Biographie

André SOLEAU
 
·  Né le 29 décembre 1949
·  Entré à La Voix du Nord en 1972 
·  Journaliste en 1980 
·  Grand reporter en 1983
·  Rédacteur en chef de La Voix des Sports en 1989
·  Rédacteur en chef et éditorialiste de La Voix du Nord en 1991
·  Directeur général adjoint en 1995
·  Directeur général du journal en 1998
·  Directeur général du groupe en 2004.
 
Parallèlement :
 
·  Vice-président du directoire et administrateur de La Voix du Nord
·  Président de Nord-Eclair, de Presse-Nord, de la SIA, de PGLM
·  Administrateur de La Voix-L’étudiant, de Répondances…
·  Censeur du Courrier Picard
 
Quitte volontairement le groupe en 2005 après son rachat par Serge Dassault.

Commentaires Récents

Dimanche 25 janvier 2009 7 25 /01 /2009 00:15

On se souvient des manifestations de grande ampleur qui avaient secoué la Grèce à la fin de l’année 2008. Après la mort d’un étudiant, Alexis, tué par un policier, le pays tout entier avait été secoué par des heurts extrêmement violents entre jeunes et forces de l’ordre. Vitrines brisées, incendies, scènes d’émeutes s’étaient propagés dans les grandes villes, par un élan spontané qui avait inquiété l’Europe.

            La période des fêtes a peut-être calmé le jeu du côté d’Athènes. Mais le feu n’est pas pour autant éteint et une espèce de climat insurrectionnel semble prendre forme ici et là. Par exemple en Islande où des milliers de personnes sont descendues dans les rues, chose inimaginable sur cette île réputée paisible, pour réclamer la tête des dirigeants, responsables de la crise et de la quasi faillite du pays. La police a dû faire usage de gaz lacrymogènes afin de mettre un terme passager ( ?) aux échauffourées qui s’amplifiaient dangereusement. Une première depuis plus d'un demi-siècle.

            En Guadeloupe ou en Guyane, des grèves ont éclaté contre la vie chère avec, là encore, des saccages organisés. On assiste d’ailleurs à une nouvelle forme de contestation avec le pillage des supermarchés ; un exercice qui pourrait bien se reproduire ailleurs tant la tentation est grande de se servir là où l’abondance de biens peut être parfois considérée comme une provocation.

            En France, la chaudière n’a pas encore explosé mais le climat est tendu et une simple étincelle pourrait servir de détonateur, sans même que les organisations syndicales aient à initier le mouvement. Le dernier incident, à la gare Saint-Lazare, est à ce sujet révélateur. Vendredi après-midi, l’ensemble des trains a cessé de circuler entre 17h30 et 19h30 à cause d’un accident grave dont a été victime une femme tombée sur les voies. Cela a suffi pour exciter les esprits, il est vrai chauffés à blanc après les grèves à répétition des semaines précédentes. Là comme ailleurs, les vitres ont explosé et les policiers ont été pris à partie par la foule.

            Tout se passe comme si nous traversions des turbulences à répétition qui précéderaient un cycle prérévolutionnaire. Et l’on peut penser que la perte brutale de nos repères fondamentaux, due à une crise dont on peine à mesurer les effets à long terme, n’est pas étrangère à cette poussée de fièvre planétaire. A voir les milliards d’euros voler au-dessus des têtes, le système économique se lézarder de tous les côtés, les licenciements se multiplier au fur et à mesure des faillites d’entreprises, le bon peuple sort ses griffes.

            On ne saurait trop conseiller à nos gouvernants un devoir d’exemplarité durant cette période à hauts risques. En fin politique, Sarkozy l’a d’ailleurs bien compris qui fait publiquement la chasse aux parachutes dorés et autres bonus réservés à une minorité de privilégiés. Rien n’est en effet plus dangereux que la désespérance doublée d’un sentiment d’injustice.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /2009 10:57

Le 20 janvier 2001, George W Bush devient officiellement le 43e président des Etats-Unis. Huit années plus tard, il quitte la Maison blanche sur la pointe des pieds, soutenu par moins de 20% de supporters qui regrettent son départ.

            Entre ces deux dates, une succession de mauvais choix et d’événements catastrophiques le désignent comme l’un des pires responsables politiques de toute l’Histoire des USA. Rappelons pour mémoire le rejet du protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre (29 mars 2001) qui lui vaut d’être catalogué parmi les plus grands pollueurs par une population mondiale de plus en plus sensible à l’avenir de la planète.

Vient ensuite le 11 septembre de la même année : la fin d’un mythe, celui d’une Amérique invulnérable, flamboyante et dominatrice, celle de Hollywood et des grosses voitures couvertes de chrome étincelant. Dans la foulée, le déclenchement de guerres mal préparées, en Afghanistan et en Irak, lesquelles révèlent rapidement son inconsistance et surtout son manque de vision. Et pour terminer, une crise financière sur fond de spéculations et même d’escroqueries qui menace, par son ampleur, l’équilibre économique de tous les continents. On peut difficilement présenter un bilan plus calamiteux.

            De ces huit années noires, le seul rayon de soleil de ce fils sous doué de la famille Bush, c’est cette réélection miraculeuse et incompréhensible face à John Kerry. Avec près de 59 millions de votes favorables, il avait obtenu l’un des scores les plus flatteurs de toutes les élections présidentielles made in USA. Chacun préfère, aujourd’hui, oublier cet épisode funeste.

            Pourtant, George W Bush peut se targuer d’une autre prouesse. Par son incompétence et par son aveuglement, il a sans doute favorisé la victoire de Barack Obama, le premier homme de couleur à décrocher la timbale. Il n’est pas sûr, en effet, qu’une majorité d’Américains eût franchi aussi allègrement le pas sans cet effet de balancier qui va du rejet de l’un au plébiscite de l’autre.

            Bush symbolisait le radicalisme et la morgue d’un pays bâti sur fond d’expropriations par la force, de racisme et d’esclavage. Celui du coup de feu facile, de l’assassinat politique impuni, de l’obscurantisme religieux, du diktat économique et de l’interventionnisme militaire. Il a failli et, avec lui, toutes les valeurs qu’il légitimait. D’un coup, les Américains ont compris que Washington n’était plus le centre de la terre et que le mot démocratie tel que le concevait les Républicains n’était pas forcément exportable sans précaution.

            Ils ont élu Obama pour mieux tourner le dos à une aventure malheureuse, avec peut-être, de temps à autre, un sentiment de culpabilité qui les titille les soirs de déprime. Ils l’ont élu comme on coupe une branche malade, avec l’espoir que le mal qui les ronge de l’intérieur n’ait pas encore atteint les parties vitales. Ils l’ont élu pour récupérer un permis de rêver.

            Barack Obama sait tout cela. En empruntant les traces d’Abraham Lincoln ou de Martin Luther King avant même son investiture, mardi, il écrit déjà sa propre légende. Il est vrai qu’il n’aura pas trop du soutien des icônes du passé pour affronter les tourments du futur, cet héritage piégé laissé par George W Bush.

            André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /2009 12:27

Les Israéliens veulent en finir à Gaza. La troisième phase de l’opération « Plomb durci », qui prévoit l’arrivée en masse de milliers de réservistes pour éliminer toutes les poches de résistance tenues par les combattants du Hamas, est imminente malgré les appels à la retenue de la communauté internationale. Tsahal ne les entend pas. Le bruit des canons couvre les cris des pacifistes.

            Ce conflit échappe à notre raison. Sans doute parce que les Occidentaux ont du mal à cerner cette haine ancestrale qui sépare deux peuples voisins. Ils la réduisent intellectuellement à l’extrémisme aveugle des uns et à la répression glaciale des autres. Tous ces morts ne sont que la résultante d’une fatalité historique qui durera jusqu’à la fin des siècles. Et c’est avec lassitude qu’ils lèvent les bras au ciel lorsqu’on évoque les 850 morts pris sous un déluge de feu, en quelques jours.

