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Etienne Desfontaines

 

L'opération Dynamo

du  français Jean Vayssouze

 

 

 

Ce sont des histoires perdues. Parce que le temps passe. Parce que la surface de la vie les recouvre d'une pellicule opaque. Et soudain, un évènement surgit. Qui ramène tout, au coeur de la conscience.

 

Christopher Nolan et ses stars accumulent les Unes des medias en ce moment. On évoque l'opération "Dynamo"'. On la raconte à grands coups de plans medias, de vedettes américaines dans les rues de Malo-les-Bains, de montages de figurants et de files interminables de personnages en tissus sur une plage interdite en février à ses promeneurs habituels. Les décors sont impressionnants.. Un avion d'époque passe et repasse dans le ciel. On filme une masse de personnages en uniformes des années 40 soit-disant paniqués, sur une jetée où les estivants vont promener leur chien.

 

Mais tout cela n'a rien à a voir avec la réalité. C'est un film à grand spectacle. Ce n'est qu'un grand "Barnum"  Une machine à faire de l'argent, comme le film de Dany Boon à Bergues. La municipalité de Dunkerque ne s'en cache pas d'ailleurs, qui veut surfer sur le film de Christopher Nolan  pour attirer un maximum de touristes. Et il n'en restera rien, cinq ans, dix ans plus tard. Parce qu'on ne travestit pas la réalité. Parce qu'on ne se sert pas de l'histoire pour créer une émotion, fugace et mercantile.

 

La réalité, moi, je l'ai entendue d'un homme qui  n'avait pas vingt ans au moment des évènements. Il s'appelait Jean Vayssouze. Il avait abouti, allez savoir pourquoi, dans l'industrie du médicament. Il visitait les pharmaciens des hôpitaux du Nord Pas-de-Calais. Je lui ai succédé dans les années 1980. Et il m'a raconté ce qu'il a vécu entre Grande-Synthe et Zuydcoote. L'arrière pays de Dunkerque, il le connaissait sur le bout des doigts. Teteghem : anéantie ! Coudekerque-Branche : des rues jonchées de débris, Leffrinckoucke et Capelle-la-Grande, réduites à néant ! Les maisons abattues, les rues  encombrées de cadavres, les bombardements et l'arrivée des allemands de l'autre côté du canal.... Il m'a tout raconté. Entre deux pharmacies d'hôpitaux.

 

C'est dans cet univers  qu'il a survécu. Sans savoir pourquoi. C'est dans cet enfer qu'il est tombé.Sans savoir ce qui lui arrivait. Et c'est ici, à l'arrière des plages, qu'on lui a ordonné, lui, le français, de tenir bon et de repousser le plus longtemps possible les allemands, pendant que les anglais se mettaient en ligne et montaient dans les bateaux.

 

Jean Vayssouze n'est jamais monté dans un bateau ! Il a été fait prisonnier. On l'a emmené à pied, jusqu'en Allemagne de l'Est. Et il n'est rentré en France, qu'à la toute fin de la guerre. C'était un ami. C'est à lui que je pense, au moment de la sortie du film de Christopher Nolan.

 

Etienne Desfontaines

 

"Gain de folie"

sélectionné

 

 

Communiqué de l'Adan (Association des auteurs du Nord) (Hauts de France)
 
Le comité de lecture chargé de la présélection des cinq nominés pour le Prix ADAN 2017  s'est prononcé.
55 ouvrages présentés, 5 nominés, 50 déçus, mais aucun de ces derniers n'a démérité car il faut du courage pour participer.
Donc, sept mois ont été nécessaires à notre comité de lecture pour lire, relire, hésiter, se concerter et enfin trancher, parfois dans la douleur tant est immense le talent de nos auteurs des Hauts-de-France.
Le principal enseignement que nous tirerons de cette première expérience est que notre territoire est un impressionnant vivier d'écrivains.
Nous remercions tous les auteurs qui ont participé à cette première édition du Prix littéraire de l'ADAN et leur souhaitons de continuer d'assouvir leur passion de l'écriture avec toujours autant de bonheur.
 
