Biographie

André SOLEAU
 
·  Né le 29 décembre 1949
·  Entré à La Voix du Nord en 1972 
·  Journaliste en 1980 
·  Grand reporter en 1983
·  Rédacteur en chef de La Voix des Sports en 1989
·  Rédacteur en chef et éditorialiste de La Voix du Nord en 1991
·  Directeur général adjoint en 1995
·  Directeur général du journal en 1998
·  Directeur général du groupe en 2004.
 
Parallèlement :
 
·  Vice-président du directoire et administrateur de La Voix du Nord
·  Président de Nord-Eclair, de Presse-Nord, de la SIA, de PGLM
·  Administrateur de La Voix-L’étudiant, de Répondances…
·  Censeur du Courrier Picard
 
Quitte volontairement le groupe en 2005 après son rachat par Serge Dassault.

Commentaires Récents

Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /2009 10:59

Nicolas Sarkozy agace. En deux années de présidence, on ne compte plus les réformes qui ont mis le feu aux poudres dans un pays réputé difficile à gouverner. Hier les régimes spéciaux des retraites des fonctionnaires, la carte judiciaire ou la fiscalité, aujourd’hui les Universités, la santé ou la recherche, tout est source de grogne. Même les députés de l’UMP manifestent plus ou moins ouvertement leur irritation, par exemple en rejetant une politique d’ouverture qui flirte avec l’impudeur lorsque l’Elysée fait des appels du pied insistants vers quelques dinosaures roses, du type Jack Lang ou Claude Allègre.

            Le paradoxe est que cette situation ne profite pas à ses opposants. A une poignée de jours du scrutin des Européennes, la gauche ne paraît pas en mesure de proposer une alternative crédible. Au contraire, c’est l’inquiétude qui prévaut au Parti socialiste où les récents sondages le place à la traîne de la majorité. Même chose pour Besancenot que l’on présentait comme l’épouvantail de demain pour les groupes historiques et qui est victime d’un sévère trou d’air. Pire, ces élections ne passionnent personne et les abstentionnistes risquent d’atteindre un score record puisque l’on parle d’un Français sur deux non concerné.

            Comment expliquer le ras-le-bol supposé de la population à l’égard du pouvoir en place et, dans le même temps, ce refus massif de sanctionner la politique que prône celui-ci, au moment du passage aux urnes ? Lassitude ? Renoncement ? La vérité est peut-être ailleurs,  plus précisément dans les entrailles de cette crise économique mondiale qui n’en finit pas de secouer nos certitudes. Face à un phénomène d’une telle ampleur, les citoyens ont besoin de « sentir » de la maîtrise et de la fermeté dans la main de celui qui tient le gouvernail. Même si les méthodes employées apparaissent parfois excessivement brutales, elles sont considérées inconsciemment comme un moindre mal comparé au risque d’asphyxie qui pèse sur les systèmes financiers ou même de faillite de certains Etats.

            L’erreur stratégique des adversaires de Sarkozy a été de sous-estimer les dégâts psychologiques provoqués par cette crise. Les socialistes ont continué à se battre comme des chiffonniers avec, au summum de leur suicide collectif, le pitoyable congrès de Reims, en novembre dernier. Martine Aubry aurait pu siffler la fin de la récréation mais elle a été entraînée, sans doute malgré elle, dans une polémique stérile avec Ségolène Royal. Aucun des leaders du parti n’a su élever le débat et ils se sont tous rapetissés dans cette guéguerre  interne, au point d’apparaître comme des petits chefs de clans incapables de prendre la dimension d’événements planétaires.

            Le cas de Besancenot est encore plus exemplaire. Le fougueux fondateur du NPA a cru que son heure avait sonné et que le temps des barricades était venu, comme en 68. Erreur funeste ! La France de Cohn-Bendit était prospère et rien de fâcheux ne pouvait lui arriver, même après un mois de paralysie. Celle de 2009 est exposée aux tourmentes venues d’ailleurs et la peur de tout perdre a rendu ses habitants frileux. En aboyant, en glorifiant la lutte armée, Besancenot s’est progressivement marginalisé. Aux yeux de l’opinion publique, il n’est plus un recours mais un agitateur dangereux.

            Le seul à avoir compris plus vite que les autres que la gravité du problème exigeait une approche différente a été François Bayrou. Il a concentré ses tirs sur une seule cible, Sarkozy. Il s’est ainsi positionné comme un rival crédible. Il a en quelque sorte bénéficié de l’aspiration présidentielle pour s’élever lui aussi au-dessus de la mêlée. Certes, on pourra rétorquer que Ségolène Royal a utilisé la même méthode à l’égard de son vainqueur de la dernière Présidentielle. Mais elle l’a fait maladroitement. Lorsque la barque tangue et menace de couler, on ne s’excuse pas. On écope et on rame.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /2009 17:54

 

            La presse anglaise fait ses choux gras de l’affaire des notes de frais qui éclabousse l’ensemble de la classe politique du pays, à commencer par le plus illustre de ses membres, le Premier ministre Gordon Brown. Ce dernier aurait fait verser plus de 6 700 euros à son frère pour des frais de nettoyage. Il se serait fait, par ailleurs, rembourser 15 livres d’ampoules et un aspirateur.

            Ses collègues du gouvernement ne sont guère épargnés. Le ministre de la Justice, Jack Straw, a inclus, dans sa note de frais, des impôts locaux qu’il n’avait pas payés ainsi qu’un ouvre-boîtes d’une valeur de 6 livres. Le ministre des affaires étrangères, David Miliband, a présenté la facture d’une poussette, de couches culottes et de matériel de puériculture ; celui de la culture, Andy Burnham, a rénové entièrement sa maison aux frais de la princesse ou plutôt du contribuable de sa gracieuse Majesté. La palme de ce palmarès impressionnant revient à la ministre de l’intérieur, J. Smith, qui a cru bon devoir être dédommagée des films pornos que louait son mari.

            Sans compter également les défraiements pour des travaux de jardin ou d’ordre ménager, dans les résidences secondaires. Qu’en dit l’opposition ? Rien, dans la mesure où elle attend son tour, les journalistes ayant promis des révélations tout aussi croustillantes, à partir du mois de juillet, pour les 646 députés que compte le Parlement.

            Il y a fort à parier qu’une telle enquête en France, auprès de nos députés et de nos sénateurs, produirait les mêmes effets tant l’exercice du pouvoir éloigne des réalités de la vie courante. Pourquoi payer puisque le système permet de telles libertés ? C’est d’ailleurs la défense adoptée par Brown et ses amis qui affirment la main sur le cœur qu’ils n’ont pas enfreint la loi.

            C’est vrai ! Et nos élus, qui bénéficient de leur indemnité parlementaire (5177 euros) mais aussi d’une indemnité représentative de frais de mandat (6278 euros) et d’une enveloppe pour la rémunération des collaborateurs (près de 9000 euros, parfois pour des parents proches), qui voyagent gratuitement en première classe sur les lignes SNCF sont eux aussi dans la plus parfaire légalité lorsqu’ils font preuve de la même mesquinerie pour leurs frais annexes.

            Ce n’est pas propre à notre époque. Combien de dirigeants d’entreprises utilisaient naguère les services de salariés pour leurs besoins personnels ? Sauf que nous sommes aujourd’hui en 2009 et que ces pratiques ne passent plus dans l’opinion publique. La faute à Internet qui révèle les détails les plus intimes de la vie de nos personnages publics, à une vitesse supersonique.

            La faute surtout à un changement de comportement imposé par les événements. Il ne se passe plus une journée sans que l’on fasse appel au devoir d’exemplarité du citoyen ordinaire qui doit prendre à son compte la pollution de la planète, le chômage inhérent au système, les excès de la société de consommation, les abîmés de la croissance, la gabegie des réserves d’énergie, le réchauffement climatique et autres plaisirs du même genre. On le responsabilise, on le met à l’index, on le verbalise, on le ponctionne, on le met sous pression. Le tout au nom de l’effort national et de la solidarité.

