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GAIN DE FOLIE

Prochaines dédicaces

 

Dimanche 24 septembre

de 11 h à 18 h

Salon du livre de

Neuville-en-Ferrain

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Dimanche 12 novembre

de 10 h à 18 h

Salon du livre de 

Lumbres

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Samedi 18 Novembre

De 14 h à 20h

Prix régional de l'Adan

Cave des Celestines

Lille

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Samedi 25 novembre

de 10h à 18h

Salon du livre de

Loos

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Jusqu’à quand ?

 

Emmanuel Macron a une curieuse conception de la solidarité. Son gouvernement décide de baisser de cinq euros les aides personnalisées au logement (APL). Soit ! On pouvait penser que les économies à réaliser pouvaient cibler une autre catégorie de Français que celle des ménages modestes et des étudiants. Cette mesure improvisée n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut, et a entraîné une chute de popularité vertigineuse du président et de son Premier ministre.

En général, lorsque les dirigeants s’aperçoivent de leur erreur, ils rectifient le tir. Pas Emmanuel Macron qui s’en prend aux propriétaires et aux bailleurs sociaux en les exhortant à baisser les loyers, au nom de  la « responsabilité de chacun ». Il se dit surpris du « silence collectif ».

Exiger un effort de solidarité en opposant les locataires aux propriétaires, voilà qui n’est pas banal. Surtout dans un pays où les taxes et impôts divers ont explosé sous le précédent quinquennat, où plus de 50% des foyers sont exemptés de fiscalité directe, où la CSG va augmenter d’1,7 point à partir du 1er janvier 2018, où les retraites sont gelées depuis plusieurs années, tout comme les barèmes des fonctionnaires, où l’ISF, un impôt sur l’impôt, a déjà fait fuir toutes les grandes fortunes du pays, ce qui fait le bonheur de nos voisins.

Pourquoi, dans ces conditions, ne pas obliger les chefs d’entreprise à augmenter d’autant leurs salariés, afin de financer la perte de pouvoir d’achat ? Pourquoi ne pas demander à tous les parlementaires d’abandonner leurs privilèges historiques, dans un souci d’exemplarité ? Pourquoi ne pas plafonner les salaires indécents des stars du football pour financer des actions d’intérêt public ?

Encore une fois, ces déclarations à l’emporte-pièce exhalent une forte odeur d’amateurisme. La France mérite une politique ambitieuse qui s’inspire des réussites étrangères. La croissance se fait sentir partout, le chômage baisse significativement ailleurs et nous continuons  à jouer les autruches, la tête dans nos contradictions et dans nos lacunes.

Jusqu’à quand ?

A.S

 

 

Mieux vaut tard…

Au mois de mai 2006, en visite à New York, j’avais été frappé par une plaque commémorant la visite de Pierre Laval à Broadway, plaque scellée sur la célèbre avenue Manhattan. D’autant plus choquant qu’elle voisinait avec celles de Ben Gourion, le fondateur d’Israël, de Churchill et de De  Gaulle.

Laval, jeune président du Conseil de la Troisième République à cette époque, avait été élu homme de l’année en 1931 par le magazine Times. Rappelons qu’il fut fusillé à la Libération, pour haute trahison, après avoir été l’une des pièces majeures du régime de Vichy, avec Pétain, et l’artisan de la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Difficile de comprendre qu’un hommage aussi prestigieux soit rendu encore de nos jours  à un tel individu, même si l’on peut penser que le New Yorkais est plus habitué à regarder les gratte-ciel que les trottoirs.

J’avais donc écrit au New York Times, à l'AFP ainsi qu’à l’ambassade d’Israël pour m’étonner de cette incohérence scandaleuse.

Lettre restée sans réponse.

Les événements de Charlottesville, en Virginie, ont fait ressurgir les démons du passé à savoir le racisme, la haine et la violence. Elles ont aussi contribué à réveiller les consciences puisque le maire de New York, n’ayant pas de statues d’esclavagistes à déboulonner et songeant à sa réélection, face à une forte communauté juive, a décidé d’enlever la plaque de Laval.