            La réalité est un peu plus subtile. Israël a accumulé les déboires ces dernières années et son avenir s’inscrit en pointillé dans un environnement de plus en plus hostile. Politiquement, la disparition prématurée d’Ariel Sharon, plongé dans le coma après une attaque cérébrale, a laissé un vide sidéral que n’a pas su combler son successeur Ehud Olmert, empêtré dans des affaires de corruption. La proximité des élections et l’ombre menaçante du faucon Benjamin Netanyahou ne font qu’ajouter aux doutes actuels. Militairement, ce n’est pas mieux. L’expédition au sud Liban et le demi-échec enregistré contre le Hezbollah ont été durement ressentis par l’opinion publique. Pris en tenaille, Israël doit également faire face à la menace grandissante de l’Iran et au travail de sape de la Syrie qui alimentent tous deux ses ennemis en matériel de plus en plus sophistiqué. Tout cela, au moment où le protecteur naturel américain traverse une crise profonde et que le futur président Barack Obama affiche une étrange passivité sur le sujet, se réfugiant derrière l’attente de son entrée officielle à la Maison Blanche.

            Les Israéliens donnent ainsi l’impression de se lancer à corps perdu dans une guerre rédemptrice, destinée à la fois à les  nettoyer de toutes les souillures d’un passé récent, à cimenter plus fortement le sentiment nationaliste aujourd’hui lézardé et à éliminer un arsenal qui hypothèque gravement leur futur.

            Le Hamas trouve lui aussi intérêt à lutter. N’oublions pas qu’il est né du revirement politique de l’OLP de Yasser Arafat, qui abandonna sa tenue de combat pour endosser le costume de diplomate et serrer la main de l’ennemi héréditaire. Ses dirigeants ont pris le contrôle de Gaza par un coup de force, aux dépens des modérés du Fatah, et ils puisent leur légitimité dans le culte du martyre. Chaque fois que le processus de paix est engagé, ils perdent comme par enchantement leur vitalité.

            Au milieu des deux camps armés, se terre cette population civile, tenue en cage dans une bande de 40 Km de long et de 10 km de large où s’entassent 1.500.000  personnes prises au piège. Elles ne peuvent pas s’enfuir, adossées à la mer et coincées entre les frontières de l’Egypte et d’Israël. Elles vivent sans eau potable, sans électricité. Le réseau d’égouts est inexistant. Le choléra sévit. Le chômage se situe à près de 40% et 70% d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté avec un peu plus de un dollar par jour. C’est la plus forte densité de population au monde avec 3850 habitants au kilomètre carré. Le désoeuvrement, la pauvreté, la peur, la promiscuité constituent leur quotidien.

            Ces pauvres hères sont les otages de la folie des hommes. Ils sont aussi, paradoxalement, leur seule issue possible dans la mesure où Israël, malgré sa supériorité militaire,  ne pourra pas gagner cette guerre avec les armes. Le désespoir est en effet un réservoir inépuisable du terrorisme.

 André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 4 janvier 2009 7 04 /01 /2009 09:06

L’information est tombée le 1er janvier de cette nouvelle année, aussi laconique qu’une carte de vœux rédigée sur Internet : 1147 véhicules ont été incendiés durant la nuit de la Saint Sylvestre, soit une augmentation de plus de 30% par rapport à l’an dernier.

            Un moment pris de court par cette révélation embarrassante, les membres du gouvernement se sont ensuite empressés de réagir afin de donner un peu plus de chair au bilan. Le ministère de l’Intérieur a d’abord affirmé que cette nuit traditionnellement agitée avait été plutôt calme ( !) puisque aucun incident notable n’avait été enregistré. Puis, le porte-parole de Michèle Alliot-Marie a carrément laissé entendre que les nouvelles dispositions prises par les assureurs, pour mieux indemniser les victimes, avaient peut-être incité certaines personnes à mettre le feu à leur propre voiture. Autrement dit, les tricheurs auraient « brûlé » la politesse aux casseurs et aux incendiaires.

            Cette communication pour le moins maladroite réjouira, n’en doutons pas, tous les braves gens qui se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de se déplacer, par la faute d’une poignée d’irresponsables qui s’amusent à remplacer les pétards de notre enfance par des feux de joie. Et l’on souhaite beaucoup de courage et de psychologie aux enquêteurs chargés de s’enquérir auprès de tous les ouvriers et employés qui ont vu leur bien partir en fumée et qui devront jurer, la main sur le cœur, qu’ils n’ont pas laissé traîner un briquet allumé sur la banquette arrière.

            Ces communiqués à l’emporte-pièce témoignent d’une réalité autrement plus consternante. C’est l’incapacité de nos gouvernants à enrayer un phénomène qui tient plus au fait de société qu’au fait divers. Environ quarante mille véhicules sont en effet réduits en cendres chaque année, victimes de cette espèce de surenchère qui excite quelques bandes de désoeuvrés en mal d’émotions fortes. On brûle l’un des symboles de la société de consommation, dans une espèce de rituel nocturne, tel un défi à l’ordre établi. De Strasbourg à Nantes, de Lille à Marseille, on coche ses trophées avec une frénésie imbécile et l’on compare son score à ceux des autres bandes. Le premier à l’indice des zozos pyromanes a gagné la reconnaissance de ses pairs.

            Le plus grave, c’est que le mal se propage. Des banlieues, il a gagné les principaux centres urbains pour, aujourd’hui, apparaître dans les campagnes. En toute impunité ou presque puisque seuls 288 étourdis ont été interpellés, cette fameuse nuit du 31 décembre.

            Nicolas Sarkozy a menacé les incendiaires de les interdire de passer leur permis de conduire « aussi longtemps que la victime des faits ou le fonds de garantie n’a pas été indemnisé en totalité ». Des mots ! En attendant, la fête est finie, les  guirlandes vont être décrochées et les piétons forcés de l’an neuf devront s’armer de patience et de bonnes chaussures.

André Soleau

 

Par André SOLEAU
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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /2008 10:53

Au moment où l’année 2008 vit ses derniers instants, il est tentant de s’interroger sur le fait le plus marquant de ce millésime.

            Beaucoup plébisciteront sans aucun doute la crise qui a démarré aux Etats-Unis et qui a déferlé sur tous les continents à la vitesse d’un tsunami. Sa violence a été telle qu’il est difficile, aujourd’hui encore, d’en mesurer les effets. Mais l’on sait déjà que 2009 en portera les stigmates. Et même si la force de ce monde moderne en perpétuelle mutation réside dans sa capacité d’oubli, il n’est pas non plus absurde d’imaginer un changement profond du système, une fois l’onde de choc retombée.

            Le capitalisme tel qu’on l’a vécu reposait sur une dynamique forte qui tirait les économies vers le haut. Il s’appuyait sur des hommes d’entreprise qui ne craignaient pas d’investir pour anticiper les évolutions de la consommation ou même pour créer d’autres besoins. Le pendant à cette marche en avant parfois déstabilisatrice pour le personnel, c’était un socle de valeurs fortes quasi immuable composé de la confiance, de l’équité, du respect, de la morale.

            L’équilibre était fragile. Sans remonter à 1929, des crises secouaient régulièrement l’édifice. Les reconversions indispensables prenaient parfois l’allure d’une opération survie, avec des plans de restructuration drastiques et des remises en question individuelles douloureuses. Notre région sait mieux qui quiconque le prix à payer pour s’adapter et rester dans la course.

            Mais cela fonctionnait et aurait pu durer longtemps. A condition de préserver les principes fondateurs. Mais l’homme est ainsi fait qu’il ne se satisfait jamais de l’essentiel. Il lui en fallait plus, toujours plus. Le libéralisme sauvage s’est peu à peu imposé comme une évidence pour ces cerveaux brillants, avec son cortège de tueurs de coûts, de destructeurs d’emplois, de délocalisations multiples, le tout donnant naissance à une nouvelle économie reposant, non plus sur l’effort et le partage, mais sur la spéculation et la finance dévoyée.