            En contrepartie, ce citoyen ordinaire est devenu plus sensible aux inégalités et plus critique face aux faiblesses de nos dirigeants, partant d’un principe emprunté à la sagesse populaire qui veut que charité bien ordonnée commence par soi-même. Qui pourrait l’en blâmer ?

            André Soleau 

Par André SOLEAU
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Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 23:43

H1N1 ! Cela ressemble à une formule chimique que l’on inscrivait au tableau noir de nos années de lycée, quelque part entre HCL et H²O. A la différence près que l’on a peu d’efforts à consentir pour la mémoriser. Elle est partout ! A la une de nos quotidiens le matin, à l’entame des journaux télévisés du midi et du soir, dans les émissions de radio, au milieu des conversations chez le boucher, sur le zinc du café de la gare. Elle roule comme une mauvaise rumeur, circule à la vitesse du bouche à oreille, vous occupe l’esprit jusque dans vos rêves les plus agités.

            H1N1, c’est magique, si l’on ose dire. Cela dissout un bloc de contestation avec davantage d’efficacité qu’une compagnie entière de CRS. Prenez l’exemple du 1er mai. On annonçait une mobilisation historique pour cette date symbolique inscrite sur fond de ras le bol social. Que nenni ! Les organisations syndicales ont eu beau sonner le rassemblement en défilant bras dessus, bras dessous, comme aux plus beaux jours de la contestation de rues, le pétard a fait long feu. Les manifestants sont restés chez eux. Du coup, chaque leader s’interroge sur l’opportunité de programmer d’autres rendez-vous au cours de ce mois de mai présenté pourtant comme celui de tous les dangers, pour le gouvernement. Pas facile d’attirer les foules derrière une banderole quand les contacts physiques sont déconseillés. D’autant qu’avec la nouvelle loi sur l’interdiction du port de la cagoule dans les cortèges, on peut logiquement s’interroger sur la pertinence un tantinet provocatrice du port du masque.

            H1N1 s’attaque aussi à la crise économique. Les séquestrations de patrons voyous, les fermetures d’usines à répétition, les chiffres du chômage qui flambent, le CAC 40 qui s’effondre, tout cela est relégué au second plan, comme une mauvaise scène d’un film à petit budget. Là encore, difficile de sensibiliser le bon peuple protestataire à une série noire alors que le scénario catastrophe est à nos portes. Que sera l’économie demain, si les échanges internationaux sont interrompus ou même limités, si les gens sont confinés chez eux par peur ou par obligation, si les commerces sont désertés, les écoles fermées, la vie sociale paralysée ? Du coup, le quotidien paraît d’un coup moins sinistre comparé aux menaces à venir.

            H1N1, c’est quoi au fait ? Un virus né quelque part au Mexique, dans une porcherie insalubre, que les savants les plus éminents peinent à identifier puisqu’il est de type inconnu et dont les effets sur l’homme sont pour l’instant discutés. Quelques centaines de cas répertoriés dans le monde, un petit nombre de morts suspectes, notamment au Mexique et aux Etats-Unis, deux malades avérés en France et la menace d’une pandémie qui revient continuellement. Cela suffit à créer une psychose qui fait trembler la planète sur ses bases, elle qui ne tournait déjà pas bien rond. Incontestablement, il existe un écart saisissant entre la réalité des chiffres, aujourd’hui modestes, et le système d’alerte mis en place. Il s’agit sans doute d’un effet combiné du principe de précaution, appliqué à nos sociétés modernes, et de la propagation incontrôlable d’infos par internet. A moins que l’on ne nous dise pas tout, comme dirait l’une de nos humoristes.

            Face à l’attaque du H1N1 qui risque, selon nos éminents spécialistes, de se déclencher à tout moment, chaque pays évalue ses ressources en Tamiflu, en masques, en vaccins classiques, dans l’attente du remède miracle qui ne pourra être opérationnel que plusieurs mois après le déclenchement de la pandémie. Les pays les plus pauvres sont les plus exposés. Leurs réserves sont insignifiantes, leur système de protection inadapté. Mais comme le virus ne connaît ni frontières ni statut social, toute la planète risque d’être contaminée et il est donc vivement conseillé de tourner le dos à nos égoïsmes naturels pour partager nos richesses, dans un mouvement de solidarité internationale salvatrice.

            Voilà qui donne au moins matière à réflexion. Tous ces fléaux qui s’abattent sur nos têtes en ce début de nouveau millénaire ont quelque chose  d’inédit. Du réchauffement climatique accéléré au krach financier destructeur en passant par cette grippe à hauts risques, ils frappent indifféremment au nord et au sud, les riches comme les pauvres, les puissants et les autres, pour nous lier dans une espèce de ronde infernale qui condamne celui qui la rompt. A croire que la nature reprend de cette façon les droits que  le genre humain a bafoués si longtemps et qu’elle nous remet, de force, sur le bon chemin.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 26 avril 2009 7 26 /04 /2009 11:18

La réprimande infligée au juge Burgaud par ses pairs n’est pas une provocation comme on a pu le lire ici et là. C’est une obscénité. Face à l’un des plus grands désastres judiciaires de notre histoire, les membres du Conseil supérieur de la magistrature chargés d’étudier son cas n’ont pas craint d’ajouter une bonne pincée de ridicule à une tragédie humaine qui a dévasté des innocents et leurs familles.

            C’est bien de cela dont il s’agit. Ces gens qui ont cumulé, ensemble, vingt cinq années de prison, sans oublier hélas la mort de l’un d’entre eux, étaient innocents. N’en déplaise à tous ceux qui continuent de penser, y compris autour des prétoires, qu’il n’y a pas de fumée sans feu et qu’il devait bien y avoir quelques affaires louches derrière les murs sinistres de la tour du Renard. Cette décision du CSM, par son côté dérisoire, sonne ainsi comme une nouvelle condamnation dans la mesure où elle ignore les souffrances de ceux que l’on continue à appeler les «acquittés d’Outreau », comme pour mieux entretenir le doute. Plus encore, elle nie l’acharnement de Fabrice Burgaud.

            Une réprimande, on l’administre à un gosse qui a plongé ses deux doigts dans le pot de confiture. Ou encore au grand frère qui a cassé le jouet du petit. En matière pénale, c’est un blâme infligé à un mineur qui a commis une contravention. Burgaud et son arrogance, Burgaud et sa surdité, Burgaud et son intime conviction à dix sous a donc bénéficié de larges circonstances atténuantes puisque la faute est avant tout collective et qu’elle repose essentiellement sur les failles du système, selon les propos de Matthieu Bonduelle, secrétaire du syndicat de la magistrature. On souhaite à tous ces messieurs de faire preuve de la même clémence lorsqu’il s’agira de juger un administré lambda, auteur d’une infraction.

            Fabrice Burgaud n’a jamais exprimé le moindre mot de compassion à l’égard de ses victimes. Il ne s’est pas excusé. La décision du CSM le renforce dans ce refus hautain d’endosser une quelconque responsabilité individuelle. D’ailleurs, ses avocats ont déjà annoncé leur souhait d’un recours devant le Conseil d’Etat. Un vice de procédure a en effet été constaté avec la présence, au sein du CSM, de Xavier Chavigné, qui avait siégé lors d’une audience de la chambre d’instruction de Douai, pour refuser une mise en liberté de l’un des accusés, l’Abbé Dominique Wiel.  L'occasion est trop belle pour les défenseurs de Burgaud qui vont s'appuyer sur le fait qu'on ne peut être à la fois juge et partie pour faire annuler la sanction.     

            Comment en est-on arrivé à cette ultime farce ? Nous étions en août 2003 et Xavier Chavigné avait, semble-t-il, oublié cet épisode. La conclusion, grotesque, est à la hauteur de toute cette affaire.

            André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 19:53

Florence Cassez, cette jeune nordiste qui purge une peine de soixante années dans une prison mexicaine, vient de lancer, cette semaine, un appel désespéré sur les ondes de la station Europe 1. Elle réclamait l’intervention de Sarkozy dans ce qui ressemblait plus à un souffle qu’à un cri. Le souffle d’une femme de 34 ans qui se vide jour après jour de son énergie et que l’on sent proche du renoncement.

