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Mieux vaut tard…

Au mois de mai 2006, en visite à New York, j’avais été frappé par une plaque commémorant la visite de Pierre Laval à Broadway, plaque scellée sur la célèbre avenue Manhattan. D’autant plus choquant qu’elle voisinait avec celles de Ben Gourion, le fondateur d’Israël, de Churchill et de De  Gaulle.

Laval, jeune président du Conseil de la Troisième République à cette époque, avait été élu homme de l’année en 1931 par le magazine Times. Rappelons qu’il fut fusillé à la Libération, pour haute trahison, après avoir été l’une des pièces majeures du régime de Vichy, avec Pétain, et l’artisan de la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Difficile de comprendre qu’un hommage aussi prestigieux soit rendu encore de nos jours  à un tel individu, même si l’on peut penser que le New Yorkais est plus habitué à regarder les gratte-ciel que les trottoirs.

J’avais donc écrit au New York Times, à l'AFP ainsi qu’à l’ambassade d’Israël pour m’étonner de cette incohérence scandaleuse.

Lettre restée sans réponse.

Les événements de Charlottesville, en Virginie, ont fait ressurgir les démons du passé à savoir le racisme, la haine et la violence. Elles ont aussi contribué à réveiller les consciences puisque le maire de New York, n’ayant pas de statues d’esclavagistes à déboulonner et songeant à sa réélection, face à une forte communauté juive, a décidé d’enlever la plaque de Laval.

Au passage, il supprimera également celle de Philippe Pétain laquelle datait également de 1931 et rendait hommage au héros de Verdun.

Donald Trump, sans le vouloir, a ainsi réparé  un outrage infligé à l’Histoire.

(Voir ci-dessous, le courrier en question).

A.S

 

 
 
Dear sir,
 
          While visiting my son in New York this week, I was stunned and annoyed to see the name of Pierre Laval glorified on Broadway street . Laval was a prominent figure of the Vichy government in France during WWII, in charge of the anti-Jewish activities during the German occupation. He created the Vichy Milice, the wartime secret police and was acting as the main armed force for the Gestapo. He was executed in 1945.
            His name though, figures today on a commemorative inscription on the Broadway pavement near Wall Street NY, (probably celebrating  his visit in 1931?), about 20 yards away from other commemorative inscriptions including Jesse Owens the man who dared defying Hitler during the Olymplics in 1936. David Ben Gourion’s plaque is some 30 yards away and so are veterans of the US Navy, Churchill, Eisenhower or De Gaulle.
I must admit, putting my foot and then glancing at this dreadful name disturbed me, as it probably disturbs thousands of visitors everyday. How could the country of  Freedom and melting pot, how could the most cosmopolite City in the world praise a former war criminal. I’d like to know the reason.
 
Looking forward to your response,
 
Sincerly yours
 
Andre Soleau
 
 

Une affiche insolite

Cette fois, c’est fait ! Le Brésilien Neymar sera bien la prochaine recrue du Paris-Saint-Germain puisque les 220 millions de la clause libératoire exigée, par Barcelone, pour son transfert, seront acquittés. Ajoutons à cela les 30 millions d’euros nets annuels pour le salaire de la star, les primes versées au père et au joueur et l’on atteint des sommes astronomiques. On évoque un montant total de 700 millions d’euros pour les cinq années de contrat.

Hasard du calendrier, le premier match de championnat du PSG, programmé ce samedi 5 août au Parc-des-Princes, opposera  l’ogre qatari au petit poucet et nouveau promu, Amiens, qui évoluait encore en National lors de la saison 2014-2015.

Autant dire que l’on ne joue pas dans la même cour entre les deux adversaires. Le budget total du club picard, s’élève à…22 millions d’euros ! Les dirigeants pourraient à peine s’acheter quelques orteils de la star brésilienne. Ils viennent par ailleurs de lancer une campagne de financement participatif, auprès de leurs supporters, pour acheter une tribune provisoire de 1500 places, d’une valeur d’environ 100.000 euros sur le marché de l’occasion. Ils ont pour l’instant réuni moins de 10% de l’objectif affiché.

C’est le charme et la glorieuse incertitude du sport, diront les plus optimistes. A Paris on flambe, en Province on compte ses sous. Un constat que l’on pourrait parfois  dresser ailleurs que sur les terrains de foot, non ?

