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Adieu Etienne

 

Nous devions déjeuner ensemble le 17 août prochain pour évoquer le futur de notre collaboration et les nouvelles orientations de  notre blog.

 Il débordait d’enthousiasme et d’ambition, évoquait ses projets avec l’excitation d’un jeune reporter. Etienne Desfontaines nous a quittés dans la chaleur d’un mois de juillet incandescent, un peu à son image.

C’était un être délicieux,  toujours à l’écoute des autres, quelqu’un de bienveillant au  sens le plus noble du terme, peu doué pour les polémiques qui peuplent aujourd’hui les réseaux sociaux mais, à l’inverse, curieux de tout, cultivé et profondément attaché à cette région des Hauts-de-France qu’il chérissait.

C’était aussi un correspondant de presse rigoureux même si l’écriture n’aura  été qu’une parenthèse passionnelle dans une carrière professionnelle bien remplie. Il savait trouver le mot juste parce qu’il possédait le vocabulaire de l’âme.

C’était surtout un ami sûr avec lequel une complicité naturelle s’instaurait de manière spontanée. On savait qu’il serait toujours à nos côtés dans les moments les plus compliqués. Sauf aujourd’hui où son absence est terriblement cruelle.

A.S

 

L'opération Dynamo

du  français Jean Vayssouze

 

 

 

Ce sont des histoires perdues. Parce que le temps passe. Parce que la surface de la vie les recouvre d'une pellicule opaque. Et soudain, un évènement surgit. Qui ramène tout, au coeur de la conscience.

 

Christopher Nolan et ses stars accumulent les Unes des medias en ce moment. On évoque l'opération "Dynamo"'. On la raconte à grands coups de plans medias, de vedettes américaines dans les rues de Malo-les-Bains, de montages de figurants et de files interminables de personnages en tissus sur une plage interdite en février à ses promeneurs habituels. Les décors sont impressionnants.. Un avion d'époque passe et repasse dans le ciel. On filme une masse de personnages en uniformes des années 40 soit-disant paniqués, sur une jetée où les estivants vont promener leur chien.

 

Mais tout cela n'a rien à a voir avec la réalité. C'est un film à grand spectacle. Ce n'est qu'un grand "Barnum"  Une machine à faire de l'argent, comme le film de Dany Boon à Bergues. La municipalité de Dunkerque ne s'en cache pas d'ailleurs, qui veut surfer sur le film de Christopher Nolan  pour attirer un maximum de touristes. Et il n'en restera rien, cinq ans, dix ans plus tard. Parce qu'on ne travestit pas la réalité. Parce qu'on ne se sert pas de l'histoire pour créer une émotion, fugace et mercantile.

 

La réalité, moi, je l'ai entendue d'un homme qui  n'avait pas vingt ans au moment des évènements. Il s'appelait Jean Vayssouze. Il avait abouti, allez savoir pourquoi, dans l'industrie du médicament. Il visitait les pharmaciens des hôpitaux du Nord Pas-de-Calais. Je lui ai succédé dans les années 1980. Et il m'a raconté ce qu'il a vécu entre Grande-Synthe et Zuydcoote. L'arrière pays de Dunkerque, il le connaissait sur le bout des doigts. Teteghem : anéantie ! Coudekerque-Branche : des rues jonchées de débris, Leffrinckoucke et Capelle-la-Grande, réduites à néant ! Les maisons abattues, les rues  encombrées de cadavres, les bombardements et l'arrivée des allemands de l'autre côté du canal.... Il m'a tout raconté. Entre deux pharmacies d'hôpitaux.

 

C'est dans cet univers  qu'il a survécu. Sans savoir pourquoi. C'est dans cet enfer qu'il est tombé.Sans savoir ce qui lui arrivait. Et c'est ici, à l'arrière des plages, qu'on lui a ordonné, lui, le français, de tenir bon et de repousser le plus longtemps possible les allemands, pendant que les anglais se mettaient en ligne et montaient dans les bateaux.

 

Jean Vayssouze n'est jamais monté dans un bateau ! Il a été fait prisonnier. On l'a emmené à pied, jusqu'en Allemagne de l'Est. Et il n'est rentré en France, qu'à la toute fin de la guerre. C'était un ami. C'est à lui que je pense, au moment de la sortie du film de Christopher Nolan.