            Tous ceux qui ont pu entendre cet « ultime » SOS, comme elle l’a elle-même qualifié, ont compris qu’elle était réellement en danger de mort. Non seulement parce que l’on ne peut exclure un règlement de compte dans cet environnement à risques mais plus sûrement parce que son état psychologique se détériore gravement. Elle perd l’envie de se battre ce qui, là-bas, équivaut à une forme de suicide annoncé.

            Florence Cassez a-t-elle réussi à émouvoir suffisamment l’opinion publique pour créer un vaste mouvement de solidarité susceptible d’amener Sarkozy à reprendre contact avec son homologue mexicain, Felipe Calderon,  ceci afin de réaliser le transfèrement dans une prison française, selon les accords judiciaires qui lient les deux pays ? Rien n’est plus incertain et ce n’est pas le moindre paradoxe de cet épineux dossier. Malgré les efforts continus de son avocat Me Franck Berton, malgré les coups de projecteurs réguliers des médias régionaux et nationaux, malgré les incohérences avérées de l’enquête qui a conclu à sa culpabilité, cette jeune et jolie femme ne parvient pas à soulever une vague d’émotion assez forte pour forcer les verrous  de sa cellule.

            Il y a sans doute plusieurs raisons à cela. La première tient à la difficulté du français lambda à démêler les fils d’une affaire hors normes. Les zones d’ombre ne manquent pas autour de la relation amoureuse de Florence Cassez avec Israel Vallarta, le chef des kidnappeurs. Pouvait-elle véritablement ignorer les activités criminelles de son compagnon après des mois de vie commune ? Cette question taraude la plupart des esprits neutres qui n’ont qu’un regard forcément distant sur le dossier.

            La seconde est liée à la nature même des faits. Les enlèvements, pratique courante au Mexique où l’on en dénombre prés d’un millier par an, n’incitent guère à la clémence pour leurs auteurs. Les récits des atrocités subies par les victimes ont écoeuré les gens. A titre d’exemple, le témoignage de Cristina Rios Valladares, l’une des principales accusatrices de Florence Cassez, a attisé la colère des associations de victimes et provoqué un certain trouble, y compris en France.

            Enfin,  la crise n’arrange pas les affaires de Florence Cassez. Disons le crûment, l’angoisse au quotidien qui touche tous les pays et toutes les couches sociales aujourd’hui, ne favorise pas la prise en compte émotionnelle d’un fait divers qui, de surcroît, a eu lieu à des milliers de kilomètres de Paris. Les peuples se recroquevillent et leurs préoccupations se limitent à leur foyer et à leur entreprise. Et c’est parti pour durer. Or, Florence Cassez n’a plus la force d’attendre.

André Soleau

Par André SOLEAU
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /2009 10:30

 

            Les périodes de crise déroutent totalement les analystes les plus éclairés, par la démesure des réactions qu’elles provoquent. Les commentaires apparaissent dépourvus de toute nuance et l’on  peut passer, en quelques jours, d’un abîme de perplexité à un pic d’euphorie collective dont on serait bien  en peine d’expliquer le mécanisme. Les bourses illustrent d’ailleurs parfaitement ces accidents de parcours qui désorientent les spéculateurs amateurs. C’est un peu comme si un papier graphique enregistrait toutes les pulsations d’une planète parcourue de secousses telluriques.

            Ces dernières semaines, on nous prédisait l’apocalypse : Fermeture d’entreprises en cascade, flambée du chômage, montée de la grogne, violence urbaine, patrons séquestrés, pillages, grèves et toutes joyeusetés du même style, pour un printemps de tous les dangers. Le scénario semblait d’autant plus crédible que les médias rivalisaient d’imagination dans l’injection quotidienne de sinistrose à fort dosage.

            Et puis, il y a eu le G 20 et sa pluie miraculeuse de dollars. Pas des milliers, pas des millions, pas des milliards, mais des milliers de milliards qui sont tombés brutalement du ciel pour arroser les terres ingrates des pays pauvres et pour remettre en marche le système financier. D’où sortent-ils ? Par quel tour de passe-passe nos gouvernants, hier complètement démunis et désemparés, ont-ils déniché la cassette au trésor ? Peu importe ! Ils ont juré qu’ils marcheraient désormais main dans la main et qu’ils travailleraient à un monde plus juste et plus moral. Nous sommes ainsi passés en un éclair d’une agonie inéluctable et douloureuse à la  naissance d’un ordre nouveau.

            Comme toujours, il faut chercher la vérité à mi-chemin entre les cafardeux d’hier et les bienheureux d’aujourd’hui. Les chefs d’Etat ont compris que la sortie de crise dépendait pour beaucoup d’un retour à la confiance et que les ressorts psychologiques devaient être stimulés afin de redonner un coup de fouet décisif à la consommation. D’où ces sourires à la « Barack Obama » chez tous les participants et ces déclarations enflammées avant de se quitter.

            Quelques questions demeurent néanmoins en suspens. Comment la condamnation des paradis fiscaux sera-t-elle appliquée par la Chine, les Etats-Unis ou le Royaume Uni alors qu’ils sont eux-mêmes impliqués dans cette tolérance suspecte depuis toujours, de Hong Kong à l’île de Jersey ? L’unité de façade affichée à Londres résistera-t-elle au dur retour à la réalité, lorsque chacun sera confronté aux problèmes intérieurs qui noircissent l’horizon pour le deuxième semestre 2009 ? Les 250 milliards de dollars proposés pour soutenir le commerce

International suffiront-ils à éviter le retour du protectionnisme ? La mise sous tutelle des fonds d’investissement sonnera-t-elle réellement la fin de la spéculation sauvage ?

            Le G20 n’a pas répondu à ces questions. En quelque sorte, il a distribué le jackpot avant d’établir le règlement et d’obtenir les bonnes réponses. C’est encore mieux que la Française des Jeux.

André Soleau

           

Par André SOLEAU
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /2009 18:11

Selon un récent sondage BVA, 35% des Français pensent qu’Olivier Besancenot est le mieux à même de changer les choses dans le pays et 43% vont même jusqu’à considérer qu’il est l’homme politique qui s’occupe le mieux de leurs problèmes. La crise est évidemment passée par là. Mais il ne faut pas sous-estimer le travail de marketing de l’extrême gauche qui a façonné un leader capable de séduire l’électorat populaire au-delà d’une minorité militante.

            Besancenot ne veut pas du pouvoir. Son nouveau parti anticapitaliste (NPA) serait bien en peine de gérer les affaires. Son seul programme se résume à déstabiliser un peu plus encore le système, déjà bien malade, et à pousser les travailleurs dans la rue. Mais il a réussi le tour de force de puiser une légitimité là où ses prédécesseurs n’ont jamais pu sortir de la  marginalité. Au passage, cela en dit long sur le désarroi de nos compatriotes.

            Cette poussée en force inquiète. Surtout, elle oblige le parti socialiste à donner de la voix pour ne pas se laisser déborder. Martine Aubry l’a bien compris qui multiplie les attaques contre le gouvernement et, en particulier, contre Nicolas Sarkozy. Le pensionnaire de l’Elysée devient le coupable idéal : il n’a pas su anticiper les problèmes financiers puis économiques ; il protège le grand patronat et les riches,  base de son électorat ; il est en échec sur le pouvoir d’achat et sur la montée du chômage.

            Que fait Sarkozy ? Il désigne à son tour un bouc émissaire, en  l’occurrence le Medef de Laurence Parisot. Tous les jours, il nous tombe une nouvelle affaire concernant un parachute doré, des stocks options ou des primes ahurissantes. Les ministres se relaient à la tribune pour crier leur indignation; le président tape du poing sur la table et promet une loi couperet; les patrons deviennent des voyous irresponsables. La presse suit le mouvement sans se demander si cette kyrielle de scandales n'est pas suspecte.

