime.

            Compte tenu du temps passé depuis les faits, de la personnalité de son auteur, on peut effectivement comprendre l’onde de choc provoquée par cette arrestation. Mais la gravité de l’acte d’accusation devrait inciter nos politiques à plus de retenue. Le talent dispense-t-il de toute responsabilité, y compris judiciaire ? Quid de la victime durant toutes ces années où la frustration due à une fuite et à l’absence de procès s’est ajoutée au traumatisme subi ? Ce sont des questions de vie, pas de cinéma.

            A.S



Les sales gosses

 

        A ma gauche, un combat de femmes qui oppose Martine Aubry et Ségolène Royal sur fond de magouilles, tricheries, arnaques et trahisons, pour reprendre quelques expressions sans nuance des auteurs d’un livre choc sur la cuisine interne du Parti socialiste. La première nommée aurait « volé » sa victoire lors de l’élection au poste de Premier secrétaire du PS, par le biais d’un détournement de bulletins réalisé par quelques uns de ses partisans.

        A ma droite, un combat d’hommes où tous les coups semblent permis entre Nicolas Sarkozy, Président de la République en fonction, et Dominique de Villepin, un ancien Premier ministre de Jacques Chirac. C’est le fameux procès Clearstream qui promet son pesant de révélations sur les coups tordus que peuvent s’administrer d’anciens amis du même parti et du même gouvernement.

        Au centre, des millions de Français de tous bords et de toutes conditions qui croyaient naïvement que les élus de la nation, surtout à un tel niveau de responsabilités, avaient pour seule préoccupation le bien-être de leurs concitoyens, surtout en période de crise, de poussée du chômage et de tension sociale. Ceux-là découvrent avec effarement que le pouvoir ne rend pas seulement fou. Il rapetisse.

Tornade à Hautmont

 

        Une association Solidarité Avesnois a été créée au lendemain de la tornade qui a frappé le Bassin de la Sambre et plus particulièrement les villes de Hautmont, Maubeuge, Boussières sur Sambre et Neuf Mesnil. Parrainée par Dany Boon elle compte de nombreuses personnalités de la région dans ses rangs dont Guy Marseguerra, président, Emmaunel Riglaire, trésorier et les deux secrétaires Jean-Marie Leblanc et moi-même. L'objectif est d'organiser différentes manifestions, sportives, culturelles  ou autres afin de recueillir suffisamment de fonds pour aider les sinistrés. Plusieurs centaines de familles sont aujourd'hui recensées parmi les victimes de cette catastrophe et leur situation, à l'approche de l'hiver, est extrêmement précaire.  

         Vous pouvez, vous aussi, nous aider dans cette démarche de solidarité par un don au nom de l'association "Solidarité Avesnois", BP200 59002 Lille Cedex.

La totalité des sommes perçues sera reversée aux familles par le biais de notre partenaire direct, la CAF.

         D'avance, merci.

 

Domenech maintenu

 

         Raymond Domenech a été reconnu responsable de la faillite des Bleus lors de l’Euro 2008. Il lui a été reproché de n’avoir pas su réaliser l’osmose entre les jeunes et les anciens et de s’être montré beaucoup trop frileux dans ses schémas tactiques, notamment lors du match contre la Roumanie. Sa communication a été jugée désastreuse et il est le principal artisan de la dégradation de l’image de l’équipe de France, recroquevillée non seulement sur le terrain mais aussi dans son hôtel, transformé en blockhaus. On ne parle même pas de sa demande en mariage, lancée à l’heure de l’enterrement du projet sportif, qui a achevé de le discréditer auprès des supporters.

         Conséquence ?... Il est maintenu à son poste. Voilà en gros le résultat du conclave organisé par les plus hautes instances du football national, chargées de faire toute la lumière sur le plus beau fiasco de l’année.

         N’importe quel patron d’une entreprise privée aurait été débarqué après un tel constat, équivalent à une faute lourde. Une majorité aurait démissionné avant même le verdict afin d’éviter l’infamie. Il faut croire que le monde du ballon rond n’obéit pas à ces règles même si l’on a pu croire que les salaires, généreusement distribués depuis quelques années, avaient imposé la disparition de l’amateurisme et du bénévolat au profit de l’obligation  de résultats.