Au passage, il supprimera également celle de Philippe Pétain laquelle datait également de 1931 et rendait hommage au héros de Verdun.

Donald Trump, sans le vouloir, a ainsi réparé  un outrage infligé à l’Histoire.

(Voir ci-dessous, le courrier en question).

A.S

 

 
 
Dear sir,
 
          While visiting my son in New York this week, I was stunned and annoyed to see the name of Pierre Laval glorified on Broadway street . Laval was a prominent figure of the Vichy government in France during WWII, in charge of the anti-Jewish activities during the German occupation. He created the Vichy Milice, the wartime secret police and was acting as the main armed force for the Gestapo. He was executed in 1945.
            His name though, figures today on a commemorative inscription on the Broadway pavement near Wall Street NY, (probably celebrating  his visit in 1931?), about 20 yards away from other commemorative inscriptions including Jesse Owens the man who dared defying Hitler during the Olymplics in 1936. David Ben Gourion’s plaque is some 30 yards away and so are veterans of the US Navy, Churchill, Eisenhower or De Gaulle.
I must admit, putting my foot and then glancing at this dreadful name disturbed me, as it probably disturbs thousands of visitors everyday. How could the country of  Freedom and melting pot, how could the most cosmopolite City in the world praise a former war criminal. I’d like to know the reason.
 
Looking forward to your response,
 
Sincerly yours
 
Andre Soleau
 
 

Une affiche insolite

Cette fois, c’est fait ! Le Brésilien Neymar sera bien la prochaine recrue du Paris-Saint-Germain puisque les 220 millions de la clause libératoire exigée, par Barcelone, pour son transfert, seront acquittés. Ajoutons à cela les 30 millions d’euros nets annuels pour le salaire de la star, les primes versées au père et au joueur et l’on atteint des sommes astronomiques. On évoque un montant total de 700 millions d’euros pour les cinq années de contrat.

Hasard du calendrier, le premier match de championnat du PSG, programmé ce samedi 5 août au Parc-des-Princes, opposera  l’ogre qatari au petit poucet et nouveau promu, Amiens, qui évoluait encore en National lors de la saison 2014-2015.

Autant dire que l’on ne joue pas dans la même cour entre les deux adversaires. Le budget total du club picard, s’élève à…22 millions d’euros ! Les dirigeants pourraient à peine s’acheter quelques orteils de la star brésilienne. Ils viennent par ailleurs de lancer une campagne de financement participatif, auprès de leurs supporters, pour acheter une tribune provisoire de 1500 places, d’une valeur d’environ 100.000 euros sur le marché de l’occasion. Ils ont pour l’instant réuni moins de 10% de l’objectif affiché.

C’est le charme et la glorieuse incertitude du sport, diront les plus optimistes. A Paris on flambe, en Province on compte ses sous. Un constat que l’on pourrait parfois  dresser ailleurs que sur les terrains de foot, non ?

A.S

Adieu Etienne

 

Nous devions déjeuner ensemble le 17 août prochain pour évoquer le futur de notre collaboration et les nouvelles orientations de  notre blog.

 Il débordait d’enthousiasme et d’ambition, évoquait ses projets avec l’excitation d’un jeune reporter. Etienne Desfontaines nous a quittés dans la chaleur d’un mois de juillet incandescent, un peu à son image.

C’était un être délicieux,  toujours à l’écoute des autres, quelqu’un de bienveillant au  sens le plus noble du terme, peu doué pour les polémiques qui peuplent aujourd’hui les réseaux sociaux mais, à l’inverse, curieux de tout, cultivé et profondément attaché à cette région des Hauts-de-France qu’il chérissait.

C’était aussi un correspondant de presse rigoureux même si l’écriture n’aura  été qu’une parenthèse passionnelle dans une carrière professionnelle bien remplie. Il savait trouver le mot juste parce qu’il possédait le vocabulaire de l’âme.