 

Etienne Desfontaines

 

"Gain de folie"

sélectionné

 

 

Communiqué de l'Adan (Association des auteurs du Nord) (Hauts de France)
 
Le comité de lecture chargé de la présélection des cinq nominés pour le Prix ADAN 2017  s'est prononcé.
55 ouvrages présentés, 5 nominés, 50 déçus, mais aucun de ces derniers n'a démérité car il faut du courage pour participer.
Donc, sept mois ont été nécessaires à notre comité de lecture pour lire, relire, hésiter, se concerter et enfin trancher, parfois dans la douleur tant est immense le talent de nos auteurs des Hauts-de-France.
Le principal enseignement que nous tirerons de cette première expérience est que notre territoire est un impressionnant vivier d'écrivains.
Nous remercions tous les auteurs qui ont participé à cette première édition du Prix littéraire de l'ADAN et leur souhaitons de continuer d'assouvir leur passion de l'écriture avec toujours autant de bonheur.
 
Les cinq nominés sont :
- Francis ESSIQUE, avec "Le numéro que vous demandez", chez Ravet-Anceau
- Pierre ZYLAWSKI, avec "J'ai dix ans, mais...", chez Le Riffle
- André SOLEAU, avec Gain de folie, chez Les Lumières de Lille
- Philippe DELANGHE, avec "Le sommeil des nymphes", chez Ravet-Anceau
- Lucien SUEL, avec "Angèle ou le syndrome de wassingue", chez Cours-toujours
 
Le jury souverain qui, à partir de ces cinq nominés, attribuera le Prix du roman de l'ADAN 2017 sera composé d'une sélection de libraires de la région des Hauts-de-France, adhérents de l'association Libr'Aire.
 Le verdict ne sera connu que le 18 novembre à 20 heures, lors de la remise des prix dans une salle lilloise.
 
Pour qu'un Prix littéraire soit crédible, il importe avant tout que le jugement apporté en toute impartialité ne repose que sur les valeurs de l'écriture et de l'intérêt du récit, en l'absence de tout préjugé né de la notoriété de l'auteur. Bien sûr, on ne peut nier la subjectivité attachée à tout jugement humain, mais soyez assurés que les membres du comité de lecture n'auront cédé à aucune pression. Sachez aussi que durant les sept mois consacrés à leurs lectures, ils n'ont pu se livrer à leur occupation préférée, l'écriture ! 
 
Jean-François Zimmermann
Président de l'ADAN, association des auteurs des Hauts-de-France

http://adan5962.e-monsite.com/
Membre de l'AEB, association des écrivains bretons
http://www.jfzimmermann.com
N° téléphone : 03 20 14 04 84
 
Garanti sans virus. www.avast.com

Le trottoir d'à côté

 

 

 

C'est une humeur. Un sentiment qu'on perçoit au coeur de Lille, comme dans toutes les cités de France. "Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..."  La chanson d'Alain Souchon date des années 70. Il y allait de sa voix douce : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." Les évènements de 68 étaient passés par là. Les trente glorieuses battaient pourtant leur plein. L'inflation caracolait. Le moindre investissement prenait dix points en trois jours. Et Valery Giscard d'Estaing soutenait Simone Veil, qui défendait sa loi contre l'avortement. On venait de mettre fin à la guerre du Viêt Nam. La vie était belle. Mais la France s'ennuyait...

 

La rengaine de Souchon est toujours de mise. Nous venons de vivre une épopée électorale. Annonces de candidatures, primaires de droite, primaires écologistes et primaires de gauche, premier tour et second tour de l'élection présidentielle. Nous avons fait table rase du personnel politique. Mais le 7 mai a sonné le glas de notre investissement dans la vie publique. Les législatives ont connu une abstention record. Jusqu'à plus de la moitié des inscrits au second tour. Comme si tout cela n'avait plus d'intérêt.

 

Le nouveau locataire a pris les clefs de l'Elysée ? Parfait. Rendez-vous dans cinq ans ! Nous, nous attendons fin juin, les vacances et la rentrée. Chacun est retourné chez soi. Le désistement et la résignation sont perceptibles. Dans la rue, dans les dîners en ville, dans les entreprises et les fêtes d'écoles. Dans la tête des bacheliers en peine de choisir leur orientation. Dans le porte-monnaie des retraités qui va subir l'augmentation de la CSG sans la moindre récupération.