         Raymond la science repart ainsi pour une nouvelle aventure, avec ses blagues de potache attardé et ses séances de tableau  noir aussi claires que ses jeux de mots. Sur le terrain, il traînait une réputation de défenseur rugueux, dur sur l’homme, sans imagination. Sur le banc, il n’a jamais rien gagné, hormis un contrat juteux et un joli pactole. Mais, selon les explications embarrassées des vénérables représentants du football appelés à se pencher sur son cas, la crainte de casser la dynamique de l’équipe a été déterminante à un moment où les éliminatoires de la Coupe du Monde se profilent.

         Quelle dynamique ?

A.S.

      

 

 

  Jeux Olympiques

 

        Le dalaï Lama a affirmé à de nombreuses reprises son opposition à toute forme de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Considérant que le peuple chinois, par son histoire, mérite d’accueillir l’événement, il a aussi déploré la violence des manifestations qui ont accompagné le passage de la flamme et revendiqué le dialogue entre les deux camps pour tenter de dénouer la crise.

        On aimerait que les partisans d’une ligne plus dure fassent preuve de la même retenue lorsqu’il s’agit de défendre leurs idées. Le spectacle montré à Londres et plus encore à Paris avec des échanges de coups entre forces de l’ordre et protestataires,  des athlètes insultés durant leur relais, des organisateurs désemparés, n’a guère servi la cause des droits de l’homme. Robert Ménard et ses amis de Reporters sans frontières étaient assez fiers de leur opération commando, aidés en cela par des groupuscules altermondialistes et quelques professionnels de l’agitation urbaine. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

         Les Chinois ont quitté la France avec le sentiment conforté que la démocratie telle qu’on la pratique chez nous conduit à l’anarchie et qu’appliquée chez eux, elle mettrait en péril la pérennité du régime. En 1993, alors que j’effectuais un voyage d’études à Pékin et dans d’autres grandes villes du pays, j’avais interrogé mes interlocuteurs sur la liberté telle qu’on la conçoit chez nous. Ils m’avaient répondu approximativement ceci : « Pensez vous pouvoir comparer nos deux peuples. Nous sommes plus d’un milliard et s’il n’y avait pas un minimum d’encadrement, nous serions balayés par un raz-de-marée, en un éclair. Il est par exemple inimaginable que l’on puisse tolérer, comme chez vous, un tel pourcentage de la population au chômage. Nous devons les occuper avec de petits boulots afin d’éviter les émeutes. »

         Sans évidemment cautionner la politique répressive et plus encore les exactions commises au Tibet, on peut quand même s’interroger sur cette fâcheuse manie, des pays occidentaux, à vouloir imposer une vision unilatérale de la démocratie, partout dans le monde. On a pourtant constaté en Irak que cette approche réductrice des choses pouvait provoquer des effets désastreux. La population chinoise s’appuie sur une culture millénaire. On peut lui faire confiance pour trouver d'elle-même,  avec la croissance économique, les clés de l’épanouissement individuel...et de la revendicaiton. 

A.S

   

 

 

 Un scoop curieux

 

             Nicolas Sarkozy a déposé plainte contre le Nouvel Observateur qui a laissé entendre, dans un article sur son site internet, que le président de la République aurait envoyé un texto à son ex, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. Il serait rédigé comme suit :

« Si tu reviens, j’annule tout »

            L’auteur du papier rappelle au passage tous les faits qui tendent à démontrer l’influence toujours exercée par Cécilia sur Nicolas: une bague identique offerte aux deux femmes, un voyage à Pétra, en Jordanie, pour Carla, là où Robert Attias avait accompagné pour la première fois l’ancienne épouse etc…

            Le Nouvel Obs. aura beaucoup de peine à justifier la réalité de ce SMS. Seule Cécilia Sarkozy pourrait en confirmer l’existence, ce qui paraît plus qu’improbable. Cette affaire illustre, au besoin, l’impérieuse nécessité pour les journalistes de ne pas céder à la tentation du scoop facile que les supports d’aujourd’hui favorisent dangereusement. Vérifier l’information, la valider restent des actes incontournables de la profession.