C’était surtout un ami sûr avec lequel une complicité naturelle s’instaurait de manière spontanée. On savait qu’il serait toujours à nos côtés dans les moments les plus compliqués. Sauf aujourd’hui où son absence est terriblement cruelle.

A.S

 

L'opération Dynamo

du  français Jean Vayssouze

 

 

 

Ce sont des histoires perdues. Parce que le temps passe. Parce que la surface de la vie les recouvre d'une pellicule opaque. Et soudain, un évènement surgit. Qui ramène tout, au coeur de la conscience.

 

Christopher Nolan et ses stars accumulent les Unes des medias en ce moment. On évoque l'opération "Dynamo"'. On la raconte à grands coups de plans medias, de vedettes américaines dans les rues de Malo-les-Bains, de montages de figurants et de files interminables de personnages en tissus sur une plage interdite en février à ses promeneurs habituels. Les décors sont impressionnants.. Un avion d'époque passe et repasse dans le ciel. On filme une masse de personnages en uniformes des années 40 soit-disant paniqués, sur une jetée où les estivants vont promener leur chien.

 

Mais tout cela n'a rien à a voir avec la réalité. C'est un film à grand spectacle. Ce n'est qu'un grand "Barnum"  Une machine à faire de l'argent, comme le film de Dany Boon à Bergues. La municipalité de Dunkerque ne s'en cache pas d'ailleurs, qui veut surfer sur le film de Christopher Nolan  pour attirer un maximum de touristes. Et il n'en restera rien, cinq ans, dix ans plus tard. Parce qu'on ne travestit pas la réalité. Parce qu'on ne se sert pas de l'histoire pour créer une émotion, fugace et mercantile.

 

La réalité, moi, je l'ai entendue d'un homme qui  n'avait pas vingt ans au moment des évènements. Il s'appelait Jean Vayssouze. Il avait abouti, allez savoir pourquoi, dans l'industrie du médicament. Il visitait les pharmaciens des hôpitaux du Nord Pas-de-Calais. Je lui ai succédé dans les années 1980. Et il m'a raconté ce qu'il a vécu entre Grande-Synthe et Zuydcoote. L'arrière pays de Dunkerque, il le connaissait sur le bout des doigts. Teteghem : anéantie ! Coudekerque-Branche : des rues jonchées de débris, Leffrinckoucke et Capelle-la-Grande, réduites à néant ! Les maisons abattues, les rues  encombrées de cadavres, les bombardements et l'arrivée des allemands de l'autre côté du canal.... Il m'a tout raconté. Entre deux pharmacies d'hôpitaux.

 

C'est dans cet univers  qu'il a survécu. Sans savoir pourquoi. C'est dans cet enfer qu'il est tombé.Sans savoir ce qui lui arrivait. Et c'est ici, à l'arrière des plages, qu'on lui a ordonné, lui, le français, de tenir bon et de repousser le plus longtemps possible les allemands, pendant que les anglais se mettaient en ligne et montaient dans les bateaux.

 

Jean Vayssouze n'est jamais monté dans un bateau ! Il a été fait prisonnier. On l'a emmené à pied, jusqu'en Allemagne de l'Est. Et il n'est rentré en France, qu'à la toute fin de la guerre. C'était un ami. C'est à lui que je pense, au moment de la sortie du film de Christopher Nolan.

 

Etienne Desfontaines

 

"Gain de folie"

sélectionné

 

 

Communiqué de l'Adan (Association des auteurs du Nord) (Hauts de France)
 
Le comité de lecture chargé de la présélection des cinq nominés pour le Prix ADAN 2017  s'est prononcé.
55 ouvrages présentés, 5 nominés, 50 déçus, mais aucun de ces derniers n'a démérité car il faut du courage pour participer.
Donc, sept mois ont été nécessaires à notre comité de lecture pour lire, relire, hésiter, se concerter et enfin trancher, parfois dans la douleur tant est immense le talent de nos auteurs des Hauts-de-France.
Le principal enseignement que nous tirerons de cette première expérience est que notre territoire est un impressionnant vivier d'écrivains.
Nous remercions tous les auteurs qui ont participé à cette première édition du Prix littéraire de l'ADAN et leur souhaitons de continuer d'assouvir leur passion de l'écriture avec toujours autant de bonheur.
 