A.S

Adieu Etienne

 

Nous devions déjeuner ensemble le 17 août prochain pour évoquer le futur de notre collaboration et les nouvelles orientations de  notre blog.

 Il débordait d’enthousiasme et d’ambition, évoquait ses projets avec l’excitation d’un jeune reporter. Etienne Desfontaines nous a quittés dans la chaleur d’un mois de juillet incandescent, un peu à son image.

C’était un être délicieux,  toujours à l’écoute des autres, quelqu’un de bienveillant au  sens le plus noble du terme, peu doué pour les polémiques qui peuplent aujourd’hui les réseaux sociaux mais, à l’inverse, curieux de tout, cultivé et profondément attaché à cette région des Hauts-de-France qu’il chérissait.

C’était aussi un correspondant de presse rigoureux même si l’écriture n’aura  été qu’une parenthèse passionnelle dans une carrière professionnelle bien remplie. Il savait trouver le mot juste parce qu’il possédait le vocabulaire de l’âme.

C’était surtout un ami sûr avec lequel une complicité naturelle s’instaurait de manière spontanée. On savait qu’il serait toujours à nos côtés dans les moments les plus compliqués. Sauf aujourd’hui où son absence est terriblement cruelle.

A.S

 

L'opération Dynamo

du  français Jean Vayssouze

 

 

 

Ce sont des histoires perdues. Parce que le temps passe. Parce que la surface de la vie les recouvre d'une pellicule opaque. Et soudain, un évènement surgit. Qui ramène tout, au coeur de la conscience.

 

Christopher Nolan et ses stars accumulent les Unes des medias en ce moment. On évoque l'opération "Dynamo"'. On la raconte à grands coups de plans medias, de vedettes américaines dans les rues de Malo-les-Bains, de montages de figurants et de files interminables de personnages en tissus sur une plage interdite en février à ses promeneurs habituels. Les décors sont impressionnants.. Un avion d'époque passe et repasse dans le ciel. On filme une masse de personnages en uniformes des années 40 soit-disant paniqués, sur une jetée où les estivants vont promener leur chien.

 

Mais tout cela n'a rien à a voir avec la réalité. C'est un film à grand spectacle. Ce n'est qu'un grand "Barnum"  Une machine à faire de l'argent, comme le film de Dany Boon à Bergues. La municipalité de Dunkerque ne s'en cache pas d'ailleurs, qui veut surfer sur le film de Christopher Nolan  pour attirer un maximum de touristes. Et il n'en restera rien, cinq ans, dix ans plus tard. Parce qu'on ne travestit pas la réalité. Parce qu'on ne se sert pas de l'histoire pour créer une émotion, fugace et mercantile.

 

La réalité, moi, je l'ai entendue d'un homme qui  n'avait pas vingt ans au moment des évènements. Il s'appelait Jean Vayssouze. Il avait abouti, allez savoir pourquoi, dans l'industrie du médicament. Il visitait les pharmaciens des hôpitaux du Nord Pas-de-Calais. Je lui ai succédé dans les années 1980. Et il m'a raconté ce qu'il a vécu entre Grande-Synthe et Zuydcoote. L'arrière pays de Dunkerque, il le connaissait sur le bout des doigts. Teteghem : anéantie ! Coudekerque-Branche : des rues jonchées de débris, Leffrinckoucke et Capelle-la-Grande, réduites à néant ! Les maisons abattues, les rues  encombrées de cadavres, les bombardements et l'arrivée des allemands de l'autre côté du canal.... Il m'a tout raconté. Entre deux pharmacies d'hôpitaux.

 

C'est dans cet univers  qu'il a survécu. Sans savoir pourquoi. C'est dans cet enfer qu'il est tombé.Sans savoir ce qui lui arrivait. Et c'est ici, à l'arrière des plages, qu'on lui a ordonné, lui, le français, de tenir bon et de repousser le plus longtemps possible les allemands, pendant que les anglais se mettaient en ligne et montaient dans les bateaux.

 

Jean Vayssouze n'est jamais monté dans un bateau ! Il a été fait prisonnier. On l'a emmené à pied, jusqu'en Allemagne de l'Est. Et il n'est rentré en France, qu'à la toute fin de la guerre. C'était un ami. C'est à lui que je pense, au moment de la sortie du film de Christopher Nolan.