            Mais le plus troublant dans cette curieuse histoire, c’est que le responsable de cette « révélation » ne passe pas pour un joyeux original dans le métier. C’est un homme d’expérience qui connaît toutes les ficelles. Ce qui ajoute à notre perplexité.

A.S

 


Rendez-vous manqué


             L’équipe de France de Bernard Laporte ne sera jamais championne du monde. Ce n’est que justice. Le « sélectionneur-homme d’affaires-secrétaire d’Etat » a disposé de quatre années pleines pour préparer ce rendez-vous avec l’Histoire. Quatre années pleines pour choisir ses hommes, modeler son groupe, définir un style, élaborer une stratégie. 

            Au bout du compte, le jour de l’examen, il a copié sur ses voisins ou plutôt sur ses adversaires. La chance l’a accompagné contre les All Blacks. Elle lui a tourné le dos contre les Anglais.On ne renie pas impunément ses origines.

            Le quinze d’Ovalie a toujours pratiqué un rugby champagne fait de spontanéité et d’improvisations. Celui de Laporte, fort de sa montagne de muscles, a voulu imiter le bœuf de la fable. Il n’a pas joué à la main, il a déjoué au pied. Et dans cet exercice, les sujets de sa gracieuse majesté sont meilleurs que nous. Les grands coups de bottes, ils connaissent. C’est même une seconde nature. En s’évertuant à utiliser les mêmes armes, on a juste fait tout un peu moins bien. Et le génie de Wilkinson a apporté le reste. C'est-à-dire l’élimination frustrante des Bleus.

            Souhaitons au prochain patron de revenir aux fondamentaux, selon l’expression consacrée. Et à Bernard Laporte de se montrer  un peu plus créatif dans sa nouvelle vie.

A.S

           

           

 

 

De l’art du mensonge

 

        Ségolène Royal avait ému la France profonde durant la campagne présidentielle en révélant avec des trémolos dans la voix son rêve secret d’un mariage, dans le cadre paradisiaque de Tahiti. On l’imaginait déjà au bras de son cher François, suivi des quatre enfants du couple, du bonheur plein les yeux. Les violons en fond sonore, les militants du parti pour la claque et l’Elysée en guise de nid douillet. 

        Patatras ! La carte postale n’a duré que le temps du dépouillement des bulletins de vote. Sitôt la défaite consommée, on a rangé les cotillons et les tenues de soirée pour s’habiller d’un quotidien beaucoup plus banal : « tu m’as trompée, je te quitte. »

        Pourquoi nous avoir fait croire à un conte de fées pour midinettes au cœur de cristal alors que la lassitude avait déjà provoqué des dégâts irréparables dans leur relation ? Parce que les militants avaient besoin de s’identifier à une candidate romantique et sincère, décalée par rapport à ce monde de brutes. Qui n’a pas rêvé de dire oui au pied d’une mer turquoise et à l’ombre des cocotiers ? On a ainsi distribué du rêve à bon marché. 

       Ségolène a mis fin elle-même à la supercherie en révélant, au passage, l’infidélité de son compagnon. Le rôle de femme bafouée permettra de gommer plus facilement ce mensonge électoral. 

       Jean-Louis Borloo, à l’inverse, a choisi de dire la vérité en révélant avant l’heure et surtout entre les deux tours des législatives, le projet du gouvernement sur la fameuse TVA sociale. Re-Patatras ! Ses amis le désignent aujourd’hui comme le principal responsable des mauvais scores infligés à la majorité, dimanche. Certains battus ont même la dent très dure pour l’ancien avocat, accusé de diarrhée verbale. 

       Qu’avait-il besoin, selon eux, de fournir des armes aux adversaires en évoquant une réforme soigneusement enfouie dans les cartons, à l’abrides regards indiscrets ? Juppé y a laissé son poste ministériel et peut-être même ses dernières illusions. 