            Voilà comment une crise, venue des Etats-Unis par la faute de spéculateurs sans scrupules, a  gagné l’ensemble de la planète pour devenir, en fin de parcours, une patate chaude, bien de chez nous, dont chacun veut se débarrasser, au détriment du voisin. Tant pis pour le Medef qui se bat depuis dix ans pour changer son image et était en passe de réussir. Tant Pis pour Laurence Parisot, à la tête d’une association qui n’a aucune réelle légitimité pour s’immiscer dans la gestion des grandes entreprises, mais qui doit parer les coups venus de gauche comme de droite, en bas comme en haut.

            Cela s’appelle de la politique et gare à celui qui n’a pas compris la règle du jeu. Et si les Etats-Unis sortent plus rapidement que la France de cette crise, le même jeu se poursuivra. Il faudra à nouveau désigner les fauteurs de trouble. Certes, on pourrait arguer qu’en vingt ans, le facteur travail, l’un des leviers principaux de la croissance qui mesure le poids des actifs sur l’économie d’un pays, a augmenté de 42% chez les Américains alors qu’il baissait, dans le même temps, de 6% en France. Mais cela, personne ne se risquerait à le dire. C’est politiquement incorrect.

André Soleau

Par André SOLEAU
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /2009 08:57

Certains hommes politiques tentent régulièrement  de brandir le bouclier fiscal comme un chiffon rouge que l’on agite sous le nez du Français moyen. Relayés par quelques médias  spécialisés dans l’info bas de gamme, ils pointent du doigt la poignée de privilégiés qui bénéficie de la nouvelle loi sur le plafonnement des prélèvements. En temps de crise, la stratégie offre des avantages ; elle cristallise le mécontentement populaire sur quelques nantis et discrédite le pouvoir en place, forcément complice. Cela s’appelle démagogie et le procédé a fait ses preuves.

            L’un des premiers à exploiter la filière fut François Hollande, dont chaque intervention de premier secrétaire du parti socialiste se terminait, invariablement, par une charge sur le cadeau de Sarkozy fait à ses amis du cercle bling bling. Puis, ce fut au tour de François Bayrou, jamais en retard d’une surenchère. Et depuis peu, certains parlementaires de droite leur emboîtent  le pas, au nom d’une solidarité nationale à cimenter par ces temps difficiles.

            Malgré ce consensus improbable, rien n’y fait. L’opinion publique tarde à s’enflammer et fait plutôt preuve de désintérêt à l’égard d’une cause supposée juste. On peut en tirer quelques enseignements.

            Le premier est d’ordre économique. Chacun a compris aujourd’hui que l’évasion fiscale a coûté des sommes astronomiques au pays, à comparer aux recettes dérisoires de l’impôt sur la fortune. Ce n’est pas tant le départ des sportifs, artistes, acteurs pour la Suisse ou la Belgique qui pose problème mais bien le manque à gagner en matière d’investissements, provoqué par l’exode des grands entrepreneurs.

            Le deuxième tient à notre tempérament volontiers frondeur. Limiter à 50% les différentes ponctions de l’Etat sur les revenus du contribuable, même fortuné, n’apparaît pas scandaleux. Cela revient à travailler six mois de l’année pour soi, l’autre moitié pour la collectivité. Une disposition qui a été adoptée dès 1995 par les Allemands.

            Le troisième résulte de ce qu’on appelle la sagesse populaire et qui laisse entendre qu’appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres. Opposer les uns aux autres peut à l’inverse se révéler extrêmement dangereux, surtout en période de crise. Où placer, demain, le curseur de l’inégalité sociale ? Entre ceux qui travaillent et ceux qui pointent à l’ANPE, entre les fonctionnaires et les salariés du privé, entre les retraités et les jeunes, entre les gens du Nord et les Corses…

             Enfin, la France est engagée dans une compétition féroce au plan international où tous les coups sont permis pour attirer les investisseurs, ceux qui créent cette richesse tant honnie par quelques beaux esprits. Les Anglais et bien d’autres, moins intransigeants, ont adopté des mesures alléchantes pour accueillir les futurs immigrés multimillionnaires.

            Nos politiciens s’honoreraient en faisant preuve d’un peu plus de prudence et de discernement dans leur indignation sélective. D’autant qu’il y aurait aussi beaucoup à dire sur les usages en vigueur au Sénat ou à l’Assemblée nationale.

André Soleau

             

Par André SOLEAU
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Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 11:10

 

         Le gouvernement lance, courant mars, une concertation en direction des jeunes de 16 à 25 ans, destinée à arrêter une politique qui favoriserait leur autonomie. Cette génération, appelée à prendre la relève des actifs dans un futur plus ou moins proche, souffre en effet d’un manque de confiance en l’avenir, comme l’ont mis en évidence les travaux des sociologues, philosophes et autres psychologues.

         Certains représentants des syndicats, des associations, des entreprises et des collectivités locales vont donc s’appuyer sur les résultats de ces chercheurs afin d’enrayer le mal. C’est d’autant plus urgent que les jeunes français sont en moyenne nettement plus pessimistes que leurs homologues européens ou américains. Seuls 26% d’entre eux s’imaginent des lendemains radieux contre 60% au Danemark ou même 54 % aux Etats-Unis. On peut toujours les consoler en prenant l’exemple des Japonais qui ne sont que 5% à croire en leurs chances.

         Les résultats de cette cogitation à grande échelle ne seront connus que dans quatre mois. Mais sans vouloir déflorer les pistes empruntées par tous ces beaux esprits, on peut un instant se mettre dans la peau d’un ado et scruter, avec lui, l’horizon. Que voit-il ? Qu’entend-il ?

         Qu’il allume la radio ou la télé, qu’il sorte dans la rue ou qu’il aille prendre un verre, le constat est toujours d’une affligeante sécheresse : c’est la crise, mon bon monsieur. Les pays entrent en récession, des pans entiers de notre économie s’effondrent, la courbe du chômage croît au même rythme infernal que celle qui, à l'opposé, fait plonger la bourse. Même les plus beaux fleurons de notre industrie, ceux qui affichent des bénéfices record, licencient à tour de bras dans la perspective de périodes moins roses. Pas de quoi rassurer notre jeune qui fait déjà partie de la catégorie la plus exposée en termes de pauvreté et d’abonnement aux Assedic.

         Si notre ado est écolo, le vert vire carrément au noir. La planète est malade, la terre se réchauffe, l’eau va manquer, les réserves s’épuisent, la banquise fond, des milliers d’espèces sont menacées, les ouragans vont se multiplier, l’apocalypse est proche.

         S’il se prend pour un héros aux gros bras, un rambo en tenue de combat, engagé dans la lutte contre le mal, cela ne vaut guère mieux. Lui qui a entendu nos chefs militaires déclarer la guerre à l’obscurantisme et à la barbarie, au nom de la liberté et des valeurs démocratiques, vient d’apprendre, de la bouche même de Barack Obama, que le monde civilisé est en train de perdre contre les talibans et que la seule solution, aujourd’hui, est de s’asseoir à la table de négociations.

         S’il croit en Dieu et a fait sienne la phrase prêtée à André Malraux (« Le XXIème siècle  sera  religieux ou ne sera pas »), il gravit son propre chemin de croix. Son guide spirituel, Benoît XVI se perd dans les méandres sordides du révisionnisme et de l’inquisition moyenâgeuse. Critiquer du bout des lèvres, comme l’a fait le Saint Père,  l’excommunication de chirurgiens brésiliens, coupables d’avoir fait avorter une fillette de neuf ans, violée par son beau-père, là où il aurait fallu hurler son indignation, voilà de quoi rayer le Vatican de la carte. Ou, à minima, d’avaler son chapelet.

         Que reste-t-il à notre ado ? La santé ! Une petite fille sur deux qui naît aujourd’hui sera centenaire. La science progresse dans tous les domaines et Barack Obama vient d’autoriser le financement fédéral des recherches sur les cellules souches embryonnaires humaines. Cette décision  ouvre la porte au traitement des maladies dégénératives, aujourd’hui incurables. C’est un pas de géant après des années de blocage de la part de son prédécesseur, Bush junior.  

         Comme aurait pu conclure Coluche, cela ne rendra pas nos ados plus heureux mais la vie leur semblera plus longue.