 

Etienne Desfontaines

 

"Gain de folie"

sélectionné

 

 

Communiqué de l'Adan (Association des auteurs du Nord) (Hauts de France)
 
Le comité de lecture chargé de la présélection des cinq nominés pour le Prix ADAN 2017  s'est prononcé.
55 ouvrages présentés, 5 nominés, 50 déçus, mais aucun de ces derniers n'a démérité car il faut du courage pour participer.
Donc, sept mois ont été nécessaires à notre comité de lecture pour lire, relire, hésiter, se concerter et enfin trancher, parfois dans la douleur tant est immense le talent de nos auteurs des Hauts-de-France.
Le principal enseignement que nous tirerons de cette première expérience est que notre territoire est un impressionnant vivier d'écrivains.
Nous remercions tous les auteurs qui ont participé à cette première édition du Prix littéraire de l'ADAN et leur souhaitons de continuer d'assouvir leur passion de l'écriture avec toujours autant de bonheur.
 
Les cinq nominés sont :
- Francis ESSIQUE, avec "Le numéro que vous demandez", chez Ravet-Anceau
- Pierre ZYLAWSKI, avec "J'ai dix ans, mais...", chez Le Riffle
- André SOLEAU, avec Gain de folie, chez Les Lumières de Lille
- Philippe DELANGHE, avec "Le sommeil des nymphes", chez Ravet-Anceau
- Lucien SUEL, avec "Angèle ou le syndrome de wassingue", chez Cours-toujours
 
Le jury souverain qui, à partir de ces cinq nominés, attribuera le Prix du roman de l'ADAN 2017 sera composé d'une sélection de libraires de la région des Hauts-de-France, adhérents de l'association Libr'Aire.
 Le verdict ne sera connu que le 18 novembre à 20 heures, lors de la remise des prix dans une salle lilloise.
 
Pour qu'un Prix littéraire soit crédible, il importe avant tout que le jugement apporté en toute impartialité ne repose que sur les valeurs de l'écriture et de l'intérêt du récit, en l'absence de tout préjugé né de la notoriété de l'auteur. Bien sûr, on ne peut nier la subjectivité attachée à tout jugement humain, mais soyez assurés que les membres du comité de lecture n'auront cédé à aucune pression. Sachez aussi que durant les sept mois consacrés à leurs lectures, ils n'ont pu se livrer à leur occupation préférée, l'écriture ! 
 
Jean-François Zimmermann
Président de l'ADAN, association des auteurs des Hauts-de-France

http://adan5962.e-monsite.com/
Membre de l'AEB, association des écrivains bretons
http://www.jfzimmermann.com
N° téléphone : 03 20 14 04 84
 
Garanti sans virus. www.avast.com

Le trottoir d'à côté

 

 

 

C'est une humeur. Un sentiment qu'on perçoit au coeur de Lille, comme dans toutes les cités de France. "Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..."  La chanson d'Alain Souchon date des années 70. Il y allait de sa voix douce : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." Les évènements de 68 étaient passés par là. Les trente glorieuses battaient pourtant leur plein. L'inflation caracolait. Le moindre investissement prenait dix points en trois jours. Et Valery Giscard d'Estaing soutenait Simone Veil, qui défendait sa loi contre l'avortement. On venait de mettre fin à la guerre du Viêt Nam. La vie était belle. Mais la France s'ennuyait...

 

La rengaine de Souchon est toujours de mise. Nous venons de vivre une épopée électorale. Annonces de candidatures, primaires de droite, primaires écologistes et primaires de gauche, premier tour et second tour de l'élection présidentielle. Nous avons fait table rase du personnel politique. Mais le 7 mai a sonné le glas de notre investissement dans la vie publique. Les législatives ont connu une abstention record. Jusqu'à plus de la moitié des inscrits au second tour. Comme si tout cela n'avait plus d'intérêt.