Les cinq nominés sont :
- Francis ESSIQUE, avec "Le numéro que vous demandez", chez Ravet-Anceau
- Pierre ZYLAWSKI, avec "J'ai dix ans, mais...", chez Le Riffle
- André SOLEAU, avec Gain de folie, chez Les Lumières de Lille
- Philippe DELANGHE, avec "Le sommeil des nymphes", chez Ravet-Anceau
- Lucien SUEL, avec "Angèle ou le syndrome de wassingue", chez Cours-toujours
 
Le jury souverain qui, à partir de ces cinq nominés, attribuera le Prix du roman de l'ADAN 2017 sera composé d'une sélection de libraires de la région des Hauts-de-France, adhérents de l'association Libr'Aire.
 Le verdict ne sera connu que le 18 novembre à 20 heures, lors de la remise des prix dans une salle lilloise.
 
Pour qu'un Prix littéraire soit crédible, il importe avant tout que le jugement apporté en toute impartialité ne repose que sur les valeurs de l'écriture et de l'intérêt du récit, en l'absence de tout préjugé né de la notoriété de l'auteur. Bien sûr, on ne peut nier la subjectivité attachée à tout jugement humain, mais soyez assurés que les membres du comité de lecture n'auront cédé à aucune pression. Sachez aussi que durant les sept mois consacrés à leurs lectures, ils n'ont pu se livrer à leur occupation préférée, l'écriture ! 
 
Jean-François Zimmermann
Président de l'ADAN, association des auteurs des Hauts-de-France

http://adan5962.e-monsite.com/
Membre de l'AEB, association des écrivains bretons
http://www.jfzimmermann.com
N° téléphone : 03 20 14 04 84
 
Garanti sans virus. www.avast.com

Le trottoir d'à côté

 

 

 

C'est une humeur. Un sentiment qu'on perçoit au coeur de Lille, comme dans toutes les cités de France. "Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..."  La chanson d'Alain Souchon date des années 70. Il y allait de sa voix douce : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." Les évènements de 68 étaient passés par là. Les trente glorieuses battaient pourtant leur plein. L'inflation caracolait. Le moindre investissement prenait dix points en trois jours. Et Valery Giscard d'Estaing soutenait Simone Veil, qui défendait sa loi contre l'avortement. On venait de mettre fin à la guerre du Viêt Nam. La vie était belle. Mais la France s'ennuyait...

 

La rengaine de Souchon est toujours de mise. Nous venons de vivre une épopée électorale. Annonces de candidatures, primaires de droite, primaires écologistes et primaires de gauche, premier tour et second tour de l'élection présidentielle. Nous avons fait table rase du personnel politique. Mais le 7 mai a sonné le glas de notre investissement dans la vie publique. Les législatives ont connu une abstention record. Jusqu'à plus de la moitié des inscrits au second tour. Comme si tout cela n'avait plus d'intérêt.

 

Le nouveau locataire a pris les clefs de l'Elysée ? Parfait. Rendez-vous dans cinq ans ! Nous, nous attendons fin juin, les vacances et la rentrée. Chacun est retourné chez soi. Le désistement et la résignation sont perceptibles. Dans la rue, dans les dîners en ville, dans les entreprises et les fêtes d'écoles. Dans la tête des bacheliers en peine de choisir leur orientation. Dans le porte-monnaie des retraités qui va subir l'augmentation de la CSG sans la moindre récupération.

 

"Tu verras bien qu'un beau matin fatigué, j'irai m'asseoir sur le trottoir d'à côté..." Ils sont 341 élus macronistes à l'Assemblée nationale. Le savent-ils vraiment ? La moitié de la France leur a dit : "débrouillez-vous !" Et l'autre moitié n'en a rien à faire. Ils ont mené une campagne tambour battant, sans rien connaître pour beaucoup de la vie politique. Sans avoir affronté la révolte des quartiers, sans avoir appris à travailler l'humain au corps à corps, maison par maison, appartement par appartement, dans l'intimité d'une permanence et dans la gestion, par exemple,  des subventions municipales aux associations !

 

Les français le savent. Ils voient bien cette jeunesse qui afflue au Palais Bourbon. Ils se sont visiblement défaussés, pour ne pas tomber dans l'ornière de extrêmes. Mais le président peut bien faire le beau, jouer du tennis en bord de Seine pour vendre les JO de 2024 à Paris,  ils n'y croient pas vraiment ! Et ils ont la rengaine d'Alain Souchon dans la tête : "Tu verras bien qu'il n'y aura pas que moi, assis par terre comme ça..." La rentrée 2017 ne sera pas chaude. Elle sera éteinte.