         André Soleau   

Par André SOLEAU
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Samedi 7 mars 2009 6 07 /03 /2009 15:58

Exister, pour un leader politique, n’est pas un objectif mais une condition de survie. Il faut constamment jouer des coudes pour être sur la photo et à la une de l’actualité. Cela suppose une détermination de tous les instants et d’excellents réseaux, notamment dans les médias. Cela oblige également à adopter une démarche individuelle parfois très éloignée de l’intérêt collectif.

            On le voit, par exemple, avec la préparation des élections européennes, qui auront lieu début juin et qui devraient attribuer les soixante douze sièges de députés appelés à composer la représentation nationale, au parlement de Strasbourg ainsi qu'à Bruxelles, pour le travail des commissions. Logiquement, les candidats devraient se bousculer. Non seulement parce que le poste, en ces temps de crise, ressemble à un parachute doré  (près de 7000 euros par mois sans compter de confortables indemnités relatives aux frais divers et de fonctionnement), mais surtout parce que l’aventure européenne fait partie des aspirations majeures des peuples du vieux continent.

             Nous sommes loin du compte. A droite, le billet pour Strasbourg est vécu comme une mise à l’écart. Rachida Dati a accepté l’invitation du bout des lèvres, surtout parce qu’elle n’était plus en position de refuser. Rama Yade, elle, n’a pas hésité à s’attirer les foudres de Nicolas Sarkozy en déclinant poliment mais fermement la proposition.

            A gauche, ce n’est guère plus enthousiasmant. Martine Aubry répartit les candidatures non sur les compétences des uns et des autres mais sur des critères de stratégie politique propres au parti socialiste. Je récompense quelques amis sûrs, j’exile certains trublions, j’écarte des rivaux et le tour est joué. Les réactions négatives venues de son propre camp, de Gérard Collomb à Vincent Peillon, sont à la mesure de ce complexe jeu de go.

            La vérité est que toutes ces personnalités de premier plan craignent avant tout d’être oubliées et, par voie de conséquence, écartées des grands débats qui agitent le microcosme franco-français. Le cas de Ségolène Royal doit certainement en faire réfléchir quelques uns. L’ex-candidate aux élections présidentielles a raté d’un bulletin, ou presque, le poste de secrétaire national du PS, véritable marchepied pour la course à l’Elysée, en 2012. Depuis, elle se bat contre vents et marées pour, précisément, exister. Elle court le monde partout où se dressent des micros et des caméras. Elle sollicite les journalistes, elle multiplie les phrases assassines susceptibles d’être reprises ici et là, les jours où l’information se fait rare. C’est pathétique et terriblement révélateur des pratiques en vigueur. Ségolène doit ainsi tenir pendant trois ans encore alors que sa cote de popularité commence à accuser une sérieuse panne d’énergie.

            En fait, le seul à tenir la distance, c’est Jack Lang. Lui dont les derniers postes ministériels remontent à plus de quinze ans continue d’être interviewé dès qu’un événement culturel fait débat ou qu’une réforme de l’éducation nationale se dessine. Hier, il soutenait Ségolène Royal après avoir failli la vilipender dans un livre jamais publié. Aujourd’hui, il revient de Cuba où il a été missionné par Sarkozy. Il fait toujours la une, sollicitant au passage tous les professionnels de l’info. Beaucoup tombent dans le panneau, ce qui n’est pas une mince performance. C’est ce qu’on appelle de l’opportunisme politique. En ce domaine, au moins, nul ne lui arrive à la cheville.

André Soleau

           

           

           

Par André SOLEAU
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Blog notes

 

La face obscure de Dany Boon
L’autre jour, sur les ondes d’une radio périphérique, Dany Boon répondait aux questions de Christophe Hondelatte à propos de son nouveau spectacle intitulé « Trop stylé » et d’une critique jugée sévère dans Nord Eclair. Après avoir confondu Nord Matin et Nord Eclair (« De toute manière, c’est la même chose » dira l’un d’eux), Dany Boon perdit subitement tout sens de l’humour en évoquant, cette fois, La Voix du Nord : « Ce n’est pas la première fois que je suis attaqué par les médias régionaux. Je peux même vous citer de mémoire un extrait du papier d’un journaliste de La Voix du Nord qui a couvert la sortie du film « Bienvenue chez les ch’tis ». Il a écrit : « Le Nord est à Dany Boon ce que St Tropez est à Max Pégas ! Pégas réalisait des films érotiques de série Z dans les années 80 ». Et il enchaîna : « Ce journaliste n’était plus très à l’aise quand mon film a dépassé les vingt millions d’entrées… Aujourd’hui, je suis entré dans une nouvelle dimension grâce au succès. Ce genre de critique ne m’atteint plus.»

            Revenons au journaliste de Nord Eclair incriminé. Il avait simplement pris la peine d’aller voir le one man show de notre humoriste préféré, à Bruxelles, avant ses représentations données au théâtre Sébastopol de Lille, histoire d’étayer son papier ce qui témoigne d’un professionnalisme non discutable. Pas convaincu, il avait décrit un spectacle inabouti, hésitant, sans surprise majeure. Résultat, il fut interdit d’entrée lors des représentations données à Lille.

            Cet incident témoigne des difficultés d’un artiste, quel qu’il soit, à accepter d’être égratigné, surtout lorsqu’il a été installé très vite (trop vite ?) sur un piédestal. La presse régionale, contrairement aux allégations de Dany Boon, n’a fait qu’encenser l’enfant du pays. Le matraquage sans nuance qui accompagna la sortie de « Bienvenue chez les Ch’tis » ressembla plutôt à un plébiscite et les rares, très rares voix discordantes furent considérées comme blasphématoires. Il est vrai que chaque apparition de l’homme aux oreilles décollées à la une du quotidien fait vendre plusieurs milliers d’exemplaires supplémentaires, ce qui peut expliquer une certaine mansuétude voire une complaisance certaine.

            Dany Boon n’est pas Dieu et les saintes écritures n’ont pas été traduites en ch’ti. Les journalistes ont non seulement le droit mais le devoir d’informer, au risque parfois de déplaire. Habitué à un autre traitement, l’humoriste d’Armentières a simplement confondu l’information et la communication. A son crédit, on relèvera qu’il y a eu trop souvent matière à confusion dans cette quête obsessionnelle de record d’entrées du cinéma français.

            Les choses vont bien évidemment rentrer dans l’ordre. Chacun y a intérêt. Et cela aidera peut-être Dany Boon à quitter cette « nouvelle dimension », pour redescendre sur terre.

            A.S




Le Val Joly

(Suite)

        Un autre exemple des difficultés que connaît le Val Joly tant dans la conception du projet d’aménagement que dans la gestion au quotidien : la halte garderie. Trois personnes sont chargées d’accueillir et de veiller sur les petits. Hélas, une seule petite fille est actuellement inscrite régulièrement dans les effectifs ce qui,  on en conviendra, apparaît quelque peu insolite. D’autant que malgré la période estivale particulièrement propice à l’évasion cette année, quatre boutiques ferment leurs portes pour manque de fréquentation et que les locations des cottages sont actuellement soldées jusqu’à moins 60%.

        Et dire que l’on entre dans la période hivernale.


 
Affaire Polanski

 

            Le moins que l’on puisse dire est que l’arrestation surprise de Roman Polanski en Suisse n’est pas passée inaperçue. C’est un véritable séisme qui secoue le monde politique et cinématographique et qui se propage sur tout le territoire grâce à de puissants relais médiatiques.

            Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a évoqué « une affaire épouvantable et une Amérique qui fait peur », laissant entendre que le président Sarkozy en personne suivait de près ce dossier. Son illustre prédécesseur, Jack Lang, a réagi de manière aussi vigoureuse en dénonçant un « acte inimaginable et disproportionné » et Bernard Kouchner a qualifié la chose de « sinistre ».

            Le 7ème Art n’est pas en reste. Une pétition circule pour exiger la libération immédiate de Polanski. Elle a été notamment signée par Jeanne Moreau, Pedro Almodovar, Wim Wenders ou encore Claude Lanzmann. D’autres s’insurgent contre un « lynchage judiciaire ».

