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BLOG NOTES

Annie la gouaille

Annie Cordy a été l’une des premières artistes que j’ai pu interviewer au tout début de ma carrière à La Voix du Nord. Les stars de l’époque, qu’il s’agisse des Compagnons de la chanson, Marcel Amont, Tino Rossi vieillissant ou Patrick Sébastien débutant, étaient facilement accessibles et d’une simplicité assez désarmante pour un jeune journaliste.

« Nini la chance » avait quelque chose en plus, la gouaille naturelle, spontanée, permanente. On tombait sous le charme dès les premiers échanges tant sa bonne humeur et son rire communicatif résonnaient dans sa loge. Instants privilégiés, instants bonheur, que l’on conserve en mémoire toute une vie.

On ne le savait pas encore, mais notre petite Belge incarnait la France des années bénies, celle du monde d’avant où tout semblait facile, à portée de main pour peu que l’on sache saisir les opportunités.

Jusqu’au bout, elle aura été fidèle à cette image radieuse et pétillante. Une image que l’on peine à imaginer aujourd’hui figée.

A.S

 

Roselyne

Le retour

Elle avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus.

Mais Roselyne Bachelot a été à nouveau touchée par le virus de la politique.

Là voilà ministre de la Culture, elle qui fréquentait les studios de télé et de radio en donnant libre cours à une liberté de ton jugée parfois peu académique. 

A 73 ans, elle se remet en marche au côté du président.

Une nomination aussi surprenante que celle de Dupond-Moretti.

La course au scoop !

La mise en scène de la mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko par les services secrets ukrainiens, afin que celui-ci échappe, selon eux, aux tueurs de Poutine lancés à ses trousses, a semé le trouble dans la profession.

Comment en effet cautionner une fausse information, des fake news comme ils disent, avec la complicité d’un Etat et du journaliste lui-même.

Les Ukrainiens ont bien ri du tour joué à la communauté internationale et, bien sûr, à la Russie elle-même.

Il n’est pas sûr, néanmoins, qu’ils sortent gagnants d’une telle opération médiatique laquelle prouve surtout leur capacité à mentir et à utiliser les moyens les plus sordides pour discréditer le régime russe. Poutine aura beau jeu d’utiliser ce faux assassinat pour balayer les autres accusations, notamment celles qui concernent les journalistes russes (plus d’une vingtaine) qui ont été exécutés dans des conditions similaires depuis son arrivée au pouvoir, en 2000.

L’autre enseignement de cette supercherie, c’est cette hystérie collective qui s’empare des réseaux de communication à la moindre rumeur. Les plus grands titres de presse ont relayé l’information partout dans le monde sans prendre la peine de vérifier son authenticité. Dans la bataille des communiqués et des manipulations médiatiques ou électorales qui s’est amplifiée grâce à la sophistication des nouvelles technologies, aucun garde-fou n’a été mis en place. Les groupes de presse continuent de foncer tête baissée au moindre frémissement d’affaire. C’est cher payé le scoop falsifié.

A.S

TELEX

Les organisations syndicales et les représentants du gouvernement chargés de négocier les réformes de la SNCF seraient, paraît-il, proches d'un accord.

Il passe par la reprise d'une partie de la dette abyssale de la société par l'Etat. On parle de 30 à 35 milliards d'euros effacés d'un coup de baguette magique.

Seul regret, le principal intéressé n'est pas à la table des négociations : le contribuable qui a tout juste le droit de sortir la calculette pour chiffrer ce qui va lui tomber sur la tête.

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Autre histoire de sous, plus légère mais aussi agaçante, le radar qui ressort avec les beaux jours, comme les hirondelles. Une amende de 45 euros et un point de permis pour avoir dépassé la vitesse autorisée de 6 km, infraction ramenée à  1 km/h (91 au lieu de 90 !). 

Ce qui est fascinant, c'est cette faculté à extraire un véhicule de la meute qui roule entre Marseille et Lyon (Pierre bénite) pour l'épingler au tableau de chasse du gendarme.

Promis, la prochaine fois j'avale les 1100 km qui séparent Marseille de Lille, le nez rivé sur le tableau de bord. Et tant pis si je ne vois pas le type de devant freiner et si j'ignore les coups de klaxon rageurs du poids-lourds de derrière.

Au fait, ne peut-on mettre un radar au cul des casseurs qui se défoulent à chaque manifestation en laissant des centaines de milliers d'euros à la charge de la collectivité ?

