le blog andre soleau

 

            La cote de popularité de Nicolas Sarkozy est en chute libre. Selon les derniers sondages, 41% des Français seulement lui feraient confiance contre 55% d’un avis contraire.

            A l’Elysée, les conseillers affectent de conserver leur flegme face à ce désaveu public, rappelant régulièrement que le programme des réformes s’étale sur cinq ans et que l’on fera les comptes à la fin. Les hommes politiques, c’est bien connu,  donnent du crédit aux chiffres et aux pourcentages uniquement lorsqu’ils leur sont favorables. Au soir du deuxième tour de l’élection présidentielle, ce sont les mêmes courtisans qui claironnaient que leur poulain avait réussi l’un des meilleurs scores de la cinquième République, depuis le « de Gaulle » de 1965 et le « Mitterrand » de 1988.

            Nicolas Sarkozy a trop d’expérience pour ignorer la mise en garde de ses compatriotes, surtout à l’approche des municipales. Il se murmure d’ailleurs avec insistance que la brutalité de la baisse l’a perturbé et qu’il cherche à en comprendre les raisons. Le Monde a même laissé entendre qu’il aurait fait appel à un spécialiste de la communication afin d’identifier au plus vite le pourquoi de ce désamour.

            Nous pouvons lui donner les clés de l’énigme sans avoir recours à ces marchands d’analyses qui hantent les allées du pouvoir depuis la nuit des temps. Cela aura au moins le mérite d’économiser les deniers de l’Etat.

            Premier élément, le style. Le Sarkozy 2008 a voulu afficher sa différence. Fidèle à ses convictions, il a collé au terrain jusqu’à en épouser toutes les aspérités. Toujours à l’offensive, il a mené les charges poitrine au vent, à la tête de ses troupes. C’est efficace par beau temps, dangereux quand le ciel se gâte. Le président n’est plus au-dessus de la mêlée, à l’abri dans son palais. Il est celui qui porte le drapeau dans la victoire tout autant que l’homme que l’on rejette dès que le moral est en berne. La dégringolade n’est, en ce sens, que l’illustration de la panne de confiance que traversent les consommateurs.

            Deuxième point, son côté people. Là encore, le président a voulu jouer sur la transparence et la modernité en privilégiant la proximité voire la familiarité. Je tutoie les jeunes des banlieues, je tape dans le dos des marins pêcheurs, je bois le coup avec les ouvriers…Il fait presque partie de la famille, le cousin Nicolas « qui a réussi mais a su rester simple ». Seulement, en s’affichant sur le yacht d’un milliardaire, en flirtant avec la jet set dans les lieux branchés ou en s’offrant des week-end ensoleillés dans les palaces, au bras de son top-modèle préféré, il n’appartient plus à cette France d’en bas qu’il revendique et qui souffre. Il donne au contraire le sentiment de la trahir, au mieux de l’abandonner.

            Enfin, son mode de gouvernance. Déjà secoué par des tics nerveux, ce qui peut être interprété comme le signe d’une grande nervosité, Nicolas Sarkozy crée un climat particulier autour de lui. Ses ministres, au nom de la liberté d’expression, se contredisent, s’invectivent ou s’ignorent superbement. Sa majorité, échaudée par une politique d’ouverture qu’elle exècre n’hésite pas à manifester publiquement sa désapprobation. Lui-même se laisse aller à des déclarations à l’emporte pièce comme l’annonce de la fin des 35 heures en 2008 alors que le dossier n’est pas à l’ordre du jour.

            Tout cela réuni, provoque interrogations et doutes. La rupture oui, la chienlit non aurait grommelé le général. Qu’il le veuille ou non, Nicolas Sarkozy reste, dans l’imagerie populaire, celui qui a le pouvoir d’appuyer sur le bouton de l’arme nucléaire. Cela ne souffre pas l’improvisation.

André Soleau

             

           

           

Ven 1 fév 2008 1 commentaire

Bien vu!...
JCV

Vacher Jean Claude - le 13/03/2008 à 18h47