le blog andre soleau
Dix années se sont écoulées depuis le grand saut de l’an 2000 et l’entrée dans un nouveau millénaire. A l’époque, le monde débordait de bonnes résolutions. On fêtait le passage à l’Euro qui symbolisait la grande idée de Jean Monnet et de quelques autres pionniers d’une Europe unifiée et débarrassée à jamais des bruits de bottes. La bourse battait record sur record grâce notamment au phénomène Internet et à la bulle spéculative qui allait emmener le Nasdacq à un sommet de 5132 points en mars. La croissance économique dépassait les 3% et le chômage baissait de manière spectaculaire pour atteindre un taux de moins de 9%. Les 35 heures de Martine Aubry instauraient une autre vision de la vie, plus jouissive, celle du partage du travail et de l’avènement des loisirs, via les RTT. Les Etats-Unis, seuls sur leur planète depuis la disparition de l’URSS, affichaient une santé insolente.
2009 agonise et les rêves d’un monde meilleur n’ont pas résisté à la dure réalité d’un quotidien sans poésie. L’attentat du World Trade Center nous a tous plongés dans l’horreur d’un terrorisme de masse. Les guerres déclenchées en Irak puis en Afghanistan sont venues rappeler que l’histoire de l’humanité est souillée de sang depuis la nuit des temps et qu’on a toujours tué, au nom d’une religion, d’une idéologie, parfois même de la liberté. La crise a frappé une première fois les start-up avant de s’attaquer à l’économie tout entière. Les subprimes et la spéculation insensée nous ont ramenés d’un coup en 1929. Le CAC 40, qui avait frôlé les 7000 points en 2000, se situe sous la barre des 4000 aujourd’hui. Le chômage a repris son rythme dévastateur et les licenciements se multiplient. L’utopie des 35 h a cédé la place à un « travailler plus pour gagner plus » nettement moins politique. Les Américains sont descendus de leur nuage et sont non seulement confrontés à la menace asiatique mais découvrent, eux aussi, la précarité de l’emploi.
Il y a pire. Cette décennie a dévoilé de nouvelles menaces qui couvaient. Le système de retraite par répartition est au plus mal et l’on commence à évoquer sérieusement l’arrêt d’activité aux alentours de 67 ans, pour éviter la faillite des caisses. Le réchauffement climatique fait craindre la disparition d’un cinquième des espèces animales et végétales. La pollution par le CO² n’a pas fini de causer des ravages d’autant que les pays émergents tombent dans les mêmes travers que les pays industrialisés, à savoir la surproduction a tout prix, quelle que soit la facture à payer pour les générations futures. Et comme si cela ne suffisait pas, la pandémie de grippe H1N1 est venue s’ajouter à la liste noire.
Bref, il faut être sérieusement atteint pour croire encore au Père Noël à l’aube d’une nouvelle année. Mais nous sommes en période de fêtes et la tradition exige de se montrer résolument optimiste. Retenons donc de cette décennie quelques avancées technologiques majeures comme le téléphone portable à portée de tous, la domotique, le développement du E.commerce qui va modifier totalement nos habitudes de consommation ou encore l’établissement de nouvelles relations sociales avec le phénomène Facebook. Quant à savoir si l’homme aura un jour la sagesse de maîtriser ses propres inventions pour en faire des semences du bonheur, cette question n’a malheureusement pas d’âge.
Bonne année à tous.
André Soleau