Les cinq nominés sont :
- Francis ESSIQUE, avec "Le numéro que vous demandez", chez Ravet-Anceau
- Pierre ZYLAWSKI, avec "J'ai dix ans, mais...", chez Le Riffle
- André SOLEAU, avec Gain de folie, chez Les Lumières de Lille
- Philippe DELANGHE, avec "Le sommeil des nymphes", chez Ravet-Anceau
- Lucien SUEL, avec "Angèle ou le syndrome de wassingue", chez Cours-toujours
 
Le jury souverain qui, à partir de ces cinq nominés, attribuera le Prix du roman de l'ADAN 2017 sera composé d'une sélection de libraires de la région des Hauts-de-France, adhérents de l'association Libr'Aire.
 Le verdict ne sera connu que le 18 novembre à 20 heures, lors de la remise des prix dans une salle lilloise.
 
Pour qu'un Prix littéraire soit crédible, il importe avant tout que le jugement apporté en toute impartialité ne repose que sur les valeurs de l'écriture et de l'intérêt du récit, en l'absence de tout préjugé né de la notoriété de l'auteur. Bien sûr, on ne peut nier la subjectivité attachée à tout jugement humain, mais soyez assurés que les membres du comité de lecture n'auront cédé à aucune pression. Sachez aussi que durant les sept mois consacrés à leurs lectures, ils n'ont pu se livrer à leur occupation préférée, l'écriture ! 
 
Jean-François Zimmermann
Président de l'ADAN, association des auteurs des Hauts-de-France

http://adan5962.e-monsite.com/
Membre de l'AEB, association des écrivains bretons
http://www.jfzimmermann.com
N° téléphone : 03 20 14 04 84
 
Garanti sans virus. www.avast.com

Le trottoir d'à côté

 

 

 

C'est une humeur. Un sentiment qu'on perçoit au coeur de Lille, comme dans toutes les cités de France. "Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..."  La chanson d'Alain Souchon date des années 70. Il y allait de sa voix douce : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." Les évènements de 68 étaient passés par là. Les trente glorieuses battaient pourtant leur plein. L'inflation caracolait. Le moindre investissement prenait dix points en trois jours. Et Valery Giscard d'Estaing soutenait Simone Veil, qui défendait sa loi contre l'avortement. On venait de mettre fin à la guerre du Viêt Nam. La vie était belle. Mais la France s'ennuyait...

 

La rengaine de Souchon est toujours de mise. Nous venons de vivre une épopée électorale. Annonces de candidatures, primaires de droite, primaires écologistes et primaires de gauche, premier tour et second tour de l'élection présidentielle. Nous avons fait table rase du personnel politique. Mais le 7 mai a sonné le glas de notre investissement dans la vie publique. Les législatives ont connu une abstention record. Jusqu'à plus de la moitié des inscrits au second tour. Comme si tout cela n'avait plus d'intérêt.

 

Le nouveau locataire a pris les clefs de l'Elysée ? Parfait. Rendez-vous dans cinq ans ! Nous, nous attendons fin juin, les vacances et la rentrée. Chacun est retourné chez soi. Le désistement et la résignation sont perceptibles. Dans la rue, dans les dîners en ville, dans les entreprises et les fêtes d'écoles. Dans la tête des bacheliers en peine de choisir leur orientation. Dans le porte-monnaie des retraités qui va subir l'augmentation de la CSG sans la moindre récupération.