            Le résultat est à la mesure de l’imprudence. Tout s’est écroulé comme un château de cartes. D’immenses groupes ont disparu du paysage, emportés par cette course au trésor factice. Des fortunes ont été englouties. Le tissu des PME-PMI est asphyxié par manque de liquidités. Et lorsque les riches s’appauvrissent, les pauvres trinquent. Le chômage a repris, si l’on peut dire, son travail de sape. La croissance est en berne, le pouvoir d’achat également.

            Par la faute de quelques esprits retors, nous sommes allés au bout du chemin, derrière le miroir, pour voir si l’herbe pouvait pousser sans semence. Il nous reste à faire demi tour. Tout nous y invite, aujourd’hui. L’urgence de la situation, les faillites en cascade, l’état de la planète, les risques sociaux, les inégalités,  la colère sourde de ceux qui ont faim. Ce n’est pas un vœu mais une nécessité absolue.

André Soleau

             

Par André SOLEAU
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Samedi 20 décembre 2008 6 20 /12 /2008 12:08

Il y a encore quelques mois, l’automobiliste était considéré comme un paria qui devait changer de comportement au sein d’une société se voulant vertueuse. Principal moteur de la pollution et du réchauffement de la planète, on voulait le chasser des villes au profit des transports en commun. On stigmatisait les individualistes forcenés qui refusaient de se plier aux règles de bonne conduite, c’est à dire du covoiturage. On applaudissait à la hausse des carburants qui avait le grand mérite de frapper ces inconscients au porte-monnaie. On promettait de doubler le nombre de radars fixes afin d’accentuer la pression. On sortait l’arsenal répressif de la double peine, avec le PV et les points perdus pour chaque infraction ; pas moins de 100.000 permis se sont ainsi évaporés en 2008.

            Les messages ont été entendus. La crise est peut-être passée par là. La consommation de carburant, en novembre, a diminué de plus de 12 % par rapport à la même période de l’an dernier, malgré un prix à la pompe qui évolue à son plus bas niveau depuis 2005. Les ventes se sont effondrées et elles frappent toutes les marques. Le phénomène tend à se généraliser puisque l’Europe entière est touchée et que les géants américains comme Ford, Général Motors ou Chrysler sont menacés purement et simplement de faillite.

            Du coup, nos gouvernants se grattent le menton et commencent à s’inquiéter. La filière auto, c’est un peu comme le bâtiment : quand elle tousse, c’est le pays qui s’enrhume. Les pourfendeurs d’hier font leurs comptes. Ils s’aperçoivent que les emplois directs ou induits se comptent par millions de par le monde. Qu’en France, ils représentent près de 700.000 salariés dont plus de 50.000 pour le seul Nord – Pas-de-calais. Que notre région, dévastée par la disparition des piliers industriels que furent le textile, le charbon ou la sidérurgie, puis régénérée par sa faculté à réussir sa reconversion dans l'automobile, est à nouveau au bord du précipice. MCA, Toyota, Peugeot SA, Valeo, la Française de Mécanique, Sevelnord…tous ces fleurons de la nouvelle économie, sont gravement touchés.

            Aux grands maux, les grands remèdes ! Face à ce constat, l’automobiliste redevient fréquentable. On glisse une prime à la casse sous le sapin de Noël pour relancer la consommation. Le gouvernement veut une nouvelle fois casser sa tirelire pour distribuer ses milliards d’euros (?)  aux constructeurs en difficulté. Certains concessionnaires vont même jusqu’à proposer deux voitures pour le prix d’une. A ce rythme là, on pourrait doubler le parc en quelques années.  

            Certes, on n’ira pas jusqu’à démonter les radars ou restituer les permis de conduire aux contrevenants. Mais de savoir que nous pouvons, tous, à nouveau tourner la clé de contact sans culpabiliser, voilà qui nous aidera à passer de meilleures fêtes.

            Joyeux Noël à toutes les vaches à lait du volant, pour un temps réhabilitées.

André Soleau

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Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /2008 11:54

A l’approche des fêtes de fin d’année, même les adultes aimeraient croire au Père Noël. Il n’est qu’à voir ces maisons parées de mille feux dans chaque village de nos campagnes pour s’apercevoir que l’on garde, au fond de nous, un  peu de notre âme d’enfant. Malheureusement, il faut  consentir de plus en plus d’efforts d’imagination pour entretenir la magie de l’instant.

            L’actualité nous ramène en effet, constamment, à la dure réalité des temps de crise. Crise financière bien sûr avec une bourse qui fait le yoyo entre le mauvais et le pire, crise économique avec des pans entiers de notre industrie qui menacent de s’effondrer, à commencer par le secteur automobile, crise sociale, avec des tombereaux de salariés jetés dehors des entreprises au nom d’une rentabilité à préserver coûte que coûte.

            Tout cela, on connaît et ne nous donne pas envie de rêver, le nez dans les étoiles, fussent elles argentées ou dorées. Mais il y a pire. La crise morale, plus perverse parce qu’elle fait bouger le curseur sur l’échelle des valeurs, parce qu’elle nous tire irrésistiblement vers le bas, parce qu’elle bouleverse nos repères.

            Un exemple ? Prenons le cas de ce supporter marseillais, Santos Mirasierra, condamné en première instance à trois ans et demi de prison pour violence sur les forces de l’ordre par la justice espagnole, au cours du match Atletico Madrid – Marseille. Que la peine ait été d’une extrême sévérité dans la mesure où les images n’apportent pas la preuve qu’il est bien l’auteur du jet de la chaise qui a blessé le policier, c’est possible. Mais qu’on en fasse le symbole d’une cause nationale, la victime innocente d’une machination judiciaire, c’est tout bonnement malsain.

             Le bon Santos, notre Bétancourt marseillais, a bien été en première ligne pendant les échauffourées et on le voit nettement empoigner un représentant de l’ordre qui lui tourne le dos. Un comportement qui ne méritait pas d’en faire une star médiatique. Or, Santos Mirasierra a été accueilli par le consul de France à sa sortie de prison, libéré après une caution réglée par on ne sait trop qui. Un avion a été affrété par le club de l’O.M pour aller le chercher à Madrid, avec le responsable de la sécurité à bord. Et il a eu droit à un accueil triomphal, les poings levés, photographié et filmé sous toutes les coutures pendant les retrouvailles avec ses proches. Ribéry, Zidane et d’autres se sont prononcés en sa faveur. Le président Pape Diouf a pris le micro au stade vélodrome pour plaider sa cause. Il ne lui manque plus que la médaille d’honneur de la ville.

            A ce moment précis, comment ne pas songer au gendarme Daniel Nivel, agressé il y a juste dix ans aux abords du stade Bollaert à Lens, par des hooligans allemands, condamné à vie à un état de dépendance après un coma de six mois. Ses agresseurs sont depuis longtemps libres et ont repris une vie normale. Lui, semi hémiplégique, doit être aidé pour tous les gestes de la vie courante. IL a été oublié, effacé de la société des bien portants pour un match de football. Tous ceux qui ont fait de Mirasierra un héros auraient été bien inspirés de retrouver un peu de mémoire et donc de décence.

            On pourrait évoquer également Bernard Madoff, présenté pendant des décennies comme le prince de la finance à Wall Street, libéré après avoir payé une caution de dix millions de dollars ( !), alors que le montant de la fraude qu’il a initiée atteint 50 milliards de dollars. Combien de chômeurs en puissance devront leur infortune à ces banquiers gogos qui préfèrent prêter l’argent à des escrocs portant beau plutôt qu’à des entrepreneurs en manque de liquidités.

            Dans un autre registre, on pourrait gratter du côté du monde politique avec ces nouvelles affaires malodorantes. A l’image de Nicolas Sarkozy qui, selon Bruno Julliard, l’ex-leader de l’Unef, l’aurait personnellement encouragé à poursuivre l’action contre le CPE de Villepin, au mépris de toute solidarité gouvernementale. Ou encore Rachida Dati, menacée de perdre son maroquin en 2009 et qui aurait laissé entendre qu’elle pourrait se mettre à table à propos de la gestion de son cher président à Neuilly.

