le blog andre soleau
Le championnat de France de football de ligue 1 s’achève et l’actualité ne se limite pas à la remise du trophée au vainqueur. Les couloirs bruissent également des rumeurs de transferts et le moins que l’on puisse dire, c’est que la crise économique ne semble guère toucher les stars du ballon rond. Nous avons même droit à quelques séquences d’hypocrisie d’anthologie dont les acteurs mériteraient, comme Eric Cantona, de grimper les marches du Festival de Cannes.
Eric Gerets, par exemple, le truculent entraîneur de l’Olympique de Marseille, campe un personnage très pagnolesque sur la Canebière. Depuis plusieurs semaines, il jure la main sur le cœur que le stade Vélodrome restera à jamais marqué dans sa chair tant il y a vécu d’intenses moments d’émotion. Les yeux embués, il jure qu’il achètera une maison en Provence et que si l’on ne veut plus de lui comme coach, il faudra l’accepter comme simple supporter. Au fait, pourquoi part-il ? Parce que le Président du club, Robert-Louis Dreyfus, ne lui a pas manifesté suffisamment sa confiance à un certain moment. Il attendait « un signe fort qui n’est jamais venu ». En langage décodé cela revient à dire que les dirigeants marseillais ont tardé à s’aligner sur une proposition de 250.000 euros net par mois que lui offrait le club saoudien d’Al Hilal Riyad, eux qui ne consentaient que 200.000 euros brut. On a beau aimer la cité phocéenne par tous les pores de la peau, le compte en banque garni se chargera de sécher les larmes. Eric Gerets affirme qu’il ne part pas pour l’argent et que ce nouveau challenge à relever sera passionnant. Ben voyons !
Même chose du côté de Juninho, l’emblématique joueur de l’Olympique lyonnais. Les supporters l’ont supplié de rester une année de plus et le président Aulas s’est déclaré prêt à le conserver aussi longtemps que ses vieilles jambes le porteront, avant de lui réserver une place de choix dans le staff technique, pour services rendus. Mais Juninho, entre deux sanglots, a expliqué que les meilleures choses ont une fin et qu’il devait partir. Il se murmure qu’il pourrait rejoindre rapidement un club des Emirats Arabes Unis afin de négocier un ultime gros contrat, avant son retrait des stades. On croyait naïvement qu’avec un salaire déjà estimé à 375.000 euros mensuels, ses arrières étaient assurés et que seul le plaisir pouvait guider ses crampons. Erreur !
Enfin, notre Gourcuff national, gueule d’ange, tête bien faite, éducation soignée. Lui va rester à Bordeaux et ne retournera pas au Milan A.C. Et chacun d’applaudir la sagesse de ce garçon appelé à porter tous nos espoirs en Coupe du Monde, en 2010. La réalité n’est pourtant pas tout à fait semblable à un conte de fées. Gourcuff a longuement hésité et ce sont son avocat et son père qui ont décidé pour lui. Jusqu’alors, il touchait 170.000 euros et en réclamait 400.000 alors que Bordeaux ne lui proposait que 300.000. Les Girondins ont cassé leur tirelire et Yohann Gourcuff a pu déclarer le plus sérieusement du monde : « La confiance que Laurent Blanc et mes coéquipiers ont mis en moi depuis le début de la saison, l’ambition du club pour la saison à venir, et le soutien sans faille de nos supporters, m’ont déterminé à accepter ce nouveau challenge, au-delà des aspects purement économiques qui n’ont pas été prioritaires dans ma décision. » Sans commentaire.
André Soleau