le blog andre soleau

Lance Armstrong est de retour. La manière dont l’Américain a escaladé les pentes accidentées du relief pyrénéen, en compagnie des meilleurs, prouve qu’il est un candidat sérieux à la victoire finale du Tour de France 2009.

            Cette nouvelle devrait nous captiver. Le septuple vainqueur de l’épreuve s’est lancé dans un pari insensé qu’il est en passe de relever, déjouant au passage toutes les lois de la nature. Qu’on en juge. Retraité des pelotons depuis quatre ans, entré dans la légende de son vivant, il monnayait jusqu’alors son nom dans des campagnes de communication qui n’en finissaient plus de sanctifier sa victoire contre le cancer et celles obtenues sur les routes surchauffées de la grande boucle. Mais à trente sept ans, l’âge où le sportif de haut niveau soigne les séquelles d’une carrière exigeante pour l’organisme, Armstrong décida brutalement de rechausser les cale-pieds et de repartir en campagne. Même une chute occasionnant une fracture de la clavicule ne refroidit pas sa détermination. C’est à peine si elle perturba sa préparation.

            Oui, tous ceux qui connaissent de prés ou de loin la souffrance d’un coup de pédale en montagne devraient s’incliner devant les performances d’un tel phénomène. Et pourtant, Lance Armstrong ne fait pas rêver. La faute à une réputation sulfureuse qui lui attribue les effets bénéfiques d’une potion magique qui a « dopé » ses qualités de grimpeur, plutôt modestes au début. La faute à ces marchands de soupe criminels qui font le déshonneur de la profession de médecin en utilisant les coureurs comme de simples cobayes pour leurs expériences maléfiques. La faute aux multiples coups bas encaissés par le cyclisme qui ont fini par écoeurer ses plus ardents défenseurs.

            Certes, l’entourage d’Armstrong aura beau jeu de rappeler que l’arrêt prolongé du boss n’a guère changé les pratiques dans le peloton. De Jan Ullrich à Alexandre Vinokourov en passant par Mickaël Rasmussen, Ricardo Ricco, Flyod Landis, Joseba Beloki, Iban Mayo, Roberto Heras, Raimondo Rumsas ou Oscar Pereiro la liste est longue des ces champions sortis tout droit d’une éprouvette et qui ont discrédité leur sport ces dernières années. Mais l’argument ne tient pas. La répétition des exploits de ce champion unique dans l’histoire du vélo et la dimension de son palmarès l’obligeaient à l’exemplarité. Pour les jeunes, son statut d’icône lui conférait de fait un rôle d’éducateur modèle. Au lieu de cela, Armstrong est apparu au fil du temps comme un monstre robotisé, insensible à la douleur des hommes, hermétique à toute émotion et à toute faiblesse.

            Le paradoxe est que les champions les plus incontestés parviennent à tuer la discipline qui les a enfantés. Le retour d’Armstrong, est à l’image de Jeannie Longo qui continue à gagner à 50 ans sans s’apercevoir que, derrière, il n’y a plus personne. Elle a fait le vide à force d’éliminer des générations d'émules. Armstrong agit de même mais y ajoute, dans son sillage, une bonne dose d’interrogations malsaines. Seule, peut-être, une défaillance lui rendrait une part d’humanité.        

            André Soleau

           

Dim 12 jui 2009 1 commentaire
Assez ce discours toujours négatif sur ce coureur exceptionnel.
Parlez plutot de sa volonté et de ces capacitées à l'entrainement.
Les coureurs Français sont encore  aux "35h" sur leur vélo.
dieudonne - le 13/07/2009 à 13h07