            Mais nous approchons de Noël. Et ce n’est pas parce qu’on a cessé de croire qu’il faut négliger nos enfants et remplacer les jolis contes par de sales histoires. Ils sont tellement innocents avant de vieillir.

André Soleau

Par André SOLEAU
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Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 09:40

                                              Martine Aubry et Ségolène Royal n’ont pas attendu longtemps avant d’entamer leur bras de fer. Dès la présentation de son équipe, la maire de Lille a annoncé la couleur en ne proposant aucun poste à sa rivale. Ce qui revient à dire que la moitié des électeurs du Parti socialiste a été ignorée dans la répartition. On ne pouvait pas être plus clair.

            Il est un fait que Mme Royal, la grande battue du congrès de Reims, a provoqué cette mise à l’écart en exigeant la présidence nationale des élus socialistes et républicains (Fneser) pour elle-même et la place de numéro deux du parti pour son bras droit, Vincent Peillon. Par cette manœuvre, elle obligeait Mme Aubry à prendre la responsabilité de la cassure d’autant que celle-ci devait prioritairement distribuer les accessits à ses alliés, Delanoë, Hamon et autre Montebourg.

            Martine Aubry aurait pu déjouer le piège en usant de diplomatie. Elle ne l’a pas fait. Au contraire, en se montrant inflexible sur certains sujets, par exemple en rejetant sans ménagement toute idée de rapprochement avec le Modem de François Bayrou, elle a attisé le feu allumé par Ségolène Royal. Ces deux tempéraments bouillants voulaient en découdre quelles que soient les conséquences de l’affrontement.

            Ceux qui refusaient l’évidence en sont pour leurs frais. Le Parti socialiste est bel et bien coupé en deux et l’unité de façade qui prévalait avant les élections présidentielles a volé en éclats. Nul n’est en mesure, aujourd’hui, de mesurer la magnitude du séisme mais l’on reste confondu par le jusqu’au-boutisme de ces deux femmes qui, rappelons le au passage, portent la même couleur politique.

            Nicolas Sarkozy pourrait s’en réjouir. Mais il a d’autres chats à fouetter occupé qu’il est dans un bras de fer d’une autre envergure, face à la Chine. Sa rencontre avec le dalaï-lama a redonné une nouvelle vigueur aux sentiments anti-français qui avaient agité Pékin au moment du passage de la flamme olympique à Paris. Une fois encore, il est question de boycott économique à grande échelle.

            Le président de la République n’a pas cédé et c’est heureux. Mais on peut s’interroger sur l’opportunité de se mettre dans de tels draps. Les autres grands dirigeants du monde ont tous rencontré le chef spirituel tibétain sans susciter une telle polémique. Certes, l’association Reporters sans frontières de Robert Ménard n’a pas contribué à faciliter le dialogue. Mais la posture de Sarkozy, dressé sur ses talonnettes tel un coq de combat, en fait une cible idéale. D’autant qu’il n’était pas sans ignorer la portée symbolique de son rendez-vous, tenu durant son mandat de président de l’Union Européenne.

            Sarkozy n’a pas pris en compte l’amour propre des Chinois qui ont horreur de perdre la face. Comme les dames du PS, son ego l’a emporté sur la diplomatie. Là où il aurait fallu de la discrétion et du doigté, il a choisi les caméras de télévision à Gdansk. Nos politiques sont décidément de grands enfants.
André Soleau

Par André SOLEAU
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 11:17

 Martine Aubry n’a pas hérité du Parti socialiste. Fidèle à sa réputation de pitbull, elle est allée le chercher avec les crocs. Il lui a fallu d’abord s’imposer au sein d’une étrange coalition regroupant au final Bertrand Delanoë et Benoît Hamon et orchestrée par les multiples courants du PS. La manière dont elle a amené le maire de Paris à renoncer  témoigne d’une habileté diabolique. Elle a ensuite tenu le choc dans un face à face impitoyable avec Ségolène Royal, l’icône d’une majorité de militants. L’ancienne candidate aux élections présidentielles avait pourtant fait du fauteuil de Premier secrétaire son objectif prioritaire.

            Ce parcours n’est pas sans rappeler les précédentes étapes de sa carrière, à la mairie de Lille, à la communauté urbaine ou au ministère du travail. Flanquée d’une étiquette de parachutée dans la capitale des Flandres, souffrant parfois de l’omniprésence de son prédécesseur Pierre Mauroy, chahutée par quelques « amis » envieux, battue aux législatives et un temps menacée à LMCU, elle a su à chaque fois rebondir et déjouer tous les pièges. Même chose après l’épisode de la « dame des 35 heures », une pancarte qui embarrassait jusque dans son propre camp.

            Aujourd’hui, elle se pose en adversaire directe de Nicolas Sarkozy et le duel entre ces deux tempéraments de feu promet. Il est un fait que Martine Aubry donnera beaucoup plus de cohérence au parti que Ségolène Royal, obnubilée par ses ambitions élyséennes. Avec elle, le PS va résolument s’ancrer à gauche et retrouver une identité sociale. On a pu juger son action à Lille où, après Mauroy le bâtisseur, elle a donné une impulsion différente, plus proche des gens, par une présence forte dans les quartiers.

            Il lui reste néanmoins quelques obstacles à surmonter, et non des moindres. Le premier, c’est bien sûr Ségolène Royal. Forte de ses 50% de partisans, la dame de Poitou-Charentes n’a pas abdiqué. Au contraire, dès l’annonce du verdict qui la donnait battue, elle a réaffirmé ses prétentions pour 2012 et sa volonté de rénover en profondeur le parti. On ne saurait être plus clair.

            Il y a ensuite cet assemblage hétéroclite à maîtriser qui va de François Hollande à Fabius, de Jospin à Rocard, de Montebourg à Emmanuelli, de Strauss Kahn à Hamon ou à Delanoë. Il va falloir composer avec les partisans du  non au référendum sur la constitution européenne, avec les réfractaires à toute idée de changement des structures, avec les multiples postulants à l’investiture pour les Présidentielles.

            Habituée à se battre toutes griffes dehors contre des adversaires politiques parfaitement ciblés, Martine Aubry va devoir dans le même temps faire preuve d’énormément de diplomatie pour rassembler les troupes autour d’elle, en interne, dans un subtil jeu d’alliances. Ce n’est pas forcément là où elle excelle. Comme disait Talleyrand : « Mon Dieu, préserve moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. »

André Soleau  

Par André SOLEAU
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /2008 22:09

  Le Parti socialiste est coupé en deux et l’UMP est pliée en quatre, pour parodier Coluche. Le spectacle offert par les partisans de Martine Aubry et de Ségolène Royal, à l’issue du second tour de scrutin pour l’élection du premier secrétaire, a en effet été aussi ahurissant qu’affligeant. On pouvait expliquer, à la rigueur, les invectives des deux camps dans l’attente des résultats. La tension avait été vive et les résultats extrêmement serrés. La fatigue aidant, certains propos entendus dépassaient la pensée de leurs auteurs. Du moins le croyait on. Mais le pire devait intervenir plus tard, au sein des états-majors. Tricherie, vol, menaces de procédure judiciaire…voilà ce que les lieutenants échangèrent comme amabilités devant les caméras de télévision et les micros, Martine et Ségolène se tenant prudemment en retrait.

                Que va-t-il se passer maintenant ? Les perdants réclament une nouvelle chance en mettant en avant les nombreuses irrégularités constatées au cours du dépouillement des bulletins. Ils évoquent carrément une vaste fraude en ce qui concerne la puissante fédération du Nord qui a plébiscité la maire de Lille. Les autres veulent évidemment en rester là même si la marge –quarante deux voix d’écart ( ?) sur un total de près de 135 000 votants- est infime et déjà contestée puisque la Moselle aurait inversé les scores. Ils estiment qu’il est désormais urgent de retrouver l’unité et d’oublier les querelles.