 

Le nouveau locataire a pris les clefs de l'Elysée ? Parfait. Rendez-vous dans cinq ans ! Nous, nous attendons fin juin, les vacances et la rentrée. Chacun est retourné chez soi. Le désistement et la résignation sont perceptibles. Dans la rue, dans les dîners en ville, dans les entreprises et les fêtes d'écoles. Dans la tête des bacheliers en peine de choisir leur orientation. Dans le porte-monnaie des retraités qui va subir l'augmentation de la CSG sans la moindre récupération.

 

"Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..." Ils sont 341 élus macronistes à l'Assemblée nationale. Le savent-ils vraiment ? La moitié de la France leur a dit : "débrouillez-vous !" Et l'autre moitié n'en a rien à faire. Ils ont mené une campagne tambour battant, sans rien connaître pour beaucoup de la vie politique. Sans avoir affronté la révolte des quartiers, sans avoir appris à travailler l'humain au corps à corps, maison par maison, appartement par appartement, dans l'intimité d'une permanence et dans la gestion, par exemple,  des subventions municipales aux associations !

 

Les français le savent. Ils voient bien cette jeunesse qui afflue au Palais Bourbon. Ils se sont visiblement défaussés, pour ne pas tomber dans l'ornière de extrêmes. Mais le président peut bien faire le beau, jouer du tennis en bord de Seine pour vendre les JO de 2024 à Paris,  ils n'y croient pas vraiment ! Et ils ont la rengaine d'Alain Souchon dans la tête : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." La rentrée 2017 ne sera pas chaude. Elle sera éteinte.

 

Etienne Desfontaines

 

 

 

Publié par SOLEAU

Un plan social d’ampleur à La Voix du Nord, les journaux de l’Est à vendre, la Provence et Nice Matin pris dans le tourbillon Tapie, Marianne en cessation de paiement…La presse écrite, notamment régionale, souffre économiquement et son avenir se dessine en pointillé, si tant est qu’il y ait encore un avenir. Comment a-t-on pu en arriver là en un peu plus d’une dizaine d’années ? La faute à Internet répond l’écho. Les jeunes ne lisent plus, le papier est ringard, l’écran exige des articles de plus en plus courts, la génération Twitter n’a pas de temps à consacrer aux débats d’idées. Aujourd’hui, on consomme du fastfood, on court au boulot, jusqu’au burn out, on surfe, on zappe, on jette…

Tout cela est en partie vrai. En partie. Mais s’exonérer des responsabilités au prétexte que le progrès technologique a cassé tous les codes, que nous sommes passés en un éclair de l’ère du plomb au tout numérique, dans un tsunami qui a noyé les repères et emporté les fondations, c’est emprunter un raccourci un peu trop commode. Les innovations tuent surtout  l’immobilisme et balaient les certitudes. Or, le propre d’une gestion éclairée est d’anticiper. La presse, comme la VPC par  exemple, avait tous les atouts en main pour mener une mutation harmonieuse et préserver son territoire avant l’arrivée des mastodontes que sont Google  et consorts. Elle n’a pas su anticiper. D’autres ont pris la place.

Une responsabilité  historique

Les dirigeants de la génération précédente – dont j’ai fait partie - ont  nourri leur compte d’exploitation aux deux mamelles plantureuses de la vente des journaux et de la publicité. Les diverses tentatives pour exploiter une troisième source de revenus se sont soldées par autant d’échecs. Ils disposaient pourtant d’un maillage extraordinaire grâce aux milliers de diffuseurs essaimés sur leur territoire, aux milliers de vendeurs-colporteurs qui portaient le quotidien à domicile. La volonté de développer les services de proximité à partir d’une base de données parfaitement renseignée aurait pu être le moteur du changement. Il n’en a rien été. La faute à un fichier clients trop longtemps inexistant, le réseau des vendeurs et des diffuseurs refusant un temps de livrer leurs données, gages de leur indépendance vis-à-vis du titre.

Difficile aussi d’accepter une remise en cause des fondamentaux et des sempiternels acquis lorsque l’argent continue de rentrer dans les caisses. Le virage internet a été très mal négocié, notamment via la fronde de quelques organisations syndicales de journalistes, arc-boutées sur une défense des droits d’auteur beaucoup trop rigide, dans un monde de la communication en pleine révolution. Même constat chez les rotativistes, assis sur une montagne de privilèges baptisés « acquis et usages » et qui ont refusé obstinément tout accommodement qui aurait pu faire baisser les coûts de production.