 

Etienne Desfontaines

 

 

 

Publié par SOLEAU

     

Le géant du fast-food McDonald’s a-t-il été touché par la grâce en cette période de fêtes ? On pourrait le penser à la lecture des conseils prodigués par le groupe à ses propres salariés, via l’un de ses réseaux internes. On y lit que « la restauration rapide propose des produits très caloriques, gras, riches en acides gras saturés, en sucre et en sel et peuvent conduire à l’obésité. » Et d’ajouter « qu’il est difficile de manger sainement quand on fréquente les fast-foods trop souvent ».  Autrement dit, si vous voulez conserver la forme et un tour de taille raisonnable, oubliez nos enseignes et mangez léger, ailleurs.

Certes, le message ne s’adresse pas aux clients mais les moyens de communication d’aujourd’hui ont largement commenté l’information auprès des consommateurs du monde entier. On pourrait y voir une bourde comme McDo nous a habitués à en faire à l’image de cet autre conseil au personnel : « Si vous voulez équilibrer votre budget, évitez de vous chauffer en hiver. »

Mais, puisque nous traversons ce mois béni des vœux, pourquoi ne pas se prendre à rêver d’un monde qui serait brutalement frappé de sincérité chronique. Fermons les yeux et imaginons un instant ce que donnerait un mea-culpa universel déversé sur tous les peuples du monde.

François Hollande avouerait spontanément que les 17 800 chômeurs supplémentaires de novembre démontrent bien que le coup de baguette magique a fait flop et que 2014 s’annonce de la même veine avec, par exemple, le dépôt de bilan non encore comptabilisé de l’entreprise de transport de colis Mory-Ducros, qui compte 5000 salariés et 2000 en sous-traitance. Il admettrait en se frappant la poitrine que les emplois d’avenir, subventionnés jusqu’à 75% par l’Etat et 25% par les régions, ne sont que des leurres destinés à entretenir l’illusion d’une reprise d’activité chez les jeunes, non diplômés, alors que nos plus brillants étudiants quittent le pays, en masse, faute de garantie sur l’avenir.

Nicolas Sarkozy organiserait une conférence de presse pour expliquer qu’il revient aux affaires parce qu’il n’a jamais digéré son départ précipité du fauteuil présidentiel. Que son silence actuel n’est destiné qu’à endormir la méfiance de ses adversaires dont les plus coriaces se dissimulent dans son propre camp. Qu’il attend patiemment que Copé, Fillon, NKM, Wauquiez et autre Bertrand s’entretuent pour voler de clocher en clocher tel l’aigle impérial, non pas jusqu’aux tours de Notre Dame mais jusqu’aux dorures de l’Elysée.

A l’étranger, Vladimir Poutine regretterait publiquement d’avoir détourné la Pérestroïka de Gorbatchev pour se laisser à nouveau griser aux parfums nostalgiques des bonnes vieilles méthodes soviétiques. Il confierait avoir libéré le magnat du pétrole Khodorkovski et les Pussy riots, non pas pour des raisons humanitaires dont il n’a que faire, mais bien par crainte d’un couac médiatique à l’heure des JO d’hiver de Sotchi. Comme son compatriote Pavlov et son célèbre chien,  il déclarerait n’avoir jamais su se débarrasser de ses réflexes conditionnels staliniens qui consistent à passer une muselière dès qu’un esprit frondeur se distingue de la masse.

Bachar Al-Assad se désignerait instantanément le plus barbare des dirigeants de la planète, coupable d’avoir gazé son propre peuple au nez et à la barbe de la communauté internationale. L’oncle Sam dévoilerait la position de tous ses espions, sur terre et dans l’espace, et arrêterait illico d’écouter aux portes de ses voisins. Les Iraniens déterreraient la bombe atomique qu’ils cachent au fond de leur jardin, les Chinois se lanceraient dans une campagne qualité tant sur leurs produits d’exportation que pour la préservation de l’environnement…

Quand on rouvrirait les yeux, le père Noël se tiendrait droit devant nous, bien vivant, bien réel. Il ne serait plus une machine commerciale à faire rêver les enfants, qui s’évanouit sitôt la préadolescence. Il serait enfin visible par un œil adulte.

                                                                                                                             André Soleau

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