 

"Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..." Ils sont 341 élus macronistes à l'Assemblée nationale. Le savent-ils vraiment ? La moitié de la France leur a dit : "débrouillez-vous !" Et l'autre moitié n'en a rien à faire. Ils ont mené une campagne tambour battant, sans rien connaître pour beaucoup de la vie politique. Sans avoir affronté la révolte des quartiers, sans avoir appris à travailler l'humain au corps à corps, maison par maison, appartement par appartement, dans l'intimité d'une permanence et dans la gestion, par exemple,  des subventions municipales aux associations !

 

Les français le savent. Ils voient bien cette jeunesse qui afflue au Palais Bourbon. Ils se sont visiblement défaussés, pour ne pas tomber dans l'ornière de extrêmes. Mais le président peut bien faire le beau, jouer du tennis en bord de Seine pour vendre les JO de 2024 à Paris,  ils n'y croient pas vraiment ! Et ils ont la rengaine d'Alain Souchon dans la tête : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." La rentrée 2017 ne sera pas chaude. Elle sera éteinte.

 

Etienne Desfontaines

 

 

 

Publié par SOLEAU

L’homme peut-il impunément et indéfiniment défier la nature ? La tragédie qui frappe aujourd’hui le Japon mérite en tout cas un débat de fond sur la question, plus que les polémiques habituelles de nos politiciens.

            Rien n’est simple, en effet, lorsqu’il s’agit de valider ou de contester des choix stratégiques majeurs et ce n’est pas faire offense au bon sens de nos concitoyens que de douter de l’opportunité d’un référendum sur un sujet aussi complexe.

            Troisième puissance économique mondiale, le Japon ne dispose pas ou très peu de ressources naturelles et s’est donc tourné vers l’énergie nucléaire malgré les risques sismiques très élevés qui pèsent en permanence sur l’archipel. Les moyens d’alerte les plus sophistiqués ont été mis en place pour limiter les effets d’un tremblement de terre ou d’un tsunami. Des capteurs permettent de stopper automatiquement le trafic ferroviaire ou les ascenseurs dès que le seuil d’intensité fixé est franchi. Un dispositif de digues ultra sécurisé est censé protéger les installations et la population dans les endroits les plus exposés. Les immeubles ont été construits selon des normes d’une très haute technicité.

            Seulement, la créativité des hommes a ses limites. Que peut faire la technologie la plus poussée devant les chiffres monstrueux d’un phénomène naturel d’une telle ampleur ? Une faille de 500 km de long et 150 km de large qui cède à seulement 25 km de profondeur. Des secousses qui dépassent le chiffre maximal de référence sur l’échelle de Richter. Un tsunami qui se forme et qui atteint la vitesse de 600 km/heure. Nous sommes brutalement ramenés à notre modeste condition de terriens impuissants, confrontés à une réaction en chaîne impossible à maîtriser.

            Face à ce constat, les Japonais se taisent. Leur culture les incite à ne pas rajouter de la douleur à la douleur et à accepter avec fatalisme la dure loi des éléments. Au-delà des milliers de victimes qu’ils pleurent aujourd’hui, ils savent que le pire est peut-être à venir. Les répliques bien sûr mais aussi une crise économique majeure puisque le coût de cette catastrophe est déjà évalué à 130 milliards d’euros, environ 3% du PIB.

            Les Occidentaux ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ils demandent aussitôt des comptes et cherchent des coupables. Les Français, particulièrement concernés par le sujet avec un parc vieillissant de dix-neuf centrales et cinquante huit réacteurs, se retrouvent enfermés dans un dilemme simpliste que leur imposent quelques brillants cerveaux : Pour ou contre le nucléaire ? Comme s’il s’agissait de fermer un robinet d’eau.