Du coup, nos dirigeants avisés, très soucieux de préserver la sacrosainte paix sociale, ont tourné le dos au navire amiral qui avait pourtant assuré leurs arrières. Au lieu d’investir massivement dans un titre dépositaire d’un label de qualité et d’une marque au taux de notoriété frôlant les 100%, ils ont préféré  multiplier les supports externes au  nom d’une diversification de façade. Une manière habile de contourner les freins au changement constitués par un personnel réputé rebelle et de favoriser le recrutement d’une population plus jeune, plus ouverte aux nouvelles technologies et surtout moins focalisée sur les conditions de travail. Radio, agences de marketing et événementielles, télévision régionale, sociétés d’affichage… ont vu le jour avec une rentabilité parfois gonflée artificiellement, parfois prélevée sur la bête. Et celle-ci s’est progressivement vidée de son énergie, le navire amiral s’est enfoncé doucement dans les eaux troubles de l’indifférence et de la résignation.

La course à l’échalote

Le 21ème siècle aurait exigé une nouvelle génération de dirigeants, plus à même de cerner les enjeux de ce monde numérique en pleine ébullition, de trouver la parade face à une concurrence devenue protéiforme. Mais, à l’image de nos hommes politiques, le paysage médiatique a quelque peine à renouveler ses cadres. Les patrons de presse qui ont connu la fin du plomb sont certes en fin de parcours mais toujours là, les mains collées au gouvernail.

Confrontés à l’accélération vertigineuse de l’information, bousculés par les assauts répétés des réseaux sociaux, ils se sont réfugiés dans une stratégie suicidaire qui consiste à tenter de suivre le rythme imposé par ces discounters du journalisme. Là où la qualité de l’analyse primait, où l’info était vérifiée, croisée, où le commentaire était étayé, où la hiérarchisation des articles s’opérait à partir de leur intérêt politique, économique, social ou sociétal, ces patrons du temps jadis ont renié leur culture pour se lancer dans une course à l’échalote, trop éprouvante pour leur organisme, une fuite en avant composée de clics et de buzz qui s’est substituée au travail d’investigation.

Pourquoi  voulez-vous acheter un journal qui se métamorphose en une pâle copie d’internet, là où la gratuité prévaut ? Ne valait-il pas mieux miser sur le sérieux et le professionnalisme plutôt que de s’aventurer sur les chemins capricieux et hasardeux de l’émotionnel et du sensationnalisme ? Hélas, il est un peu tard pour se poser les bonnes questions. Les lecteurs ont déserté et nos brillants prophètes annoncent, sans la moindre gêne, un changement de cap. Le reportage est mort, vive le tweet ! L’immobilier coûte cher, vive le bureau à domicile ! Le papier ne se vend plus, vive la tablette pour les nuls !

Comme l’écrivait Antoine de Saint-Exupéry : « Il n’y a pas de fatalité extérieure. Mais il y a une fatalité intérieure : vient une minute où l’on se découvre vulnérable ; alors les fautes vous attirent comme un vertige. »

André Soleau

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Belhomme Christophe 15/01/2017 12:02

Il serait grand temps de s'interroger sur les origines de ce fiasco qui ne tient pas seulement à la montée en puissance d'Internet mais bien au contenu de votre journal. Je peux le dire car je l'ai lu, de passage dans le Nord à 15 ans d'intervalle. En 10 ans, la VDN s'est endormie sur ses lauriers, voilà tout. La maquette n'est pas au niveau et suscite bien des interrogations. Elle a été copiée sur un modèle étranger au contenu initial de La Voix : c'est désormais du vite lu à la mode Le Parisien avec de beaux encadrés certes mais tout le reste n'y est pas. Il est évident qu'il y a beaucoup moins d'informations dans les pages, beaucoup plus de brèves et quasiment plus de papiers de fond incisifs qui bousculent les conformismes. Quand on décide de ne plus faire son métier avec l'aval de décideurs trentenaires et bobos qui ne connaissent rien au lectorat voilà ce qui arrive. Pourtant d'autres journaux comme Le Télégramme de Brest ou Ouest-France résistent très bien à l'érosion du lectorat tout se dotant d'un web performant...Mais il suffit de lire pour comprendre. Après, quand ce lectorat est parti, difficile effectivement de remonter la pente surtout avec une population jeune qui ne lit pas la presse écrite ..
Bon courage...D'un point de vue plus personnel, je ne souhaite pas que Rossel rachète d'autres titres de presse en France ; le management de ce groupe est une véritable calamité.