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 Michel Platini a avoué avec un aplomb incroyable qu'il avait magouillé lors du tirage au sort du Mondial 1998 dont il avait pour partie la charge de l'organisation, ceci afin de permettre à la France et au Brésil de ne se rencontrer éventuellement qu'en finale.

Et il jure, dans le même temps, la main sur le cœur, que l'enveloppe que lui a remise Sepp Blatter pour prix de sa collaboration à la FIFA, sans contrat,  s'inscrivait dans un cadre tout à fait légal.

Pas de doute, notre Michel national est plus à l'aise quand il parle avec ses pieds.

 

GAIN DE FOLIE

Prochaines dédicaces

 

Mardi 1er mai

ARRAS

Chapiteaux Grand'Place

17ème salon du livre

De 10 h à 18 h

 

Samedi 14 avril 

Pont-à-Marcq

5ème salon des Arts et des Lettres

Salle Casadesus

de 14 h à 18h30

 

 

Les rebondissements de ces derniers jours, concernant le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, me laissent personnellement perplexe. Et c’est évidemment un euphémisme.

Il s’agit d’abord d’un inextricable dossier administratif comme seule la France peut les inventer. J’avais eu l’occasion de rencontrer l’ancien maire de cette commune de Loire-Atlantique, Louis Cercleron, il y a près d’une vingtaine d’années. Il m’avait conté l’histoire de ces luttes épuisantes entre partisans de l’extension de l’aéroport de Nantes et  ceux qui, à l’inverse, souhaitaient déplacer les nuisances sonores en rase campagne. Lui-même, critiqué et parfois menacé pour ses prises de position, avait baissé les bras après avoir sacrifié sa santé et sa vie familiale. Tout cela pour annoncer un demi-siècle plus tard et après des tonnes d’études amoncelées dans des placards, l’abandon pur et simple du projet.

Il s’agit aussi d’un revirement politique. Le candidat Emmanuel Macron s’était formellement prononcé pour le respect du référendum local qui avait entériné, à une large majorité, la construction du nouveau site. Le président Macron a oublié les promesses de campagne, comme tous ses prédécesseurs. Il a préféré enterrer ses audaces de jeunesse sous une bonne couche de prudence politicienne. Et le fait d’argumenter sur l’héritage laissé par les précédents locataires de l’Elysée indique qu’il a rapidement adopté les codes en vigueur chez les détenteurs du pouvoir.

Il s’agit encore d’un curieux débat puisqu’il a été rarement question des préjudices psychologiques et financiers subis par les populations directement impactées par l’extension de Nantes. Chez les Verts, on a beaucoup argumenté sur les dommages irréversibles causés aux territoires agricoles, à la faune et à la flore environnantes.  Mais les 70.000 habitants priés d’investir  désormais dans des boites de boules Quies n’ont guère retenu l’attention de ces défenseurs de la nature.

De l’extérieur, il est évidemment compliqué de prendre clairement position sur un projet qui a usé cinq décennies d’experts et de décideurs. Les priorités des années 70 ne sont plus celles de 2018, surtout en matière d’environnement. En revanche, il est un droit immuable des démocraties qu’il convient de respecter, c’est l’autorité de l’Etat. Or, entendre certains Zadistes dicter leurs conditions au gouvernement afin de s’approprier des terres qu’ils occupent illégalement est tout bonnement scandaleux. Au journal de France 2, l’un des meneurs a clairement menacé : « Nous allons rouvrir les routes que nous bloquons depuis des années, pendant les négociations, mais nous les refermerons si nous n’obtenons pas satisfaction ! » Les combats du 21ème siècle, en ce sens, ont un goût moyenâgeux.

A.S

Première

dédicace

de l'année

 

Samedi 27 janvier 

de  10h à 19 H

Salon Amopa

Salle du Gymnase de Lille

Entrée libre

 

 

MEILLEURS VŒUX

 

        A TOUS 

 

Sans votre fidélité, ce blog ne serait pas.

Or, il vient de fêter ses 10 ans et, je l'espère,

il continuera à vous divertir, à susciter votre 

curiosité pendant de longues années.

En ce qui me concerne, j'essaierai de ne jamais

me lasser, ne serait-ce qu'en hommage à mon ami

Etienne Desfontaines qui nous a quittés en 2017.

Gardez-vous en bonne santé et vive 2018 !