            Cette indignation collective est troublante dans la mesure où elle cède à l’émotion, sans le moindre recul vis-à-vis d’un dossier extrêmement complexe. Rappelons que Roman Polanski fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis pour une sordide affaire de viol sur mineure de 13 ans, il y a plus de trente ans. Il aurait en effet abusé de Samantha Geimer après l’avoir droguée. Il s’est enfui en France avant son jugement et aurait trouvé récemment un arrangement financier avec sa victime.

            Compte tenu du temps passé depuis les faits, de la personnalité de son auteur, on peut effectivement comprendre l’onde de choc provoquée par cette arrestation. Mais la gravité de l’acte d’accusation devrait inciter nos politiques à plus de retenue. Le talent dispense-t-il de toute responsabilité, y compris judiciaire ? Quid de la victime durant toutes ces années où la frustration due à une fuite et à l’absence de procès s’est ajoutée au traumatisme subi ? Ce sont des questions de vie, pas de cinéma.

            A.S



Les sales gosses

 

        A ma gauche, un combat de femmes qui oppose Martine Aubry et Ségolène Royal sur fond de magouilles, tricheries, arnaques et trahisons, pour reprendre quelques expressions sans nuance des auteurs d’un livre choc sur la cuisine interne du Parti socialiste. La première nommée aurait « volé » sa victoire lors de l’élection au poste de Premier secrétaire du PS, par le biais d’un détournement de bulletins réalisé par quelques uns de ses partisans.

        A ma droite, un combat d’hommes où tous les coups semblent permis entre Nicolas Sarkozy, Président de la République en fonction, et Dominique de Villepin, un ancien Premier ministre de Jacques Chirac. C’est le fameux procès Clearstream qui promet son pesant de révélations sur les coups tordus que peuvent s’administrer d’anciens amis du même parti et du même gouvernement.

        Au centre, des millions de Français de tous bords et de toutes conditions qui croyaient naïvement que les élus de la nation, surtout à un tel niveau de responsabilités, avaient pour seule préoccupation le bien-être de leurs concitoyens, surtout en période de crise, de poussée du chômage et de tension sociale. Ceux-là découvrent avec effarement que le pouvoir ne rend pas seulement fou. Il rapetisse.

Tornade à Hautmont

 

        Une association Solidarité Avesnois a été créée au lendemain de la tornade qui a frappé le Bassin de la Sambre et plus particulièrement les villes de Hautmont, Maubeuge, Boussières sur Sambre et Neuf Mesnil. Parrainée par Dany Boon elle compte de nombreuses personnalités de la région dans ses rangs dont Guy Marseguerra, président, Emmaunel Riglaire, trésorier et les deux secrétaires Jean-Marie Leblanc et moi-même. L'objectif est d'organiser différentes manifestions, sportives, culturelles  ou autres afin de recueillir suffisamment de fonds pour aider les sinistrés. Plusieurs centaines de familles sont aujourd'hui recensées parmi les victimes de cette catastrophe et leur situation, à l'approche de l'hiver, est extrêmement précaire.  

         Vous pouvez, vous aussi, nous aider dans cette démarche de solidarité par un don au nom de l'association "Solidarité Avesnois", BP200 59002 Lille Cedex.

La totalité des sommes perçues sera reversée aux familles par le biais de notre partenaire direct, la CAF.

         D'avance, merci.

 

Domenech maintenu

 

         Raymond Domenech a été reconnu responsable de la faillite des Bleus lors de l’Euro 2008. Il lui a été reproché de n’avoir pas su réaliser l’osmose entre les jeunes et les anciens et de s’être montré beaucoup trop frileux dans ses schémas tactiques, notamment lors du match contre la Roumanie. Sa communication a été jugée désastreuse et il est le principal artisan de la dégradation de l’image de l’équipe de France, recroquevillée non seulement sur le terrain mais aussi dans son hôtel, transformé en blockhaus. On ne parle même pas de sa demande en mariage, lancée à l’heure de l’enterrement du projet sportif, qui a achevé de le discréditer auprès des supporters.

         Conséquence ?... Il est maintenu à son poste. Voilà en gros le résultat du conclave organisé par les plus hautes instances du football national, chargées de faire toute la lumière sur le plus beau fiasco de l’année.

         N’importe quel patron d’une entreprise privée aurait été débarqué après un tel constat, équivalent à une faute lourde. Une majorité aurait démissionné avant même le verdict afin d’éviter l’infamie. Il faut croire que le monde du ballon rond n’obéit pas à ces règles même si l’on a pu croire que les salaires, généreusement distribués depuis quelques années, avaient imposé la disparition de l’amateurisme et du bénévolat au profit de l’obligation  de résultats.

         Raymond la science repart ainsi pour une nouvelle aventure, avec ses blagues de potache attardé et ses séances de tableau  noir aussi claires que ses jeux de mots. Sur le terrain, il traînait une réputation de défenseur rugueux, dur sur l’homme, sans imagination. Sur le banc, il n’a jamais rien gagné, hormis un contrat juteux et un joli pactole. Mais, selon les explications embarrassées des vénérables représentants du football appelés à se pencher sur son cas, la crainte de casser la dynamique de l’équipe a été déterminante à un moment où les éliminatoires de la Coupe du Monde se profilent.

         Quelle dynamique ?

A.S.

      

 

 

  Jeux Olympiques

 

        Le dalaï Lama a affirmé à de nombreuses reprises son opposition à toute forme de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Considérant que le peuple chinois, par son histoire, mérite d’accueillir l’événement, il a aussi déploré la violence des manifestations qui ont accompagné le passage de la flamme et revendiqué le dialogue entre les deux camps pour tenter de dénouer la crise.

        On aimerait que les partisans d’une ligne plus dure fassent preuve de la même retenue lorsqu’il s’agit de défendre leurs idées. Le spectacle montré à Londres et plus encore à Paris avec des échanges de coups entre forces de l’ordre et protestataires,  des athlètes insultés durant leur relais, des organisateurs désemparés, n’a guère servi la cause des droits de l’homme. Robert Ménard et ses amis de Reporters sans frontières étaient assez fiers de leur opération commando, aidés en cela par des groupuscules altermondialistes et quelques professionnels de l’agitation urbaine. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

         Les Chinois ont quitté la France avec le sentiment conforté que la démocratie telle qu’on la pratique chez nous conduit à l’anarchie et qu’appliquée chez eux, elle mettrait en péril la pérennité du régime. En 1993, alors que j’effectuais un voyage d’études à Pékin et dans d’autres grandes villes du pays, j’avais interrogé mes interlocuteurs sur la liberté telle qu’on la conçoit chez nous. Ils m’avaient répondu approximativement ceci : « Pensez vous pouvoir comparer nos deux peuples. Nous sommes plus d’un milliard et s’il n’y avait pas un minimum d’encadrement, nous serions balayés par un raz-de-marée, en un éclair. Il est par exemple inimaginable que l’on puisse tolérer, comme chez vous, un tel pourcentage de la population au chômage. Nous devons les occuper avec de petits boulots afin d’éviter les émeutes. »

         Sans évidemment cautionner la politique répressive et plus encore les exactions commises au Tibet, on peut quand même s’interroger sur cette fâcheuse manie, des pays occidentaux, à vouloir imposer une vision unilatérale de la démocratie, partout dans le monde. On a pourtant constaté en Irak que cette approche réductrice des choses pouvait provoquer des effets désastreux. La population chinoise s’appuie sur une culture millénaire. On peut lui faire confiance pour trouver d'elle-même,  avec la croissance économique, les clés de l’épanouissement individuel...et de la revendicaiton. 

A.S

   

 

 

 Un scoop curieux

 

             Nicolas Sarkozy a déposé plainte contre le Nouvel Observateur qui a laissé entendre, dans un article sur son site internet, que le président de la République aurait envoyé un texto à son ex, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. Il serait rédigé comme suit :

« Si tu reviens, j’annule tout »

            L’auteur du papier rappelle au passage tous les faits qui tendent à démontrer l’influence toujours exercée par Cécilia sur Nicolas: une bague identique offerte aux deux femmes, un voyage à Pétra, en Jordanie, pour Carla, là où Robert Attias avait accompagné pour la première fois l’ancienne épouse etc…

            Le Nouvel Obs. aura beaucoup de peine à justifier la réalité de ce SMS. Seule Cécilia Sarkozy pourrait en confirmer l’existence, ce qui paraît plus qu’improbable. Cette affaire illustre, au besoin, l’impérieuse nécessité pour les journalistes de ne pas céder à la tentation du scoop facile que les supports d’aujourd’hui favorisent dangereusement. Vérifier l’information, la valider restent des actes incontournables de la profession.