       Bref, pas facile, en politique, de choisir le mot juste au moment opportun. Comme disait un sage : « Un mensonge n’est souvent qu’une vérité qui se trompe de date. » Et vice versa…

 

A.S

 

 

 

BILLET

 

 

  « Complément d’enquête », excellente émission présentée par l’ancien nordiste Benoït Duquesne, était consacrée cette semaine au patrimoine des candidats à l’élection présidentielle. Les journalistes n’avaient pas lésiné sur les moyens pour dénicher la résidence secondaire sous-évaluée par tel candidat (ou candidate), les travaux sous facturés par un promoteur généreux ou le patrimoine dissimulé derrière la façade légale et bio d’exploitant agricole.

    Mais là n’était pas l’essentiel. La constante des reportages reposait sur les témoignages embarrassés des uns et des autres, confrontés au zoom indiscret d’une caméra chargée de pénétrer au fin fond du bas de laine. Et chacun de s’évertuer à minorer son pécule avec des accents de sincérité à faire pleurer dans les chaumières des érémistes les plus endurcis. « Moi je dispose d’une vieille Clio fatiguée et de quelques euros à la Caisse d’Epargne… » - « Et moi, d’un petit studio à tout faire en banlieue… » - « Et moi, d’une vieille baraque héritée de mes pauvres parents… » On se serait cru chez les Don Quichotte, en face du parvis de l’église Saint-Maurice.

    Dans ce hit parade du plus démuni, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jean-Marie le Pen se révélèrent les plus mauvais élèves, comme le fit remarquer le commentaire, puisqu’ils furent tous trois pris en flagrant délit d’assujettissement à l’ISF. Scandale.

    J’avoue ne pas toujours bien comprendre le but de la démonstration dans ces émissions de grand déballage public. En bon électeur moyen, je serais plutôt enclin, au moment de glisser le nom de mon favori dans l’urne, à choisir celui qui me paraît le plus apte à gérer le pays. C'est-à-dire celui qui s’appuie sur un parcours réussi, sur une progression sociale harmonieuse, sur des succès indiscutables. Puisqu’il me faut confier l’argent de ma contribution citoyenne à l’Etat, autant que l’homme qui l’incarne soit capable de le faire fructifier.

    Mais il faut croire que chez les politiques, ces règles élémentaires n’ont pas cours. Il est de bon ton, au contraire, de partager la misère, de s’habiller d’indigence, d’être solidaire dans le dénuement. La France est morose, alors cachons nos joies perverses ! Quitte à diaboliser le sage Confucius qui écrivait : « quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent. »

 

André Soleau

 

 

 

BILLET

 

Jacques Chirac va quitter la scène politique pour entrer de plain-pied dans l’Histoire. La retenue dont fait preuve une majorité de ses ex-adversaires, à l’heure de commenter son départ, démontre au besoin qu’il n’appartient déjà plus au monde des actifs. Issue prévisible mais cruelle pour un homme qui a consacré quarante années de sa vie à lutter pour ses convictions et qui aurait sans doute aimé prolonger son bail à l’Elysée si ses amis ne s’étaient pas volatilisés un à un, ces derniers mois, à la recherche d’une nouvelle locomotive.

Le successeur de Mitterrand a fait le bonheur des humoristes. Son image fut longtemps celle d’un grand benêt, emprunté devant les caméras de télévision, peu cultivé et mal entouré. Les clichés furent sans pitié. La chope à la main, la tête de veau dans l’assiette, on le croquait volontiers béat d’admiration devant le cul des vaches ou celui des sumos. Et l’on ne compte plus ses bourdes abracadabrantesques, de la dissolution de l’assemblée au rejet de la constitution européenne.

Ajoutez à cela une pincée de trahison à l’égard de Giscard, un zeste d’affaires douteuses à la mairie de Paris, un soupçon de dépenses somptuaires au château et quelques aventures galantes ici ou là et tout est dit.