 

 

GAIN DE FOLIE

(Ed. Les Lumières de Lille)

     André Soleau

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Prochaines dédicaces

Samedi 27 janvier 2018

de  10h à 19 H

Salon Amopa

Salle du Gymnase de Lille

Entrée libre

 

Samedi 3 et Dimanche 4 février

Salon de Mennecy (Essonne) et

Remise du prix littéraire.

 

Samedi 10 février 

Saint-Amand de 15h30 à 19 h

Espace culturel - Centre Leclerc

 

Samedi 17 février

Salon du livre de La Couture

De 10h à 19 h

Entrée libre

 

Samedi 17 mars

Librairie Cultura

De 15 h à 19 h

Route de Roncq

Neuville-en-Ferrain

Vendredi 23 mars

A partir de 20 heures

Médiathèque de

Phalempin

 

Samedi 24 et dimanche 25 mars

Salon du livre de Bondues

De 9 h à 19 h 30

 

Samedi 31 mars

A partir de 10H30 

Librairie La Forge 

Marcq-en-Baroeul

 

Samedi 7 avril

Maubeuge

Librairie Vauban

De 15 h à 19 H

20, Avenue Mabuse

 

Samedi 14 avril 

Pont-à-Marcq

5ème salon des Arts et des Lettres

Salle Casadesus

de 14 h à 18h30

 

 

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Jusqu’à quand ?

 

Emmanuel Macron a une curieuse conception de la solidarité. Son gouvernement décide de baisser de cinq euros les aides personnalisées au logement (APL). Soit ! On pouvait penser que les économies à réaliser pouvaient cibler une autre catégorie de Français que celle des ménages modestes et des étudiants. Cette mesure improvisée n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut, et a entraîné une chute de popularité vertigineuse du président et de son Premier ministre.

En général, lorsque les dirigeants s’aperçoivent de leur erreur, ils rectifient le tir. Pas Emmanuel Macron qui s’en prend aux propriétaires et aux bailleurs sociaux en les exhortant à baisser les loyers, au nom de  la « responsabilité de chacun ». Il se dit surpris du « silence collectif ».

Exiger un effort de solidarité en opposant les locataires aux propriétaires, voilà qui n’est pas banal. Surtout dans un pays où les taxes et impôts divers ont explosé sous le précédent quinquennat, où plus de 50% des foyers sont exemptés de fiscalité directe, où la CSG va augmenter d’1,7 point à partir du 1er janvier 2018, où les retraites sont gelées depuis plusieurs années, tout comme les barèmes des fonctionnaires, où l’ISF, un impôt sur l’impôt, a déjà fait fuir toutes les grandes fortunes du pays, ce qui fait le bonheur de nos voisins.

Pourquoi, dans ces conditions, ne pas obliger les chefs d’entreprise à augmenter d’autant leurs salariés, afin de financer la perte de pouvoir d’achat ? Pourquoi ne pas demander à tous les parlementaires d’abandonner leurs privilèges historiques, dans un souci d’exemplarité ? Pourquoi ne pas plafonner les salaires indécents des stars du football pour financer des actions d’intérêt public ?

Encore une fois, ces déclarations à l’emporte-pièce exhalent une forte odeur d’amateurisme. La France mérite une politique ambitieuse qui s’inspire des réussites étrangères. La croissance se fait sentir partout, le chômage baisse significativement ailleurs et nous continuons  à jouer les autruches, la tête dans nos contradictions et dans nos lacunes.

Jusqu’à quand ?

A.S

 

 

Mieux vaut tard…

Au mois de mai 2006, en visite à New York, j’avais été frappé par une plaque commémorant la visite de Pierre Laval à Broadway, plaque scellée sur la célèbre avenue Manhattan. D’autant plus choquant qu’elle voisinait avec celles de Ben Gourion, le fondateur d’Israël, de Churchill et de De  Gaulle.

Laval, jeune président du Conseil de la Troisième République à cette époque, avait été élu homme de l’année en 1931 par le magazine Times. Rappelons qu’il fut fusillé à la Libération, pour haute trahison, après avoir été l’une des pièces majeures du régime de Vichy, avec Pétain, et l’artisan de la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Difficile de comprendre qu’un hommage aussi prestigieux soit rendu encore de nos jours  à un tel individu, même si l’on peut penser que le New Yorkais est plus habitué à regarder les gratte-ciel que les trottoirs.

J’avais donc écrit au New York Times, à l'AFP ainsi qu’à l’ambassade d’Israël pour m’étonner de cette incohérence scandaleuse.

Lettre restée sans réponse.