Garros 15/01/2017 10:47

C'est pas faux et je partage totalement cette analyse...

Soleau 16/01/2017 00:04

J'avoue que votre commentaire est pertinent.
Nous sommes devenus trop dépendants de cette mode idiote qui consiste à sacrifier le fond à la forme

Dominique MARECAT 14/01/2017 17:44

Je partage totalement ton analyse, mon cher André. J'y ajouterai toutefois que les prises de positions récentes de La Voix du Nord, au moment des Régionales, ont elles aussi contribué à éloigner des lecteurs. Et que dire de la guerre déclarée par La Voix à la mairie d'Hénin-Beaumont, une guerre qui utilise tous les arguments, y compris les plus fallacieux, pour dézinguer le maire. La Voix n'est-elle pas là pour informer ses lecteurs de TOUT ce qui se fait dans la ville (de bien et de mal) et non pour ne relater que ce qui peut permettre de démolir l'action des élus ? Il semble qu'on oublie un peu vite, du côté d'Hénin comme du côté de Lille (merci les Bretonnier et autres Janckielewicz...), que ce sont les habitants qui ont élu le maire et que ces habitants sont les lecteurs de La Voix du Nord.

SOLEAU 16/01/2017 08:26

Mon cher Dominique, je ne t'ai pas répondu car je ne lis pas l'édition d'Hénin,Beaumont et je me garderai bien d'émettre un avis sur un sujet que je ne connais pas. Je crois savoir néanmoins que le Front National n'est pas toujours un interlocuteur commode.

SOLEAU 16/01/2017 08:19

Concernant l'OPA, vous avez malheureusement raison. Le capital n'était pas suffisamment protégé et nous avons subi les assauts des raiders. Ceux qui donnent des leçons aujourd'hui ont été d'une étrange passivité à l'époque. Les actionnaires VDN détenaient 72% du capital et l'on pensait naïvement que cela suffirait à conserver la majorité. Or, lorsque Rossel s'est révélé au grand jour, il avait déjà le pouvoir entre les mains. Nous n'avions qu'une alternative énoncée clairement : coopérer ou partir. Tout cela figure dans mon livre, écrit en 2007 qui n'a fait l'objet d'aucune contestation au plan juridique.

Sebastian Prevel 15/01/2017 22:15

Votre éclairage d'ancien DG est intéressant et permet de compléter les informations apportées par Jean-Michel Bretonnier sur Inter cette semaine. Ce sont plus vos réponses aux commentaires qui me déconcertent :

"la ligne éditoriale d'un journal issu de la résistance" ... Comme céder un titre PQR à des groupes industriels certainement.

"Nous possédions l''une des meilleures rentabilités de la presse française et c'est parce' que nous étions performants, donc convoités, que nous avons subi une OPA." L'indépendance d'un journal se construit, on ne subit une OPA que si la structure de l'organe de presse le permet.

Dominique MARECAT 15/01/2017 15:12

J'entends bien tes arguments, André, et je veux bien admettre l'attitude de La Voix au moment des régionales, même si je ne partage pas ton analyse. Pour moi, la perspective de perdre les subsides de l'Etat primait sur les valeurs fondatrices du journal. D'ailleurs, qui, aujourd'hui, se soucie encore de ces valeurs, si ce n'est des gens comme toi et moi qui ne font plus partie de l'entreprise.
Cela dit, tu ne m'as pas répondu (et, te connaissant, je sais que ce n'est pas innocent) sur l'attitude de la rédaction héninoise (avec évidemment l'aval de la direction). Et pourtant, je demeure persuadé que cette attitude contribue, même si ce n'est évidemment pas la seule raison, loin s'en faut, à la désaffection d'une partie du lectorat.
Par ailleurs, je constatais encore ce matin, en lisant l'édition de Roubaix, que la même information se retrouve parfois à trois niveaux de lecture (région, métropole et locale) sans même qu'on ait pris la peine d'en adapter la forme. C'est du copier-collé pur et simple. Il faut un temps, pas si lointain, où, lorsque je devais traiter une information à différents niveaux, je me faisais un devoir de m'astreindre à réécrire mon article pour éviter ce risque de redite. Il est vrai qu'à l'époque, nous avions la conscience, le temps et la volonté de respecter le lecteur. Aujourd'hui (et je fais en cela le parallèle avec la médecine), de lecteurs il n'y a plus... tout juste des clients, comme il n'y a plus de patients mais des clients. Et je trouve cela bien triste...