            Mais le plus troublant dans cette curieuse histoire, c’est que le responsable de cette « révélation » ne passe pas pour un joyeux original dans le métier. C’est un homme d’expérience qui connaît toutes les ficelles. Ce qui ajoute à notre perplexité.

A.S

 


Rendez-vous manqué


             L’équipe de France de Bernard Laporte ne sera jamais championne du monde. Ce n’est que justice. Le « sélectionneur-homme d’affaires-secrétaire d’Etat » a disposé de quatre années pleines pour préparer ce rendez-vous avec l’Histoire. Quatre années pleines pour choisir ses hommes, modeler son groupe, définir un style, élaborer une stratégie. 

            Au bout du compte, le jour de l’examen, il a copié sur ses voisins ou plutôt sur ses adversaires. La chance l’a accompagné contre les All Blacks. Elle lui a tourné le dos contre les Anglais.On ne renie pas impunément ses origines.

            Le quinze d’Ovalie a toujours pratiqué un rugby champagne fait de spontanéité et d’improvisations. Celui de Laporte, fort de sa montagne de muscles, a voulu imiter le bœuf de la fable. Il n’a pas joué à la main, il a déjoué au pied. Et dans cet exercice, les sujets de sa gracieuse majesté sont meilleurs que nous. Les grands coups de bottes, ils connaissent. C’est même une seconde nature. En s’évertuant à utiliser les mêmes armes, on a juste fait tout un peu moins bien. Et le génie de Wilkinson a apporté le reste. C'est-à-dire l’élimination frustrante des Bleus.

            Souhaitons au prochain patron de revenir aux fondamentaux, selon l’expression consacrée. Et à Bernard Laporte de se montrer  un peu plus créatif dans sa nouvelle vie.

A.S

           

           

 

 

De l’art du mensonge

 

        Ségolène Royal avait ému la France profonde durant la campagne présidentielle en révélant avec des trémolos dans la voix son rêve secret d’un mariage, dans le cadre paradisiaque de Tahiti. On l’imaginait déjà au bras de son cher François, suivi des quatre enfants du couple, du bonheur plein les yeux. Les violons en fond sonore, les militants du parti pour la claque et l’Elysée en guise de nid douillet. 

        Patatras ! La carte postale n’a duré que le temps du dépouillement des bulletins de vote. Sitôt la défaite consommée, on a rangé les cotillons et les tenues de soirée pour s’habiller d’un quotidien beaucoup plus banal : « tu m’as trompée, je te quitte. »

        Pourquoi nous avoir fait croire à un conte de fées pour midinettes au cœur de cristal alors que la lassitude avait déjà provoqué des dégâts irréparables dans leur relation ? Parce que les militants avaient besoin de s’identifier à une candidate romantique et sincère, décalée par rapport à ce monde de brutes. Qui n’a pas rêvé de dire oui au pied d’une mer turquoise et à l’ombre des cocotiers ? On a ainsi distribué du rêve à bon marché. 

       Ségolène a mis fin elle-même à la supercherie en révélant, au passage, l’infidélité de son compagnon. Le rôle de femme bafouée permettra de gommer plus facilement ce mensonge électoral. 

       Jean-Louis Borloo, à l’inverse, a choisi de dire la vérité en révélant avant l’heure et surtout entre les deux tours des législatives, le projet du gouvernement sur la fameuse TVA sociale. Re-Patatras ! Ses amis le désignent aujourd’hui comme le principal responsable des mauvais scores infligés à la majorité, dimanche. Certains battus ont même la dent très dure pour l’ancien avocat, accusé de diarrhée verbale. 

       Qu’avait-il besoin, selon eux, de fournir des armes aux adversaires en évoquant une réforme soigneusement enfouie dans les cartons, à l’abrides regards indiscrets ? Juppé y a laissé son poste ministériel et peut-être même ses dernières illusions. 

       Bref, pas facile, en politique, de choisir le mot juste au moment opportun. Comme disait un sage : « Un mensonge n’est souvent qu’une vérité qui se trompe de date. » Et vice versa…

 

A.S

 

 

 

BILLET

 

 

  « Complément d’enquête », excellente émission présentée par l’ancien nordiste Benoït Duquesne, était consacrée cette semaine au patrimoine des candidats à l’élection présidentielle. Les journalistes n’avaient pas lésiné sur les moyens pour dénicher la résidence secondaire sous-évaluée par tel candidat (ou candidate), les travaux sous facturés par un promoteur généreux ou le patrimoine dissimulé derrière la façade légale et bio d’exploitant agricole.

    Mais là n’était pas l’essentiel. La constante des reportages reposait sur les témoignages embarrassés des uns et des autres, confrontés au zoom indiscret d’une caméra chargée de pénétrer au fin fond du bas de laine. Et chacun de s’évertuer à minorer son pécule avec des accents de sincérité à faire pleurer dans les chaumières des érémistes les plus endurcis. « Moi je dispose d’une vieille Clio fatiguée et de quelques euros à la Caisse d’Epargne… » - « Et moi, d’un petit studio à tout faire en banlieue… » - « Et moi, d’une vieille baraque héritée de mes pauvres parents… » On se serait cru chez les Don Quichotte, en face du parvis de l’église Saint-Maurice.

    Dans ce hit parade du plus démuni, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jean-Marie le Pen se révélèrent les plus mauvais élèves, comme le fit remarquer le commentaire, puisqu’ils furent tous trois pris en flagrant délit d’assujettissement à l’ISF. Scandale.

    J’avoue ne pas toujours bien comprendre le but de la démonstration dans ces émissions de grand déballage public. En bon électeur moyen, je serais plutôt enclin, au moment de glisser le nom de mon favori dans l’urne, à choisir celui qui me paraît le plus apte à gérer le pays. C'est-à-dire celui qui s’appuie sur un parcours réussi, sur une progression sociale harmonieuse, sur des succès indiscutables. Puisqu’il me faut confier l’argent de ma contribution citoyenne à l’Etat, autant que l’homme qui l’incarne soit capable de le faire fructifier.

    Mais il faut croire que chez les politiques, ces règles élémentaires n’ont pas cours. Il est de bon ton, au contraire, de partager la misère, de s’habiller d’indigence, d’être solidaire dans le dénuement. La France est morose, alors cachons nos joies perverses ! Quitte à diaboliser le sage Confucius qui écrivait : « quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent. »

 

André Soleau

 

 

 

BILLET

 

Jacques Chirac va quitter la scène politique pour entrer de plain-pied dans l’Histoire. La retenue dont fait preuve une majorité de ses ex-adversaires, à l’heure de commenter son départ, démontre au besoin qu’il n’appartient déjà plus au monde des actifs. Issue prévisible mais cruelle pour un homme qui a consacré quarante années de sa vie à lutter pour ses convictions et qui aurait sans doute aimé prolonger son bail à l’Elysée si ses amis ne s’étaient pas volatilisés un à un, ces derniers mois, à la recherche d’une nouvelle locomotive.

Le successeur de Mitterrand a fait le bonheur des humoristes. Son image fut longtemps celle d’un grand benêt, emprunté devant les caméras de télévision, peu cultivé et mal entouré. Les clichés furent sans pitié. La chope à la main, la tête de veau dans l’assiette, on le croquait volontiers béat d’admiration devant le cul des vaches ou celui des sumos. Et l’on ne compte plus ses bourdes abracadabrantesques, de la dissolution de l’assemblée au rejet de la constitution européenne.

Ajoutez à cela une pincée de trahison à l’égard de Giscard, un zeste d’affaires douteuses à la mairie de Paris, un soupçon de dépenses somptuaires au château et quelques aventures galantes ici ou là et tout est dit.