Les événements de Charlottesville, en Virginie, ont fait ressurgir les démons du passé à savoir le racisme, la haine et la violence. Elles ont aussi contribué à réveiller les consciences puisque le maire de New York, n’ayant pas de statues d’esclavagistes à déboulonner et songeant à sa réélection, face à une forte communauté juive, a décidé d’enlever la plaque de Laval.

Au passage, il supprimera également celle de Philippe Pétain laquelle datait également de 1931 et rendait hommage au héros de Verdun.

Donald Trump, sans le vouloir, a ainsi réparé  un outrage infligé à l’Histoire.

(Voir ci-dessous, le courrier en question).

A.S

 

 
 
Dear sir,
 
          While visiting my son in New York this week, I was stunned and annoyed to see the name of Pierre Laval glorified on Broadway street . Laval was a prominent figure of the Vichy government in France during WWII, in charge of the anti-Jewish activities during the German occupation. He created the Vichy Milice, the wartime secret police and was acting as the main armed force for the Gestapo. He was executed in 1945.
            His name though, figures today on a commemorative inscription on the Broadway pavement near Wall Street NY, (probably celebrating  his visit in 1931?), about 20 yards away from other commemorative inscriptions including Jesse Owens the man who dared defying Hitler during the Olymplics in 1936. David Ben Gourion’s plaque is some 30 yards away and so are veterans of the US Navy, Churchill, Eisenhower or De Gaulle.
I must admit, putting my foot and then glancing at this dreadful name disturbed me, as it probably disturbs thousands of visitors everyday. How could the country of  Freedom and melting pot, how could the most cosmopolite City in the world praise a former war criminal. I’d like to know the reason.
 
Looking forward to your response,
 
Sincerly yours
 
Andre Soleau
 
 

Une affiche insolite

Cette fois, c’est fait ! Le Brésilien Neymar sera bien la prochaine recrue du Paris-Saint-Germain puisque les 220 millions de la clause libératoire exigée, par Barcelone, pour son transfert, seront acquittés. Ajoutons à cela les 30 millions d’euros nets annuels pour le salaire de la star, les primes versées au père et au joueur et l’on atteint des sommes astronomiques. On évoque un montant total de 700 millions d’euros pour les cinq années de contrat.

Hasard du calendrier, le premier match de championnat du PSG, programmé ce samedi 5 août au Parc-des-Princes, opposera  l’ogre qatari au petit poucet et nouveau promu, Amiens, qui évoluait encore en National lors de la saison 2014-2015.

Autant dire que l’on ne joue pas dans la même cour entre les deux adversaires. Le budget total du club picard, s’élève à…22 millions d’euros ! Les dirigeants pourraient à peine s’acheter quelques orteils de la star brésilienne. Ils viennent par ailleurs de lancer une campagne de financement participatif, auprès de leurs supporters, pour acheter une tribune provisoire de 1500 places, d’une valeur d’environ 100.000 euros sur le marché de l’occasion. Ils ont pour l’instant réuni moins de 10% de l’objectif affiché.

C’est le charme et la glorieuse incertitude du sport, diront les plus optimistes. A Paris on flambe, en Province on compte ses sous. Un constat que l’on pourrait parfois  dresser ailleurs que sur les terrains de foot, non ?

A.S

Adieu Etienne

 

Nous devions déjeuner ensemble le 17 août prochain pour évoquer le futur de notre collaboration et les nouvelles orientations de  notre blog.

 Il débordait d’enthousiasme et d’ambition, évoquait ses projets avec l’excitation d’un jeune reporter. Etienne Desfontaines nous a quittés dans la chaleur d’un mois de juillet incandescent, un peu à son image.

C’était un être délicieux,  toujours à l’écoute des autres, quelqu’un de bienveillant au  sens le plus noble du terme, peu doué pour les polémiques qui peuplent aujourd’hui les réseaux sociaux mais, à l’inverse, curieux de tout, cultivé et profondément attaché à cette région des Hauts-de-France qu’il chérissait.

C’était aussi un correspondant de presse rigoureux même si l’écriture n’aura  été qu’une parenthèse passionnelle dans une carrière professionnelle bien remplie. Il savait trouver le mot juste parce qu’il possédait le vocabulaire de l’âme.

C’était surtout un ami sûr avec lequel une complicité naturelle s’instaurait de manière spontanée. On savait qu’il serait toujours à nos côtés dans les moments les plus compliqués. Sauf aujourd’hui où son absence est terriblement cruelle.