            Le drame japonais doit au contraire susciter une réflexion collective planétaire, loin de l’agitation de l’instant. Par exemple, notre quête éperdue de confort, nos exigences et nos impatiences de consommateurs boulimiques vont-elles de pair avec nos principes vertueux de défenseurs de l’environnement ? S’accommodent-elles d’un principe de précaution rigide ? Ou encore, sommes nous prêts, au 21ème siècle, à renoncer à nos habitudes de vie pour éviter les forages de plus en plus risqués en mer, à la recherche d’un pétrole qui se raréfie et que l’on continue à brûler aveuglément ? Bref, peut-on s’arrêter de courir et réapprendre à vivre autrement ?

            Ceux qui pensent pouvoir trouver la réponse à ces questions dans une urne et par un simple bulletin de vote n’ont peut-être pas tout compris.

            André Soleau

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Chantal Laden-Moreaux 17/03/2011 11:11



"Le nucléaire c'est l'avenir !"
Tels étaient les propos du Général de Gaulle, mais l'avenir peut être rose ou noir. Tout est Rose quand il s'agit de solliciter la fée électricité mais tout devient Noir quand survient une
catastrophe et que se réveillent les démons de la peur.
Les autres procédés se combinent mais n'ont-ils que des avantages ?
La centrale thermique ne semble plus répondre aux critères économiques et surtout écologiques prônés de nos jours : face au manque de charbon, gaz, pétrole, rendant son
exploitation coûteuse, les biocarburants ont fait leur apparition, et même s'ils permettent une production plus autonome, ils restent néanmoins, comme les combustions traditionnelles, une
source d'émission de gaz à effets de serre.
La centrale hydraulique: les barrages ont fait leur preuve même celui de Malpasset (400 morts - 1959).
La centrale marémotrice : intéressant d'utiliser la force des marées mais compte tenu de l'élévation du niveau de la mer, on les place où ?
Puis l'éolien qui ne serait pas aussi performant que prévu, le solaire avec ses jolis panneaux sur les toits qui seront le questionnement des Monuments de France
et la problématique du recyclage.
Alors on se creuse, non on creuse pour obtenir le fameux gaz de schiste : il suffira de mettre un briquet à la sortie du robinet d'eau de ville pour voir jaillir la "flamme
de la vie" ou plutôt celle de la contamination à moins que ce ne soit un billet pour un réveil volcanique.
Après ce succinct exposé, force est de constater que les solutions sont plus ou moins contestables. Rien n'est parfait.
Le Japon, pays à la pointe de la technicité, pays où la souffrance est aujourd'hui muselée par les lois de la nature et les conséquences du "progrès", a fait le choix du nucléaire. D'autres pays
comme l'Allemagne, l'Italie ou la Suisse l'ont abandonné ou limité. Mais ont-ils pour autant diminué leur consommation ? Certainement pas, ils achètent simplement une partie de leur
électricité à la France qui a l'audace, avec ses 56 centrales nucléaires, de braver le danger excepté en ce qui concerne leur entretien, tâche ô combien dangereuse qu'EDF confie à
des intérimaires du privé.
Alors ici et là, des drapeaux blancs s'agitent "Stop au nucléaire". Ce n'est pas le moment, sous l'émotion et la peur , il ne peut y avoir de sages décisions.
Des réflexions à court et à long terme sont indispensables car les questions demeurent : comment interrompre le process nucléaire en cas d'urgence ? que faire des déchets radio-actifs ? 
Les besoins sont sans cesse croissants, tout s'électrise, utile ou futile ? de toute façon nous ne reviendrons pas à la machine à vapeur de Denis Papin.



Etienne Desfontaines 16/03/2011 21:09



Nus et sans défense


 


D'un côté, le Japon. Il n'y a pas de mots. Le silence, seul, peut tenter de remettre un peu de dignité dans les gravats de Sendaï. Le silence
recueilli, après le grondement de la terre et le mugissement de la vague. Le silence incrédule, devant les réacteurs en fusion de Fukushima. Nous sommes sonnés, hébétés. En 2010, nous avions
compté les morts par centaines de milliers : c'était à Haïti, un pays sans défense. En 2011, nous n'osons pas les dénombrer. C'est au Japon, la troisième puissance mondiale. Puissance ? Vous avez
dit, puissance ? Le pays le plus sophistiqué du monde, le plus novateur et le plus courageux aussi,  en est réduit à ramasser ses morts à la main, et
à déverser des tonnes d'eau avec l'énergie du désespoir, comme le premier pompier venu, sur des réacteurs en fusion. Nous voilà nus et sans défense, sans prise sur la planète, comme à l'origine
du monde.