Ce portrait au vitriol se patinera avec le temps. Les traits s’atténueront et certains se risqueront à rappeler sa passion pour les arts premiers, sa lutte sans merci contre le racisme et les partis extrémistes, son engagement pour la grande bataille écologique qui s’annonce, son affection affichée pour les pays en voie de développement et bien entendu son audace pour envoyer paître Bush et sa croisade en Irak.

Plus tard encore, d’autres loueront son courage d’avoir mis l’état français à l’index pour sa responsabilité directe dans la déportation des juifs, en 1940, et même ses compétences en matière de réformes après avoir été le premier à inverser la courbe du chômage.

Où est la vérité ? Elle se situe bien souvent à mi-chemin entre le présent et l’avenir. Elle est « fille du temps ».

 

 André Soleau

 

 

Vente

 

Le livre "La Voix du Nord - La grande braderie" est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur commande, chez l'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris.

(http://www.editions-harmattan.fr)

 

La librairie Au Passe-Temps d'Avesnes-sur-Helpe continue elle aussi à assurer la promotion du livre qui est désormais  en vente à Auchan..

 

Revue de presse

 

Les Echos - jeudi 14 décembre 2006.

Idées

« LA VOIX DU NORD » - LA GRANDE BRADERIE

 

Perte d'identité d'un quotidien

 

Les multiples tractations qui, au fil des OPA, ont abouti à la grande braderie de « La Voix du Nord ».

Ce livre passionnant revient sur les turbulences qui, depuis 1998, ont vu « La Voix du Nord » changer quatre fois de mains. André Soleau, son directeur jusqu'en janvier 2005, quand il préféra quitter son poste car il « ne se reconnaissait plus dans ce qu'on était en train de faire de cette entreprise », y révèle les turpitudes qui ont secoué le quotidien depuis vingt ans. Une première OPA menée en 1988 par trois hommes d'affaires lillois conduit à un rachat de l'entreprise par ses salariés l'année suivante et à la constitution du holding VNI (Voix du Nord Investissement), dont un petit noyau de cadres détient la majorité du capital. Un capital mal verrouillé qui sera, dix ans plus tard, l'objet d'une deuxième OPA de la part d'un actionnaire minoritaire, administrateur, qui, victime d'une vexation, en fera une vraie croisade. La Socpresse fait très vite de cet actionnaire un cheval de Troie pour s'emparer du journal. Yves de Chaisemartin, devenu PDG du groupe Hersant, utilise le paravent du groupe belge Rossel - où la Socpresse détient alors 40 % du capital - pour devenir en 1998 l'actionnaire de référence de VNI. La Socpresse, qui sort du bois en 2000, est ensuite rachetée par Serge Dassault, qui reste un an propriétaire de « La Voix du Nord ». Avant de revendre le groupe à... Rossel. Retour à la case départ. Mais jusqu'à quand ?, s'interroge André Soleau. On apprend ainsi, au détour des pages, que Michel Nozières, l'actuel président du journal et du groupe, et Yves de Chaisemartin, n'auraient pas renoncé à récupérer les morceaux de l'empire Socpresse. « L'avenir dira si cette hypothèse ne se vérifie pas un jour », confie aux « Echos » l'auteur du livre.

 

Un homme déçu

 

Par cet ouvrage, il a voulu relater « comment on est arrivé à la perte d'indépendance du journal, de son âme et de son identité ». Personne n'est épargné : ni les ex-dirigeants, ni les actuels, ni les syndicats, incapables de « se remettre en question ». Il raconte les tractations menées ces dernières années par des hommes « plus avides de pouvoir que de bien pour le journal ».

Ce livre est aussi l'histoire d'un homme, déçu et blessé par la trahison de certains de ses collaborateurs, mais également celle d'une belle ascension sociale. Entré en 1972 comme employé pour vendre des encarts de publicité pour la locale d'Avesnes-sur-Helpe, André Soleau se retrouve, trente ans plus tard, en 1995, directeur du journal. Entre temps, il a été localier, journaliste sportif, chef du service des sports et rédacteur en chef. Son seul regret aujourd'hui est d'avoir contribué avec les autres dirigeants à laisser fuir la mémoire du journal au cours des quatre clauses de cession qui ont vu partir 170 journalistes. De même déplore-t-il que le conseil de surveillance et le directoire, dont il faisait partie, « n'aient pas réagi plus fermement face à l'OPA de 1998 », dont découle la situation actuelle : « une grande braderie ».

 

NICOLE BUYSE

 

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Site du club de la presse - 15 décembre 2006

 

André Soleau raconte « la grande braderie » de « La Voix du Nord »

 

A l’occasion de l’ouverture à Lille d’une librairie par l’éditeur L’Harmattan (35, rue Basse), André Soleau y dédicacera mercredi 20 décembre (de 17h à 21h) son livre « La Voix du Nord. La grande braderie », paru au début du mois chez ce même éditeur. André Soleau raconte notamment son parcours au sein du quotidien régional, qui l’a amené du poste d’employé à la publicité dans le secteur de Fourmies à celui de journaliste sportif en 1980, pour devenir ensuite rédacteur en chef de La Voix des Sports, puis de La Voix du Nord, avant d’accéder à la haute direction du journal : directeur général adjoint, directeur général et enfin directeur général du groupe, en 2004. Une fonction éphémère puisqu’André Soleau démissionnait, après négociation, peu de temps après la prise de pouvoir de Serge Dassault dans le groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), auquel appartenait alors La Voix du Nord. C’est d’ailleurs une « perte d’indépendance », conséquence de quatre rachats successifs, qu’André Soleau explique vouloir dénoncer dans son ouvrage.

Les propos de l’ancien directeur général du groupe devraient faire grincer quelques dents. Outre les violents emportements de Jean-Louis Prévost, il présente aussi sa version des relations entre la direction du journal et les syndicats, souvent acide pour ces derniers. Il n’est pas tendre non plus envers certains anciens collègues, toujours hauts cadres en poste. Ni sur le cas de Nord Eclair, dont il estime que la survie s’est faite au détriment de moyens financiers propres à La Voix du Nord.

 

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Les Gaillards d'avant - janvier 2007

 

Ancien DG de La Voix,

André Soleau dit sa vérité

  

Depuis décembre « La Voix du Nord : la grande braderie » est le livre de chevet des milieux qui, dans notre région, touchent à la presse… En effet, il est plutôt rare de découvrir la vie d’un journal et de ses acteurs sous la plume de celui qui en fut le patron ! C’est pourtant l’exercice d’André Soleau dans un témoignage qui a le mérite de la rareté. Il avait prévenu : ce livre il y tenait ; aussi l’a-t-il écrit quelques mois seulement après avoir tiré le rideau sur ce qui fut toute sa vie.

Jeunesse passée à Avesnes-sur-Helpe, arrivée (1972) au quotidien comme employé sur route à la pub… lui qui rêvait de journalisme sportif, un but qu’il atteindra huit ans plus tard, à Maubeuge puis à Lille où l’ascenseur social le hissera jusqu’au 5e étage de la Grand’ Place ! Sont donc contées les étapes de cet itinéraire personnel qui se confond avec l’histoire des trente dernières années de l’entreprise. Les anciens retrouveront au fil des chapitres les événements de leur carrière, racontés par André Soleau qui, bien sur, dit sa vérité sur les choses et les hommes qui firent La Voix. Y compris sur ses dirigeants et la plume - parfois scalpel – brosse les portraits sans concession de ceux dont dépendait le destin de l’ex- 3equotidien de France ! Joli gâchis quand on observe ce qu’il advint finalement du fleuron… C’est ce qu’aborde le dernier tiers du livre, les plus douloureuses pages pour l’auteur (qui fera même un grave accident de santé) et pour tous les « Voix du Nord », révoltés que leur journal soit terrassé… sur « tapis vert » seulement par les intrigues financières et les stratégies personnelles.

Reste à André Soleau à confirmer, à 57 ans, cette carrière naissante d’écrivain. Le style est là.

 

Les gaillards d'avant

 

Silence, on ne tourne pas
 
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