A.S

 

L'opération Dynamo

du  français Jean Vayssouze

 

 

 

Ce sont des histoires perdues. Parce que le temps passe. Parce que la surface de la vie les recouvre d'une pellicule opaque. Et soudain, un évènement surgit. Qui ramène tout, au coeur de la conscience.

 

Christopher Nolan et ses stars accumulent les Unes des medias en ce moment. On évoque l'opération "Dynamo"'. On la raconte à grands coups de plans medias, de vedettes américaines dans les rues de Malo-les-Bains, de montages de figurants et de files interminables de personnages en tissus sur une plage interdite en février à ses promeneurs habituels. Les décors sont impressionnants.. Un avion d'époque passe et repasse dans le ciel. On filme une masse de personnages en uniformes des années 40 soit-disant paniqués, sur une jetée où les estivants vont promener leur chien.

 

Mais tout cela n'a rien à a voir avec la réalité. C'est un film à grand spectacle. Ce n'est qu'un grand "Barnum"  Une machine à faire de l'argent, comme le film de Dany Boon à Bergues. La municipalité de Dunkerque ne s'en cache pas d'ailleurs, qui veut surfer sur le film de Christopher Nolan  pour attirer un maximum de touristes. Et il n'en restera rien, cinq ans, dix ans plus tard. Parce qu'on ne travestit pas la réalité. Parce qu'on ne se sert pas de l'histoire pour créer une émotion, fugace et mercantile.

 

La réalité, moi, je l'ai entendue d'un homme qui  n'avait pas vingt ans au moment des évènements. Il s'appelait Jean Vayssouze. Il avait abouti, allez savoir pourquoi, dans l'industrie du médicament. Il visitait les pharmaciens des hôpitaux du Nord Pas-de-Calais. Je lui ai succédé dans les années 1980. Et il m'a raconté ce qu'il a vécu entre Grande-Synthe et Zuydcoote. L'arrière pays de Dunkerque, il le connaissait sur le bout des doigts. Teteghem : anéantie ! Coudekerque-Branche : des rues jonchées de débris, Leffrinckoucke et Capelle-la-Grande, réduites à néant ! Les maisons abattues, les rues  encombrées de cadavres, les bombardements et l'arrivée des allemands de l'autre côté du canal.... Il m'a tout raconté. Entre deux pharmacies d'hôpitaux.

 

C'est dans cet univers  qu'il a survécu. Sans savoir pourquoi. C'est dans cet enfer qu'il est tombé.Sans savoir ce qui lui arrivait. Et c'est ici, à l'arrière des plages, qu'on lui a ordonné, lui, le français, de tenir bon et de repousser le plus longtemps possible les allemands, pendant que les anglais se mettaient en ligne et montaient dans les bateaux.

 

Jean Vayssouze n'est jamais monté dans un bateau ! Il a été fait prisonnier. On l'a emmené à pied, jusqu'en Allemagne de l'Est. Et il n'est rentré en France, qu'à la toute fin de la guerre. C'était un ami. C'est à lui que je pense, au moment de la sortie du film de Christopher Nolan.

 

Etienne Desfontaines

 

"Gain de folie"

sélectionné

 

 

Communiqué de l'Adan (Association des auteurs du Nord) (Hauts de France)
 
Le comité de lecture chargé de la présélection des cinq nominés pour le Prix ADAN 2017  s'est prononcé.
55 ouvrages présentés, 5 nominés, 50 déçus, mais aucun de ces derniers n'a démérité car il faut du courage pour participer.
Donc, sept mois ont été nécessaires à notre comité de lecture pour lire, relire, hésiter, se concerter et enfin trancher, parfois dans la douleur tant est immense le talent de nos auteurs des Hauts-de-France.
Le principal enseignement que nous tirerons de cette première expérience est que notre territoire est un impressionnant vivier d'écrivains.
Nous remercions tous les auteurs qui ont participé à cette première édition du Prix littéraire de l'ADAN et leur souhaitons de continuer d'assouvir leur passion de l'écriture avec toujours autant de bonheur.
 
Les cinq nominés sont :
- Francis ESSIQUE, avec "Le numéro que vous demandez", chez Ravet-Anceau
- Pierre ZYLAWSKI, avec "J'ai dix ans, mais...", chez Le Riffle
- André SOLEAU, avec Gain de folie, chez Les Lumières de Lille
- Philippe DELANGHE, avec "Le sommeil des nymphes", chez Ravet-Anceau
- Lucien SUEL, avec "Angèle ou le syndrome de wassingue", chez Cours-toujours
 
Le jury souverain qui, à partir de ces cinq nominés, attribuera le Prix du roman de l'ADAN 2017 sera composé d'une sélection de libraires de la région des Hauts-de-France, adhérents de l'association Libr'Aire.
 Le verdict ne sera connu que le 18 novembre à 20 heures, lors de la remise des prix dans une salle lilloise.
 