 

"Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..." Ils sont 341 élus macronistes à l'Assemblée nationale. Le savent-ils vraiment ? La moitié de la France leur a dit : "débrouillez-vous !" Et l'autre moitié n'en a rien à faire. Ils ont mené une campagne tambour battant, sans rien connaître pour beaucoup de la vie politique. Sans avoir affronté la révolte des quartiers, sans avoir appris à travailler l'humain au corps à corps, maison par maison, appartement par appartement, dans l'intimité d'une permanence et dans la gestion, par exemple,  des subventions municipales aux associations !

 

Les français le savent. Ils voient bien cette jeunesse qui afflue au Palais Bourbon. Ils se sont visiblement défaussés, pour ne pas tomber dans l'ornière de extrêmes. Mais le président peut bien faire le beau, jouer du tennis en bord de Seine pour vendre les JO de 2024 à Paris,  ils n'y croient pas vraiment ! Et ils ont la rengaine d'Alain Souchon dans la tête : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." La rentrée 2017 ne sera pas chaude. Elle sera éteinte.

 

Etienne Desfontaines

 

 

 

Publié par SOLEAU

 

 

    

Votre premier roman...a donné lieu à un voyage et une intrigue sur la route du Temps autant que sur les traces de l'Avesnois qui fut, qui est. Vous nous avez permis de revoir et d'imaginer des portraits "vivants", d'envisager la satire sociale. Vous êtes le Swift de l'Avesnois, plus réjouissant que Zola, dans lequel s'est introduit Guy des Cars. Vous êtes surtout André Soleau, comptable d'une parfaite combinaison entre deux chapitres où s'imbriquent dans le jeu maitrisé de l'écriture, la loyauté, la franchise, la subtilité, le zèle, pour mieux asseoir et imposer la sentence. Contraste et rebondissement pour cette œuvre que l'on souhaiterait qu'elle se poursuive...
Avant de conclure, je ne puis m'empêcher de penser au bas de la ville, à la vallée des pauvres issus de la motte féodale entourée d'eau. Elle avait pourtant prospéré avec les usines alentours et les Trente Glorieuses, mais aujourd'hui ? 
Que d'espoir à travers cette belle et captivante transmission

C.J

Ce livre a été écrit pour moi. N’est-ce point ce que ressent tout lecteur qui se sent en harmonie avec l’auteur ? La plume est efficace. Un style direct, dépouillé, qui épouse parfaitement les méandres noirs et tortueux de l’histoire. L'auteur maîtrise la tenue en haleine qui contraint le lecteur – pour son plaisir – a toujours pousser plus avant sa lecture. Il est en quelque sorte pris en otage ! Ce thème du gagnant de loterie dont la subite fortune bouleverse la vie et celle de ses proches est rebattu. Il était donc risqué de s’hasarder à en faire usage. Il fallait renouveler  le genre, surprendre le lecteur. Pari tenu !

 JF Z

     

, Palpitant, bien écrit et surtout « bien vu», cette analyse éclairée de la société en filigrane...

M.T.

Quel régal ! 

Passionnant roman à tiroirs, fleurant bon le terroir nordiste. Pléiade de personnages reflétant la nature humaine avec leurs défauts, leurs faiblesses et leurs qualités (surtout les humbles).

On déroule le feuilleton devant soi où les personnages ont un visage dont on devient le metteur en scène malgré soi, avec ses rebondissements surprenants et un beau message d'espoir. Ce livre délivre beaucoup sur son auteur. On devine l'esprit libertaire, ce qui est très plaisant.

C.B

Ton livre est un pur régal, parfaitement maîtrisé, remarquablement écrit. La description des personnages, du pur Simenon, autant que la peinture sociale sont aussi réjouissantes qu'impitoyables. C'est un livre bien au-dessus de ce que j'ai pu lire récemment.

L.W

j’ai passé un excellent dimanche après-midi en... Avesnois !  Avec votre ouvrage

 

  • Une galerie de personnages : les clients de Chez Paulo (René, Juilette, Ahmed, Albert, Jacques, Jean-Claude), et puis les "gens de la haute" (Delavigne, Charles Legrand et son fils)

 

  • La leçon de journalisme et de management :

 

P 117 : "Notre métier consiste d'abord à tendre l'oreille. On parle toujours de la crampe de l'écrivain, qui affecte les muscles du poignet et des doigts, jamais du torticolis du journaliste".