                Il ne faut jamais jurer de rien, surtout en politique. Les ennemis d’hier peuvent se réconcilier en un éclair si la situation l’exige. On l’a vu aux Etats-Unis, dans le camp démocrate, avec le ticket Barack Obama –Hilary Clinton. Mais le divorce entre Martine Aubry et Ségolène Royal semble autrement plus profond dans la mesure où il touche aux fondamentaux. L’une et l’autre n’ont rien en commun sinon d’avoir été ministres de François Mitterrand, d’être passées par l’ENA et d’être évidemment des femmes. Pour le reste, leur conception de la société, leur vision politique et l’idée qu’elles se font de la rénovation du Parti socialiste sont diamétralement opposées. La première veut jeter l’ancre à gauche quitte à mordiller sur l’électorat de Besancenot. Elle s’appuie sur l’appareil et sur les différents courants pour asseoir sa légitimité. C’est un arc de cercle qui va de Jospin à Fabius en passant par Delanoë, Emmanuelli, Hamon, Hollande et Lang. On ne saurait être plus œcuménique  La seconde a déjà fait des appels du pied à Bayrou et se place en opposante directe à Sarkozy pour 2012. Sa démarche est personnelle et elle promet un grand coup de balai si elle remporte la victoire.

                On le voit, c’est l’identité même du PS qui est en jeu dans cet affrontement. Et le résultat témoigne de la difficulté des militants à trouver leur voie. Orphelins  de Mitterrand, désemparés par le renoncement de Lionel Jospin en 2002, anesthésiés par le manque de charisme de François Hollande,  déstabilisés par les désertions multiples qui ont suivi les propositions d’ouverture en provenance de l’Elysée, ils ont assisté, incrédules, à cette bataille féroce pour le pouvoir qui sanctionne des années d’errements. Aujourd’hui, tout ce beau monde se réveille avec la gueule de bois. Une égalité parfaite que beaucoup considèrent comme le scénario catastrophe. Mais, en réalité, il représente une chance unique d’aller jusqu’au bout de la logique et de jeter enfin les masques. Un peu comme ces vieux couples qui font semblant de s’aimer par convenance ou par habitude et qui décident, un jour, de parler vrai. Ça fait souffrir mais c’est un mal nécessaire.

André Soleau 

               

 

Par André SOLEAU
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Blog notes

 

La face obscure de Dany Boon
L’autre jour, sur les ondes d’une radio périphérique, Dany Boon répondait aux questions de Christophe Hondelatte à propos de son nouveau spectacle intitulé « Trop stylé » et d’une critique jugée sévère dans Nord Eclair. Après avoir confondu Nord Matin et Nord Eclair (« De toute manière, c’est la même chose » dira l’un d’eux), Dany Boon perdit subitement tout sens de l’humour en évoquant, cette fois, La Voix du Nord : « Ce n’est pas la première fois que je suis attaqué par les médias régionaux. Je peux même vous citer de mémoire un extrait du papier d’un journaliste de La Voix du Nord qui a couvert la sortie du film « Bienvenue chez les ch’tis ». Il a écrit : « Le Nord est à Dany Boon ce que St Tropez est à Max Pégas ! Pégas réalisait des films érotiques de série Z dans les années 80 ». Et il enchaîna : « Ce journaliste n’était plus très à l’aise quand mon film a dépassé les vingt millions d’entrées… Aujourd’hui, je suis entré dans une nouvelle dimension grâce au succès. Ce genre de critique ne m’atteint plus.»

            Revenons au journaliste de Nord Eclair incriminé. Il avait simplement pris la peine d’aller voir le one man show de notre humoriste préféré, à Bruxelles, avant ses représentations données au théâtre Sébastopol de Lille, histoire d’étayer son papier ce qui témoigne d’un professionnalisme non discutable. Pas convaincu, il avait décrit un spectacle inabouti, hésitant, sans surprise majeure. Résultat, il fut interdit d’entrée lors des représentations données à Lille.

            Cet incident témoigne des difficultés d’un artiste, quel qu’il soit, à accepter d’être égratigné, surtout lorsqu’il a été installé très vite (trop vite ?) sur un piédestal. La presse régionale, contrairement aux allégations de Dany Boon, n’a fait qu’encenser l’enfant du pays. Le matraquage sans nuance qui accompagna la sortie de « Bienvenue chez les Ch’tis » ressembla plutôt à un plébiscite et les rares, très rares voix discordantes furent considérées comme blasphématoires. Il est vrai que chaque apparition de l’homme aux oreilles décollées à la une du quotidien fait vendre plusieurs milliers d’exemplaires supplémentaires, ce qui peut expliquer une certaine mansuétude voire une complaisance certaine.

            Dany Boon n’est pas Dieu et les saintes écritures n’ont pas été traduites en ch’ti. Les journalistes ont non seulement le droit mais le devoir d’informer, au risque parfois de déplaire. Habitué à un autre traitement, l’humoriste d’Armentières a simplement confondu l’information et la communication. A son crédit, on relèvera qu’il y a eu trop souvent matière à confusion dans cette quête obsessionnelle de record d’entrées du cinéma français.

            Les choses vont bien évidemment rentrer dans l’ordre. Chacun y a intérêt. Et cela aidera peut-être Dany Boon à quitter cette « nouvelle dimension », pour redescendre sur terre.

            A.S




Le Val Joly

(Suite)

        Un autre exemple des difficultés que connaît le Val Joly tant dans la conception du projet d’aménagement que dans la gestion au quotidien : la halte garderie. Trois personnes sont chargées d’accueillir et de veiller sur les petits. Hélas, une seule petite fille est actuellement inscrite régulièrement dans les effectifs ce qui,  on en conviendra, apparaît quelque peu insolite. D’autant que malgré la période estivale particulièrement propice à l’évasion cette année, quatre boutiques ferment leurs portes pour manque de fréquentation et que les locations des cottages sont actuellement soldées jusqu’à moins 60%.

        Et dire que l’on entre dans la période hivernale.


 
Affaire Polanski

 

            Le moins que l’on puisse dire est que l’arrestation surprise de Roman Polanski en Suisse n’est pas passée inaperçue. C’est un véritable séisme qui secoue le monde politique et cinématographique et qui se propage sur tout le territoire grâce à de puissants relais médiatiques.

            Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a évoqué « une affaire épouvantable et une Amérique qui fait peur », laissant entendre que le président Sarkozy en personne suivait de près ce dossier. Son illustre prédécesseur, Jack Lang, a réagi de manière aussi vigoureuse en dénonçant un « acte inimaginable et disproportionné » et Bernard Kouchner a qualifié la chose de « sinistre ».

            Le 7ème Art n’est pas en reste. Une pétition circule pour exiger la libération immédiate de Polanski. Elle a été notamment signée par Jeanne Moreau, Pedro Almodovar, Wim Wenders ou encore Claude Lanzmann. D’autres s’insurgent contre un « lynchage judiciaire ».

            Cette indignation collective est troublante dans la mesure où elle cède à l’émotion, sans le moindre recul vis-à-vis d’un dossier extrêmement complexe. Rappelons que Roman Polanski fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis pour une sordide affaire de viol sur mineure de 13 ans, il y a plus de trente ans. Il aurait en effet abusé de Samantha Geimer après l’avoir droguée. Il s’est enfui en France avant son jugement et aurait trouvé récemment un arrangement financier avec sa victime.

            Compte tenu du temps passé depuis les faits, de la personnalité de son auteur, on peut effectivement comprendre l’onde de choc provoquée par cette arrestation. Mais la gravité de l’acte d’accusation devrait inciter nos politiques à plus de retenue. Le talent dispense-t-il de toute responsabilité, y compris judiciaire ? Quid de la victime durant toutes ces années où la frustration due à une fuite et à l’absence de procès s’est ajoutée au traumatisme subi ? Ce sont des questions de vie, pas de cinéma.