Pour qu'un Prix littéraire soit crédible, il importe avant tout que le jugement apporté en toute impartialité ne repose que sur les valeurs de l'écriture et de l'intérêt du récit, en l'absence de tout préjugé né de la notoriété de l'auteur. Bien sûr, on ne peut nier la subjectivité attachée à tout jugement humain, mais soyez assurés que les membres du comité de lecture n'auront cédé à aucune pression. Sachez aussi que durant les sept mois consacrés à leurs lectures, ils n'ont pu se livrer à leur occupation préférée, l'écriture ! 
 
Jean-François Zimmermann
Président de l'ADAN, association des auteurs des Hauts-de-France

http://adan5962.e-monsite.com/
Membre de l'AEB, association des écrivains bretons
http://www.jfzimmermann.com
N° téléphone : 03 20 14 04 84
 
Garanti sans virus. www.avast.com

Le trottoir d'à côté

 

 

 

C'est une humeur. Un sentiment qu'on perçoit au coeur de Lille, comme dans toutes les cités de France. "Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..."  La chanson d'Alain Souchon date des années 70. Il y allait de sa voix douce : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." Les évènements de 68 étaient passés par là. Les trente glorieuses battaient pourtant leur plein. L'inflation caracolait. Le moindre investissement prenait dix points en trois jours. Et Valery Giscard d'Estaing soutenait Simone Veil, qui défendait sa loi contre l'avortement. On venait de mettre fin à la guerre du Viêt Nam. La vie était belle. Mais la France s'ennuyait...

 

La rengaine de Souchon est toujours de mise. Nous venons de vivre une épopée électorale. Annonces de candidatures, primaires de droite, primaires écologistes et primaires de gauche, premier tour et second tour de l'élection présidentielle. Nous avons fait table rase du personnel politique. Mais le 7 mai a sonné le glas de notre investissement dans la vie publique. Les législatives ont connu une abstention record. Jusqu'à plus de la moitié des inscrits au second tour. Comme si tout cela n'avait plus d'intérêt.

 

Le nouveau locataire a pris les clefs de l'Elysée ? Parfait. Rendez-vous dans cinq ans ! Nous, nous attendons fin juin, les vacances et la rentrée. Chacun est retourné chez soi. Le désistement et la résignation sont perceptibles. Dans la rue, dans les dîners en ville, dans les entreprises et les fêtes d'écoles. Dans la tête des bacheliers en peine de choisir leur orientation. Dans le porte-monnaie des retraités qui va subir l'augmentation de la CSG sans la moindre récupération.

 

"Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..." Ils sont 341 élus macronistes à l'Assemblée nationale. Le savent-ils vraiment ? La moitié de la France leur a dit : "débrouillez-vous !" Et l'autre moitié n'en a rien à faire. Ils ont mené une campagne tambour battant, sans rien connaître pour beaucoup de la vie politique. Sans avoir affronté la révolte des quartiers, sans avoir appris à travailler l'humain au corps à corps, maison par maison, appartement par appartement, dans l'intimité d'une permanence et dans la gestion, par exemple,  des subventions municipales aux associations !

 

Les français le savent. Ils voient bien cette jeunesse qui afflue au Palais Bourbon. Ils se sont visiblement défaussés, pour ne pas tomber dans l'ornière de extrêmes. Mais le président peut bien faire le beau, jouer du tennis en bord de Seine pour vendre les JO de 2024 à Paris,  ils n'y croient pas vraiment ! Et ils ont la rengaine d'Alain Souchon dans la tête : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." La rentrée 2017 ne sera pas chaude. Elle sera éteinte.

 

Etienne Desfontaines

 

 

 

 

 

Archives

Publié par SOLEAU

Les événements qui ont embrasé la Tunisie et qui s’étendent désormais à l’Egypte ont, dans un premier temps, pris de court nos diplomates qui n’imaginaient pas un instant que des peuples muselés depuis des décennies puissent brutalement se dépouiller de leur peur pour défier l’autorité au grand jour.