Ce portrait au vitriol se patinera avec le temps. Les traits s’atténueront et certains se risqueront à rappeler sa passion pour les arts premiers, sa lutte sans merci contre le racisme et les partis extrémistes, son engagement pour la grande bataille écologique qui s’annonce, son affection affichée pour les pays en voie de développement et bien entendu son audace pour envoyer paître Bush et sa croisade en Irak.

Plus tard encore, d’autres loueront son courage d’avoir mis l’état français à l’index pour sa responsabilité directe dans la déportation des juifs, en 1940, et même ses compétences en matière de réformes après avoir été le premier à inverser la courbe du chômage.

Où est la vérité ? Elle se situe bien souvent à mi-chemin entre le présent et l’avenir. Elle est « fille du temps ».

 

 André Soleau

 

 

Vente

 

Le livre "La Voix du Nord - La grande braderie" est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur commande, chez l'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris.

(http://www.editions-harmattan.fr)

 

La librairie Au Passe-Temps d'Avesnes-sur-Helpe continue elle aussi à assurer la promotion du livre qui est désormais  en vente à Auchan..

 

Revue de presse

 

Les Echos - jeudi 14 décembre 2006.

Idées

« LA VOIX DU NORD » - LA GRANDE BRADERIE

 

Perte d'identité d'un quotidien

 

Les multiples tractations qui, au fil des OPA, ont abouti à la grande braderie de « La Voix du Nord ».

Ce livre passionnant revient sur les turbulences qui, depuis 1998, ont vu « La Voix du Nord » changer quatre fois de mains. André Soleau, son directeur jusqu'en janvier 2005, quand il préféra quitter son poste car il « ne se reconnaissait plus dans ce qu'on était en train de faire de cette entreprise », y révèle les turpitudes qui ont secoué le quotidien depuis vingt ans. Une première OPA menée en 1988 par trois hommes d'affaires lillois conduit à un rachat de l'entreprise par ses salariés l'année suivante et à la constitution du holding VNI (Voix du Nord Investissement), dont un petit noyau de cadres détient la majorité du capital. Un capital mal verrouillé qui sera, dix ans plus tard, l'objet d'une deuxième OPA de la part d'un actionnaire minoritaire, administrateur, qui, victime d'une vexation, en fera une vraie croisade. La Socpresse fait très vite de cet actionnaire un cheval de Troie pour s'emparer du journal. Yves de Chaisemartin, devenu PDG du groupe Hersant, utilise le paravent du groupe belge Rossel - où la Socpresse détient alors 40 % du capital - pour devenir en 1998 l'actionnaire de référence de VNI. La Socpresse, qui sort du bois en 2000, est ensuite rachetée par Serge Dassault, qui reste un an propriétaire de « La Voix du Nord ». Avant de revendre le groupe à... Rossel. Retour à la case départ. Mais jusqu'à quand ?, s'interroge André Soleau. On apprend ainsi, au détour des pages, que Michel Nozières, l'actuel président du journal et du groupe, et Yves de Chaisemartin, n'auraient pas renoncé à récupérer les morceaux de l'empire Socpresse. « L'avenir dira si cette hypothèse ne se vérifie pas un jour », confie aux « Echos » l'auteur du livre.

 

Un homme déçu

 

Par cet ouvrage, il a voulu relater « comment on est arrivé à la perte d'indépendance du journal, de son âme et de son identité ». Personne n'est épargné : ni les ex-dirigeants, ni les actuels, ni les syndicats, incapables de « se remettre en question ». Il raconte les tractations menées ces dernières années par des hommes « plus avides de pouvoir que de bien pour le journal ».

Ce livre est aussi l'histoire d'un homme, déçu et blessé par la trahison de certains de ses collaborateurs, mais également celle d'une belle ascension sociale. Entré en 1972 comme employé pour vendre des encarts de publicité pour la locale d'Avesnes-sur-Helpe, André Soleau se retrouve, trente ans plus tard, en 1995, directeur du journal. Entre temps, il a été localier, journaliste sportif, chef du service des sports et rédacteur en chef. Son seul regret aujourd'hui est d'avoir contribué avec les autres dirigeants à laisser fuir la mémoire du journal au cours des quatre clauses de cession qui ont vu partir 170 journalistes. De même déplore-t-il que le conseil de surveillance et le directoire, dont il faisait partie, « n'aient pas réagi plus fermement face à l'OPA de 1998 », dont découle la situation actuelle : « une grande braderie ».