            A.S



Les sales gosses

 

        A ma gauche, un combat de femmes qui oppose Martine Aubry et Ségolène Royal sur fond de magouilles, tricheries, arnaques et trahisons, pour reprendre quelques expressions sans nuance des auteurs d’un livre choc sur la cuisine interne du Parti socialiste. La première nommée aurait « volé » sa victoire lors de l’élection au poste de Premier secrétaire du PS, par le biais d’un détournement de bulletins réalisé par quelques uns de ses partisans.

        A ma droite, un combat d’hommes où tous les coups semblent permis entre Nicolas Sarkozy, Président de la République en fonction, et Dominique de Villepin, un ancien Premier ministre de Jacques Chirac. C’est le fameux procès Clearstream qui promet son pesant de révélations sur les coups tordus que peuvent s’administrer d’anciens amis du même parti et du même gouvernement.

        Au centre, des millions de Français de tous bords et de toutes conditions qui croyaient naïvement que les élus de la nation, surtout à un tel niveau de responsabilités, avaient pour seule préoccupation le bien-être de leurs concitoyens, surtout en période de crise, de poussée du chômage et de tension sociale. Ceux-là découvrent avec effarement que le pouvoir ne rend pas seulement fou. Il rapetisse.

Tornade à Hautmont

 

        Une association Solidarité Avesnois a été créée au lendemain de la tornade qui a frappé le Bassin de la Sambre et plus particulièrement les villes de Hautmont, Maubeuge, Boussières sur Sambre et Neuf Mesnil. Parrainée par Dany Boon elle compte de nombreuses personnalités de la région dans ses rangs dont Guy Marseguerra, président, Emmaunel Riglaire, trésorier et les deux secrétaires Jean-Marie Leblanc et moi-même. L'objectif est d'organiser différentes manifestions, sportives, culturelles  ou autres afin de recueillir suffisamment de fonds pour aider les sinistrés. Plusieurs centaines de familles sont aujourd'hui recensées parmi les victimes de cette catastrophe et leur situation, à l'approche de l'hiver, est extrêmement précaire.  

         Vous pouvez, vous aussi, nous aider dans cette démarche de solidarité par un don au nom de l'association "Solidarité Avesnois", BP200 59002 Lille Cedex.

La totalité des sommes perçues sera reversée aux familles par le biais de notre partenaire direct, la CAF.

         D'avance, merci.

 

Domenech maintenu

 

         Raymond Domenech a été reconnu responsable de la faillite des Bleus lors de l’Euro 2008. Il lui a été reproché de n’avoir pas su réaliser l’osmose entre les jeunes et les anciens et de s’être montré beaucoup trop frileux dans ses schémas tactiques, notamment lors du match contre la Roumanie. Sa communication a été jugée désastreuse et il est le principal artisan de la dégradation de l’image de l’équipe de France, recroquevillée non seulement sur le terrain mais aussi dans son hôtel, transformé en blockhaus. On ne parle même pas de sa demande en mariage, lancée à l’heure de l’enterrement du projet sportif, qui a achevé de le discréditer auprès des supporters.

         Conséquence ?... Il est maintenu à son poste. Voilà en gros le résultat du conclave organisé par les plus hautes instances du football national, chargées de faire toute la lumière sur le plus beau fiasco de l’année.

         N’importe quel patron d’une entreprise privée aurait été débarqué après un tel constat, équivalent à une faute lourde. Une majorité aurait démissionné avant même le verdict afin d’éviter l’infamie. Il faut croire que le monde du ballon rond n’obéit pas à ces règles même si l’on a pu croire que les salaires, généreusement distribués depuis quelques années, avaient imposé la disparition de l’amateurisme et du bénévolat au profit de l’obligation  de résultats.

         Raymond la science repart ainsi pour une nouvelle aventure, avec ses blagues de potache attardé et ses séances de tableau  noir aussi claires que ses jeux de mots. Sur le terrain, il traînait une réputation de défenseur rugueux, dur sur l’homme, sans imagination. Sur le banc, il n’a jamais rien gagné, hormis un contrat juteux et un joli pactole. Mais, selon les explications embarrassées des vénérables représentants du football appelés à se pencher sur son cas, la crainte de casser la dynamique de l’équipe a été déterminante à un moment où les éliminatoires de la Coupe du Monde se profilent.

         Quelle dynamique ?

A.S.

      

 

 

  Jeux Olympiques

 

        Le dalaï Lama a affirmé à de nombreuses reprises son opposition à toute forme de boycott des Jeux Olympiques de Pékin. Considérant que le peuple chinois, par son histoire, mérite d’accueillir l’événement, il a aussi déploré la violence des manifestations qui ont accompagné le passage de la flamme et revendiqué le dialogue entre les deux camps pour tenter de dénouer la crise.

        On aimerait que les partisans d’une ligne plus dure fassent preuve de la même retenue lorsqu’il s’agit de défendre leurs idées. Le spectacle montré à Londres et plus encore à Paris avec des échanges de coups entre forces de l’ordre et protestataires,  des athlètes insultés durant leur relais, des organisateurs désemparés, n’a guère servi la cause des droits de l’homme. Robert Ménard et ses amis de Reporters sans frontières étaient assez fiers de leur opération commando, aidés en cela par des groupuscules altermondialistes et quelques professionnels de l’agitation urbaine. Il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser.

         Les Chinois ont quitté la France avec le sentiment conforté que la démocratie telle qu’on la pratique chez nous conduit à l’anarchie et qu’appliquée chez eux, elle mettrait en péril la pérennité du régime. En 1993, alors que j’effectuais un voyage d’études à Pékin et dans d’autres grandes villes du pays, j’avais interrogé mes interlocuteurs sur la liberté telle qu’on la conçoit chez nous. Ils m’avaient répondu approximativement ceci : « Pensez vous pouvoir comparer nos deux peuples. Nous sommes plus d’un milliard et s’il n’y avait pas un minimum d’encadrement, nous serions balayés par un raz-de-marée, en un éclair. Il est par exemple inimaginable que l’on puisse tolérer, comme chez vous, un tel pourcentage de la population au chômage. Nous devons les occuper avec de petits boulots afin d’éviter les émeutes. »

         Sans évidemment cautionner la politique répressive et plus encore les exactions commises au Tibet, on peut quand même s’interroger sur cette fâcheuse manie, des pays occidentaux, à vouloir imposer une vision unilatérale de la démocratie, partout dans le monde. On a pourtant constaté en Irak que cette approche réductrice des choses pouvait provoquer des effets désastreux. La population chinoise s’appuie sur une culture millénaire. On peut lui faire confiance pour trouver d'elle-même,  avec la croissance économique, les clés de l’épanouissement individuel...et de la revendicaiton. 

A.S

   

 

 

 Un scoop curieux

 

             Nicolas Sarkozy a déposé plainte contre le Nouvel Observateur qui a laissé entendre, dans un article sur son site internet, que le président de la République aurait envoyé un texto à son ex, Cécilia, quelques jours avant son mariage avec Carla Bruni. Il serait rédigé comme suit :

« Si tu reviens, j’annule tout »

            L’auteur du papier rappelle au passage tous les faits qui tendent à démontrer l’influence toujours exercée par Cécilia sur Nicolas: une bague identique offerte aux deux femmes, un voyage à Pétra, en Jordanie, pour Carla, là où Robert Attias avait accompagné pour la première fois l’ancienne épouse etc…

            Le Nouvel Obs. aura beaucoup de peine à justifier la réalité de ce SMS. Seule Cécilia Sarkozy pourrait en confirmer l’existence, ce qui paraît plus qu’improbable. Cette affaire illustre, au besoin, l’impérieuse nécessité pour les journalistes de ne pas céder à la tentation du scoop facile que les supports d’aujourd’hui favorisent dangereusement. Vérifier l’information, la valider restent des actes incontournables de la profession.