            L’immolation de Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid a indigné ses compatriotes en même temps qu’elle a plongé nos vieilles démocraties poussiéreuses dans un abîme de perplexité. Celles-ci s’étaient tellement habituées à la poigne de fer des dictateurs qu’elles ne rataient pas une occasion de leur serrer la main devant un parterre de journalistes et de photographes, histoire d’accrocher la photo de famille dans toutes les bonnes ou mauvaises consciences.

            Puis est venu le temps du réalisme politique. Ben Ali gommé du décor, on a plongé dans l’extase. La Tunisie, trop longtemps enchaînée, s’est enivrée au parfum du jasmin dans l’allégresse générale. Certains observateurs ont même évoqué une « révolution morale » comme pour se purifier de leur long silence complice, sous l’ancien régime. A défaut de l’avoir vu venir, on accompagnait le mouvement. En langage non diplomatique, ça s’appelle prendre le train en marche.

            Aujourd’hui, c’est le tour de l’Egypte avec les mêmes ingrédients : misère du peuple, chômage des jeunes, corruption en haut de la pyramide sociale. Sauf que tous ce que compte le monde de spécialistes de la géopolitique, gouvernants, leaders politiques, intellectuels, grands reporters…sont beaucoup plus modérés dans leurs commentaires. On croirait entendre le général de Gaulle soupirer « la réforme oui, la chienlit non. »

            Cette retenue générale à l’étranger tranche avec la détermination d’une population qui rejette son vieux leader, Hosni Moubarak. Mais elle a plusieurs explications. D’abord à l’intérieur du pays. La société égyptienne n’est pas calquée sur le modèle tunisien. La place de la femme y est beaucoup moins affirmée et la présence des frères musulmans, même s’ils ont été réduits au silence par le Raïs, pèse comme un énorme point d’interrogation sur l’avenir. L’armée aussi, reste une inconnue. Moubarak est issu de ses rangs et il y compte toujours de nombreux partisans. Même si l’idée d’un changement de chef est désormais acquise à la base comme chez les plus hauts gradés, cela se fera sans humiliation. Depuis 1952, le pouvoir est militaire. Cela crée forcément des habitudes.

            Hors frontières, les questions sont aussi multiples sur le devenir de cette poussée de fièvre au Caire. L’Egypte servait de contre-feu pour Israël dans une région où l’isolement peut conduire à toutes les violences. Elle a été le premier pays à signer un traité de paix avec « l’ennemi sioniste » et à lui reconnaître une existence légale d’Etat. Ce contrat date de 1979 et a été respecté tant bien que mal, malgré la haine toujours vivace de la population pour ces voisins indésirables. La Jordanie a, dans la foulée, normalisé ses relations avec Israël, en 1994, mais elle est également secouée par des contestations de rues de plus en plus affirmées.

D’où l’inquiétude perceptible à Tel Aviv et la gêne affichée par Barak Obama et ses alliés européens.

            Et la Chine dans tout cela ? Un peuple qui se rebelle contre l’autorité au nom de la liberté, des militaires dont on ne sait plus très bien s’ils soutiennent le régime ou s’ils pactisent avec les contestataires, voilà des soubresauts de l’Histoire qui ne peuvent qu’agacer Pékin et tous ses partisans de l’ordre et de la discipline.

            La « révolution morale » tunisienne a ainsi perdu son éclat en s’exportant à l’ombre des pyramides. Reste à savoir si le peuple égyptien acceptera de patienter jusqu’aux prochaines élections, au risque d’être spolié, simplement pour calmer l’inquiétude des grands de ce monde.

 

            André Soleau  

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Etienne Desfontaines 12/02/2011 08:53



Samedi 12 février - matin


Et maintenant, l'Algérie ! Abdelaziz Boutefflika, le vieux compagnon, l'ancien protégé des années 70 de Houari Boumediene, a du souci à se faire. La mèche est toujours allumée ! Elle traverse
aujourd'hui Alger. On la voit bien filer ensuite à Rabat.


Bien à vous


Etienne Desfontaines



Etienne Desfontaines 09/02/2011 08:30



Emeute


 


"De quoi se compose l'émeute ? de rien et de tout. D'une électricité dégagée peu à peu,
d'une flamme subitement jaillie, d'une force qui erre, d'un souffle qui passe. Ce souffle rencontre des têtes qui parlent, des cerveaux qui rêvent, des âmes qui souffrent, des passions qui
brûlent, des misères qui hurlent et les emporte.


Où ?