J’aime !

P 125-126 : "Un chef d'agence est tenu de faire preuve de pédagogie, par un subtil dosage entre la nonchalance fatiguée des anciens, qui ont tout vu tout connu dans ce métier, et la  légitime impatience de la nouvelle génération, qui répugne à briser ses convictions au nom d'une torpeur que l'on nomme commodément expérience."

            J’aime !

  •  Le mécanisme de l'intrigue. Rien à voir avec les films de Bruno Dumont. On est plus près du "polar", avec les deux parties : la montée en puissance jusqu'au billet de Loto qui est jeté au feu, et l'enquête des journalistes qui dévoile les ressorts du destin de Jean Baudson. On pourrait en faire une série télévisée en deux ou quatre parties : je suis sûr que les téléspectateurs seraient tenus en haleine !

 

  • Ce n'est pas une description, c'est une plongée dans la réalité d'Avesnes et de l'Avesnois. Le "haut", la place du Général Leclerc, et le "bas" , les quartiers qui serrent la route de Sains qui file vers Glageon et Fourmies.

 

  • L'humanité. La profondeur.

P 161, extrait de la lettre de Jean Delavigne, alias Alain Vigneron : "je suis un assemblage de contradictions qui se mettent en mouvement selon l'humeur du matin..."

 

                                                                                                                                                     E.D

le décor est planté, un décor qui m’est familier, même le « tchouk tchouk », et bien si, il a vendu des tapis : mon père lui en a acheté un, sans doute pour lui faire plaisir !.

Le fond me plait beaucoup, le style est accrocheur, le hic, une profusion de virgules et la question « où les mettre ? »

Je sens que je vais aimer.

                                                                                                                                                              C.L

J'ai lu ton roman d'une seule traite, c'est bon signe non ? J'ai passé un bon moment et retrouvé beaucoup de toi derrière le personnage, dans son attachement à son terroir, ses amitiés, ses passions, son désir d'élévation, son analyse aigüe de la société, son regard fataliste sur les rapports humains, et j'ai salivé sur les dérives de la presse écrite, tu dois t'en douter. Et n'ai pu m'empêcher de me laisser aller à certains rapprochements avec les repreneurs belges.

 Chapeau pour cette intrigue surprenante.

 B.L

La première partie, c'est André Soleau qui a connu ces gens, ces hommes et femmes du terroir, de l' Avesnois.

Une description assez poignante de ce qui s'est passé, de la vie de ces gens, des difficultés des entreprises.

Je l'ai lue en me sentant concerné; l'histoire se noue mais elle n'est pas au centre du premier chapitre.

La deuxième partie est dure, est-elle le symbole de ce que tu souhaiterais pour l'avesnois, une renaissance à travers des gênes qui doivent exister; je ressens cela un peu comme une symbolique, dure, limite avec le possible mais pourquoi pas.

La question que je me pose mais elle rejoint ce que je viens de dire, est-il possible qu'un être humain puisse se régénérer de telle façon.

La question que tu soulèves de l'enfant, fils illégitime poussé par son probable père, est assez poignante.

C'est un bon bouquin, presqu'au deuxième degré.

C'est bien écrit, facile à lire, si tu me permets.

Poignant.

 Ph. W

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CJ 08/01/2017 20:47

Votre premier roman...a donné lieu à un voyage et une intrigue sur la route du Temps autant que sur les traces de l'Avesnois qui fut, qui est. Vous nous avez permis de revoir et d'imaginer des portraits "vivants", d'envisager la satire sociale. Vous êtes le Swift de l'Avesnois, plus réjouissant que Zola, dans lequel s'est introduit Guy des Cars. Vous êtes surtout André Soleau, comptable d'une parfaite combinaison entre deux chapitres où s'imbriquent dans le jeu maitrisé de l'écriture, la loyauté, la franchise, la subtilité, le zèle, pour mieux asseoir et imposer la sentence. Contraste et rebondissement pour cette œuvre que l'on souhaiterait qu'elle se poursuive...
Avant de conclure, je ne puis m'empêcher de penser au bas de la ville, à la vallée des pauvres issus de la motte féodale entourée d'eau. Elle avait pourtant prospérée avec les usines alentours et les Trente Glorieuses, mais aujourd'hui ?
Que d'espoir à travers cette belle et captivante transmission !