 


De l'autre, les révolutions arabes. La Tunisie, l'Egypte, la Lybie, le Bahrein. Là aussi, les toits de béton volent en éclats,
les enceintes de confinement sont endommagées, les barreaux entrent en fusion. Autrement dit : les dictateurs s'en vont, les pouvoirs ancestraux lâchent du lest comme en Algérie ou au Maroc, les
tyrans crachent du feu comme en Lybie, les potentats étranglent la rébellion comme au Bahrein, avec le concours de l'Arabie Saoudite. La température monte, les réacteurs chauffent. On ramasse les
morts dans le désert. Les expatriés rentrent chez eux, les familles se jettent sur les routes, les migrants embarquent dans des rafiots. Là aussi, nous sommes sonnés, hébétés. Et nous en sommes
réduits à déverser dans les institutions des tonnes de discussions et de palabres diplomatiques. Sans suite. La déflagration est à deux doigts d'atteindre le pétrole et les stocks de haine
entassés, pendant des années et des années, au Moyen-Orient. L'Europe, le G8, le G20, et l'ONU ont beau être compétents, organisés, responsables et représentatifs du monde entier : ils
sont nus et sans défense, sans prise sur l'évènement, comme à l'origine du monde.


 


Que dire, que faire ? Les hommes des cavernes n'avaient que des incantations, contre la foudre et la convoitise des tribus voisines. Les
peuples du Moyen-Âge priaient beaucoup, pour éviter les épidémies et les invasions. Ils rentraient souvent penauds de leurs grandes croisades. Des civilisations sont mortes : romaine, égyptienne,
inca, pour n'en citer que quelques unes. Englouties par la nature ou le pouvoir d'autodestruction des hommes. La nôtre est à deux doigts d'y passer. Le nucléaire y pourvoira, commence-t-on à
dire, qu'il soit civil ou militaire. Nous nous en remettons, au XXI° siècle, à la science et au politique. Les experts et les autorités défilent sur les écrans. Sans résultat. Nous ne sommes pas
plus avancés que nos ancêtres : nous voilà nus et sans défense, sans prise sur nous-mêmes, comme à l'origine du monde !


 


Cela dit, les peurs ancestrales nous ont aussi incités à trouver des solutions. On appelle ça : "sortir du cadre", dans le langage moderne des
conseils en entreprise. L'exploration du monde, les progrès scientifiques, les avancées philosophiques, économiques et sociales, nous ont effectivement sortis de bien des tracas. On peut se
prendre à rêver : le jour est proche où nous allons tous nous échapper de la planète terre ! Nous sommes déjà passés par la lune, certains s'entrainent pour aller sur Mars, d'autres sont sur le
point de repérer une autre planète où il y aurait de la vie, et la liste d'attente des premiers touristes de l'espace est longue comme un jour sans pain !


 


Chimère ? Espoir réel ? L'eau et le feu, éléments dévastateurs sur terre, seront-ils un jour maîtrisés, l'homme apprendra-t-il un
jour à être sage,  à l'autre bout de l'univers ? La question est posée. Ce n'est peut-être qu'une fuite en avant, une nouvelle ombre dans la caverne de Platon. Il n'empêche. Si je
pouvais me le payer, je me mettrais bien dans la liste de la NASA. Pour avoir un bout de pain à la fin du jour, et voir " le monde comme il va"…
derrière un hublot.


 


Bien à vous 


Etienne Desfontaines