            Mais le plus troublant dans cette curieuse histoire, c’est que le responsable de cette « révélation » ne passe pas pour un joyeux original dans le métier. C’est un homme d’expérience qui connaît toutes les ficelles. Ce qui ajoute à notre perplexité.

A.S

 


Rendez-vous manqué


             L’équipe de France de Bernard Laporte ne sera jamais championne du monde. Ce n’est que justice. Le « sélectionneur-homme d’affaires-secrétaire d’Etat » a disposé de quatre années pleines pour préparer ce rendez-vous avec l’Histoire. Quatre années pleines pour choisir ses hommes, modeler son groupe, définir un style, élaborer une stratégie. 

            Au bout du compte, le jour de l’examen, il a copié sur ses voisins ou plutôt sur ses adversaires. La chance l’a accompagné contre les All Blacks. Elle lui a tourné le dos contre les Anglais.On ne renie pas impunément ses origines.

            Le quinze d’Ovalie a toujours pratiqué un rugby champagne fait de spontanéité et d’improvisations. Celui de Laporte, fort de sa montagne de muscles, a voulu imiter le bœuf de la fable. Il n’a pas joué à la main, il a déjoué au pied. Et dans cet exercice, les sujets de sa gracieuse majesté sont meilleurs que nous. Les grands coups de bottes, ils connaissent. C’est même une seconde nature. En s’évertuant à utiliser les mêmes armes, on a juste fait tout un peu moins bien. Et le génie de Wilkinson a apporté le reste. C'est-à-dire l’élimination frustrante des Bleus.

            Souhaitons au prochain patron de revenir aux fondamentaux, selon l’expression consacrée. Et à Bernard Laporte de se montrer  un peu plus créatif dans sa nouvelle vie.

A.S

           

           

 

 

De l’art du mensonge

 

        Ségolène Royal avait ému la France profonde durant la campagne présidentielle en révélant avec des trémolos dans la voix son rêve secret d’un mariage, dans le cadre paradisiaque de Tahiti. On l’imaginait déjà au bras de son cher François, suivi des quatre enfants du couple, du bonheur plein les yeux. Les violons en fond sonore, les militants du parti pour la claque et l’Elysée en guise de nid douillet. 

        Patatras ! La carte postale n’a duré que le temps du dépouillement des bulletins de vote. Sitôt la défaite consommée, on a rangé les cotillons et les tenues de soirée pour s’habiller d’un quotidien beaucoup plus banal : « tu m’as trompée, je te quitte. »

        Pourquoi nous avoir fait croire à un conte de fées pour midinettes au cœur de cristal alors que la lassitude avait déjà provoqué des dégâts irréparables dans leur relation ? Parce que les militants avaient besoin de s’identifier à une candidate romantique et sincère, décalée par rapport à ce monde de brutes. Qui n’a pas rêvé de dire oui au pied d’une mer turquoise et à l’ombre des cocotiers ? On a ainsi distribué du rêve à bon marché. 

       Ségolène a mis fin elle-même à la supercherie en révélant, au passage, l’infidélité de son compagnon. Le rôle de femme bafouée permettra de gommer plus facilement ce mensonge électoral. 

       Jean-Louis Borloo, à l’inverse, a choisi de dire la vérité en révélant avant l’heure et surtout entre les deux tours des législatives, le projet du gouvernement sur la fameuse TVA sociale. Re-Patatras ! Ses amis le désignent aujourd’hui comme le principal responsable des mauvais scores infligés à la majorité, dimanche. Certains battus ont même la dent très dure pour l’ancien avocat, accusé de diarrhée verbale. 

       Qu’avait-il besoin, selon eux, de fournir des armes aux adversaires en évoquant une réforme soigneusement enfouie dans les cartons, à l’abrides regards indiscrets ? Juppé y a laissé son poste ministériel et peut-être même ses dernières illusions. 

       Bref, pas facile, en politique, de choisir le mot juste au moment opportun. Comme disait un sage : « Un mensonge n’est souvent qu’une vérité qui se trompe de date. » Et vice versa…

 

A.S

 

 

 

BILLET

 

 

  « Complément d’enquête », excellente émission présentée par l’ancien nordiste Benoït Duquesne, était consacrée cette semaine au patrimoine des candidats à l’élection présidentielle. Les journalistes n’avaient pas lésiné sur les moyens pour dénicher la résidence secondaire sous-évaluée par tel candidat (ou candidate), les travaux sous facturés par un promoteur généreux ou le patrimoine dissimulé derrière la façade légale et bio d’exploitant agricole.

    Mais là n’était pas l’essentiel. La constante des reportages reposait sur les témoignages embarrassés des uns et des autres, confrontés au zoom indiscret d’une caméra chargée de pénétrer au fin fond du bas de laine. Et chacun de s’évertuer à minorer son pécule avec des accents de sincérité à faire pleurer dans les chaumières des érémistes les plus endurcis. « Moi je dispose d’une vieille Clio fatiguée et de quelques euros à la Caisse d’Epargne… » - « Et moi, d’un petit studio à tout faire en banlieue… » - « Et moi, d’une vieille baraque héritée de mes pauvres parents… » On se serait cru chez les Don Quichotte, en face du parvis de l’église Saint-Maurice.

    Dans ce hit parade du plus démuni, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et Jean-Marie le Pen se révélèrent les plus mauvais élèves, comme le fit remarquer le commentaire, puisqu’ils furent tous trois pris en flagrant délit d’assujettissement à l’ISF. Scandale.

    J’avoue ne pas toujours bien comprendre le but de la démonstration dans ces émissions de grand déballage public. En bon électeur moyen, je serais plutôt enclin, au moment de glisser le nom de mon favori dans l’urne, à choisir celui qui me paraît le plus apte à gérer le pays. C'est-à-dire celui qui s’appuie sur un parcours réussi, sur une progression sociale harmonieuse, sur des succès indiscutables. Puisqu’il me faut confier l’argent de ma contribution citoyenne à l’Etat, autant que l’homme qui l’incarne soit capable de le faire fructifier.

    Mais il faut croire que chez les politiques, ces règles élémentaires n’ont pas cours. Il est de bon ton, au contraire, de partager la misère, de s’habiller d’indigence, d’être solidaire dans le dénuement. La France est morose, alors cachons nos joies perverses ! Quitte à diaboliser le sage Confucius qui écrivait : « quand les riches maigrissent, les pauvres crèvent. »

 

André Soleau

 

 

 

BILLET

 

Jacques Chirac va quitter la scène politique pour entrer de plain-pied dans l’Histoire. La retenue dont fait preuve une majorité de ses ex-adversaires, à l’heure de commenter son départ, démontre au besoin qu’il n’appartient déjà plus au monde des actifs. Issue prévisible mais cruelle pour un homme qui a consacré quarante années de sa vie à lutter pour ses convictions et qui aurait sans doute aimé prolonger son bail à l’Elysée si ses amis ne s’étaient pas volatilisés un à un, ces derniers mois, à la recherche d’une nouvelle locomotive.

Le successeur de Mitterrand a fait le bonheur des humoristes. Son image fut longtemps celle d’un grand benêt, emprunté devant les caméras de télévision, peu cultivé et mal entouré. Les clichés furent sans pitié. La chope à la main, la tête de veau dans l’assiette, on le croquait volontiers béat d’admiration devant le cul des vaches ou celui des sumos. Et l’on ne compte plus ses bourdes abracadabrantesques, de la dissolution de l’assemblée au rejet de la constitution européenne.

Ajoutez à cela une pincée de trahison à l’égard de Giscard, un zeste d’affaires douteuses à la mairie de Paris, un soupçon de dépenses somptuaires au château et quelques aventures galantes ici ou là et tout est dit.

Ce portrait au vitriol se patinera avec le temps. Les traits s’atténueront et certains se risqueront à rappeler sa passion pour les arts premiers, sa lutte sans merci contre le racisme et les partis extrémistes, son engagement pour la grande bataille écologique qui s’annonce, son affection affichée pour les pays en voie de développement et bien entendu son audace pour envoyer paître Bush et sa croisade en Irak.