 

NICOLE BUYSE

 

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Site du club de la presse - 15 décembre 2006

 

André Soleau raconte « la grande braderie » de « La Voix du Nord »

 

A l’occasion de l’ouverture à Lille d’une librairie par l’éditeur L’Harmattan (35, rue Basse), André Soleau y dédicacera mercredi 20 décembre (de 17h à 21h) son livre « La Voix du Nord. La grande braderie », paru au début du mois chez ce même éditeur. André Soleau raconte notamment son parcours au sein du quotidien régional, qui l’a amené du poste d’employé à la publicité dans le secteur de Fourmies à celui de journaliste sportif en 1980, pour devenir ensuite rédacteur en chef de La Voix des Sports, puis de La Voix du Nord, avant d’accéder à la haute direction du journal : directeur général adjoint, directeur général et enfin directeur général du groupe, en 2004. Une fonction éphémère puisqu’André Soleau démissionnait, après négociation, peu de temps après la prise de pouvoir de Serge Dassault dans le groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), auquel appartenait alors La Voix du Nord. C’est d’ailleurs une « perte d’indépendance », conséquence de quatre rachats successifs, qu’André Soleau explique vouloir dénoncer dans son ouvrage.

Les propos de l’ancien directeur général du groupe devraient faire grincer quelques dents. Outre les violents emportements de Jean-Louis Prévost, il présente aussi sa version des relations entre la direction du journal et les syndicats, souvent acide pour ces derniers. Il n’est pas tendre non plus envers certains anciens collègues, toujours hauts cadres en poste. Ni sur le cas de Nord Eclair, dont il estime que la survie s’est faite au détriment de moyens financiers propres à La Voix du Nord.

 

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Les Gaillards d'avant - janvier 2007

 

Ancien DG de La Voix,

André Soleau dit sa vérité

  

Depuis décembre « La Voix du Nord : la grande braderie » est le livre de chevet des milieux qui, dans notre région, touchent à la presse… En effet, il est plutôt rare de découvrir la vie d’un journal et de ses acteurs sous la plume de celui qui en fut le patron ! C’est pourtant l’exercice d’André Soleau dans un témoignage qui a le mérite de la rareté. Il avait prévenu : ce livre il y tenait ; aussi l’a-t-il écrit quelques mois seulement après avoir tiré le rideau sur ce qui fut toute sa vie.

Jeunesse passée à Avesnes-sur-Helpe, arrivée (1972) au quotidien comme employé sur route à la pub… lui qui rêvait de journalisme sportif, un but qu’il atteindra huit ans plus tard, à Maubeuge puis à Lille où l’ascenseur social le hissera jusqu’au 5e étage de la Grand’ Place ! Sont donc contées les étapes de cet itinéraire personnel qui se confond avec l’histoire des trente dernières années de l’entreprise. Les anciens retrouveront au fil des chapitres les événements de leur carrière, racontés par André Soleau qui, bien sur, dit sa vérité sur les choses et les hommes qui firent La Voix. Y compris sur ses dirigeants et la plume - parfois scalpel – brosse les portraits sans concession de ceux dont dépendait le destin de l’ex- 3equotidien de France ! Joli gâchis quand on observe ce qu’il advint finalement du fleuron… C’est ce qu’aborde le dernier tiers du livre, les plus douloureuses pages pour l’auteur (qui fera même un grave accident de santé) et pour tous les « Voix du Nord », révoltés que leur journal soit terrassé… sur « tapis vert » seulement par les intrigues financières et les stratégies personnelles.

Reste à André Soleau à confirmer, à 57 ans, cette carrière naissante d’écrivain. Le style est là.

 

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