Au hasard. A travers l'Etat, à travers les lois, à travers la prospérité et l'insolence
des autres.


Les convictions irritées, les enthousiasmes aigris, les indignations aigues, le
instincts de guerre opprimés, les jeunes courages exaltés, les aveuglements généreux; la curiosité, le goût du changement, la soif de l'inattendu; les haines vagues, les rancunes, les
désappointements, toute vanité qui croit que la destinée lui a fait faillite; les malaises, les songes creux, les ambitions entourées d'escarpements, quiconque espère d'un écroulement une issue,
enfin, au plus bas, la tourbe, cette boue qui prend feu, tels sont les éléments de l'émeute."


 


Mon Dieu, que j'aurais aimé avoir écrit cela ! Je n'ai fait qu'en retrouver le passage dans ma bibliothèque, avec un bonheur non dissimulé.
Bien sûr, cette émeute-là n'avait pour frontières que les portes de Paris, mais son observateur aura un rayonnement, national et international, fantastique. Parce qu'il a réussi à atteindre, en
1862, les fondements universels de l'émeute, de la nature des peuples et des démocraties, fragiles et changeantes. En publiant "Les Misérables". Chapeau bas, Mr Hugo !


 


Certes nous ne sommes plus dans le même monde. Hier, on allait d'un quartier à l'autre de Paris, les piques et les pierres du côté des
émeutiers, les sabres et les canons du côté des autorités. Aujourd'hui, on passe d'un pays à l'autre. Les téléphones mobiles et toujours les pierres à gauche, les chars et les bombes
lacrymogènes à droite. Mais fondamentalement, ces émeutes des pays arabes : hier la Tunisie, aujourd'hui l'Egypte, demain l'Algérie ? La Jordanie ? Le Yemen ? nous font les mêmes effets que les
soubresauts de la démocratie française au XIX° siècle. Nous sommes stupéfaits. Fascinés, et effrayés. Nous en cherchons les ressorts, les lignes de force, sans être sûrs de ce que nous
découvrons. S'agit-il vraiment d'une révolte populaire, ou d'un mouvement fomenté par les prochains tyrans qui ne demandent qu'à fondre sur leur proie ? Bien malin qui peut dénouer l'écheveau
aujourd'hui. Bien malin qui peut dire ce qu'il en sera dans dix ans, dans vingt ans. La tourbe n'a pas encore pris feu. Mais le souffle est bien là, qui embrase les cerveaux, et brûle les ailes
de tous ceux qui s'en approchent par mégarde.


 


Bien à vous


Etienne Desfontaines



Chantal Laden-Moreaux 08/02/2011 17:11



L'Egypte s'embrase.

Hormis la souffrance, je n'arrive à ressentir ni la pureté du jasmin ni l'unité d'un peuple. Et vous ?
Pourquoi cette impression de différence ?  Sans doute parce que dès les premières heures les opportunistes rentraient au pays, que les frères musulmans, tels des soldats embusqués,
accompagnaient les contestataires. Aussi parce que s'affrontent les pro et les opposants au régime actuel. Les Egyptiens sont divisés et sans discernement, manifestent avec violence. Trop de
morts déjà, pour quelle vie demain ? Va-t-on vers une démocratie ? une explosion de l'islamisme ? Va-t-on vers une reconnaissance de la femme ? des coptes ? Leur Révolution sera-t-elle
récompensée comme fut celle des Gardes Rouges de Mao ? Mao Tsé Toung avait un don pour la manipulation, ses choix stratégiques servaient d'abord ses intérêts, les purges, les répressions, les
censures confortaient sa position ... mais attention, si l'homme est mouton lorsqu'il se réveille il devient lion. Et les rugissements des Egyptiens peuvent trouver un écho dans les pays
voisins, comme déjà en Jordanie.
Chez nous, la Révolution française, suivie par la séparation de l'église et de l'état (1794) introduisit la démocratie. De nos jours, la contestation, liée à la liberté d'expression, se traduit
par des manifestations, des grèves. Mai 1968, ou étudiants et ouvriers se retrouvèrent dans la rue, reste mémorable. "C'est la chienlit" disait le Général de Gaulle, chienlit qui l'amena à
démissionner, chienlit qui s'observe toujours avec la crainte d'une généralisation, avec l'inquétude des conséquences politiques et économiques.
De façon générale, faire preuve de réserve c'est aussi faire preuve de politesse et de respect, car nul n'est à l'abri.

Aujourd'hui l'Egypte est face à son destin. Et Israël ?