Plus tard encore, d’autres loueront son courage d’avoir mis l’état français à l’index pour sa responsabilité directe dans la déportation des juifs, en 1940, et même ses compétences en matière de réformes après avoir été le premier à inverser la courbe du chômage.

Où est la vérité ? Elle se situe bien souvent à mi-chemin entre le présent et l’avenir. Elle est « fille du temps ».

 

 André Soleau

 

 

Vente

 

Le livre "La Voix du Nord - La grande braderie" est en vente dans toutes les bonnes librairies ainsi que sur commande, chez l'Harmattan, 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris.

(http://www.editions-harmattan.fr)

 

La librairie Au Passe-Temps d'Avesnes-sur-Helpe continue elle aussi à assurer la promotion du livre qui est désormais  en vente à Auchan..

 

Revue de presse

 

Les Echos - jeudi 14 décembre 2006.

Idées

« LA VOIX DU NORD » - LA GRANDE BRADERIE

 

Perte d'identité d'un quotidien

 

Les multiples tractations qui, au fil des OPA, ont abouti à la grande braderie de « La Voix du Nord ».

Ce livre passionnant revient sur les turbulences qui, depuis 1998, ont vu « La Voix du Nord » changer quatre fois de mains. André Soleau, son directeur jusqu'en janvier 2005, quand il préféra quitter son poste car il « ne se reconnaissait plus dans ce qu'on était en train de faire de cette entreprise », y révèle les turpitudes qui ont secoué le quotidien depuis vingt ans. Une première OPA menée en 1988 par trois hommes d'affaires lillois conduit à un rachat de l'entreprise par ses salariés l'année suivante et à la constitution du holding VNI (Voix du Nord Investissement), dont un petit noyau de cadres détient la majorité du capital. Un capital mal verrouillé qui sera, dix ans plus tard, l'objet d'une deuxième OPA de la part d'un actionnaire minoritaire, administrateur, qui, victime d'une vexation, en fera une vraie croisade. La Socpresse fait très vite de cet actionnaire un cheval de Troie pour s'emparer du journal. Yves de Chaisemartin, devenu PDG du groupe Hersant, utilise le paravent du groupe belge Rossel - où la Socpresse détient alors 40 % du capital - pour devenir en 1998 l'actionnaire de référence de VNI. La Socpresse, qui sort du bois en 2000, est ensuite rachetée par Serge Dassault, qui reste un an propriétaire de « La Voix du Nord ». Avant de revendre le groupe à... Rossel. Retour à la case départ. Mais jusqu'à quand ?, s'interroge André Soleau. On apprend ainsi, au détour des pages, que Michel Nozières, l'actuel président du journal et du groupe, et Yves de Chaisemartin, n'auraient pas renoncé à récupérer les morceaux de l'empire Socpresse. « L'avenir dira si cette hypothèse ne se vérifie pas un jour », confie aux « Echos » l'auteur du livre.

 

Un homme déçu

 

Par cet ouvrage, il a voulu relater « comment on est arrivé à la perte d'indépendance du journal, de son âme et de son identité ». Personne n'est épargné : ni les ex-dirigeants, ni les actuels, ni les syndicats, incapables de « se remettre en question ». Il raconte les tractations menées ces dernières années par des hommes « plus avides de pouvoir que de bien pour le journal ».

Ce livre est aussi l'histoire d'un homme, déçu et blessé par la trahison de certains de ses collaborateurs, mais également celle d'une belle ascension sociale. Entré en 1972 comme employé pour vendre des encarts de publicité pour la locale d'Avesnes-sur-Helpe, André Soleau se retrouve, trente ans plus tard, en 1995, directeur du journal. Entre temps, il a été localier, journaliste sportif, chef du service des sports et rédacteur en chef. Son seul regret aujourd'hui est d'avoir contribué avec les autres dirigeants à laisser fuir la mémoire du journal au cours des quatre clauses de cession qui ont vu partir 170 journalistes. De même déplore-t-il que le conseil de surveillance et le directoire, dont il faisait partie, « n'aient pas réagi plus fermement face à l'OPA de 1998 », dont découle la situation actuelle : « une grande braderie ».

 

NICOLE BUYSE

 

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Site du club de la presse - 15 décembre 2006

 

André Soleau raconte « la grande braderie » de « La Voix du Nord »

 

A l’occasion de l’ouverture à Lille d’une librairie par l’éditeur L’Harmattan (35, rue Basse), André Soleau y dédicacera mercredi 20 décembre (de 17h à 21h) son livre « La Voix du Nord. La grande braderie », paru au début du mois chez ce même éditeur. André Soleau raconte notamment son parcours au sein du quotidien régional, qui l’a amené du poste d’employé à la publicité dans le secteur de Fourmies à celui de journaliste sportif en 1980, pour devenir ensuite rédacteur en chef de La Voix des Sports, puis de La Voix du Nord, avant d’accéder à la haute direction du journal : directeur général adjoint, directeur général et enfin directeur général du groupe, en 2004. Une fonction éphémère puisqu’André Soleau démissionnait, après négociation, peu de temps après la prise de pouvoir de Serge Dassault dans le groupe Socpresse (ex-groupe Hersant), auquel appartenait alors La Voix du Nord. C’est d’ailleurs une « perte d’indépendance », conséquence de quatre rachats successifs, qu’André Soleau explique vouloir dénoncer dans son ouvrage.

Les propos de l’ancien directeur général du groupe devraient faire grincer quelques dents. Outre les violents emportements de Jean-Louis Prévost, il présente aussi sa version des relations entre la direction du journal et les syndicats, souvent acide pour ces derniers. Il n’est pas tendre non plus envers certains anciens collègues, toujours hauts cadres en poste. Ni sur le cas de Nord Eclair, dont il estime que la survie s’est faite au détriment de moyens financiers propres à La Voix du Nord.

 

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Les Gaillards d'avant - janvier 2007

 

Ancien DG de La Voix,

André Soleau dit sa vérité

  

Depuis décembre « La Voix du Nord : la grande braderie » est le livre de chevet des milieux qui, dans notre région, touchent à la presse… En effet, il est plutôt rare de découvrir la vie d’un journal et de ses acteurs sous la plume de celui qui en fut le patron ! C’est pourtant l’exercice d’André Soleau dans un témoignage qui a le mérite de la rareté. Il avait prévenu : ce livre il y tenait ; aussi l’a-t-il écrit quelques mois seulement après avoir tiré le rideau sur ce qui fut toute sa vie.

Jeunesse passée à Avesnes-sur-Helpe, arrivée (1972) au quotidien comme employé sur route à la pub… lui qui rêvait de journalisme sportif, un but qu’il atteindra huit ans plus tard, à Maubeuge puis à Lille où l’ascenseur social le hissera jusqu’au 5e étage de la Grand’ Place ! Sont donc contées les étapes de cet itinéraire personnel qui se confond avec l’histoire des trente dernières années de l’entreprise. Les anciens retrouveront au fil des chapitres les événements de leur carrière, racontés par André Soleau qui, bien sur, dit sa vérité sur les choses et les hommes qui firent La Voix. Y compris sur ses dirigeants et la plume - parfois scalpel – brosse les portraits sans concession de ceux dont dépendait le destin de l’ex- 3equotidien de France ! Joli gâchis quand on observe ce qu’il advint finalement du fleuron… C’est ce qu’aborde le dernier tiers du livre, les plus douloureuses pages pour l’auteur (qui fera même un grave accident de santé) et pour tous les « Voix du Nord », révoltés que leur journal soit terrassé… sur « tapis vert » seulement par les intrigues financières et les stratégies personnelles.

Reste à André Soleau à confirmer, à 57 ans, cette carrière naissante d’écrivain. Le style est là.

 

Les gaillards d'avant

 

Silence, on ne tourne pas
 
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