andre soleau 14/01/2017 18:51

Bonjour Dominique. Désolé, mais je ne partage pas ton analyse sur ce point. Jean-Michel Bretonnier a eu raison de donner un point de vue qui correspond à la ligne éditoriale d'un journal issu de la résistance. Je lui ai d'ailleurs fait savoir en son temps. Il s'est placé au niveau du débat d'idées et non d'une stigmatisation des électeurs du Front National. Notre rôle d'informateur est parfois de sortir de notre rôle de témoin neutre lorsque les enjeux ont une portée exceptionnelle. N'oublions jamais que les pionniers du mouvement Voix du Nord sont morts pour défendre leur conception de la liberté et nous la transmettre. C'est un héritage qu'il nous appartient de protéger en ces temps incertains.

andre soleau 14/01/2017 14:52

Les commentaires passionnés démontrent que La Voix du Nord est ancrée dans le cœur et la mémoire des habitants de la région. Je ne cherche pas, en ce qui me concerne, à opposer les dirigeants d'aujourd'hui à ceux d'hier mais j'ai passé tant d'années dans ce journal que ces coupes claires dans les effectifs me font très mal. Il y a dix ans, la Voix du Nord affichait encore une diffusion à plus de 300.000 exemplaires et le réseau des commerciaux réalisait un chiffre d'affaires très largement supérieur à celui d'aujourd'hui, malgré les hausses de tarif intervenues depuis.
Nous possédions l''une des meilleures rentabilités de la presse française et c'est parce' que nous étions performants, donc convoités, que nous avons subi une OPA.
Aujourd'hui, on vend l'immobilier hérité de nos aînés et on atteint progressivement les 500 salariés soit la moité de ce que nous étions lorsque je suis parti.
En qualité d'ancien dirigeant, je me sens le droit d'élever la voix pour faire entendre ma version ne serait-ce que pour afficher mon soutien au personnel concerné et angoissé.

david 14/01/2017 12:48

Depuis gamin, j'ai toujours connu la Voix du Nord. Mes aprents étaient abonns et je m'amusait à la lire, les aprcopurir.. Puis la Voix a changé.. Elle s'est "nationalisée". de moins ne moins d'articles et photos sur le local, de plus en plus sur le national.. Les photographes qui venaient prendre un cliché dans une association, lors d'un match, d'un évènement se sont faits de plus en plus rares.. Les articles sur ces associations aussi.. LA voix a oulbié son public, son terrain, sa force. A quoi cela a servi de vouloir se porter sur l'info nationale alors que nous achetions ce journal pour avoir les infos de chez nous, de nos villages, de nos associations... Pour le national, pleins d'autres médias... Pas pour le local.. ah si internet et les réseaux.. heureusement qu'ils sont là.. la voix a, pour moi, trahi son public qui l'a laché à juste titre.. Ou sont ces sympathiques photographs de terrain, ces excellents jornalistes de terrain, ces articles qui nous concernaient... Si on ajoute à cela des guéguerres intutiles et suicidaires.. je pense à la guéguèrre ouverte entre la Vox du Nord et la mairie de'Hénin-Beaumont apr exemple ou le parti pris a pris l'avant de l'info et de l'impartialité... Triste réalité qui a aussi tué une partie de son public... Moi, ça me fait mal car j me remémore le temps où gamin, j'aimais parocurir la Voix.. hélas, ce temps est passé... La voix s'est tiré une balle dans le pied et la gangraine gagne du terrain... Peut-on encore sauver la Voix du nord ou d'autres médias locuax ?? peut etre.. mais aps en axant sur le national, le public veut du local, ce qui se passe chez lui, ce qui le concerne, ce à quoi il participe...